rec 4 apocalypse

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2014
Durée : 1h35

Synopsis : Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer !           

La critique :

On l'avait pourtant pressenti, subodoré et même renâclé jusqu'au bout des narines. Le succès inopiné de Rec (Jaume Balaguero et Paco Plaza, 2007) premier du nom était sommé de se transmuter en une tétralogie à la fois prosaïque et lucrative. Déjà, dès le premier chapitre, les deux cinéastes ibériques convoquaient le film d'horreur Démons (Lamberto Bava, 1986) pour farder l'habile subterfuge, à la seule dissimilitude que les belligérances n'avaient plus lieu dans un cinéma, mais dans un immeuble bientôt assiégé par les forces de police espagnoles.
Paco Plaza et Jaume Balaguero contournaient malicieusement le stratagème via la technique du found footage. En résultait un film d'épouvante à la fois sagace et anxiogène qui pouvait s'enhardir de rivaliser avec les grands classiques du genre "zombies décrépits".

Dès le départ, les deux comparses n'ont jamais caché leurs velléités, celles de signer une tétralogie harangueuse et grandiloquente. Paco Plaza et Jaume Balaguero avalisent cette didactique via un inévitable Rec 2 (2009) et nous conviaient à suivre les pérégrinations d'Angela Vidal, toujours prisonnière de l'immeuble infernal. Les deux metteurs en scène réitèrent la bonne vieille méthode du found footage, mais avec beaucoup moins d'audace et de perspicacité.
En outre, Rec 2 pille les préceptes et les doctrines méphistophélique de L'Exorciste (William Friedkin, 1974), quitter à céder aux saynètes funambulesques. En dépit de quelques trouvailles ingénieuses, Rec 2 avait laissé un certain goût d'amertume. Que soit. Paco Plaza et Jaume Balaguero se séparent en toute amicalité et décident de vaquer vers des périples solitaires sans néanmoins délaisser leur franchise populaire.

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Rec 3 Génesis sera la conséquence de la seule plume de Paco Plaza. Hormis le préambule en caméra subjective, Rec 3 Génesis ne réitère plus le concept du found footage et se polarise sur une production beaucoup plus conventionnelle. Cette fois-ci, point d'immeuble encerclé, point de huis clos et point d'Angela Vidal, une journaliste un peu trop téméraire et aventureuse. Cette fois-ci, Rec 3 Génesis se focalise sur les épousailles de Koldo et de Clara et dérive vers les élucubrations de la saga Evil Dead en ajoutant une pointe de gore et de truculence.
Si ce troisième volet cherche clairement à varier les animosités, il se révèle, à contrario, curieusement inepte, comme si la franchise n'avait plus à rien à palabrer, si ce n'est à s'éparpiller vers d'étranges tortuosités.

A juste titre, les thuriféraires de la saga horrifique fulminaient. Corrélativement, d'autres adulateurs louent et saluent les qualités de Rec troisième du nom, une production iconoclaste qui a au moins le mérite d'obliquer vers de nouvelles directions. Hélas, on n'attendait plus rien ou presque de Rec 4 : Apocalypse, si ce n'est que ce quatrième méfait est réalisé par les soins de Jaume Balaguero en 2014. En l'occurrence, le metteur en scène ibérique est connu pour être le véritable démiurge du premier chapitre, donc qui celui qui devrait parvenir à ériger, derechef, la série vers un simulacre de singularité. Chronologiquement, Rec 4 : Apocalypse est la suite directe de Rec 2 et élude les événements du troisième épisode. Toutefois, à l'instar de Rec 3 Génesis, Rec 4 : Apocalypse oblitère la technique de la stop-motion et opte pour une pellicule de facture rudimentaire. 

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Que les adulateurs de la saga se rassérènent. C'est avec un certain extatisme qu'ils vont retrouver une Angela Vidal en déveine. Pour mémoire, dans Rec 2, la jeune femme imprudente était contaminée par un étrange virus. Cette nouvelle forme de monstruosité cherchait à s'esbigner d'un immeuble ceint par les forces de police. Déjà, au moment de sa sortie, Rec 3 Génesis s'était soldé par des scores décevants au box-office. Rec 4 : Apocalypse ne réitérera pas non plus les performances ni les fulgurances des deux premiers chapitres. Pis, ce quatrième opus devient même l'épisode à occire et à abattre. Les critiques, les fans et la presse spécialisée sont unanimement sarcastiques.
Rec 4 : Apocalypse est bel et bien le mauvais élève et donc le pire volet d'une franchise en désuétude depuis belle lurette.

Reste à savoir si Rec 4 mérite de tels anathèmes et de telles acrimonies. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Manuela Velasco, Paco Obregon, Hector Colomé, Maria Alfonsa Rosso, Christian Aquino et Ismael Fritschi. Attention, SPOILERS ! Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux.
Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… 
L’Apocalypse peut commencer ! 

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Après avoir convoqué Démons, L'Exorciste puis Evil Dead, c'est au tour d'Alien : le huitième passager (Ridley Scott, 1979) de se laisser dévoyer par la caméra tremblotante de Jaume Balaguero. Le réalisateur du surprenant Malveillance (2011) est outrageusement méconnaissable ! Au final, rien n'a changé depuis Rec premier du nom. A travers Rec 4 : Apocalypse, Jaume Balaguero se contente d'ânonner benoîtement la recette anémique de ses sinistres devanciers en jouant la carte du huis clos vespéral. Seule dissemblance et pas des moindres, les inimitiés ne se déroulent plus dans un immeuble ensanglanté ni durant des noces sanguinolentes, mais dans un paquebot métamorphosé en laboratoire médical. Dès lors, prière de visionner Rec 4 : Apocalypse pour ce qu'il est, à savoir une série B dispendieuse qui rend hommage aux bons vieux classiques "zombiesques" transalpins.
Par certaines accointances, le film n'est pas sans faire référence à L'Enfer des Zombies (Lucio Fulci, 1980), la fougue, l'eschatologisme et la jubilation en moins. Certes, on a plaisir à retrouver Angela Vidal, une sorte de clone, version féminine, d'Ash Williams, le héros de la saga Evil Dead ; ou de variante de Ripley de la franchise Alien. Hélas, la comparaison s'arrête bien là. Certes, on décèle, çà et là, plusieurs saynètes savamment troussées qui pourront peut-être rebuter les esprits les plus pudibonds. Cependant, rien de neuf à l'horizon si ce n'est cette désagréable impression que la saga s'est perdue en cours de route, laissant derrière elle une certaine contrition. Telle est la maxime proverbiale : "Tout ça... pour ça...".

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver