X-Men

Genre : science-fiction, super-héros
Année : 2000
Durée : 1h45

Synopsis : 1944, dans un camp de concentration. Séparé par la force de ses parents, le jeune Erik Magnus Lehnsherr se découvre d'étranges pouvoirs sous le coup de la colère : il peut contrôler les métaux. C'est un mutant. Soixante ans plus tard, l'existence des mutants est reconnue mais provoque toujours un vif émoi au sein de la population. Puissant télépathe, le professeur Charles Xavier dirige une école destinée à recueillir ces êtres différents, souvent rejetés par les humains, et accueille un nouveau venu solitaire au passé mystérieux : Logan, alias Wolverine. En compagnie de Cyclope, Tornade et Jean Grey, les deux hommes forment les X-Men et vont affronter les sombres mutants ralliés à la cause d'Erik Lehnsherr/Magnéto, en guerre contre l'humanité.      

La critique :

A juste titre, on pouvait légitimement s'interroger sur une adaptation des X-Men au cinéma, d'autant plus que l'univers, parfois galvaudé, des super-héros s'est montré plutôt timoré durant les années 1990. Impression corroborée par des titres tels que Batman Forever (Joel Schumacher, 1995), Batman et Robin (Joel Schumacher, 1997), Spawn (Mark Dippé, 1997), Les Quatre Fantastiques (Oley Sassone, 1994), ou encore Power Rangers, le film (Bryan Spicer, 1995).
Corrélativement, on note tout de même quelques exceptions notables avec Batman : le défi (Tim Burton, 1992) et le trop méconnu Darkman (Sam Raimi, 1990). La genèse d'une adaptation des aventures des X-Men au cinéma ne date pas d'hier. Déjà, dès les années 1980, Stan Lee et la firme cinématographique Carolco Pictures souhaitent engager James Cameron pour réaliser une adaptation filmique.

Hélas, la société Carolco Pictures connaît une grave déflation économique et périclite. Le projet X-Men est finalement prorogé. Pas pour longtemps puisque Columbia Pictures produit une série télévisée d'animation éponyme qui se solde par un succès pharaonique lors de sa diffusion sur la chaîne Fox Kids (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/X-Men_(film). Vers le milieu des années 1990, plusieurs scénaristes s'attèlent à l'écriture d'un synopsis dans lequel il serait question de segmenter les mutants en deux principales catégories. La première coaliserait le professeur Xavier et une école adaptée à une nouvelle forme de mutation cellulaire.
La seconde regrouperait Magneto et ses sbires. Il serait également question d'un immense pugilat entre les X-Men et les Sentinelles. 

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Cette idée, à priori saugrenue, deviendra pourtant l'apanage de X-Men : Days of Future Past (Bryan Singer, 2014) quelques années plus tard. Pour la réalisation de X-Men premier du nom, finalement sorti en 2000, les producteurs hollywoodiens requièrent, de prime abord, la dextérité et l'érudition de Robert Rodriguez. Malencontreusement, le metteur en scène vaque déjà à d'autres occupations et projets cinématographiques. La production se tourne alors vers Bryan Singer qui a déjà prouvé ses aptitudes avec Ennemi Public (1993), Usual Suspects (1995) et Un Elève Doué (1998).
Le projet séduit immédiatement le cinéaste. Bryan Singer n'a caché son extatisme pour l'univers des super-héros, en particulier les X-Men. Le cinéaste officialise son contrat avec la Fox en 1996. De nouveaux cacographes besognent sur divers scénarii du film. 

En outre, Bryan Singer souhaite respecter l'essence et la genèse de ces mutants affublés de pouvoirs faramineux. La distribution de X-Men se compose de Patrick Stewart, Ian McKellen, Hugh Jackman, Halle Berry, Famke Janssen, Anna Paquin, James Marsden, Bruce Davison, Rebecca Romijn Stamos, Ray Park, Tyler Mane et Shawn Ashmore. Au moment de sa sortie au cinéma, X-Men se solde par un immense succès commercial et revêt même les oripeaux d'un phénomène populaire. De surcroît, les critiques et la presse spécialisée sont presque unanimement dithyrambiques et accueillent, avec enthousiasme, une adaptation qu'ils jugent éloquente et perspicace.
Mais ne nous égarons pas et revenons à l'exégèse du film. Attention, SPOILERS ! 1944, dans un camp de concentration. 

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Séparé par la force de ses parents, le jeune Erik Magnus Lehnsherr se découvre d'étranges pouvoirs sous le coup de la colère : il peut contrôler les métaux. C'est un mutant. Soixante ans plus tard, l'existence des mutants est reconnue mais provoque toujours un vif émoi au sein de la population. Puissant télépathe, le professeur Charles Xavier dirige une école destinée à recueillir ces êtres différents, souvent rejetés par les humains, et accueille un nouveau venu solitaire au passé mystérieux : Logan, alias Wolverine. En compagnie de Cyclope, Tornade et Jean Grey, les deux hommes forment les X-Men et vont affronter les sombres mutants ralliés à la cause d'Erik Lehnsherr/Magnéto, en guerre contre l'humanité. A juste titre, on pouvait craindre cette adaptation cinématographique.
Toutefois, la présence de Bryan Singer derrière la caméra a le mérite de rasséréner les esprits les plus dubitatifs.

Que les thuriféraires du matériau originel se rassurent. Dès le préambule, les principaux leitmotivs du film sont ânonnés par un cinéaste cérémonieux. X-Men sera donc imprégné par cette pointe de xénophobie latente. Mutants et humains sont, à fortiori, destinés à se colleter et à s'affronter dans une guerre sans merci. Même au sein des mutants, la lutte est farouche entre un Professeur Xavier pacifiste et un Magneto nanti d'intentions bellicistes. Si pour Xavier, humains et mutants peuvent cohabiter, Magneto songe, à contrario, à d'inévitables belligérances.
En sus de cette lutte acharnée, c'est la question darwinienne qui est posée en filigrane. Par leurs pouvoirs et leurs extraordinaires aptitudes, les mutants préfigurent déjà l'évolution de l'espèce humaine. Une assertion déclamée par le Professeur Xavier lui-même : "La mutation est la clé de l'évolution". 

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Conjointement, Bryan Singer se polarise sur le cas particulier de Malicia. La jeune femme en déveine est capable de chiper l'énergie de ses assaillants, voire même de ses malheureux prétendants. Gare à ne pas effleurer cette mutante aux étonnantes fulgurances sous peine d'être intégralement vidée de ses prépotences ! Paradoxalement, c'est sans doute l'une des rares fausses notes de cette adaptation cinématographique en dépit d'une certaine déférence. Déjà, dès ce premier chapitre, le spectateur avisé repérera, avec beaucoup de roublardise, les mutants les plus charismatiques et les plus prééminents. Ces derniers se nomment évidemment Wolverine, Xavier, Magnéto, Jean Grey ou encore Mystique, mais pas Malicia. La jeune mutante d'infortune est dépassée par ses propres aptitudes.
Clairement, on se contrefout de cette fable parallèle durant laquelle Magnéto songe à usurper les prouesses dantesques de la principale intéressée. Hélas, cette historiette nébuleuse devient, subrepticement, l'apanage de ce premier volet. Clairement, les tâtonnements de Bryan Singer se font furieusement sentir en dépit du soin prodigué aux divers protagonistes du film. En l'état, X-Men premier du nom apparaît comme d'agréables préliminaires, hélas parfois dévoyés par certaines tergiversations narratives. Parcimonieux, Bryan Singer gommera en partie ces errances scénaristiques dans le second chapitre, X-Men 2, en 2003.

Note : 13/20

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