death file red

Genre : horreur, gore, trash, extrême, shockumentary (interdit aux - 18 ans)
Année : 1998
Durée : 1h01

Synopsis : De la Thaïlande à la Somalie, en passant par d'autres contrées frappées par la misère et l'impécuniosité, ce shockumentary présente la mort et ses corolaires tout en versant dans le gore, l'extrême et la surenchère.

La critique :

Il faut se rendre sur le site Wikipédia (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mondo_(cinéma) pour trouver une définition à la fois concise et minutieuse du "Mondo", un cinéma d'exploitation qui a recours à un style documentaire pour relater toute la violence de notre monde sous ses travers cultuels, séculaires, scopophiles, morbides, sadiques et aussi sexuels. Ce registre cinématographique naît officiellement vers l'orée des années 1960 via une pellicule à la fois scabreuse et pittoresque, j'ai nommé Mondo Cane (Paola Cavara, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, 1962).
Diffusé au festival de Cannes la même année, ce "documenteur" effectue un tour du monde pour nous présenter les us et les coutumes de plusieurs peuplades reculées, mais aussi les moeurs de notre société contemporaine via des anecdotes à la fois virulentes et pittoresques.

Ainsi, le film nous propose une petite excursion à travers certaines peuplades éculées, des peuplades cannibales en passant par certaines communautés installées aux Etats-Unis depuis plusieurs décennies. Le Mondo est né et se distingue à la fois par sa nonchalance et son outrecuidance. Mondo Cane ne manque pas d'effaroucher ni de susciter les anathèmes, les polémiques et les quolibets en son temps. Gualtiero Jacopetti et ses ouailles jubilent. Les réalisateurs et journalistes tiennent la nouvelle "poule aux yeux d'or" (si j'ose dire...). Grisés par ce succès pharaonique, Jacopetti et ses fidèles prosélytes corroborent cette dilection pour cette scoptophilie sous-jacente avec Mondo Cane 2 (1963), Africa Addio (1966), La femme à travers le monde (1963) et Les Négriers (1971).
Evidemment, leurs exactions scabreuses et cinéphiliques vont influencer et engendrer de nombreux épigones.

Certains thuriféraires ne manqueront pas de notifier certaines références proéminentes, entre autres Mondo Magic (Alfredo et Angelo Castiglioni, 1972), Shocking Asia (Rolf Olsen, 1976), Les derniers cris de la savane (Antonio Climati et Mario Morra, 1975), Africa Erotica (Alfredo et Angelo Castiglioni, 1971), ou encore Face à la Mort (John Alan Schwartz, 1978). Le Mondo se transmute alors subrepticement en Death Movie ou en Shockumentary, soit des branches subsidiaires de ce cinéma d'exploitation. Evidemment, la qualité de toutes ces productions outrancières est plutôt erratique et vise avant tout l'exploitation et la surenchère en flagornant notre hédonisme et notre consumérisme ; soit le nouvel apanage du capitalisme depuis la fin des années 1960.
Le phénomène "Mondo" s'exporte à travers le cinéma du monde entier et même sur le continent asiatique.

Preuve en est avec la saga Death File qui, à l'instar de Faces of Death en son temps, revisite à sa manière certains rites séculaires et mortifères. Petite piqûre de rappel. Naguère, le blog avait déjà visité les écueils et les corolaires de cette franchise méphitique via la chronique de Death File Yellow (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/12/29/33130457.html). En vérité, difficile de trouver la moindre information élusive sur cette série de films putrides. Mais, à fortiori, la saga se segmente en cinq pellicules véhémentes et impudentes.
Aujourd'hui, c'est le cas de Death File Red, sorti en 1998, qui fait l'objet d'une chronique dans nos colonnes. Le long-métrage sera suivi par un Death File Black, Death File Blue et même par un Death File White, avant de se conclure par un Death File Yellow pour couronner une saga pour le moins indécente.

