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Genre : Pornographie, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)

Année : 1982

Durée : 1h38

 

Synopsis :

Sabrina est chômeuse. Elle trouve enfin un emploi comme baby-sitter chez un couple de bourgeois dépravés. Il s'avère que l'enfant qu'elle doit garder est un nain... solidement constitué. Celui-ci lui fait alors subir de monstrueux sévices sexuels, pendant que le couple observe la scène grâce à une caméra vidéo cachée...

La critique :

Amis du cinéma de bon goût, du cinéma raffiné, je vous souhaite le bonjour en ce délicieux mois d'août frappé par une sécheresse inhabituelle. Vous trouviez le blog un peu moins "extrême" depuis le départ de notre regretté Inthemoodforgore ? J'entends quelques vagues "OUI !!!" dans l'assemblée, d'autres "NON !!!" craignant un nouveau désordre gastrique. Ne vous inquiétez pas, j'ai de quoi calmer votre petit régime aujourd'hui. "Taratata qui chronique un film extrême, ce n'est pas normal ça...". Il est vrai que ce cinéma n'a jamais été ma tasse de thé et je dois bien avouer admettre préférer le vieux cinéma plus conventionnel. L'époque des Kurosawa, Fellini, Truffaut, Tarkovski etc, etc...
Alors pourquoi la chronique d'aujourd'hui ? Laissez-moi vous raconter une brève histoire. Le 2 juillet, un malheureux billet nous indiquait que le spécialiste du trash du blog cessait (temporairement ?) ses activités et avec lui la perspective de voir de nouvelles bombes incendiaires chroniquées sur le blog. Néanmoins, dans plusieurs commentaires éparpillés ça et là, il a lâché des noms de films qui auraient dû être chroniqués par ses soins. A la lecture des noms, on savait d'office qu'ils étaient interdits aux - 18 ans sans même lire le synopsis ou regarder la pochette. Un titre retint mon attention pour une raison dont j'ignore l'existence : "Violée par un Nain" (tout un programme...). Pour la petite anecdote, c'était ce film que j'étais censé chroniquer en hommage au départ d'Inthemood mais pour diverses raisons, cela n'avait pas pu se faire.

Nous sommes hier, samedi soir, il est 20h30. Mon père est parti au restaurant pour fêter ses 6 mois avec sa compagne, ma copine vous passe le bonjour de Bretagne et mes potes, soit travaillent ou soit étudient intensément pour leurs examens de passage d'août. Etant d'origine rital, je me suis fait plaisir en mangeant un peu trop de pâtes, bien malin de ma part au vu de ce que j'allais visionner. En effet, la séance du samedi soir allait se porter sur un film qui allait faire l'objet de ma 250ème chronique. Il fallait fêter ça ! J'avais déjà par le passé fêté en grande pompe la Xème chronique rédigée. Subconscious Cruelty fut ma 50ème, Nekromantik ma 70ème et les 5 Sadi-Scream la 100ème. Malheureusement, dans ce dernier cas, si la dégueulasserie avait de quoi révulser, le fiasco était bien là. Puis, trou noir jusqu'à aujourd'hui pour aboutir à Violée par un Nain.
Quasi impossible d'obtenir des informations en français sur ce film en dehors d'un blog, aucun pet de chronique en français à l'horizon et pour y avoir droit, pas le choix de passer par d'autres noms pour en savoir plus. Aussi connu sous le nom de Il Nano Erotico ou sobrement Baby Sitter dans d'autres contrées, les infos nous font part que le réalisateur n'est autre que Alberto Cavallone, aussi surnommé le Pasolini du bis. Véritable phénomène de foire borderline, ami de la transgression paroxystique, il balaie tout le raffinement italien façon puzzle pour affirmer son style brut, underground et hautement torturé. Derrière lui se cachent Blue Movie et L'Uomo, la Donna e la Bestia n'ayant pas démérité leur place dans les hautes sphères des films extrêmes et ayant été par ailleurs chroniqués sur le blog. A ce sujet, Blue Movie représentera un tournant dans la filmographie peu connue du cinéaste puisqu'il se tournera vers des pornos brutaux. On se permettra de citer La gemella erotica – Due gocce d’acqua ou Pat, una donna particolare, que je doute que vous connaissiez. Amusant d'ailleurs de voir la face cachée du cinéma italien vu, dans l'inconscient collectif, comme le raffinement du Septième Art, où les histoires d'amour font rêver ! A la vue de cette pochette pour le moins glauque, ça serait pisser dans un violon que de vous dire de ne rien attendre de romantique.

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ATTENTION SPOILERS : Sabrina est chômeuse. Elle trouve enfin un emploi comme baby-sitter chez un couple de bourgeois dépravés. Il s'avère que l'enfant qu'elle doit garder est un nain... solidement constitué. Celui-ci lui fait alors subir de monstrueux sévices sexuels, pendant que le couple observe la scène grâce à une caméra vidéo cachée...

Il y a quelques temps de ça, Cinéma Choc voyait débarquer le concept intriguant de "dwarfsploitation", autrement dit le film de nains. Initié en 1932 avec Freaks, les lilliputiens eurent leur quart d'heure de gloire dans le cinéma alternatif. Vu comme guillerets, inoffensifs, ils suscitent l'empathie et la curiosité, ce qui n'empêche pas certains réalisateurs de briser les règles de bienséance en révélant leur face sombre. Le méconnu The Sinful Dwarf, un porno danois déviant, illustrait bien cet état de fait. D'autres cinéastes furent tentés de réitérer les velléités goguenardes de ces petits êtres achondroplasiques. L'idée traversa la tête de Alberto Cavallone qui prit le pseudonyme de Baron Corvo pour l'occasion en accouchant d'une pellicule immorale jouissant d'une sulfureuse réputation dans son pays natal. Certains s'avançant à dire qu'il est devenu culte chez les amateurs de pornos trash.
Il est également rarissime car, toujours d'après certains, la VHS se monnaierait une sacrée somme dans ses différentes versions. Point très important à préciser : il existerait plusieurs versions différentes sur le marché. Tout d'abord, la version espagnole inutile de 70 minutes exempte de tous les plans porno-hard. Ensuite, une version française (car oui, le film bénéficia d'une sortie en salle en circuit X en 1985), sortie apparemment en 1994. Enfin, la version italienne "UNCUT" de 98 minutes libérée de toute censure. C'est, évidemment, de cette version-là dont nous allons parler aujourd'hui. Une version que je pus obtenir après des recherches infructueuses pour me retrouver sur The Pirate Bay où il m'attendait sagement.

Il serait admis, dans une interview et un dossier sur son oeuvre maudite, que Alberto Cavallone avait beaucoup de répulsion à parler de sa période X tant il la détestait et la reniait, un peu contraint de l'avoir faite. L'utilisation du pseudonyme provenait de désaccords avec ses producteurs, cela lui permettant de ne pas les signer sous son propre nom. Il ne voulait pas faire du X mais comme ses scénarios et idées étaient refusés par les producteurs, il se vit contraint d'accepter, les tournant contre son gré pour bâcler tant la mise en scène que l'histoire. Violée par un Nain peut être apparenté, avec d'autres pornos, à un film maudit. Il est vrai que le synopsis n'est pas le plus passionnant que nous pourrions lire. Mais, trêve de discussions et passons au véritable sujet de la chronique !
20h30, je lance le visionnage après avoir mangé. L'image grésillante, floue et de médiocre qualité proche du Super 8 nous donne à croire que nous sommes plongés dans un vrai porno clandestin. Aucun générique de début ou de fin. Aucun réalisateur ou acteur crédité. La scène champêtre s'offre à nous où Sabrina, une belle jeune fille, pratique une fellation en bonne et due forme à son homme. Mais, devant répondre à un emploi de baby-sitter, le plaisir est écourté (tout est relatif...). En retournant en ville avec une moto, elle en profitera pour masturber frénétiquement son homme, non sans qu'une éjacuation ne voit se répandre une belle quantité de sperme sur la moto. Arrivée au lieu du rendez-vous, elle est accueillie par un étrange chauffeur, tandis que son amoureux n'éprouve guère de confiance envers ceux l'ayant engagé. Rien de plus normal vu qu'il s'agit d'un couple de bourgeois dépravés dont le supposé enfant est en réalité un nain sadique et pervers. Se faisant passer pour un enfant en pleine sieste et, alors que Sabrina réalise qu'elle est enfermée, celui-ci se lèvera et arpentera les couloirs pour endormir sa victime avec une sarbacane non sans qu'un rire à nous glacer le sang s'échappe de sa bouche putride.

