hostel chapitre 3

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans ou interdit aux - 18 ans selon les sites spécialisés)
Année : 2011
Durée : 1h28

Synopsis : A Las Vegas, pendant un enterrement de vie de garçon, quatre amis sont entraînés par deux femmes sexy qui les invitent à les rejoindre dans une soirée privée. Une fois sur place, ils sont horrifiés de constater qu'ils sont pris au piège au coeur d'un jeu de torture macabre des plus sadiques. 

La critique :

Au risque de réitérer toujours les mêmes antiennes, rappelons que le torture porn ne date pas de Saw (James Wan, 2004) ni de Hostel (Eli Roth, 2006), mais remonte à l'orée des années 1960 avec le tout premier film gore de l'histoire du cinéma, Blood Feast (Herschell Gordon Lewis, 1963), ou Orgie Sanglante dans nos contrées hexagonales. Via cette première pellicule érubescente, Herschell Gordon Lewis annonce déjà ce que sera le cinéma trash dans les décennies à venir, à savoir ce curieux maelström entre la torture, le sadisme et une société consumériste encore sous le joug de nos pulsions les plus primitives. Opportunistes, des réalisateurs tels que Tobe Hooper (Massacre à la Tronçonneuse premier du nom) et Wes Craven (La dernière maison sur la Gauche et La Colline A Des Yeux), entre autres, psalmodieront peu ou prou la même recette obsolète ; tout en agrémentant leur production d'une folie furieuse et jubilatoire.

Puis, après une longue période de désuétude cinématographique, le torture porn effectue un retour impromptu dans les années 2000 avec justement le remake éponyme de Massacre à la Tronçonneuse sous l'égide de Marcus Nispel et Michael Bay. Si cette nouvelle version ne réitère aucunement les fulgurances érubescentes de son auguste devancier, elle s'avère plutôt convenable. Surtout, The Texas Chainsaw Massacre (titre original du film...) se solde par un succès phénoménal au box-office, de quoi attiser la cupidité des producteurs hollywoodiens.
Il n'en faut pas davantage pour relancer la machine lucrative et exhumer les vieilles figures méphistophéliques de naguère, qu'elles se nomment Michael Myers (Halloween), Jason Voorhees (Vendredi 13), ou encore Freddy Krueger (A Nightmare On Elm Street).

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Durant cette période fastueuse, James Wan et Eli Roth parviennent à ériger leur style à priori iconoclaste. Contre toute attente, Saw premier du nom cartonne à son tour au box-office américain et devient la nouvelle sommité du genre torture porn. Sur la forme, le film est une habile ripopée entre le huis clos, l'horreur et le thriller machiavélique. James Wan réinvente et s'approprie la figure du serial killer en la personne de Jigsaw, une sorte de maniaque insaisissable et obnubilé par l'expiation et les châtiments corporels. De son côté, Eli Roth s'achemine sur une production (donc Hostel... au cas où vous n'auriez pas suivi...) fortement influencée par les délires érotomaniaques et criminels de Salo ou les 120 Journées de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1975) via un long-métrage qui analyse, derechef, les rouages et les impondérables d'un capitalisme aux tendances scopophiles et sadiques.

Via la complicité béate de toute une organisation meurtrière et séditieuse, des touristes ingénus sont envoyés à la mort dans un pays imaginaire de l'Europe de l'Est. Malicieux, Hostel s'auréole de la mention "inspiré de faits réels". Heureusement, tout est factice. Mais le public incongru gobe l'habile subterfuge. A l'instar de Saw, Hostel revêt à son tour les oripeaux d'une production sulfureuse. Bien conscient du phénomène, Eli Roth réalise Hostel - Chapitre 2 (2007) dans la foulée et signe une oeuvre beaucoup plus mature et pragmatique.
Un choix assez désarçonnant à l'aune du générique final. Si le diptyque se révèle beaucoup plus sagace qu'à l'accoutumée, la violence et la barbaque sont les grandes absents d'Hostel deuxième du nom. Par ailleurs, Hostel - Chapitre 2 ne rééditera pas les mêmes performances financières, laissant les spectateurs pantois.

hostel part III

De surcroît, Eli Roth vaque à d'autres occupations et ne souhaite pas réaliser un hypothétique Hostel - Chapitre 3. Qu'à cela ne tienne... Scott Spiegel, le producteur des deux premiers volets, répond doctement à l'appel. Par mansuétude, Eli Roth accepte d'officier à son tour en tant que producteur. Contrairement à ses homologues, Hostel - Chapitre 3 ne bénéficiera pas d'une exploitation dans les salles de cinéma et sortira directement en vidéo en 2011.
Pour une raison qui nous échappe, le film est interdit aux moins de 18 ans sur le site AlloCiné (source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=169890.html), alors qu'il est interdit aux moins de 16 ans sur le site Wikipédia (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hostel,_chapitre_III). En outre, la réprobation ultime est largement usurpée !

