superman returns

Genre : fantastique, science-fiction 
Année : 2006
Durée : 2h34

Synopsis : Alors qu'un ennemi de longue date, Lex Luthor, tente de l'affaiblir en lui dérobant tous ses superpouvoirs, Superman doit faire face à un problème d'un autre genre : Lois Lane, la femme qu'il aime, est partie mener une nouvelle vie loin de lui. Mais l'a-t-elle vraiment oublié ? Le retour de Superman sera donc ponctué de nombreux défis puisqu'il devra se rapprocher de son amour tout en retrouvant sa place au sein d'une société qui semble ne plus avoir besoin de lui. En tentant de protéger le monde qu'il aime de la destruction totale, Superman se retrouve au centre d'une aventure incroyable qui le mènera des fonds de l'océan à des milliers d'années-lumière de notre galaxie.          

La critique :

C'est à partir de 1933 que le personnage de Clark Kent, alias Superman, fait son apparition sous la plume et le crayon affûté de deux jeunes éphèbes, Jerry Siegel et Joe Shuster. Pour les deux jouvenceaux intrépides, il leur faudra du temps pour étayer l'univers de l'homme de Krypton. Jerry Siegel et Joe Shuster peaufinent et affinent leur personnage principal en ajoutant des protagonistes subsidiaires, notamment Loïs Lane puis Lex Luthor par la suite. Pour Superman, il faudra faire preuve de longanimité et patienter jusqu'aux années 1960 pour se doter d'une plus grande notoriété.
A la même époque, d'autres super-héros proverbiaux effectuent leur toute première apparition, qu'ils se nomment Batman, Captain Marvel ou encore Wonder Woman. Dès l'orée des années 1970, les studios hollywoodiens aspirent à produire une adaptation cinématographique sur l'homme de Krypton.

Le projet échoit entre les mains expertes de Richard Donner après avoir été présenté à d'illustres cinéastes, entre autres Steven Spielberg. Pour incarner l'extraterrestre aux pouvoirs incommensurables, Richard Donner préfère se tourner vers un acteur peu connu du grand public. Christopher Reeve est l'heureux élu pour revêtir les oripeaux majestueux de ce super-héros hiératique. Ce rôle va évidemment marquer sa carrière, à tel point que le comédien sera intrinsèquement relié à ce personnage tout au long de sa filmographie. Suite au succès colossal de Superman en 1978, le comédien répond doctement à l'appel pour trois nouveaux chapitres, Superman 2 (Richard Lester, 1980), Superman 3 (Richard Lester, 1983) et Superman 4 (Sidney J. Furie, 1987). Hélas, dès le troisième épisode, l'homme de Krypton laisse apparaître des signes inquiétants de frilosité. 

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Opportuniste, Richard Lester décide d'ajouter quelques notes pittoresques, à la limite de l'humour cartoonesque ; un choix qui désarçonne unanimement les thuriféraires de la saga. Une impression mitigée et corroborée par un inévitable Superman 4. Cet ultime méfait signe, à fortiori, la dernière absoute de Superman. Plus personne n'y croit, pas même la production diligentée par le duo Menahem Golan/Yoram Globus. Les deux producteurs mercantiles décident de saboter le budget du film. Pis, le long-métrage dérive vers un affrontement ubuesque entre Superman décrépit et l'homme nucléaire.
A ces inepties scénaristiques, s'agrègent de longues moralines pacifiques et écologiques. Le temps d'un discours emphatique, Superman se transmute carrément en édile politique professant la bonne parole.
On croit fabuler...

Superman 4 se solde logiquement par un bide commercial au box-office américain. Plus personne n'envisage la sortie putative d'un éventuel Superman 5. Pourtant, durant les années 1990, plusieurs réalisateurs songent à divers scénarii. Pendant un certain temps, il est question de produire un Superman Reborn, puis un Superman Flyby (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Superman_Returns). Les deux projets sont finalement prorogés, pour le plus grand bonheur de Bryan Singer. Depuis sa tendre enfance, le cinéaste émérite est un adulateur frénétique de Superman.
Corrélativement, le metteur en scène a déjà réalisé X-Men (2000) et X-Men 2 (2003), deux longs-métrages qui ont conquis le coeur d'un public extatique. 
Superman Returns sort finalement en 2006. Pour Bryan Singer, il s'agit avant tout de rendre un vibrant hommage à la saga de naguère, celle habitée par le charisme indélébile de Christopher Reeve. 