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La pauvre se réveillera bras suspendus au-dessus de la cheminée, pieds liés au sol pour être réduite à un vulgaire morceau de chair devenant le jouet de ce nain libidineux affublé d'un costume de marin et de basse résille. Cavallone va débuter les hostilités en filmant Sabrina pénétrée aussi bien analement que vaginalement par un panel de godes géants, diversifiés, parfois de taille surdimensionnée, le tout sous ses hurlements de douleur, implorant le nain de la libérer. S'attardant bien sur ce corps meurtri, il nous fera part d'un ravissant plan du sexe rougi et tuméfié. Le métrage prendra d'autres dimensions quand on réalisera que plusieurs caméras seront planquées dans la maison pour permettre au couple de se délecter dans une autre chambre de ces sévices sexuels tout en forniquant abondamment devant. Représentation infernale du voyeurisme paroxystique, Cavallone illustre une société en pleine déshérence, déshumanisée, prenant son propre plaisir devant le malheur d'autrui.
La torture est devenue une forme souhaitée de plaisir personnel. Le summum de l'hérésie morale où la blondasse bourgeoise effectuera une langoureuse fellation à son homme alors que la TV en arrière-plan voit le nain violer Sabrina ayant, bien malgré elle, un gode enfoncé profondément dans la bouche. Quel délicieux moment de joie cinématographique ! Le tout s'accompagnant d'une ambiance burlesque avec ce magnétophone et sa musique insolite tournant une musique en continu pour apporter du "rythme" et de la "joie" aux actes du nain se claquant le pénis devant Sabrina. Pourquoi pas...

La deuxième séquence verra Sabrina saucissonnée, posée le cul bien en évidence sur un gros meuble carré. Le nain reconverti en cavalier, toujours affublé de ses basses résilles, la flagellera à outrance avant de s'en servir comme cheval que notre nain chevauchera tout en exultant, sautant et se masturbant intensément. De son côté, excitée par ces actes pervers, la blondasse demandera que son amant soit plus fulgurant dans leurs ébats en prenant comme modèle le sadisme du nain afin de mieux la faire jouir. Puis, une discussion s'engagera entre elle et le lilliputien acceptera de libérer sa nymphe si elle le masturbe avec passion. De sublimes gros plans s'attarderont sur la tête du nain dont la dentition le ferait passer pour le fils spirituel de Didier Deschamps. Ejaculation effectuée avec succès, on peut passer à la suite du programme. Libérée, allongée dans un canapé, le nain lui racontera son passé et le fait qu'il est en fait l'époux de Madame la bourgeoise. Un petit retour dans le passé s'effectue où nous les voyons tous les deux s'acoquiner dans toutes sortes de positions sexuelles et cette belle dégustation de crème fraîche éparpillée sur les poils pubiens de Madame. MIAM ! Les festivités se hissant un cran supplémentaire quand Monsieur Petit effectuera une séance de lavement en bonne et due forme sur sa femme.
Voulant réitérer l'expérience sur la baby-sitter pour quelque festivité scatologique, elle finira par échapper à l'infâmie et dans une séance de cache-cache, elle transpercera le nain avec un javelot. Son compagnon arrivera pour tuer à son tour le concubin de la blonde ayant pris en chasse Sabrina en se rendant compte de la situation. Le final s'achevant sur un long coït avec fellation entre la baby-sitter, saine et sauve, et son amoureux.

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Premier constat surprenant : je n'ai pas vomi, ni même eu de nausées. Ceci me tendrait à penser que je me suis aguerri aux films chocs et extrêmes. Ce constat ne serait sans doute pas le même s'il y avait effectivement eu une séquence explicite de scatologie. Connaissant ma répulsion systématique à ce genre de scène, j'ai envie de dire "tant mieux". Quand je repense à Vase de Noces et mes râles involontaires devant, c'est chouette d'avoir échappé à cela. Cependant, difficile que de ressortir l'âme entière après le visionnage de cette pellicule outrageante dont la perversité atteint des dimensions stratosphériques. Ce point de vue est surtout dû au fait que, aux actes d'humiliations sévères, se conjugue une violence psychologique mâtinée d'une ambiance baroque dans la vaine des films d'épouvante des années 70. Le fait de voir que la quasi-totalité du film se déroule en vase clos amplifie l'oppression d'un métrage réellement glauque dans ses décors. La violence psychologique symbolisée par la thématique du viol et des perversions déviantes du couple y assistant, continue à ajouter de l'huile sur le feu. Violée par un Nain est un pur produit du cinéma pornographique extrême tant par ce qu'il montre que parce qu'il dénonce. Sous ses travers peu orthodoxes, nous ne sommes pas face à de la crétinerie sans fond.
La bourgeoisie, représentée comme décadente, s'ébaudit de tous les vices possibles qu'elle effectue sur le prolétariat. Elle recherche cette malsaine sensation d'adrénaline, cette excitation face à l'interdit du viol. Elle s'amuse de la souffrance des autres. Avec un point de vue de plus de 30 ans plus tard, le propos en devient encore plus nihiliste vu que ce n'est plus seulement la bourgeoisie mais la société entière fascinée par le meurtre, le sang et toujours cette ligne rouge de l'interdit.

