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Genre : Pornographie, trash (interdit aux - 18 ans)

Année : 1983

Durée : 38 min

 

Synopsis :

Deux malfrats entrent par effraction dans la maison d'une femme et la viole. Il s'avère que la femme est mariée à un pornographe fauché. Quand la femme arrive au bureau de son mari pour lui raconter ce qu'il s'est passé, les voyous débarquent et vont procéder à un viol collectif de la mariée, de la secrétaire du mari et une autre malheureuse qui eut la bonne idée d'être au mauvais endroit, au mauvais moment.

 

La critique :

Autant le dire, Cinéma Choc n'a jamais été le blog par excellence, spécialisé dans le cinéma pornographique. La raison tient en deux choses. Premièrement, ce style peut, à juste titre, être considéré comme la fosse septique du Septième Art où le taux de navets est, pour ainsi dire, stratosphérique. Deuxièmement, dans Cinéma Choc, il y a le mot "choc" et ce nom n'est que rarement rencontré dans ce circuit traditionnel. Bien évidemment, à une époque où le voyeurisme et l'envie d'adrénaline à but sadique n'ont jamais été aussi élevés, les variantes du genre se sont succédés, que ça soit le dessin animé pornographique ou la SF pornographique. A côté, une face bien plus sombre a émergé.
Une face où la violence est affichée en fer de lance, déboussolant plus le spectateur que le mettant en état d'excitation. Bienvenue dans l'univers charmant du roughie. Petite piqûre de rappel pour ceux qui auraient oubliés. Le roughie est un genre développé par les studios américains Avon qui a régné entre 1973 et 1983 dans les milieux underground. Objet des vicieux fantasmes de téméraires en manque de sensations fortes, les roughies sont considérés comme les films pornographiques les plus scandaleux de l'histoire où la débauche complète est affichée en fer de lance. Par le passé, Cinéma Choc a pu proposer de ravissantes chroniques axées autour de ce genre particulier.

On parlera de Forced Entry, considéré comme le premier roughie, mais aussi de House of Sin, Water Power et surtout du monstrueux The Taming of Rebecca. Je me permettrais également de faire mention à Unwilling Lovers, chroniqué par mes soins il y a un moment, et s'apparentant à une véritable escroquerie, alors que la pensée de ramener un seau à côté de moi me trottait dans la tête. Je ne ferai pas mention de toutes les pellicules à consonance pornographique chroniquées car une seule chronique ne saurait en faire mention et que la plupart ne sont pas des roughie. Alors, pourquoi moi, Taratata, que l'on connaît comme un chroniqueur timoré, ai décidé de m'approcher de ce truc ? Je ne saurai que vous renvoyer à cette critique traditionnelle du voyeurisme inhérent ancré en chaque personne. Une curiosité inexplicable me concernant est aussi à remettre en cause.
Est-ce dû au nom ? A l'affiche ? C'est proprement impossible de fournir une explication tangible. Il y a des pulsions ainsi qui germent en vous sans le savoir et ceci s'est porté aujourd'hui sur Savage Sadists, un moyen-métrage réalisé par Phil Prince, l'un des pontes des studios Avon, également réalisateur de The Taming of Rebecca. Une information qui ne met pas en confiance l'être sensible que je suis. Silence radio pour d'éventuels sites français le mentionnant. Seul une mention sur IMDb, sur quelques sites pornos, sur le site Avon et quelques sites anglais fauchés. Une fois de plus, Cinéma Choc peut se targuer d'être l'exclusivité française.

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ATTENTION SPOILERS : Deux malfrats entrent par effraction dans la maison d'une femme et la viole. Il s'avère que la femme est mariée à un pornographe fauché. Quand la femme arrive au bureau de son mari pour lui raconter ce qu'il s'est passé, les voyous débarquent et vont procéder à un viol collectif de la mariée, de la secrétaire du mari et une autre malheureuse qui eut la bonne idée d'être au mauvais endroit, au mauvais moment.

N'est-il pas le brillant exemple de film à visionner un samedi soir en famille ? Plus sérieusement, l'univers du roughie est quelque chose de très underground et il n'est pas facile de se documenter là-dessus. Pour tout vous dire, je ne l'ai jamais fait et c'est par l'intermédiaire de notre ex pape du trash des chroniqueurs qu'il m'ait été donné d'en entendre parler. En se référant à la période d'Avon, on peut en déduire que c'est l'un des derniers roughie sortis avant leur fin. Je ne sais pas quels sont les "classiques" du genre mais Savage Sadists ne semble pas y figurer. Sachant que le bonhomme derrière ce projet est un peu l'un des plus répugnants réalisateurs de l'histoire du Septième Art, vous comprendrez aisément que mon état psychologique a déjà été d'un meilleur niveau quand je lançais le visionnage d'un autre film. Le synopsis, traduit de la langue de Shakespeare, a le mérite d'être simple et concis.
De fait, le moyen-métrage débarque directement dans une petite maison de banlieue avec une dame allongée lascivement sur un canapé. Deux voyous sortis d'on ne sait où débarquent et la violent avec une retenue assez surprenante. Lors de cette séquence, on suit en parallèle le mari qui s'enorgueillit d'un cunnilingus sur une femme (très) potelée. Après ses péripéties, la femme du pornographe débarque et tente de lui expliquer ce qui s'est passé. Bien mal lui en a pris vu que nos deux lascars reviennent à la charge et prendront en otage les trois femmes présentes pour s'ébaudir de leur chair asservie, alors que l'homme est planqué derrière son bureau.

