offspring 2009

Genre : horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2009
Durée : 1h40

Synopsis : Sur les côtes du Maine et du sud-est du Canada sévit depuis plus de cent ans une famille de cannibales qui vivent à l'état sauvage dans des grottes. De temps en temps, ils kidnappent des bébés, des autostoppeurs, des mères de famille pour les dévorer. Cette fois-ci leur raid sur une paisible famille américaine ne va pas se passer comme prévu. 

La critique :

Andrew van den Houten est un nom qui rime à la fois avec le cinéma indépendant et extrême. Le jeune artiste émérite n'est pas vraiment un réalisateur aguerri et a surtout sévi en tant que producteur (voire producteur exécutif) derrière des pellicules trash et souvent subsidiaires. Ainsi, Andrew van den Houten a officié derrière les tournages de The Woman (Lucky McKee, 2011), In the family (Patrick Wang, 2011), The Girl Next Door (Gregory Wilson, 2007), Jug Face (Chad Crawford Kinkle, 2013), ou encore All cheerladers die (Lucky McKee et Chris Sitveston, 2014).
Dans un premier temps, Andrew van den Houten s'est tout d'abord affairé à la réalisation de courts-métrages, par ailleurs inconnus au bataillon et inédits dans nos contrées hexagonales. Selon nos sources, Headspace, sorti en 2005, constituerait son tout premier long-métrage.

Vient également s'agréger Offspring, réalisé en 2009. Andrew van den Houten n'a jamais caché son extatisme ni son effervescence pour certaines pellicules référentielles. Ces dernières se nomment Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974), La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972), Délivrance (John Boorman, 1972), ou encore La Colline A Des Yeux (Wes Craven, 1977). Toujours la même antienne... Mais Andrew van den Houten connaît ses classiques sur le bout des lèvres et a bien l'intention de leur rendre hommage à travers Offspring.
Certes, cette production érubescente n'a pas connu les faveurs d'une exploitation dans les salles obscures et a dû se contenter d'une sortie furtive en DTV (direct-to-video). Mais le film va s'arroger un simulacre de notoriété à travers différents festivals. 

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Le métrage s'est même octroyé une certaine réputation sur la Toile et en particulier auprès des laudateurs du cinéma gore. En un sens, on pourrait considérer Offspring comme la réponse âpre et véhémente donnée à Barricade (Timo Rose, 2007) sorti (plus ou moins) dans la foulée. Le film virulent et anthropophage de Timo Rose s'apparentait à une nouvelle variation de La Colline a des Yeux, version amateure, mais avec une grande magnanimité surtout en termes de barbaque et de tripailles. En l'occurrence, Offspring s'inscrit dans la même rhétorique et a surtout pour vocation de satisfaire nos pulsions reptiliennes via plusieurs saynètes véhémentes et rédhibitoires.
Sur la forme comme sur le fond, Offspring ressemble à une métaphore de l'enfant sauvage et se veut être une préquelle avant l'heure de The Woman (précédemment mentionné), qui sortira deux ans plus tard.

A ce sujet, le film d'Andrew van den Houten est l'adaptation libre d'un opuscule de Jack Ketchum. Par le passé, le célèbre cacographe a déjà inspiré le noble Septième Art avec le terrible The Girl Next Door, une sorte de drame familial qui dérive subrepticement vers le torture porn. Reste à savoir si Offspring remplit ou non son office. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Pollyana McIntosh, Art Hindle, Ahna Tessler, Amy Hargreaves, Andrew Elvis Miller, Tommy Nelson, Holter Graham et Taylor John Piedmonte ; mais j'en doute...
Attention, SPOILERS ! (1) Une famille de cannibales vivant à l’état sauvage dans des grottes du sud-est canadien revient terroriser les habitants de la petite ville de Dead River. 

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Ils y avaient semé l’horreur et la désolation quelques années plus tôt. George Peters, le Sheriff qui était parvenu auparavant à les mettre hors d’état de nuire, repart à leurs trousses avec l’aide d’une équipe de police. Les cannibales sont eux sur les traces de deux mères et de leurs enfants, pour remplir leur garde-manger (1). Mais cette fois-ci, leur raid sur une paisible famille américaine ne va pas se passer comme prévu. Indubitablement, le cinéma d'Andrew van den Houten lutine et s'acoquine avec celui de Lucky McKee, un réalisateur accompli que le cinéaste hollandais louange, divinise et déifie.
Ce dernier affectionne tout particulièrement cette systémique familiale qui dérive prestement vers le trash, le gore et l'horreur. De facto, Offspring s'inscrit dans le didactisme de The Woman et de The Girl Next Door.

Une fois coalisés, ces trois films forment une trilogie, à la fois horrifique et dramaturgique sur fond de parricide, voire d'infanticide, un peu à la manière des enfants sauvages dans Les Révoltés de l'An 2000 (Narciso Ibanez Serrador, 1976). Seule dissimilitude et pas des moindres, en dépit de leurs ambitions et de leurs qualités, tous ces films ne risquent pas d'ébranler l'hégémonie du chef d'oeuvre putride de Serrador. Par certaines accointances, on pense parfois au beau film de Truffaut, L'Enfant Sauvage (1969), mais sous une forme hybride et particulièrement rougeoyante.
Pis, Offspring se révèle nettement inférieur à l'excellent The Girl Next Door et pâtit (entre autres) d'un amateurisme constant. A contrario, le film se veut être un peu plus parcimonieux que le fameux Barricade.
Au moins, Andrew van den Houten prend son temps pour planter le décor et ses divers protagonistes, un peu trop peut-être... 

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Cependant, impossible de s'attacher à cette famille soudainement assaillie, kidnappée et cannibalisée par une famille d'anthropophages. Ces derniers ont déjà sévi dans un lointain passé et sont activement recherchés par la police locale. Hélas, les recherches se révèlent infructueuses. Pourquoi cette famille de dégénérés revient-elle après de si longues années pour s'en prendre à une jolie blondinette et à son marmot pleurnichard ? On ne le saura jamais et Andrew van den Houten élude de se glisser dans de longues facondes et/ou dans des explications amphigouriques.
L'interprétation est plutôt correcte, guère plus. Les carences scénaristiques et le manque de direction d'acteur se font furieusement sentir dans cette bisserie impécunieuse. Visiblement, l'essentiel du budget a été dépensé dans l'avalanche d'abats et de prothèses humaines, une discipline dans laquelle Offspring excelle. Au moins, le film ne badine pas avec la marchandise et devrait logiquement satisfaire les amateurs de sensations sanguinolentes. A juste titre, le long-métrage a écopé d'une interdiction aux moins de 18 ans. Au menu des tristes réjouissances, le spectateur ulcéré assistera à plusieurs séquences de cannibalisme orchestrées par des enfants gloutons, un viol, ainsi que plusieurs dilacérations, éventrations et énucléations diligentées par une matriarche écervelée et sanglante.
C'est d'ailleurs elle qui est au premier plan de l'affiche, menaçant ses victimes d'un opinel. Bref, on tient là une série B probe et plutôt recommandable à condition de faire fi de sa relative obsolescence et de nombreuses carences, hélas préjudiciables à la qualité de cette adaptation cinématographique.

Note : 10/20

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(1) Synopsis du film sur : http://avenuedelhorreur.over-blog.com/article-critique-offspring-107414335.html