SOS fantômes 2

Genre : fantastique, comédie 
Année : 1989
Durée : 1h44

Synopsis : Après l'extermination totale de tous les revenants dans la ville de New York, la joyeuse équipe de S.O.S Fantômes reprend du service (après un chômage technique long de cinq ans) quand leur amie Dana découvre que son bébé Oscar est l'objet de phénomènes paranormaux.    

La critique :

A l'instar de Steven Spielberg, Joe Dante, George Lucas ou encore Robert Zemeckis, Ivan Reitman, un réalisateur issu de cette même génération flamboyante, est devenu une figure incontournable et populaire du cinéma hollywoodien. Sa carrière cinématographique débute vers le milieu des années 1960 via plusieurs courts-métrages (Guitar Hing, Orientation et Freak Film entre autres), par ailleurs inconnus au bataillon et inédits dans nos contrées hexagonales.
Ivan Reitman devra faire preuve de longanimité et patienter jusqu'à l'orée des années 1970 pour signer son tout premier long-métrage, Foxy Lady (1971). Puis, Robert Zemeckis s'oriente vers la comédie potache et truculente. Impression corroborée par une filmographie à la fois dense et erratique dans laquelle on trouve des titres tels que Arrête de ramer, t'es sur le sable (1979), Jumeaux (1988), Un Flic à la Maternelle (1990), Junior (1994), Evolution (2001), ou encore Ma Super Ex (2005).

Mais son plus grand succès commercial se nomme bien évidemment S.O.S. Fantômes, soit Ghostbusters dans la langue de Shakespeare, une comédie fantastique et iconoclaste sortie en 1984, et qui inscrit prestement son monogramme dans la culture populaire américaine. Cupide, la firme Columbia Pictures exhorte alors le cinéaste pour réaliser une suite, donc S.O.S. Fantômes 2, dans la foulée. Mais Ivan Reitman a d'autres projets et velléités.
Ce second épisode sera plusieurs fois prorogé. En 1989, il cède finalement aux injonctions de la société de production omnipotente. De surcroît, les thuriféraires du premier chapitre attendent avec impatience cette suite déjà annoncée depuis plusieurs années. Que soit. A l'instar de son auguste devancier, S.O.S. Fantômes 2 se soldera par un succès pharaonique lors de ses premières semaines d'exploitation dans les salles.

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Il doit néanmoins se colleter avec un autre concurrent hégémonique en la personne de Tim Burton et de son adaptation de Batman la même année au cinéma. A contrario, les critiques et la presse spécialisée sont beaucoup moins dithyrambiques et admonestent une seconde aventure qu'elles jugent au mieux inepte et prosaïque. Par ailleurs, Ivan Reitman refusera toujours farouchement l'idée de réaliser un hypothétique troisième chapitre. Pourtant, les studios commettront l'irréparable avec le bien nommé S.O.S. Fantômes en 2016, un remake, une relance ou une préquelle - on ne sait pas très bien - de la franchise sous l'égide de Paul Feig. Ce troisième volet corroborera la dernière absoute d'une saga en désuétude. Par ailleurs, le casting de S.O.S. Fantômes 2, déjà présent dans le premier opus, se montrera plutôt frileux à l'idée de tourner dans une suite à priori vaine et stérile. 

Vous l'avez donc compris. S.O.S. Fantômes 2 ne part donc pas sous les meilleurs auspices. Reste à savoir si cette suite mérite que l'on s'y attarde au moins quelques instants. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution de ce second chapitre se compose de Bill Murray, Dan Aykroyd, Harold Ramis, Sigourney Weaver, Rick Moranis, Ernie Hudson, Annie Potts, Peter MacNicol, Kurt Fuller et David Margulies. Attention, SPOILERS ! (1) Vigo, aussi connu sous les noms de Vigo la Tristesse de Moldavie, Vigo des Carpathes, Vigo le Cruel ou encore Vigo le Profane était un tyran et un sorcier détesté par son peuple. Juste avant d'être massacré en 1610, il lança une prophétie annonçant son retour. Son esprit hante depuis un tableau maléfique qui est restauré au Museum of Modern Art de New York. 
Cinq ans après avoir sauvé la ville, Peter, Ray, Egon et Winston en sont réduits à animer des goûters d'anniversaire et présenter des shows télévisés.

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Pendant ce temps, une substance visqueuse et maléfique se déverse dans les égouts de la ville, menant tout droit au musée qui accueille le fameux tableau. Janosz Poha, le conservateur, est soumis aux ordres de Vigo qui lui ordonne de lui trouver un enfant pour s'incarner. Le choix de Janosz se porte alors sur Oscar, le fils de Dana Barrett... (1). Cinq ans se sont donc écoulés depuis les événements du premier volet. On pouvait donc légitimement craindre une suite pompière et opportuniste qui se contente d'ânonner la recette éculée de son illustre épigone. Pourtant, durant ses vingt premières minutes, S.O.S. Fantômes 2 fait vaguement illusion en tournant ses héros de naguère en dérision.
Désormais, les scientifiques de la société S.O.S. Fantômes paradent pour des anniversaires et deviennent même la risée de toute la ville.

Euphorique, Ivan Reitman tance et vilipende à son tour un phénomène commercial qui semble s'être rapidement amenuisé au fil des années. Le film démarre donc en apothéose en optant pour la gaudriole, les épigrammes et la caricature. Puis, une fois le cadre apposé, S.O.S. Fantômes 2 suit une trajectoire beaucoup plus classique et rudimentaire. La tonalité devient beaucoup plus conventionnelle lorsqu'un vieux tableau, représentant un guerrier mercenaire, est exposé dans un musée d'art moderne. Il n'en faut pas davantage pour réactiver des rivières nauséabondes dans les égouts de la ville et surtout pour engendrer de nouveaux phénomènes paranormaux. 
Pas de panique ! L'équipe de S.O.S. Fantômes débarque et arrive à votre rescousse ! Certes, on a plaisir à retrouver notre fine équipe. 

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Bill Murray et ses acolytes, en mode cabotinage, font le job, guère plus. Tout du moins, leur seule présence participe à la bonhommie générale. Certes, cette suite a gagné en discernement et en maturité. Mais ce que ce second chapitre gagne en pragmatisme, il le perd aussi en spontanéité. Fini l'effet de surprise du passé même si on relève çà et là plusieurs séquences jubilatoires. Indiscutablement, S.O.S. Fantômes 2 possède de solides arguties dans sa besace. Cette suite décriée en son temps n'est pas l'échec artistique décrété par certaines critiques un peu trop sarcastiques.
Mieux, S.O.S. Fantômes 2 appartient même à ces suites probes, honorables et tout à fait fréquentables, à condition de prendre ce second volet pour ce qu'il est, à savoir une comédie fantastique excentrique et désinvolte qui a au moins le mérite de ne pas péter plus haut que son derrière. On se surprendra encore à s'esclaffer devant certaines trouvailles pittoresques, à l'instar de cette statue de la liberté qui marche béatement dans les rues de New York.
Néanmoins, lors du générique final, le spectateur médusé se montrera un peu plus cynique et partial, en accréditant cette impression d'inanité, et que la saga aurait tout intérêt à s'arrêter sur ce deuxième volet. Une requête qui ne sera pas hélas ouïe par les grands pontes d'Hollywood...

 

Note : 12/20

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Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/SOS_Fant%C3%B4mes_2