Premier constat : Si jamais vous décidiez d'avoir l'idée saugrenue de passer un moment d'amitié entre votre phallus et votre main droite, alors Savage Sadists ne vous procurera pas la moindre once d'émotion charnelle. Déjà, la dimension du viol, si on se replace dans le semblant d'histoire, pourrait bloquer. Il est vrai que l'univers est loin de la gentillesse de douces pellicules comme Deep Throat ou le pinku eiga, dans un registre beaucoup beaucoup plus soft. Au programme, 38 minutes d'étalage de pornographie emplie d'une grande perversité. Une perversion davantage psychologique au vu de la teneur de l'expérience. D'après ce que j'ai pu lire de The Taming of Rebecca, la violence graphique, en comparaison, est ici quasi inexistante. Les femmes sont forcées de subir les affres de deux sociopathes où se succèdent pénétrations vaginales, cunnilingus et, surtout, les fellations s'étalant sur des kilomètres. Le tout est bien sûr filmé en gros plan, confirmant l'interdiction aux moins de 18 ans.
On s'attardera, cependant, sur une femme accrochée à une croix et qui sera violée, après quoi elle sera décrochée pour subir d'humiliants coups de pénis sur sa joue, non sans qu'une éjaculation faciale l'ait sommée d'être réduite à quia. Savage Sadists est un peu cet exemple de pellicule qui ferait bondir les associations féministes au créneau devant l'hostilité de la chose. En soi, le métrage n'est pas visuellement choquant mais il y a un sadisme psychologique installé, qui le rend troublant. La femme est affichée comme un bout de chair malmené par un patriarcat tout puissant, jouissant de sa supériorité physique. Plus troublant encore le fait de voir des femmes acceptées de jouer des rôles pareils.

 

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Désincarnées, privées de tout respect pour leur être, elles subissent, de manière consentante, un script ne les valorisant pas. A côté, le caractère ordurier du roughie sera respecté au poil (ha, ha !). N'espérez guère une érection devant Savage Sadists sauf si votre abstinence ne se compte plus ni en jours, ni en mois mais en années. L'appareil génital est rendu repoussant avec ces vagins non rasés, d'aspect douteux apparentés à l'antichambre des MST. Les poils pubiens à outrance chez les hommes sont bien là. Tout est au rendez-vous dans la pure tradition de saleté pour que votre phallus soit bien au repos durant toute la courte projection. Le roughie ou la face sombre de la pornographie.
A cela s'ajoutera un visuel tout autant repoussant avec des cadrages bien serrés sur les actes sexuels. Les décors, succincts au possible, sont moches et devinent un budget similaire à celui pour un plat de pâtes discount à l'huile d'olive. Le son d'époque lors des obscénités pourra en amuser certains. Esthétiquement ? Le film est une catastrophe avec sa vieille caméra. Le jeu d'acteur ? Médiocre en tout point avec ces deux violeurs et leurs "fuck" en ponctuation lorsqu'ils parlent. Les femmes sont bancales, inexistantes et sont toutes sauf dans leur jeu de femme violée. Elles ne manifestent aucune hostilité, aucune tristesse, aucune rage. Le but du jeu est de mettre en scène des viols et elles s'exécutent naturellement, comme dans un porno classique. On a vu mieux, si je puis dire.

Que soit, Savage Sadists s'apparente à ce genre de film d'une époque où l'on serait tenté de dire que tout était permis. Pourtant, quand on y songe, rien n'a pu calmer la transgression inouïe de jadis. Celle-ci s'est juste déplacée du circuit traditionnel pour muer dans l'underground où les obscurs cinéphiles s'ébaudissent dans une euphorie malfaisante. Si le roughie, tel qu'on l'appelle, est d'office de l'histoire ancienne, des genres encore plus extrêmes ont germé pour le plaisir malsain d'une population testant son endurance, encouragée par une curiosité perturbante. Les paraphilies ont émergé en même temps que le Japon s'est immiscé comme le champion indétrônable du porno extrême, atteignant des sommets stratosphériques. Squirmfest ou Vomit Enema Ecstasy en sont de brillants exemples. Quel est l'intérêt cinématographique de Savage Sadists ? Objectivement, on a bien du mal à répondre. Scénario inexistant, visuel moche, jeu d'acteur risible, plaisir charnel annihilé.
Rien ne pourrait sauver et pourtant Phil Prince parvient à créer un environnement glauque où la perversion débouche sur une gloire du viol. Les femmes sont rabaissées dans des dimensions propres à interpeller quiconque. Pourtant, elles ont l'air d'aimer ça, alors qu'en dire ? De toute façon, depuis les fameux Most Disturbed Person On Planet Earth, chroniqués sur le blog, j'ai perdu toute foi envers l'humanité. Loin d'être un misanthrope, je commence à ne plus comprendre l'être humain. Une espèce brillante où les technologies de plus en plus sophistiquées témoignent de son intelligence. Et en parallèle, l'odeur pestilentielle du plaisir sexuel vil et sale, la domination gratuite. Un cinéma qui a le mérite d'exister pour faire redescendre l'Homme de son piédestal et lui rappeler que, sous couvert des fondements de la civilisation, il est resté un animal. Un animal, en fin de compte, le plus sale que la Terre ait vu depuis sa création.

 

Note : ???

 

 

orange-mecanique   Taratata