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Genre : documentaire
Année : 2013
Durée : 49 minutes

Synopsis : L'affaire James Bulger est une affaire criminelle britannique qui a défrayé la chronique en 1993, à la suite de l'enlèvement et du meurtre le 12 février 1993 d'un enfant de deux ans, James Patrick Bulger (16 mars 1990 - 12 février 1993), par deux autres enfants de dix ans, Robert Thompson (23 août 1982) et Jon Venables (13 août 1982), dans un centre commercial de Bootle, près de Liverpool, au Royaume-Uni. Torturé et battu à mort, l'enfant est retrouvé près d'une ligne de chemin de fer à Walton deux jours plus tard. Confondus notamment par les vidéos des caméras de surveillance, les deux meurtriers sont inculpés puis condamnés dans un émoi particulier suscité par leur jeune âge. Libérés après leur peine, les enfants devenus adultes ont dû changer d'identité afin d'échapper au ressentiment encore très présent de la population et des médias nationaux.   

La critique :

Depuis le succès triomphal de l'émission Faites Entrer l'Accusé, d'autres émissions homologues et à caractère judiciaire retracent, à leur tour, des affaires criminelles qui ont défrayé la chronique en leur temps. C'est par exemple le cas de l'émission intitulée Les Faits Karl Zéro et diffusée sur la chaîne 13e Rue qui, comme son titre l'indique, est évidemment présentée par le journaliste Karl Zéro. Cette émission d'investigation se focalise presque essentiellement sur des affaires non résolues ou sur des meurtres méconnus dans nos contrées hexagonales.
Dans le cadre de l'épisode numéro 70, Les Faits Karl Zéro se polarisent sur les enfants tueurs de Liverpool. Si cette affaire est restée plutôt condidentielle chez nous, elle a suscité, à l'inverse, les polémiques, les scandales et les anathèmes sur le sol britannique.

Cette affaire criminelle est par ailleurs connue sous le nom de "L'affaire James Bulger", un enfant de deux ans kidnappé par deux autres mineurs de 10 ans dans un centre commercial, puis assassiné aux abords d'une ligne de chemin de fer. 
Aussi est-il nécessaire de rappeler les faits... Attention, SPOILERS ! L'affaire James Bulger est une affaire criminelle britannique qui a défrayé la chronique en 1993, à la suite de l'enlèvement et du meurtre le 12 février 1993 d'un enfant de deux ans, James Patrick Bulger (16 mars 1990 - 12 février 1993), par deux autres enfants de dix ans, Robert Thompson (23 août 1982) et Jon Venables (13 août 1982), dans un centre commercial de Bootle, près de Liverpool, au Royaume-Uni. Torturé et battu à mort, l'enfant est retrouvé près d'une ligne de chemin de fer à Walton deux jours plus tard. Confondus notamment par les vidéos des caméras de surveillance, les deux meurtriers sont inculpés puis condamnés dans un émoi particulier suscité par leur jeune âge.

Libérés après leur peine, les enfants devenus adultes ont dû changer d'identité afin d'échapper au ressentiment encore très présent de la population et des médias nationaux. D'une durée approximative de cinquante minutes (49 minutes pour être précis...), ce reportage se segmente en plusieurs parties bien distinctes. La première s'appesantit lourdement sur le rapt de James Bulger. Pendant quelques secondes, le petit garçon échappe à la vigilance de sa mère.
Il est alors approché par deux autres enfants. James est alors emmené à l'extérieur du centre commercial. En vérité, le rapt ne va durer qu'une petite minute, tout au plus. C'est une caméra de surveillance qui relate les faits sous les yeux ébaubis de la police. Circonspects, les flics pensent tout d'abord à une vaste gaudriole perpétrée par deux adolescents arrogants et roublards.

Hélas, la dépouille sans vie et atrocement mutilée de James Bulger est retrouvée sur une voie de chemin de fer. La presse, la télévision et les médias s'emparent de l'affaire et crient haro sur les deux ravisseurs. Seul souci et pas des moindres, la police n'a aucune idée de l'identité des deux criminels. En effet, la caméra de surveillance ne permet pas de distinguer leur visage ni d'apporter le moindre indice. Toutefois, la caméra permet aux enquêteurs de percevoir des ravisseurs d'un âge très précoce, probablement de jeunes éphèbes de 13 ou 14 ans.
Corrélativement, les témoignages oculaires s'accumulent. La police songe alors à une mauvaise blague ou au pis, à un meurtre accidentel. Après 48 heures d'investigation, les deux meurtriers sont finalement confondus. 

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Ils se nomment Robert Thompson et Jon Venables et ils sont seulement âgés de dix ans. Une telle révélation secoue l'opinion britannique, ainsi que les édiles politiques. Comment deux individus aussi précoces peuvent-ils se livrer à de telles forfaitures ? D'autant plus que les analyses post-mortem révèlent des tortures et des supplices perpétrées sur la victime. De facto, plusieurs questions restent en suspens. La première concerne la psychologie de ses deux bourreaux.
Robert Thompson et Jon Venables ont-ils conscience des notions de bien et de mal ? Ont-ils également conscience des abominations auxquelles ils se sont livrés sur un garçonnet de deux ans ? En l'occurrence, les policiers et les psychiatres cooptent vers un portrait sociopathique. D'autres interrogations se posent elles aussi en filigrane, notamment la façon dont la justice britannique va traiter ces deux psychopathes en culotte courte.

En outre, la Justice traitera les deux bambins comme des meurtriers adultes et responsables de leurs actes. Robert Thompson et Jon Venables écopent d'une peine de huit ans d'emprisonnement. Durant leurs interrogatoires, les deux marmots s'accusent mutuellement. Pourtant, il semblerait que ce soit Robert Thompson le principal instigateur. Durant leurs tribulations au centre commercial, les deux jouvenceaux avaient déjà pour intention de kidnapper un enfant. A maintes reprises, ils tenteront de déjouer la vigilance de plusieurs parents, mais sans succès.
Puis, au cours de leurs pérégrinations, ils aperçoivent le petit James Bulger. La suite, hélas, vous la connaissez... A posteriori, Jon Venables exprimera des contritions, pas son acolyte qui clame haut et fort son innocence.

Voilà pour l'ensemble des inimitiés. Le documentaire décrit avec beaucoup de parcimonie les tenants et les aboutissants de l'affaire. Pour des raisons de confidentialité, les identités des deux jeunes criminels ne seront pas révélées au grand public. De nouvelles identités seront même attribuées pour éviter toute vindicte personnelle. Mais après leur libération en 2001, soit huit ans après ce meurtre horrible et incompréhensible, l'Angleterre n'a pas oublié, loin de là.
Certaines personnes atrabilaires réclament la tête des deux voyous, désormais majeurs, en particulier la mère de James Bulger qui juge la peine trop clémente. Durant leur procès, Jon Venables et Robert Thompson apparaîtront dans les articles de journaux sous les noms de "Boy A" et "Boy B". Par ailleurs, un long-métrage, justement intitulé Boy A et réalisé par les soins de John Crowley en 2007, aborde le sujet, toujours spinescent de la rédemption, surtout après un acte aussi abominable.

Dans sa dernière section, le reportage s'appesantit sur les activités associatives de la mère de James Bulger. Cette dernière a évidemment saisi la justice pour son étonnante mansuétude. Si ce documentaire reste plutôt pointilleux sur le kidnapping, il n'est pas exempt de tout reproche. De prime abord, on ne sait toujours pas les raisons qui ont poussé ces deux bambins à se livrer à de telles exactions criminelles. De surcroît, le reportage élude toute description de leur portrait psychologique. Peut-on déjà parler de futurs psychopathes à l'âge de dix ans ?
Ensuite, le documentaire n'élude pas certains archétypes habituels. Derechef, ce sont les films d'horreur, la musique metal et les jeux vidéo qui sont pointés comme les principaux responsables de cette sociopathie naissante. 
Or, les raisons semblent plus complexes et surtout se trouver dans le délitement de la cellule familiale. C'est par ailleurs le principal écueil que l'on pourrait asséner à ce reportage. A aucun moment, le documentaire ne s'intéresse sur les structures familiales et parentales des deux marmots assassins. In fine, le reportage reste curieusement évasif sur le meurtre en lui-même.
On sait que la dépouille sans vie de James Bulger a été retrouvée sur une voie de chemin de fer mais guère plus... Bref, cette affaire interroge nécessairement sur les différentes stratosphères de notre appareil sociétal, ainsi que sur cette césure générationnelle qui s'est peu à peu immiscée entre la sphère parentale et familiale et le monde de l'enfance, par ailleurs symbole d'innocence. Un reportage choc qui n'échappe cependant pas à certains poncifs et moralines habituels... Pas de note, donc...

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver