exorciste au commencement

 

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2004
Durée : 1h52

Synopsis : Le Père Lankester Merrin est hanté par le souvenir des atrocités commises durant la Deuxième Guerre mondiale. Sentant sa foi l'abandonner, il quitte sa Hollande natale et d'effectuer en Afrique un voyage de la dernière chance - un pèlerinage qu'il espère salvateur. Au Caire, Merrin est abordé par un amateur d'antiquités rares qui lui propose de rejoindre un chantier archéologique au Kenya. Dans la lointaine province de Turkana, les Anglais viennent de faire une découverte des plus troublante : une église byzantine parfaitement conservée. Misant sur les compétences archéologiques acquises par Merrin à Oxford, le collectionneur espère dénicher le premier une ancienne relique dissimulée dans l'église. Mais, sous l'église, sommeille une entité diabolique qui n'attend qu'un signe pour s'éveiller et répandre à nouveau sur Terre le sang, la mort et les plus abominables violences...    

La critique :

Aujourd'hui, nous évoquons une saga tristement populaire sur le blog Cinéma Choc. Son nom ? L'Exorciste ! Rappelons que le premier chapitre, réalisé par les soins de William Friedkin en son temps (en 1973, pour être précis), a provoqué de nombreux cris d'orfraie dans les salles obscures, et pour cause... Puisque L'Exorciste premier du nom marque une rupture fatidique et rédhibitoire avec le cinéma d'épouvante de jadis, celui de la Hammer qui érigeait Dracula, la Momie, le Loup-Garou et autres Frankenstein comme des figures machiavéliques et comminatoires.
Mais dès 1968, la sortie de Rosemary's Baby, de Roman Polanski, change cette dialectique à priori irréfragable. Pour la première fois dans le cinéma horrifique, le mal vient s'incarner et s'immiscer dans notre société contemporaine.

Le Diable et ses fidèles succubes se délectent de notre propres excoriations physiques et mentales. Et c'est ce qu'a parfaitement compris William Friedkin à travers le scénario retors de L'Exorciste. Le mal, ce n'est pas seulement ce démon rogue et fallacieux qui s'empare de la petite Regan MacNeil, mais cette scission ainsi que cette solitude indicible qui se sont peu à peu ingérées dans notre société consumériste. Ingénieux, William Friedkin propose un affrontement farouche entre la foi religieuse et une médecine beaucoup plus pragmatique et rationnelle.
L'Exorciste se solde évidemment par un succès pharaonique et s'octroie le statut de classique horrifique.
Dès lors, le film de Friedkin engendre et inspire de nombreux épigones, le malin s'enchevêtrant dans nos pénates. 

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La Malédiction (Richard Donner, 1976), Amityville, la maison du Diable (Stuart Rosenberg, 1979) et Poltergeist (Tobe Hooper, 1982) corroborent ce didactisme irrépressible. Perplexe, William Friedkin refuse de rempiler pour une suite putative. Sa requête ne sera hélas pas ouïe par les producteurs mercantiles. En 1977, John Boorman commet l'irréparable avec L'Exorciste 2 : L'Hérétique. Non seulement, le long-métrage se solde par un bide commercial, mais essuie un camouflet auprès du public qui ne comprend guère les élucubrations hypnotiques de la jeune Regan MacNeil, devenue adulte... John Boorman paiera très cher pour cette forfaiture cinématographique.
Les thuriféraires du film de William Friedkin ne lui pardonneront pas cette fadaise outrancière. L'Exorciste 2 : l'Hérétique est-il aussi catastrophique qu'il en a l'air ?

La réponse est hélas positive. Bien conscient de ce désastre artistique et commercial, William Peter Blatty, le cacographe originel, décide de reprendre la saga à son compte.
Le grimaud se transmute alors subrepticement en cinéaste et réalise L'Exorciste : la suite en 1991. Ce troisième volet fait volontairement fi des événements du second opus. Derechef, la franchise se perd dans d'interminables facondes et dans un scénario amphigourique. Maigre consolation, L'Exorciste : la suite se révèle un tantinet supérieur au second chapitre, mais ne réitère aucunement les fulgurances du premier épisode. Toujours la même ritournelle... Après cette nouvelle déconvenue, on croyait la saga L'Exorciste définitivement inhumée ou presque... Une lapalissade...
Durant les années 2000, le réalisateur, Paul Shrader, songe à reprendre la série en main. 