En raison de son exceptionnelle rareté, difficile voire impossible de trouver la moindre information évasive sur les auteurs qui ont psalmodié ces productions racoleuses et scellées par l'interdiction ultime (soit une interdiction aux moins de 18 ans, au cas où vous n'auriez pas compris...). Bien sûr, Death File Red n'échappe pas à la règle et se situe dans la lignée et le continuum de ses sinistres devanciers. Il suffit de prendre l'affiche (particulièrement nauséabonde) du film pour s'en rendre compte puisque celle-ci montre sans fard un nourrisson monstrueux nanti d'une cavité buccale tuméfiée et de yeux globuleux. On connaît la propension du shockumentary pour truquer et falsifier la réalité.
Mais, à l'instar de Death File Yellow et de ses nombreux succédanés, toutes les saynètes relatées sont hélas bien réelles.

On veut bien le croire puisque le film capture des images et des séquences du même acabit et prises "sur le vif" dans des pays frappés par l'impécuniosité. Telle est, par ailleurs, l'exégèse lapidaire de Death File Red. Attention, SPOILERS ! De la Thaïlande à la Somalie, en passant par d'autres contrées extrêmement paupérisées, ce shockumentary présente la mort et ses corolaires tout en versant dans le gore, le trash et la surenchère. Certes, désormais, le blog est à la fois rompu et éprouvé à l'exercice de ces films gore et extrêmes qui n'ont pas manqué d'estourbir durablement les persistances rétiniennes. Mais indubitablement, le cas de Death File Red (on pourrait finalement dire la même chose de Death File Yellow...) se classe aisément parmi les Death Movies les plus scabreux, morbides, choquants et violents jamais réalisés. A l'instar de Faces of Death (précédemment mentionné), Faces of Gore (Todd Tjersland, 1999), Traces of Death (Damon Fox, 1993) et consorts, Death File Red s'illustre par son âpreté et son style irrévocable.

Ainsi, les belligérances et la rhétorique de Death File Red nous sont présentées par un journaliste emphatique. Ce dernier commente les images et les séquences de façon monocorde. Pour ce premier épisode, la saga se nimbe de la couleur rougeoyante qui symbolise à la fois le sang, la guerre et la mort. En l'occurrence, c'est surtout le moment fatidique qui est ici sondé et scruté à la loupe. Que les amateurs de sensations fortes et de diverses érubescences se rassérènent ! Non, l'affiche du film n'est pas mensongère. Oui, vous pourrez voir ce fameux "bébé" difforme pousser quelques petits cris d'orfraie et même s'abreuver d'un biberon frugal en attendant une mort hélas certaine...
Death File Yellow se polarise presque exclusivement sur la nocuité et les effets délétères de cette paupérisation massive dans les pays les plus insalubres du monde.

Ainsi, le film montre ostentatoirement des dépouilles d'adultes, de femmes, de vieillards et d'enfants sans distinction et dépérir sous un soleil de plomb, inlassablement assaillis par des brachycères qui se délectent de leurs sueurs et de leur chair en putréfaction. De telles saynètes, pour le moins révulsantes, se passent évidemment de commentaires. Autant l'annoncer de suite. Death File Red ne badine pas avec le trash et se montre particulièrement complaisant en termes d'exactions et de mutilations post-mortem. Par ailleurs, le film se conclura sur plusieurs prélèvements d'organes effectués sur un cadavre putrescent. Certes, par d'habiles subterfuges, le métrage tente malhabilement de "flouter" certaines anfractuosités du corps humain. Mais l'exercice se révèle rapidement chimérique puisque la réalisation, en mode reportage et/ou documentaire, se révèle assez futile et au mieux maladroite.
De surcroît, Death File Red contient toutes les tares et carences inhérentes du death movie via une mise en scène amateure, plusieurs saynètes digressives (sans que l'on sache vraiment pourquoi, les séquences de tripailles sont parfois entrecoupées par des moments de baston entre certains édiles politiques asiatiques...), ainsi qu'une certaine dilection pour les parties d'agapes et de priapées. Pour les esprits sensibles et pudibonds, merci d'aller faire un petit tour et de retourner gentiment dans leurs pénates. De facto, Death File Red s'adresse à un public particulièrement averti.
Parfaitement non notable, donc !

 

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver