starcrash

 

Genre : science-fiction, space opera
Année : 1978
Durée : 1h32

Synopsis : Aux confins de l'univers, Zarth Arn s'oppose au règne bienveillant de l'Empereur des étoiles. Après avoir mis au point une arme capable de contrôler les esprits et après avoir anéanti une frégate, deux aventuriers, Stella Star et Akton, sont chargés de découvrir la base secrète de Zarth Arn.            

La critique :

1977. Une date fatidique et rédhibitoire pour le cinéma de science-fiction américain avec la sortie de La Guerre des Etoiles, réalisé par George Lucas. A l'origine, le cinéaste prévoyait de signer une adaptation de la série télévisée Flash Gordon au cinéma, mais George Lucas doit se colleter avec les exigences et les désidératas pharaoniques des producteurs. Dépité, le metteur en scène abandonne le projet et commence à griffonner les premières ébauches d'un scénario dans lequel il serait question de batailles intergalactiques entre les chevaliers Jedi et les forces du mal.
Nous sommes en 1972. George Lucas s'inspire à la fois des westerns, de la mythologie gréco-romaine, des films de guerre et de sabre pour peaufiner un script alambiqué. Cérémonieux, George Lucas s'affaire à la tâche.

Il dépose le scénario final sur le bureau de la 20th Century Fox en 1976. La firme omnipotente avalise ce script qu'elle juge pourtant amphigourique. En contrepartie, George Lucas devra composer avec un budget rudimentaire. Que soit. Lors de sa sortie en salles, La Guerre des Etoiles triomphe au cinéma et se solde par un succès faramineux. En l'espace de quelques semaines, le long-métrage s'arroge le titre de film culte et s'inscrit durablement dans la culture populaire. George Lucas jubile. Après avoir officié derrière des oeuvres expérimentales par le passé (THX - 1138 en 1971), le réalisateur connaît son premier grand succès commercial. Mais le metteur en scène a d'autres velléités.
Il souhaite transmuter ce premier chapitre en trilogie lucrative. La Guerre des Etoiles se transmue alors en Star Wars - Chapitre IV : Un Nouvel Espoir

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Ce quatrième opus est logiquement suivi par deux nouveaux chapitres avec Star Wars - Chapitre V : L'Empire Contre-Attaque (Irvin Kershner, 1980) et Star Wars - Chapitre VI : Le Retour du Jedi (Richard Marquand, 1983). Mais le phénomène Star Wars n'est pas achevé, loin de là. Bien des années plus tard, George Lucas explorera la genèse de la saga via trois nouveaux chapitres. Pis, le producteur mercantile vendra son space opera dispendieux à la firme Walt Disney Pictures. La société harangueuse se chargera de dévoyer la franchise vers une flopée de nouveaux épisodes et de séquelles ineptes et stériles, parvenant même à contrister les thuriféraires originels.
En 1977, la sortie d'Un Nouvel Espoir vient contrecarrer la science-fiction ésotérique et philosophique de 2001, l'Odyssée de l'Espace (Stanley Kubrick, 1968), une oeuvre charnière qui explore d'autres facettes de notre vaste univers.

Immense succès oblige, Un Nouvel Espoir inspire et engendre de nombreux épigones, en particulier le cinéma bis italien. C'est dans ce contexte que le cinéma transalpin a la mauvaise idée de produire Starcrash - Le Choc des Etoiles, réalisé par les soins de Luigi Cozzi en 1978. Le cinéaste et scénariste italien n'est pourtant pas un manchot derrière la caméra. Les adulateurs de Luigi Cozzi citeront aisément Quatre Mouches de Velours Gris (1973), Contamination (1980), Les Aventures d'Hercule (1985), Nosferatu à Venise (1988), ou encore Paganini Horror (1989) parmi les longs-métrages notoires du metteur en scène. En résumé, Luigi Cozzi fait partie de ces honnêtes artisans du cinéma bis, mais compte tout de même un certain nombre de nanars funambulesques dans sa filmographie erratique. Au moment de sa sortie, Starcrash - Le Choc des Etoiles est considéré comme un pur film d'exploitation qui profite du phénomène Star Wars pour s'exporter au-delà de ses frontières transalpines. 

