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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2011
Durée : 1h24

Synopsis : Dans un pays irréel appelé la Vallée du Ciel, Adam Chaplin, après la mort suspecte de sa femme, commence à enquêter sur son assassinat, et découvre l'implication du patron de la mafia locale : Denny Richards. Incapable de faire confiance à la police, clairement corrompue et contrôlée par Danny, Adam, ravagé par sa colère, convoque un démon qui va lui conférer une force surhumaine et de sombres pouvoirs. Le démon, invisible de tous sauf de ceux destinés à mourir prochainement ou lui ayant déjà vendu leur âme, va le suivre pendant son odyssée, promettant de mener Adam à l'assassin s'il fait tout ce qu'il lui demande. Cela va déclencher une guerre sanglante qui va confronter Adam, avec le démon à ses côtés, et le corps de la police et tous ses alliés douteux...            

La critique :

Dans le cinéma d'horreur européen, sont souvent évoqués les cas de l'Allemagne et de l'Espagne, soit les deux pays les plus prolifiques en termes d'épouvante, de cris d'orfraie et d'érubescence. Attention à ne pas omettre et à ne pas minorer le cas de l'Italie, une terre plutôt affable en matière de barbaque et de réjouissances sanguinolentes ! Evidemment, les thuriféraires de ce registre cinématographique ne manqueront pas de notifier les filmographies foisonnantes et exhaustives de Dario Argento (Les Frissons de l'Angoisse en 1975, Suspiria en 1977, Inferno en 1980, ou encore Phenomena en 1985), de Lucio Fulci (La longue nuit de l'exorcisme en 1972, Frayeurs en 1980, L'Au-Delà en 1981, ou encore L'Enfer des Zombies en 1979), ainsi que celle de Lamberto Bava (Baiser Macabre en 1980, Démons en 1985 et Démons 2 en 1986) parmi les références les plus notables et notoires.

Mais depuis la fin des années 1980, le cinéma d'horreur italien s'est subrepticement tapi dans la pénombre et dans les affres des oubliettes. Rien, à priori, ne laissait entrevoir quelques faisceaux de lumière ou un avenir radieux à un genre en déshérence tout du moins sur le territoire transalpin. Que soit. Depuis quelques années, le cinéma d'horreur italien semble renaître peu à peu de ses cendres et retrouver sa gloire de jadis via plusieurs productions substantielles.
En 2011, c'est un certain Maxi Dejoie qui se réclame du found footage via une inoculation grippale et des zombies décrépits avec The Gerber Syndrome. Toujours en 2011, Raffaele Picchio signe Morituris - Legions of the Dead, une pellicule trash qui oscille entre le rape and revenge, les démons vindicatifs et des séquences fortement libidineuses.  

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Morituris déclenche même les anathèmes et la polémique pour sa violence âpre et rédhibitoire, suscitant par ailleurs les admonestations de la censure. En 2016, Davide Pesca, un autre réalisateur rital, s'est lui aussi invité dans le cinéma gore, trash et extrême avec Tales from deep hell, le métrage écopant carrément de l'ultime réprobation (donc, interdit aux moins de 18 ans). Récemment, Giulio De Santi s'est lui aussi illustré avec Taeter City (2012), Hotel Inferno (2013), Infidus (2015) et Hotel Inferno 2 : The Cathedral of Pain (2017). Son style de prédilection ?
Un monde amer et aux relents absolutistes qui dérive promptement vers la dystopie cauchemardesque et militaire. Tel était par ailleurs l'apanage de Taeter City. Visiblement, son frère, Emanuele De Santi a été lui aussi imprégné par les mêmes aspérités.

Impression corroborée par Adam Chaplin - Le Vengeur Sanglant, sorti en 2011. Curieusement, son nom est souvent associé aux réalisateurs du cinéma extrême germanique et donc aux côtés d'Andreas Schnaas, Olaf Ittenbach et Marcus Koch. Certes, Emanuele de Santi et son frangin n'ont jamais caché leur extatisme ni leur effervescence pour ce cinéma impétueux et pour le moins déroutant. Il n'est donc pas surprenant de retrouver Emanuele de Santi derrière la réalisation d'Adam Chaplin.
Si cette oeuvre sanguinolente emprunte un peu... beaucoup... énormément au cinéma condescendant d'Ittenbach et consorts, il se nourrit également de la littérature science-fictionnelle et de la culture manga. Sur ce dernier point, Adam Chaplin est souvent comparé au manga Ken le Survivant pour sa capacité à montrer divers membres et organes tuméfiés suite à une série de coups délivrés à une vitesse fulgurante. 

