cube 2 hypercube

 

Genre : science-fiction, expérimental
Année : 2002
Durée : 1h34

Synopsis : Lorsqu'elles se réveillent, huit personnes qui ne se connaissent pas se découvrent prisonnières d'un labyrinthe de salles cubiques : l'hypercube. Dans cette étrange structure, les lois connues du temps et de l'espace ne s'appliquent plus. Aucun des captifs ne sait comment ni pourquoi il a atterri là. La survie de chacun dépend de la capacité du groupe à percer les secrets du cauchemar géométrique avant qu'il ne se désintègre, entraînant la mort de ceux qui y sont retenus... Hallucination collective, réalité simulée, conspiration démoniaque ou dimension parallèle, ils doivent comprendre. Le général Maguire, Jerry, un ingénieur électricien, Simon, un consultant en management, Kate, une psychothérapeute, Max, un concepteur de jeux, Sasha, une étudiante aveugle, Julia, une avocate, et Mme Paley, une mathématicienne à la retraite, vont devoir décrypter ce lieu qui défie l'esprit...         

La critique :

1997. Malicieux, le cinéaste, Vincenzo Natali invente un nouveau concept via une pellicule astucieuse et retorse. Son nom ? Cube. Le principe du film est aussi simpliste que laconique. Plusieurs individus en déveine se réveillent dans une prison cubique qui recèle d'un florilège de pièges. Ils ignorent pourquoi ils se trouvent dans cet objet énigmatique aux contours variables et visiblement diligentés par des équations mathématiques. Pour survivre, les détentionnaires devront trouver la sortie de cette prison moderne et aux allures géométriques. Mais existe-t-il une issue dans cette forteresse nimbée de mystères ? Ingénieux, Vincenzo Natali se garde bien de dévoiler la moindre information concernant cette prison stratosphérique et aux rouages pernicieux.
Pour le metteur en scène, c'est aussi l'occasion de proposer une allégorie sur la condition humaine en revisitant, de facto, l'Allégorie de la Caverne de Platon.

En ce sens, la prison cubique apparaît comme une réalité factice et imprimée par nos impressions subjectives. Quelle autre réalité se trouve à l'extérieur du Cube ? Ensuite, comment se sortir de cette geôle mortelle ? Autant de questions qui tarabustent nos divers protagonistes. Astucieux, Vincenzo Natali propose un thriller science-fictionnel et labyrinthique qui marque durablement les persistances rétiniennes. Cube se solde par un succès surprenant dans les salles obscures et devient la nouvelle égérie de certains thuriféraires du cinéma science-fictionnel.
Ces derniers saluent le concept, pour le moins controversé, de cette pellicule condescendante. Aux yeux des producteurs avides et mercantile, c'est un argument suffisant pour transmuter le premier film en une trilogie lucrative avec Cube 2 - Hypercube (Andrzej Sekula, 2002) et Cube Zero (Ernie Barbarash, 2004). 

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Aujourd'hui, c'est donc le cas atypique de Cube 2 - Hypercube qui fait l'objet d'une chronique dans nos colonnes. Si Cube premier du nom a rencontré les ferveurs d'une exploitation dans les salles de cinéma, les deux autres épisodes sortiront directement en vidéo. Pis, Cube 2 - Hypercube désarçonne les adulateurs du premier chapitre. Même les critiques et la presse spécialisée se montrent dubitatives et semoncent une suite indigne de son auguste homologue. Reste à savoir si Cube 2 - Hypercube mérite de tels anathèmes et de telles acrimonies.
Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... A contrario, Cube 2 - Hypercube possède son petit aréopage d'intercesseurs car le film repose sur une nouvelle dialectique, l'évolution du cube en un hypercube encore plus complexe, déroutant et amphigourique.

Certes, Cube 2 - Hypercube repose peu ou prou sur le même concept et claustre derechef des individus guignards. Toutefois, les pièges arborent de nouvelles dimensions allégoriques, métaphoriques et même cosmologiques, défiant les lois de la physique quantique ; thématique sur laquelle nous reviendrons ultérieurement. Andrzej Sekula est donc chargé de remplacer Vincenzo Natali. En outre, Andrzej Sekula a surtout officié en tant que directeur de la photographie sur plusieurs longs-métrages proverbiaux, notamment Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1994), American Psycho (Mary Harron, 2000), Hackers (Lain Softely, 1995), ou encore Trust (David Schwimmer, 2010).
Cube 2 - Hypercube constitue également la seconde réalisation du metteur en scène canadien après le film Fait Accompli (1998). La distribution de Cube 2 - Hypercube risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Kari Matchett, Geraint Wyn Davies, Grace Lynn Kung, Matthew Ferguson, Neil Crone, Barbara Gordon et de Lindsey Connell ; mais j'en doute... 