Violée par un Nain est donc aussi ce porno issu d'une époque révolue où une analyse était possible car tout ne reposait pas sur des actes sans fond. Maintenant se pose la question du traitement par-dessus, de la mise en scène, de la photographie, du jeu d'acteurs. Ces critères pourront partager le spectateur endurci car on ressent cet amateurisme dans la mise en scène. Les transitions trop brusques entre les scènes sexuelles et ce motard arpentant les routes cassent le rythme établi. Reste aussi des scènes sexuelles s'éternisant parfois trop mais venant d'un métrage estampillé pornographique, il fallait s'y attendre. L'esthétique gothique revêt une grande importance pour la tonalité malsaine du semblant de récit. Si la caméra est miteuse, on peut s'avancer à dire que le film a un certain cachet et des décors travaillés. Point positif : la qualité de la bande sonore dont la plupart des mélodies valent le détour, partagée entre le festif, le romantique et le désespéré. Au niveau des acteurs, il faut reconnaître que le nain distille un charisme particulièrement malsain et assimile à merveille son rôle de sadique dépravé.
Olivier Privat se cache sous le pseudonyme de Petit Loup. Sabrina Mastrolorenzi, si elle se montre belle, peut parfois avoir des réactions incompréhensibles. On admirera Dominique St-Claire qui ne démérite pas dans la peau de cette pétasse blonde déviante. Le reste est au mieux médiocre.

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N'étant pas du tout un passionné de porno que j'estime être le genre poubelle par excellence, je dois bien reconnaître avoir eu un brin de conviction dans ce projet qui, s'il est abject dans sa tonalité, n'est pas dénué d'une certaine intelligence et d'une critique sociétale. Une critique qu'il repousse à des niveaux rarement vus où Cavallone, quoi qu'il puisse dire sur sa non appréciation de cette partie de sa filmographie, n'a rien perdu de son irrévérence. Affichant l'obscénité en fer de lance, il massacre le politiquement correct à la gatling, les spectateurs facilement impressionnables à la bombe nucléaire. Scandaleux, abominable sont les termes qui conviennent le mieux tant on se sent souillé par l'immoralité de cette pellicule extrême où la torture physique est en synergie avec la torture psychologique.
Un tel constat augmentant l'impact moral d'un film pas piqué des vers où absolument rien n'est censuré. Sodomies, fellations, éjaculations fessières, cunnilingus, flagellations, viol sous fond de bondage, et j'en passe des meilleurs, pour égayer la séance. Néanmoins, inutile de s'attendre à des épanchements de sang, de merde, de vomi ou autre substance corporelle si ce n'est le sperme. Violée par un Nain repose tout sur une ambiance vraiment très particulière à même de donner des frissons au plus endurci avec ce nain d'un incommensurable sadisme, réellement terrifiant dans sa dégénérescence morale. En l'habillant comme un petit enfant, Cavallone rajoute une couche au malaise généralisé. Absolument culotté pour son époque, ce métrage vicieux serait proprement impossible à réaliser à notre époque, sauf s'il se contenterait de la case "underground". Sans que je n'éprouve une quelconque fierté, Violée par un Nain peut se rajouter à ma très maigre collection de pornos extrêmes visionnés, faisant apparaître une énième tache sombre sur un disque dur de plus en plus perverti par mes exactions commises depuis un petit temps sur Cinéma Choc. Avec une pointe de gêne, je peux dire que, une fois de plus, Cinéma Choc crée la sensation en chroniquant un film extrême qui n'avait jusque-là jamais été chroniqué, auparavant, sur les sites français. 

 

Note : ???

 

 

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