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Cependant, pour certains fans, Superman Returns serait la suite logique du film de Richard Donner. A contrario, pour d'autres, le long-métrage serait la suite directe de Superman 2En l'état, difficile de se prononcer... Et peu importe par ailleurs... Au moment de sa sortie, Superman Returns rencontre, dans un premier, les ferveurs de son audimat se hissant, dès les premiers jours, au sommet du box-office américain. Mais l'enthousiasme s'éteint rapidement pour laisser place au désappointement, puis à une rebuffade commerciale. Le long-métrage est tancé et vilipendé par un public qui juge ce retour stérile. Même à l'étranger, Superman Returns ne réalise pas les scores espérés.
De leur côté, les critiques et la presse se montrent elles aussi pondérées. Si certaines diatribes vitupèrent et admonestent une pellicule beaucoup trop fastidieuse, d'autres louangent, à l'inverse, une production révérencieuse.

La distribution du film se compose de Brandon Rough, Kevin Spacey, Kate Bosworth, James Marsden, Parker Posey, Frank Langella, Sam Huntington et Eva Marie Saint. Parcimonieux, Bryan Singer reprend la figure majestueuse de Marlon Brando, le temps de quelques saynètes élusives. Attention, SPOILERS ! Alors qu'un ennemi de longue date, Lex Luthor, tente de l'affaiblir en lui dérobant tous ses superpouvoirs, Superman doit faire face à un problème d'un autre genre : Lois Lane, la femme qu'il aime, est partie mener une nouvelle vie loin de lui. Mais l'a-t-elle vraiment oublié ? 
Le retour de Superman sera donc ponctué de nombreux défis puisqu'il devra se rapprocher de son amour tout en retrouvant sa place au sein d'une société qui semble ne plus avoir besoin de lui. 
En tentant de protéger le monde qu'il aime de la destruction totale, Superman se retrouve au centre d'une aventure incroyable qui le mènera des fonds de l'océan à des milliers d'années-lumière de notre galaxie. 

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A l'origine, il était question d'intégrer la peur des attentats terroristes du 11 septembre 2001 dans la trame narrative. Mais Bryan Singer abandonnera cette idée saugrenue. Enfin... saugrenue... pas tant que ça puisque le film est marqué par cette mélancolie insondable. Pas question pour Superman d'apparaître, mais plutôt de réapparaître. Indubitablement, l'absence de l'homme de Krypton a pesé lourdement sur le monde et pas seulement sur Loïs Lane, désormais mariée et flanquée d'un jeune gosse de cinq ou six ans (tout au plus...). Bryan Singer n'a pas vraiment pour velléité de signer un film aux tendances spectaculaires, même si le cinéaste cède parfois aux tentations du consumérisme et du blockbuster, grosse production oblige. La séquence de l'accident puis du sauvetage d'un Boeing constitue l'une des rares figures de proue de Superman Returns.

Bryan Singer préfère se polariser sur cette fragilité ostensible et ce déséquilibre qui s'est peu à peu agencé entre Superman et le monde qui l'entoure. Cérémonieux, Brian Rough est chargé de supplanter l'aura quasi hégémonique de Christopher Reeve. Si le comédien remplit doctement son office, son jeu ressemble presque à un cours de mime, ne parvenant pas à phagocyter l'empreinte impérissable de l'acteur décédé. Le reste du casting se contente du minimum syndical. Seul Kevin Spacey, en mode cabotinage et dans le rôle de Lex Luthor, apporte un simulacre de truculence à cette adaptation cinématographique. Le plus célèbre ennemi de Superman invente un plan machiavéliquement idiot.
De facto, difficile de s'extasier pour cette nouvelle variante d'une fin du monde annoncée. Même remarque concernant la romance amoureuse et lénifiante entre Superman et Loïs Lane qui ne passionne jamais. Dès lors, difficile pour Superman Returns d'illusionner son audimat dubitatif, d'autant plus que le film s'éternise sur une durée astronomique de deux heures et 34 minutes de bobine. Même les personnages se montrent peu enthousiastes à ce retour impromptu de Superman. "Pourquoi le monde n'a pas besoin de Superman..." s'écrie, à travers un article, une Loïs Lane irascible. 
Ou plutôt pourquoi le cinéma n'a pas besoin de Superman... Tel est l'aphorisme rédhibitoire qui sied le mieux à cette aventure souvent indigente. En voulant réaliser un hommage au film resplendissant de Richard Donner, Bryan Singer réalise, in fine, un long-métrage déroutant et en mode narcoleptique.

Note : 09/20

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