Pour le reste, Hostel - Chapitre 3 recueille des avis plus que mitigés. Les thuriféraires abhorrent et admonestent une pellicule anomique qui n'apporte rien (ou presque) à une franchise indolente. Reste à savoir si Hostel - Chapitre 3 mérite (ou non) de telles acrimonies. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution de troisième forfaiture se compose de Kip Pardue, Brian Hallisay, John Hensley, Sarah Habel, Chris Coy, Skyler Stone et Thomas Kretschmann.
Attention, SPOILERS ! A Las Vegas, pendant un enterrement de vie de garçon, quatre amis (Carter, Scott, Justin et Travis) sont entraînés par deux femmes sexy qui les invitent à les rejoindre dans une soirée privée. Une fois sur place, ils sont horrifiés de constater qu'ils sont pris au piège au coeur d'un jeu de torture macabre des plus sadiques. 

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Certes, à juste titre, certains esprits circonspects avaient semoncé les nombreux écueils des deux premiers chapitres de la saga. Présomptueux, Eli Roth se perdait parfois dans la facilité et la complaisance. Mais au moins, les deux premiers Hostel pouvaient s'enorgueillir d'une mise en scène solide décortiquant, avec plus ou moins de componction, les rouages d'un système criminel et obséquieux. Peu enclin à renouveler les animosités, Eli Roth cède la franchise aux mains peu expertes de Scott Spiegel. Si ce dernier a déjà réalisé plusieurs films, le bonhomme reste avant tout un producteur, mais pas un cinéaste avisé. En l'état, Hostel - Chapitre 3 souffre de l'absence d'un véritable métronome et accumule presque toutes les tares inhérentes à ce genre de DTV (direct-to-video), à savoir une interprétation indigente, une mise en scène glabre et dénuée de toute ingéniosité et, in fine, d'un scénario exsangue.

Avec de tels désagréments, difficile pour le film d'illusionner son audimat, pour le moins dubitatif. Dès lors, Hostel - Chapitre 3 navigue vers un néant intersidéral réitérant, pour la troisième fois, cette histoire d'étudiants potaches partis festoyer à Las Vegas. Ils n'en reviendront pas vivants, tout du moins, pour la plupart... Pis, sur la forme, Hostel - Chapitre 3 s'apparente à une sorte d'épisode de série télévisée corroborant, de facto, cette impression de vacuité abyssale. Hostel - Chapitre 3 est-il aussi calamiteux qu'il en a l'air ? Oui, si on le compare aux précédentes pellicules. 
Non, si on l'assimile à tous ces torture porn qui sortent directement en vidéo. En bon tâcheron, Scott Spiegel applique la formule éculée de ses illustres devanciers. Les nombreuses tortures perpétrées permettront peut-être de fermer les mirettes sur la futilité de ce troisième opus.

En sus, Scott Spiegel agrémente le film de quelques menus détails. L'organisation spécieuse se transmute en séances scoptophiles régies par de redoutables capitalistes et prédateurs. Un des membres évoque furtivement un "club des chasseurs de l'élite". Les bourreaux sont conviés à visionner leurs propres forfaitures et à s'esclaffer devant des parties d'éviscérations et d'extractions intestinales. Le supplice devient la nouvelle égérie de ventes aux enchères réalisées en catimini.
Pour avoir le droit de mutiler et de procéder à des exactions chirurgicales, il faut accepter de débourser sa pécune et surtout appartenir à une sorte d'oligarchie énigmatique. Hélas, toutes ces thématiques sont promptement balayées par un Scott Spiegel en mode apathique. Bref, si Hostel - Chapitre 3 n'est pas un navet, il s'en rapproche tout de même allègrement.

Note : 07/20 

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