x-men days of future past

Genre : science-fiction, super-héros
Année : 2014
Durée : 2h12

Synopsis : Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.  

La critique :

La carrière cinématographique de Bryan Singer, réalisateur, scénariste et producteur américain, débute vers la fin des années 1980, via un court-métrage, Lion's Den (1988), par ailleurs inconnu au bataillon et surtout inédit dans nos contrées hexagonales. Cinq ans plus tard, le cinéaste signe son tout premier long-métrage, Ennemi Public (1993), qui lui permet de toiser le haut des oriflammes via plusieurs illustres récompenses, notamment le Grand Prix du Jury au festival de Sundance et le Prix de la Critique au festival de Deauville. La carrière de Bryan Singer est lancée et le jeune metteur en scène confirme tous les espoirs placés en lui avec ses deux films suivants : Usual Suspects (1995) et Un Elève Doué (1998). Rassérénés, les producteurs hollywoodiens lui confient alors la réalisation de X-Men (2000) premier du nom. Or, les mutants aux pouvoirs mystérieux et pharaoniques sont jugés inadaptables au cinéma.

Pas pour Bryan Singer qui supervise et diligente les opérations. Mieux, le cinéaste réalise un premier chapitre éloquent et tonitruant qui permet de mettre en exergue certains maux, ainsi que certaines tares de notre société hédoniste et consumériste, à savoir la xénophobie et l'intolérance dans un monde humain menacé de néantisation. En arborant des dons surnaturels, les mutants préfigurent la nouvelle évolution d'une civilisation. Bryan Singer opacifie sa copie et accélère encore les animosités avec X-Men 2 (2003). Puis, la franchise lui échappe pendant quelques temps.
La saga échoit alors entre les mains malséantes de vulgaires tâcherons. Brett Ratner (X-Men : l'affrontement final en 2006) et de Gavin Hood (X-Men Origins : Wolverine en 2009) se chargent d'inhumer durablement la franchise. 

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Le diagnostic est sans appel. Ces deux nouveaux épisodes déçoivent unanimement les critiques et les thuriféraires pour le moins dubitatifs. Que soit. A travers X-Men : le commencement (2011), Matthew Vaughn a enfin relancé une saga en désuétude en explorant les origines des belligérances entre un Professeur Charles Xavier résolument pacifiste et un Max Eisenhardt - alias Magnéto - aux intentions bellicistes. Magnanime, Matthew Vaugh cède sa place à Bryan Singer pour le sixième volet de la série, intitulé X-Men : Days of Future Past, et sorti en 2014.
Pour le réalisateur, le but est de nimber la franchise de nouvelles aspérités cosmologiques via le voyage temporel. Parcimonieux, Bryan Singer requiert l'érudition de James Cameron en la matière, en particulier sur la théorie des cordes.

C'est dans cette dialectique qu'il étaye un scénario protéiforme, baladant le spectateur entre un passé révolu (les années 1970) et un sombre avenir pour les mutants (l'année 2023). La distribution du film se compose de Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Patrick Stewart, Ian McKellen, Halle Berry, Nicholas Hoult, Anna Paquin, Ellen Page, Peter Dinklage, Shawn Ashmore et la présence d'un acteur "frenchy" : Omar Sy. Vient également s'agréger, via un caméo élusif mais néanmoins remarqué, Brian Cox. Attention, SPOILERS !
(1) 
En 2023, les mutants, les humains susceptibles d'engendrer des mutants, et des humains prêts à les défendre, ont été presque exterminés au cours d'une guerre contre les Sentinelles, des robots conçus pour trouver et éliminer les mutants.

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Dans un ultime effort pour changer le cours tragique des événements, le professeur Charles Xavier et Magnéto renvoient l'esprit de Wolverine dans son propre corps, en 1973, grâce aux talents de Kitty Pride. Ainsi conscient de l'avenir qui se prépare, il doit y retrouver les jeunes mutants écorchés qu’ils ont été. Logan y rencontre un Charles Xavier qui a renoncé à ses pouvoirs, et qui vit cloîtré avec Hank dans son manoir. Charles annonce à Logan que Magnéto est emprisonné au Pentagone pour l'assassinat de John F. Kennedy. Le but de Wolverine est de convaincre Xavier et Magnéto que la guerre va éclater à la suite d'un enchaînement d'événements provoqués par Mystique : elle cherche à abattre le docteur Bolivar Trask qui est en train de mettre au point les Sentinelles.
Une fois qu'elle aura tué Trask, elle sera immédiatement arrêtée, et l'utilisation de ses cellules de mutante permettra de faire des Sentinelles des armes absolues dans le futur : ses facultés de métamorphe seront synthétisées et administrées aux Sentinelles, leur permettant de s'adapter aux pouvoirs de leurs adversaires.

Comme ils ont besoin de Magnéto pour convaincre Mystique de renoncer à son projet, Xavier, Hank et Logan décident de le faire évader du Pentagone (1). Après avoir essuyé à son tour un camouflet artistique et commercial avec son Superman Returns en 2006, Bryan Singer retrouver sa franchise de prédilection. Evidemment, les adulateurs de la saga attendaient avec impatience le grand retour du célèbre démiurge derrière ce sixième chapitre.
C'est pourtant la déception qui point lors du générique final. Oui, X-Men : Days of Future Past est supérieur aux très médiocres X-Men : l'Affrontement Final et à X-Men Origins : Wolverine. Mais à aucun moment, le film ne renoue avec les fulgurances de X-Men premier du nom, ni avec X-Men : le commencement

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A tel point que l'on finirait presque par pester et par clabauder sur le départ inopiné de Matthew Vaughn. Pourtant, X-Men : Days of Future Past démarre sous les meilleurs auspices via un préambule en apothéose qui voit les mutants se faire trucider par des androïdes de haute technologie. Pour sauver ce qu'il reste des mutants et de l'espèce humaine, il faut donc faire un bond dans le passé et plus précisément un saut temporel dans une Amérique alanguie par ses fêlures, ses problématiques et sa révolution sociale et culturelle. Contre toute attente, ce nouveau chapitre a de réelles velléités politiques. Hélas, le sujet échappe totalement à un Bryan Singer lui-même circonspect et surtout noyé dans un scénario alambiqué. C'est donc avec un ennui poli que l'on suit les tribulations de Wolverine dans l'Amérique des années 1970. De facto, difficile d'adhérer, encore moins de se passionner pour cette nouvelle aventure qui ne décolle réellement jamais.

Pis, hormis l'excellente partition de Hugh Jackman, les autres personnages subsidiaires sont beaucoup trop timorés pour que l'on puisse avaler durablement le subterfuge. Il faudra donc se contenter d'un long paragraphe narrant les accoutumances d'un Professeur Xavier étrangement psychasthénique. Cette fois-ci, la formule ne prend pas. Pas plus que les amourettes peu glorieuses de Xavier et de Magnéto avec la vénéneuse Mystique. Ne parlons même pas des paradoxes temporels qui sont curieusement oblitérés durant les pérégrinations de Wolverine dans le passé... 
Il ne reste donc plus que quelques saynètes pyrotechniques et spectaculaires pour exhumer à la fois le film et le spectateur de leur léthargie inextinguible. En voulant réaliser un épisode aux intentions présomptueuses, Bryan Singer réalise, in fine, une copie en demi-teinte et étrangement digressive. Pas honteux mais vraiment décevant...

 

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/X-Men:_Days_of_Future_Past