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Genre : Drame, biopic, expérimental

Année : 1969

Durée : 3h29 (version longue), 2h38 (version courte)

 

Synopsis :

La vie de l'anarchiste Sakae Osugi, assassiné par la police en 1923, et ses relations avec trois femmes : Yasuko Hori, sa première épouse, Noé Ito, la seconde, qui mourut avec lui, et Itsuko Masaoka, alias "Mlle K", une militante des droits des femmes qui tenta de l'assassiner dans une maison de thé en 1916. Parallèlement, deux étudiants d'aujourd'hui cherchent un sens aux théories politiques d'Osugi et à ses idées sur l'amour libre. Les personnages du passé et du présent se rencontrent, s'entrecroisent et dialoguent.

 

La critique :

S'il y a bien quelque chose qui s'est réveillé en moi dans ma plongée toujours plus profonde de la découverte du Septième Art, c'est qu'aucun courant cinématographique ne peut être cantonné à l'anonymat. Je citerai volontiers l'exemple de l'Avant Garde, un mouvement français confiné dans un certain oubli. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir droit à des pellicules novatrices et de grande qualité. Hélas, comme souvent, la qualité n'est pas systématiquement synonyme de succès. Preuve en est avec la Nouvelle Vague japonaise, reconnue pour être difficile d'accès.
Pas spécialement au niveau de son style, mais plutôt de grosses lacunes de distributions. Les films introuvables, épuisés ou inédits par chez nous sont légions. Les sommes pour avoir accès à certains coffrets pourraient en faire bondir plus d'un. Je n'oublierai pas de faire mention des éditeurs n'ayant guère d'intérêt pour ce pan majeur du cinéma nippon. Dans ces conditions, il n'est guère étonnant que ce mouvement ne soit pas bien connu. Me voici investi d'une mission, à petite échelle, de vous faire découvrir au fil des mois, ce qui est probablement, à mes yeux, l'un des plus grands courants de l'histoire du cinéma. 

Un autre réalisateur suscitera les faveurs du blog, en la personne de Yoshishige Yoshida. Un personnage dont j'ai parlé auparavant car il est l'un des chefs de file de la création de cette Nouvelle Vague. A n'en point douter l'un des plus célèbres du genre, il est à l'origine de titres tels que La Fin d'une Douce Nuit, Le Lac des Femmes ou La Source Thermale d'Akitsu. Des films loin de l'esprit de Cinéma Choc, officiant plus dans le drame sentimental. Un tournant dans le style de Yoshida va s'opérer en 1969 avec Eros + Massacre, où le cinéaste utilisera le pseudonyme de Kiju Yoshida. Le précurseur d'une partie de sa filmographie reposant sur un cinéma engagé, social, contre-culture. Relativement peu connu par chez nous, Eros + Massacre est généralement considéré comme l'un des plus beaux de la Nouvelle Vague japonaise, et parfois comme un des meilleurs films en général.
A l'heure actuelle, il a atteint le statut de film culte dans son pays. Les dithyrambes sont monnaie courante, alors que, paradoxalement, il ne figure presque dans aucun guide important du cinéma. Un exemple de plus d'une méconnaissance impardonnable. Face à une telle réputation et son absence totale en téléchargement, le film peut se targuer d'avoir été acheté par mes soins sur Amazon pour la modique somme de 11€ vous offrant l'édition collector 2 DVD. Oui, après pas loin de 10 ans sans le moindre achat, Eros + Massacre a su briser ce très long régime. Autant dire que c'est bizarre de retrouver une pochette DVD dans ses mains. Puis-je cependant dire que mes 11€ ont été correctement investis, au contraire de mes deux derniers achats (je passe le bonjour au décevant Prometheus et au médiocre Tonnerre sous les Tropiques) ?