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Le nom de Roger Corman apparaît furtivement sur l'affiche du film. Cependant, le pape du cinéma bis semble assez éloigné de cette faribole science-fictionnelle. Autant l'annoncer de suite. Non seulement Starcrash se soldera par une rebuffade commerciale, mais va aussi s'inscrire parmi les références "nanardes" et ubuesques. Le métrage n'a pas échappé à la plume picaresque du site Nanarland (Source : www.nanarland.com/Chroniques/chronique-starcrash-starcrash.html). A l'instar d'Un Nouvel Espoir, Starcrash s'est lui aussi octroyé le statut de film culte, mais pas (du tout) pour les mêmes raisons. En un sens, Starcrash représente la quintessence de la ringardise et du long-métrage joliment obsolète.
Reste à savoir si cette pellicule désargentée mérite de telles acrimonies. La réponse, et vous vous en doutez, est hélas positive !

Pourtant, une suite, Starcrash 2 (Bitto Albertini, 1981), sortira quelques années plus tard, mais ne partage presque aucune accointance avec son sinistre devancier. Pis, ce second chapitre prosaïque dérivera même vers l'érotisme de comptoir. La distribution de ce premier opus se compose de Caroline Munro, Marjoe Gortner, Christopher Plummer, David Hasselhoff, Hamilton Camp et Joe Spinell. Attention, SPOILERS ! Aux confins de l'univers, Zarth Arn s'oppose au règne bienveillant de l'Empereur des étoiles. Après avoir mis au point une arme capable de contrôler les esprits et après avoir anéanti une frégate, deux aventuriers, Stella Star et Akton, sont chargés de découvrir la base secrète de Zarth Arn.
A l'aune de cette exégèse, difficile de s'extasier devant un projet cinématographique appelé à péricliter sous l'hégémonie de Star Wars

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Indubitablement, Starcrash n'a pas les moyens de telles ambitions, surtout sous la direction peu probante de Luigi Cozzi, incapable de transcender son sujet. Les premières minutes de pellicule ont le mérite de présenter les inimitiés puisque nous sommes transposés dans un univers constellé, mais abominablement peinturluré d'étoiles aux couleurs irisées. Même remarque concernant les vaisseaux spatiaux qui ne sont que des jouets maladroitement activés par des ficelles et des techniciens probablement avinés. Faute de budget, Starcrash requiert la technique de la stop-motion.
Malencontreusement, le film doit recourir à des effets visuels surannés et arbore des robots en forme de boîte de conserve qui peinent à se mouvoir devant les faciès dubitatifs de Caroline Munro et de son aréopage.

Starcrash, c'est donc avant tout un échec technique, financier et artistique. Dans ce carcan science-fictionnel, les comédiens sont donc condamnés à palabrer dans le vide intersidéral. Certes, les spectateurs libidineux apprécieront sûrement la silhouette aguicheuse de Caroline Munro, ainsi que ses formes voluptueuses. D'un crétinisme constant, Starcrash nous balade d'un point à un autre de la galaxie en passant par la planète des Amazones, ou encore par la planète polaire (en sus, les décors ne varient pas d'un iota d'une planète à une autre).
Mais rien n'y fait. Starcrash souffre invariablement d'ellipses scénaristiques ostentatoires, ainsi que de protagonistes faméliques. De surcroît, Luigi Cozzi se montre plutôt pingre en termes d'action et de saynètes grandiloquentes.

Ne réalise pas La Guerre des Etoiles qui veut. Il manque aussi à cette production désargentée cette jubilation inhérente à ce genre de space opera aventureux. De facto, difficile de ne pas soupirer devant les tribulations du duo formé par Caroline Munro et son fidèle subordonné, Akton (interprété par un Marjoe Gortner en mode cabotinage). Dans cette chienlit cinématographique, les amateurs de "nanardises" échevelées remarqueront (ou pas) la présence de David Hasselhoff, ainsi qu'une séquence spoliant à satiété une célèbre saynète du film Jason et les Argonautes (Don Chaffey, 1963), la sagacité et le talent en moins. Sans son côté kitsch et sévèrement périmé, Starcrash s'inscrirait probablement parmi ces navets fastidieux et rébarbatifs.
Dans le genre pittoresque et décérébré, on lui préférera largement les élucubrations du fameux Turkish Star Wars (Cetin Inanç, 1982).

Côte : Nanar

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