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Attention, SPOILERS ! Lorsqu'elles se réveillent, huit personnes qui ne se connaissent pas se découvrent prisonnières d'un labyrinthe de salles cubiques : l'hypercube. Dans cette étrange structure, les lois connues du temps et de l'espace ne s'appliquent plus. Aucun des captifs ne sait comment ni pourquoi il a atterri là. La survie de chacun dépend de la capacité du groupe à percer les secrets du cauchemar géométrique avant qu'il ne se désintègre, entraînant la mort de ceux qui y sont retenus... Hallucination collective, réalité simulée, conspiration démoniaque ou dimension parallèle, ils doivent comprendre. Le général Maguire, Jerry, un ingénieur électricien, Simon, un consultant en management, Kate, une psychothérapeute, Max, un concepteur de jeux, Sasha, une étudiante aveugle, Julia, une avocate, et Mme Paley, une mathématicienne à la retraite, vont devoir décrypter ce lieu qui défie l'esprit...

Autant l'annoncer de suite. Pour ceux et celles qui ont louangé la sagacité du premier volet, ils risquent d'être sérieusement décontenancés par cette suite entortillée et absconse. Cube 2 - Hypercube est-il un mauvais film pour autant ? Pas vraiment... Force est de constater que ce deuxième effort possède quelques arguties dans sa besace. Pour Andrzej Sekula, il était aisé de reproduire le même didactisme que son illustre devancier. Mais le réalisateur élude cet écueil pour proposer une aventure aux édifications quantiques et ésotériques. Depuis les événements du premier épisode, le cauchemar géométrique a encore évolué vers de nouvelles rugosités.
"Les réalités parallèles s'effondrent en un seul espace" déclame Kate Filmore, une psychothérapeute et héroïne du film. 

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Cette fois-ci, le Cube est encore plus spacieux qu'à l'accoutumée et chaque pièce modifie le temps ainsi que la gravité. Contrairement au premier film qui proposait un concept en trois dimensions, Cube 2 - Hypercube utilise une quatrième perspective : le temps. Mais cette conjecture temporelle est victime de la gravité et de dimensions parallèles qui s'interfèrent et s'enchevêtrent pour totalement désarçonner les divers protagonistes, ainsi que le spectateur hébété. De ce point de départ, pour le moins alambiqué, Andrzej Sekula n'en ressort rien et ne parvient jamais à transcender un script volontairement nébuleux. Certes, par d'habiles stratagèmes, le cinéaste prodigue quelques informations évasives sur cet Hypercube. Tous les personnages incarcérés partagent un lien inhérent et évanescent avec cette expérience militaire et de laboratoire, visiblement diligentée par le gouvernement et/ou les services secrets...

Sur ce dernier point, Cube 2 - Hypercube désappointe le spectateur ulcéré par ses labilités et un script à priori modifié à moult reprises. Dès lors, difficile de s'extasier devant les tribulations de Kate et de ses subordonnés, d'autant plus qu'Andrzej Sekula ne nous épargne pas certains archétypes habituels. Il faudra de nouveau se contenter d'un psychopathe obsédé de l'opinel qui mutile ses comparses pour trouver l'issue et/ou la clé de l'énigme. En dépit de ses apparences et de ses atours quantiques et philosophiques, Cube 2 - Hypercube se pare d'une métaphore sur le conditionnement humain. Seule dissimilitude avec le film de Vincenzo Natali, la prison irrationnelle implique les lois d'une physique capricieuse, les candidats (si j'ose dire...) devant à chaque fois s'adapter à la pièce dans laquelle ils se transposent... Hélas, cette bonne idée de départ est promptement dévoyée par des effets spéciaux et des images de synthèse joyeusement surannés. Cette obsolescence finira par parachever cette impression de vacuité abyssale. A force de persévérer dans cet exercice tarabiscoté, Andrzej Sekula omet ses personnages, ainsi que son propre film, à la limite souvent de l'expérimental.
Faire compliqué pour paraître intelligent, c'est bien quand on est célèbre. Pour Andrzej Sekula, c'est encore beaucoup trop tôt. Telle est l'impression, pour le moins mitigée, qui ressort de ce Cube 2 - Hypercube

Note : 09/20

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