 

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ATTENTION SPOILERS : Alors qu'elle fait l'amour avec Unema, réalisateur de spots publicitaires, une étudiante de 20 ans, Eiko Sokutai, prend conscience d'elle-même et de son inévitable froideur. Peu de temps auparavant, elle a rencontré Wada, un jeune homme du même âge, qui reste malheureusement sourd à ses avances. Afin de mieux comprendre qui elle est, Eiko s'intéresse alors à l'anarchiste Sakae Osugi, qui, à l'ère Taisho, fut le chantre et le premier adepte de l'amour libre. Elle suit également les traces de Noe Ito, assassinée avec Osugi au lendemain du grand tremblement de terre de 1923 par un officier de l'armée japonaise.

Dans ma jeune carrière de passionné de cinéma (je n'ose encore dire cinéphile), j'ai toujours eu un attrait pour les films difficiles d'accès, expérimentaux. Un cinéma de pointe dont toutes les facettes sont propres à causer le tournis. Quoi de plus gratifiant que de se faire sa propre interprétation d'un récit dont le réalisateur fait participer pleinement son spectateur. Un film où le spectateur n'est pas spectateur mais acteur à part entière. C'est dans ce contexte que se retrouve Eros + Massacre. Ah que voilà un nom énigmatique pour un film tout aussi énigmatique ! Beaucoup s'accordent à dire qu'il s'agit de l'oeuvre la plus ambitieuse, la plus titanesque de la filmographie de Yoshida et on ne peut pas leur donner tort. Près de 3h30 d'expérimentations diverses en continu font de cette pellicule, probablement l'une des oeuvres les plus difficiles d'accès de tout le circuit cinématographique traditionnel.
Oui Eros + Massacre est typiquement ce style de film qui va faire chauffer vos petits neurones à blanc durant toute la séance. Je passerai outre les difficultés supplémentaires pour chroniquer une telle anthologie. Une anthologie vouée à Sakae Osugi, jeune militant anarchiste japonais. Le 16 septembre 1923, celui-ci, en compagnie de sa maîtresse, Noe Ito, et son neveu sont arrêtés par les forces de police, suite à la grande catastrophe du tremblement de terre du Kanto, alors que les forces de l'ordre ne craignent que ce terrible événement ne soit récupéré par les éléments les plus subversifs de la société. Quelques temps après, ils seront tous trois battus à mort et jetés dans un puits, créant au sein de l'opinion nippone un large mouvement. Un tel acte élèvera Osugi et ses maîtresses au rang de figures mythiques, véritables incarnations de l'esprit contestataire.

Au beau milieu des années 20, inutile de dire que le Japon était plongé dans une situation trouble tant politiquement qu'économiquement. Le régime politique n'était guère propice à l'épanouissement moral de l'individu se devant d'entrer dans un moule de morale commune dictée par le pouvoir. Mais cette volonté d'uniformisation de la pensée commune, vouée à l'échec, ne peut restreindre l'idéologie anarchiste revendiquée par certains partisans, adeptes de la théorie d'Osugi. Des partisans vus comme dangereux, enfermés en prison pour leurs idées allant à l'encontre du pouvoir étatique. Dans ce climat, les paroles véhémentes se succèdent, alors que Osugi est épié par des agents. Les révolutionnaires scandent l'appel à la révolte commune pour se libérer du joug oppresseur d'un gouvernement totalitaire. Ils chantent l'appel à des jours meilleurs. Ils chantent la liberté.
Eros + Massacre est le premier volet d'une trilogie consacrée aux grands mouvements politiques du Japon au XXème siècle. A travers ce prisme de dénonciation sociale, Yoshida va mêler deux époques différentes réunies autour d'un point commun. Ce point commun résulte dans cette volonté d'émancipation de la fatalité de la vie. Deux époques : l'une avec deux étudiants, Eiko et Wada, l'autre avec Osugi et son triangle de femmes amoureuses dévouées à sa cause. Osugi, outre ses pensées anarchistes contre-culture, est l'égérie de l'amour libre. Un amour où toute tradition, morale et liens sacrés sont annihilés pour laisser place au simple plaisir de la chair décomplexé. Un amour libéré sans la contrainte du mariage où les individus s'extasient de la jouissance de l'acte sexuel.

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Fini les rigidités éthiques et place à la liberté. Pour les anarchistes, chaque règle sociétale est un mur à abattre pour laisser à l'individu le désir de ne dépendre que de lui-même et de ses rapports avec autrui. Eros est au centre d'une des nombreuses thématiques véhiculées. La femme est mise à nue dans le naturel le plus élémentaire avec tout le respect qu'elle doit avoir sans quelconque grossièreté. La libéralisation sexuelle oui mais avec le respect de l'intégrité physique de tout un chacun. Avec Itsuko, Yoshida va faire preuve d'un avant-gardisme renversant pour l'époque en traitant de cette journaliste, militante des droits des femmes. Pourfendeur d'une émancipation de la femme face à la doxa patriarcale exigeant que la femme soit une bonne épouse dévouée à l'entretien du foyer et à l'éducation des enfants, elle bouscule les conventions établies. La femme doit se libérer des chaînes sociales qui la retiennent. Elle doit être libre de ses actes. Libre de ne pas se marier si elle le désire.
Libre de ne pas avoir d'enfants. Libre de rejoindre la dévotion de l'hédonisme. Aboutissement spirituel tant physique que psychologique des anarchistes. Inutile de dire que des propos de ce genre sont mal vues, tant dans les années 20 qu'en 1969. Yoshida va revendiquer son amour de la femme, son respect et par extension l'égalité des sexes ne pouvant que mener à une stabilité sociale.

Osugi met en pratique sa thématique contre-culture pour profiter des rapports sexuels avec trois femmes cachant leurs profonds désirs. Itsuko, en particulier, qui, malgré ses revendications féministes, se métamorphosera en harpie possessive envers Osugi qu'elle ne veut ni abandonner, ni le laisser jouir du concubinage. Itsuko n'est peut-être au final qu'une âme féminine courant après des chimères, refusant ce triste état de fait qu'elle ne peut s'émanciper de la compagnie d'un homme. La proclamation des droits de libération de la femme finalement soumise à la domination masculine face à sa multiplication des conquêtes. Paradoxalement, une telle offrande sexuelle offerte à Osugi lui vaudra de sombrer dans l'aliénation mentale, de vénérer le Dieu phallus.
Alors, partisan acharné, il finit par se détourner de ses objectifs de vie, comme lui rappellera un de ses partisans, que sa théorie de l'amour libre est vouée à l'échec. En vivant, au grand jour, sa polygamie décomplexée, sa théorie provoquera sa propre mort. Cruelle destinée que de voir sombrer avec soi sa philosophie et ses schémas de pensée. Il n'est pas étonnant de savoir que Sakae Osugi, par le biais de ces revendications contestatrices proches des milieux socialistes, est devenu l'emblème d'une jeunesse iconoclaste, véhémente sur un mode de vie passé jugé hostile à son propre épanouissement.

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Yoshida peint cette jeunesse désabusée, nihiliste envers une société dans laquelle elle ne parvient pas à rentrer. Une société qu'elle a en horreur et qu'elle désire changer par des actes ses fondements oppresseurs. En se référant aux icônes socialistes de jadis, Yoshida expose ces générations perdues, qui se cherchent à travers des figures qu'elles espèrent, sauront les sortir d'un marasme social. Les désillusions d'un passé révolu, d'un présent pénible et d'un avenir certain se corrèlent à la déstructuration d'une génération à la dérive, faute de racines et de valeurs auxquelles se raccrocher. Cette société en décomposition donne naissance à un périple existentiel.
Un cheminement psychanalytique de deux héros en quête d'identité désireux de mettre un terme à la vacuité de leur propre vie. Pour se faire, rien de plus logique que de s'en référer à des idéaux contestataires qu'ils vénèrent et qui serviront à s'interroger sur le présent. Une telle thématique n'est pas sans rappeler le fameux Mai 68. Coïncidence que Eros + Massacre soit sorti en 1969 ? Je ne crois pas. Il peut, sans aucune contestation possible, s'immiscer dans les oeuvres phares guidées par ces révoltes idéologiques menées par des générations perdues, poussant sur les cendres d'un obscur passé marqué par la violence et les pulsions meurtrières. Des jeunes au milieu d'un pays se reconstruisant après un chaos dans un pays laissé à la dérive. On retrouve bien les traumatismes des précurseurs de la Nouvelle Vague affichant ce moment phare d'un pays s'éloignant du totalitarisme pour rentrer dans le moule mondialiste avec son semblant de démocratie. Au sein de cette métamorphose, une troupe d'individus déboussolés. 