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Cérémonieux, le cinéaste tourne un thriller horrifique et psychologique. Ce sera Dominion : Prequel To The Exorcist en 2005. Non seulement, le film ne sort pas au cinéma, mais ne bénéficie pas non plus d'une exploitation via le support vidéo. Les producteurs, peu convaincus par ce métrage elliptique, somment Paul Shrader de rajouter quelques effusions gore et sanguinaires. Mais le metteur en scène s'ingénie et refuse de céder aux désidératas de ses hiérarques. Dominion : Prequel To The Exorcist sombre alors dans les affres des oubliettes. Paul Shrader n'est plus l'homme de la situation, il est remplacé par Renny Harlin. A l'origine, ce dernier est chargé de tourner quelques saynètes supplémentaires.
Mais le script est modifié à moult reprises pour se polariser vers la genèse du démon. Telle est la rhétorique peu éloquente de L'Exorciste - Au Commencement, sorti en 2005.

Evidemment, avec un tel foutoir dès le départ, ce quatrième (cinquième ?) chapitre avait peu de chance d'illusionner le public dubitatif. Pis, lors de sa sortie, L'Exorciste - Au Commencement est nommé aux Razzie Awards dans les catégories "pire réalisateur" et du "pire remake ou suite" (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exorciste_:_Au_commencement). Reste à savoir si cette pellicule mérite de telles acrimonies. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Stellan Skarsgard, Izabella Scorupco, James D'Arcy, Remy Sweeney, Julian Wadham et Andrew French. Attention, SPOILERS !
Le Père Lankester Merrin est hanté par le souvenir des atrocités commises durant la Deuxième Guerre mondiale. 

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Sentant sa foi l'abandonner, il quitte sa Hollande natale et d'effectuer en Afrique un voyage de la dernière chance - un pèlerinage qu'il espère salvateur. Au Caire, Merrin est abordé par un amateur d'antiquités rares qui lui propose de rejoindre un chantier archéologique au Kenya. Dans la lointaine province de Turkana, les Anglais viennent de faire une découverte des plus troublante : une église byzantine parfaitement conservée.  Misant sur les compétences archéologiques acquises par Merrin à Oxford, le collectionneur espère dénicher le premier une ancienne relique dissimulée dans l'église.
Mais, sous l'église, sommeille une entité diabolique qui n'attend qu'un signe pour s'éveiller et répandre à nouveau sur Terre le sang, la mort et les plus abominables violences... Indubitablement, L'Exorciste - Au Commencement n'avait aucune chance de subsister.

Une impression de pellicule éparse et hétéroclite se dégage de cette production ésotérique qui tergiverse entre les réminiscences du passé et cette volonté d'obliquer vers le thriller paranormal et psychologique. De facto, difficile d'adhérer à l'histoire de ce prêtre (le Père Lankester Merrin) déchu et dépité par la foi religieuse suite à un massacre perpétré par d'abominables "nazillards" durant la Seconde Guerre mondiale. Le subterfuge est aisé, mais le public n'est pas un imbécile et ne se laisse pas berner par les roueries de cette pellicule infatuée.
Pourtant, tout n'est pas si médiocre dans L'Exorciste - Au Commencement. Premier constat, la mise en scène est plutôt soignée à condition de phagocyter les errances narratives. Stellan Skarsgard tire lui aussi son épingle du jeu. On se surprend même à tressaillir devant certaines saynètes d'une rare violence, à l'instar de ce jeune bambin assailli, dévoré puis déchiqueté par quelques hyènes affamées. Seul bémol, et pas des moindres, en raison de ses problèmes budgétaires, les séquences de carnage sont réalisées en images de synthèse sévèrement décrépies.
L'effroi laisse place à la circonspection, puis à l'hilarité. Renny Harlin s'évertue à ressusciter le mythe, là aussi une chimère. Seule petite consolation, L'Exorciste - Au Commencement est légèrement supérieur à ses précédents épigones, excepté le premier chapitre, c'est une évidence. Toutefois, ce n'est pas suffisant pour lui accorder la moyenne.

Note : 09/20

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