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Une rhétorique qui n'est pas sans évoquer le cas de Riki-Oh : The Story of Ricky (Ngai Choi Lam, 1991). Certes, Adam Chaplin n'est pas une production hongkongaise, ni estampillée "Catégorie III". Pourtant, le film d'Emanuele De Santi n'a rien à envier aux fleurons hongkongais, déjà parce qu'il arbore une affiche particulièrement rutilante via le visage ensanglanté de son protagoniste principal. Ensuite, le métrage appartient à la série des "extreme splatter movies", une catégorie impudente qui coalise à la fois la trilogie August Underground, A Serbian Film (Srdjan Spasojevic, 2010), Grotesque (Koji Shiraishi, 2009), ou encore le diptyque Nekromantik.
Hormis Emanuele de Santi qui incarne le rôle principal, la distribution d'Adam Chaplin risque de ne pas évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms d'Alessandro Gramanti, Valeria Sannino, Christian Riva, Wilmar Zimosa et Paolo Luciani ; mais j'en doute...

En outre, Adam Chaplin s'est octroyé une solide réputation sur la Toile et les réseaux sociaux au fil des années. Le film est souvent cité comme une série B virulente et jubilatoire par ses laudateurs. Reste à savoir si Adam Chaplin - Le Vengeur Sanglant mérite de telles flagorneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Attention, SPOILERS ! Dans un pays irréel appelé la Vallée du Ciel, Adam Chaplin, après la mort suspecte de sa femme, commence à enquêter sur son assassinat, et découvre l'implication du patron de la mafia locale : Denny Richards.
Incapable de faire confiance à la police, clairement corrompue et contrôlée par Danny, Adam, ravagé par sa colère, convoque un démon qui va lui conférer une force surhumaine et de sombres pouvoirs.
Le démon, invisible de tous sauf de ceux destinés à mourir prochainement ou lui ayant déjà vendu leur âme, va le suivre pendant son odyssée, promettant de mener Adam à l'assassin s'il fait tout ce qu'il lui demande. 

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Cela va déclencher une guerre sanglante qui va confronter Adam, avec le démon à ses côtés, et le corps de la police et tous ses alliés douteux... Indubitablement, l'univers d'Adam Chaplin entretient une filiation directe avec Hotel Inferno et Taeter City, deux oeuvres véhémentes qui se polarisent elles aussi sur des dystopies virulentes et fantasmatiques. Toutefois, la famille De Santi étaiera davantage les inimitiés dans le fameux Taeter City, déjà cité à moult reprises dans cette chronique ! A ce sujet, dommage qu'Emanuele De Santi n'ait justement pas étoffé son climat mortifère, à la fois inspiré par la pègre, la mafia, le manga, la série B outrecuidante et le trash ad nauseam.
Adam Chaplin, c'est avant tout un florilège de références apoplectiques qui vise surtout la surenchère et la démesure.

Néanmoins, au-delà de cette banale histoire de vengeance, le film est hélas exempt du moindre enjeu scénaristique. Adam Chaplin - Le Vengeur Sanglant s'adresse presque exclusivement aux adulateurs du cinéma gore, donc à ceux et à celles qui affectionnent tout particulièrement les saynètes rougeoyantes et jubilatoires. Indiscutablement, un gros effort a été déployé sur l'avalanche de prothèses et d'effets visuels correctement réalisés, surtout pour ce genre de production désargentée. Pourtant, Adam Chaplin a bel et bien une consonance spirituelle.
Par certaines accointances, le martyr d'Adam Chaplin n'est pas sans rappeler celui de Jésus-Christ. Pour assouvir sa soif de vengeance, le héros devra ratifier le fameux pacte de Faust. Le film étonne et détonne sans cesse par sa nonchalance, son ingéniosité et sa mansuétude en termes de tripailles et autres exubérances. Si le métrage demeure imparfait, il mérite néanmoins les encouragements.

Note : 12.5/20

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