Dans Eros + Massacre, ce duo d'étudiants en perte de repère renvoie immanquablement à Sartre dans sa réflexion sur l'identité, le moi et ces discours sur le néant de la vie. Un néant émergeant au sein d'un avenir incertain. Autant de dimensions socio-psychologiques nous sont offertes dans ce film nous bouleversant devant tant de profondeur dans les thématiques traitées. Ces deux époques vont se confondre dans leurs objectifs de liberté et d'hédonisme, les années 20 offrant aux générations futures la possibilité de changer les choses. La lecture du passé sera déterminante du vécu contemporain. Apprendre du passé pour améliorer un Japon confronté à un capitalisme en devenir.
Le capitalisme étant l'ennemi juré de l'anarchiste, par ses moult lois du marché et une soumission à la société de consommation. Eros + Massacre est le regard amer des nouvelles générations et par là même, l'exemple type du film engagé politiquement. Dans ce continuum de débats d'idées, les axes temporels s'abolissent, en raison des va-et-vient constants entre les deux époques, les épisodes des vies respectives en corrélation avec la même idée guidant ces individus. Un dédale scénaristique créé de toute pièce par Eiko qui, je le rappelle, est en quête de vérité sur elle-même. La vie d'Osugi n'étant qu'une mise en abîme de l'imagination d'Eiko. Ce personnage est fantasmes, mythifications, conformément à la vision de l'adolescente. Ce personnage réel devient un personnage fictif des fantasmagories d'Eiko. 

 

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La dimension du biopic opte pour une tournure inédite par le biais d'un réalisateur n'ayant pas froid aux yeux. Toute théorie du cinéma est abolie. Aucun réel code cinématographique n'est présent. La vie de ce personnage réel fantasmé sert la dimension biopic. Ce n'est pas quelque chose de terre-à-terre, vécu mais issu d'une seule et même personne. Peut-on vraiment parler d'un biopic ou d'un songe métaphysique ? Yoshida nous transporte dans un monde où les barrières du Septième Art tombent une par une devant l'ingéniosité de son réalisateur.
La déstructuration est totale en tout point mais ne se transforme pas pour autant en un puzzle alambiqué. Outre la suppression des axes temporels, la structure narrative est évanescente et chaque événement s'évanouit pour laisser la place à une séquence nouvelle sans quelconque transition. C'est un peu un enchevêtrement de scénettes en tout genre se succédant durant 209 minutes. Des saynètes dont la mise en scène est empreinte d'une dimension théâtrale brouillant notre vision du cinéma, partagé entre film et pièce de théâtre. Un résultat singulier difficilement abordable si nous n'adhérons pas au style. L'évaporation de la cohérence peut aussi s'observer lors de cette scène d'Osugi grièvement blessé, surgissant d'un autre angle du couloir sans que l'on ait de véritable raison. Le cinéaste brouille les raccords. Le style est maître des lieux, aux dépens de la vraisemblance. Une vraisemblance n'étant là que pour nous offrir un abrégé de pensée. 

Tout cela est au service d'une esthétique de très grande qualité où se fond le concept de maison-labyrinthe englobant les personnages et les oppressant telle la vision politique de l'Etat en totale opposition avec la leur. La maison occupe les espaces mais sous un trait que certains jugeront rudimentaire, la beauté des décors est bien présente. Souvent minimaliste, il y a peu de détails qui nous sont offerts en intérieur pour que le spectateur ne se concentre que sur le personnage, ses états d'esprit, son regard, ses expressions faciales. Cependant, Yoshida ne se privera pas de magnifier les décors extérieurs fourmillant de détails. On retrouve toujours cette volonté de magnifier la nature, propre au cinéma japonais. Les cerisiers en fleurs sont d'une poésie touchante alors que Osugi en compagnie de Noe Ito s'y promènent. Les plans fixes sont partie intégrante, même si l'on notera quelques travellings. Le plus emblématique étant Ito se retrouvant devant deux maisons à l'esthétique occidentale.
Un peu d'anachronisme sera de la partie. Yoshida affirme son érudition pour un visuel remarquable. La bande son est assez absente et ne se révèlera qu'à de rares reprises par le biais de quelques mélodies et autres mélopées mélancoliques, comme un vestige d'un temps passé révolu. Pour la prestation des acteurs, on retrouvera Mariko Okada, Toshiyuki Hosokawa, Daijiro Haradan ou encore Yuko Kusunogi délivrant tous une grande performance. La théâtralité est pleinement assumée et confirme une originalité supplémentaire du récit. Les dialogues ne seront quasi axés qu'autour de la métaphysique, de la philosophie, de l'introspection du soi et de l'idéologie anarchiste. Ce qui fait qu'une attention permanente se devra d'être là pour s'imprégner de l'essence de l'histoire. C'est peut-être le point qui fera fuir le plus de gens, sachant que le rythme du récit contemplatif hypnotisera ou révulsera. Aucune demi-mesure possible.

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Eros + Massacre est ce genre de film qui est un défi à chroniquer tant la complexité du récit peut prêter au découragement. Il est aussi ce style de film dont un seul visionnage ne pourrait suffire à cerner tant de récits parallèles, de niveaux d'interprétations et de symbolismes. Outre la déconstruction de ce que nous nous faisons du cinéma (brouillage du temps et des espaces, aspect théâtral poussé à son paroxysme, recherche artistique jusqu'au-boutiste des dialogues), c'est le fait de ne pas pouvoir en saisir correctement la portée en ne l'ayant vu qu'une fois. Les nombreux points de vue, rappelant Rashomon, embrassent de nombreuses visions différentes. Eros + Massacre revendique, sous une toile de pessimisme, cette aspiration de l'homme à courir après une liberté. A courir pour s'extirper des conventions sociales, des lois régaliennes. En vain.. L'érotisme déluré s'éloigne de toute vulgarité pour ne nous montrer que la pureté du corps féminin à nu. La mettre à nu est effectué avec un tel naturel, s'éloignant du pudisme type nippon. Une expérience sensorielle excessivement difficile d'accès dans sa version courte et encore plus dans sa véritable version, qui fut bien sûr traitée dans cette chronique.
Dans Eros + Massacre se mêlent symbolique, érotisme, métaphysique, fantasmagories, politique, maïeutique, expérimental sous fond d'un cri de rage des générations à l'avenir sombre. Un film d'époque absorbant, étirant le temps par son choix de mise en scène si singulier. Sans aucun équivalent dans le monde cinématographique, c'est une ode à l'intelligence cinématographique. Le cliché par excellence du film prétentieux et élitiste pour bobo que certains diront. Mais quelle expérience ! Un exercice de style de haute volée. Un visionnage qui se vit au sens propre comme au figuré. Austère, certes, il faut savoir rentrer dedans mais une fois conquis, les 3h29 vous embarqueront pour un long voyage psychanalytique où la pensée de Sartre ne vous quittera plus avant un bon moment. A ce stade -à, il ne faut plus juger la Nouvelle Vague comme un excellent courant mais comme une véritable splendeur.

 

 

Note : 18,5/20

 

 

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