die hard belle journée pour mourir

Genre : action, policier
Année : 2013
Durée : 1h36

Synopsis : Bruce Willis est de retour dans son rôle le plus mythique : John McClane, le « vrai héros » par excellence, qui a le talent et la trempe de celui qui résiste jusqu’au bout. Cette fois-ci, le flic qui ne fait pas dans la demi-mesure, est vraiment au mauvais endroit au mauvais moment après s’être rendu à Moscou pour aider son fils Jack, qu’il avait perdu de vue. Ce qu’il ignore, c’est que Jack est en réalité un agent hautement qualifié de la CIA en mission pour empêcher un vol d’armes nucléaires. Avec la mafia russe à leur poursuite et la menace d’une guerre imminente, les deux McClane vont découvrir que leurs méthodes radicalement différentes vont aussi faire d’eux des héros que rien ne peut arrêter.              

La critique :

Toujours au mauvais endroit et toujours au mauvais moment, telle était la scansion dogmatique et rédhibitoire dès le premier Die Hard, ou Piège de Cristal (John McTiernan, 1988), un film policier et d'action protéiforme qui, au moment de sa sortie, était un habile maelström entre le huis clos aux faux accents terroristes (pour éviter de courroucer le public, les scénaristes évoqueront des "mercenaires"...), le genre catastrophe (par certaines accointances, Piège de Cristal n'est pas sans rappeler la trame narrative de La Tour Infernale) et un lieutenant de police (John McLane) subrepticement transformé en thaumaturge. A raison, John McTiernan et ses producteurs exultent.
Ces derniers tiennent la nouvelle "poule aux yeux d'or" (si j'ose dire...). A l'époque, Piège de Cristal toise le haut des oriflammes et propulse sa star principale, Bruce Willis, au firmament de la gloire.

Succès pharaonique oblige, ce premier chapitre devait se transmuter en une pentalogie lucrative. Le second volet, 58 Minutes Pour Vivre (Renny Harlin, 1992), réitère peu ou prou les mêmes animosités, cette fois-ci dans un aéroport transformé en bastion terroriste et militaire. Derechef, John McLane doit se hâter dans tous les sens, mais ses exhortations ne sont hélas pas ouïes par ses hiérarques dubitatifs. Que soit. Plusieurs avions seront détournés de la piste d'atterrissage et les passagers connaîtront un sort tragique. Si 58 Minutes Pour Vivre remplit aisément son office, l'absence de John McTiernan se fait furieusement sentir dans cette suite finalement subsidiaire.
Les thuriféraires de la franchise réclament à cor et à cris le retour de l'auguste cinéaste de naguère. Que les laudateurs de la franchise se rassérènent. 

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John McTiernan répondra doctement à l'appel avec Une Journée en Enfer (1995). Ingénieux, le metteur en scène multiplie les explosions et les saynètes d'action spectaculaires. Pour réussir sa mission, John McLane, toujours en déliquescence avec son épouse, doit se coaliser avec un Afro-Américain de passage. A juste titre, les adulateurs de la saga jubilent et tiennent, à leurs yeux, le meilleur chapitre de la franchise. A raison, on pensait légitimement que les tribulations de John McLane se concluraient sur ce troisième volet. Mais, vers le milieu des années 2000, les mésaventures de McLane se poursuivent sous la caméra avisée de Len Wiseman avec Die Hard 4 : Retour En Enfer (2007). 
A nouveau, John McLane doit se joindre à un érudit du piratage informatique et se colleter avec une technologie numérique qu'il ne maîtrise guère.

Depuis les événements de Piège de Cristal, le monde a changé et doit subir les acrimonies martiales d'une nouvelle forme de guerre : le terrorisme. En ce sens, Die Hard 4 - Retour En Enfer marque un tournant fatidique pour la célèbre franchise. A contrario, certains contempteurs courroucés relevaient une petite baisse de régime. Avertissement sans frais pour la saga qui avait tout intérêt à s'arrêter sur ce quatrième chapitre en apothéose. Hélas, un cinquième opus putatif est prestement envisagé par les producteurs mercantiles dès l'année 2010. Plusieurs cinéastes sont approchés, notamment Justin Lin, Nicolas Winding Refn, Joe Cornish ou encore Fred Cavaye (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Die_Hard_:_Belle_journée_pour_mourir), mais c'est finalement le nom de John Moore qui est retenu pour réaliser Die Hard : Belle Journée pour Mourir, sorti en 2013.

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Une annonce aussi rédhibitoire a le mérite de faire tressaillir les amoureux de la saga puisque John Moore n'est pas spécialement réputé pour sa bienséance ni sa componction. Rappelons que le metteur en scène irlandais fait figure au mieux de tâcheron et a déjà sévi derrière les réalisations d'En territoire ennemi (2001), Le vol du Phoenix (2004), La Malédiction (2006) et Max Payne (2008), ce qui laisse inaugurer une purge hypothétique. De surcroît, Die Hard - Belle Journée pour Mourir est unanimement conspué, gourmandé, chapitré et anathématisé au moment de sa sortie.
Aux yeux de la presse et des laudateurs originels, Belle Journée Pour Mourir serait même le pire volet de la franchise. Reste à savoir si le film de John Moore mérite de telles saillies. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique...

Pourtant, Belle Journée pour Mourir se soldera par un succès mirobolant au box-office américain et à travers le monde entier. Les producteurs avides et cupides envisageraient déjà un sixième et ultime (?) chapitre. La distribution du film se compose de Bruce Willis, Jai Courtney, Sebastian Koch, Mary Elizabeth Winstead, Yuliya Snigir, Rasha Bukvic, Cole Hauser et Amaury Nolasco. Attention, SPOILERS ! (1) John McLane se rend en Russie pour libérer Jack, son fils emprisonné. Il apprend que ce dernier est un agent de terrain de la CIA qui doit récupérer un dossier contenant des preuves pouvant compromettre l'ascension de Viktor Chagarin, un politicien russe haut placé.
C'est Yuri Komarov, prisonnier, qui est à l'origine de ce dossier. Jack arrive à s'échapper de prison avec Yuri, et lui propose un marché : son extradition de Russie en échange du dossier. 

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Yuri accepte, mais il se fait enlever par Alik et son équipe, qui travaillent pour Viktor. Eux aussi veulent récupérer le dossier, avec l'intention de le détruire. Yuri est emmené à Tchernobyl où est censé être le dossier, mais une fois dans la chambre forte, il tue Alik. Le reste de l'équipe d'Alik travaillait en fait pour Yuri, dont le but était de s'échapper de prison et de récupérer de l'uranium à usage militaire. Un tueur travaillant pour Yuri assassine Viktor. John et Jack arrivent à Tchernobyl, et comprennent qu'aucun dossier n'existe, et que Yuri a utilisé la CIA pour aider à sa libération. Un combat s'engage, au terme duquel Jack assassine de sang-froid Yuri (1).
Indubitablement, on était en droit de se demander quel était l'intérêt d'expatrier le lieutenant John McLane sur les terres moscovites, d'autant plus que le pays n'est plus sous la férule communiste depuis belle lurette.

Après avoir sauvé sa fille d'un sort funeste dans Die Hard 4, voilà John McLane en conflit avec son propre fils. Pour échapper à de vils renégats et tortionnaires, ces deux-là devront s'entendre et pactiser pour déjouer les complots diaboliquement idiots fomentés par John Moore et ses cacographes. Indiscutablement, ce cinquième méfait est celui de trop. Déjà, l'épisode précédent avait déjà montré quelques signes d'apathie généralisée. Die Hard - Belle Journée pour Mourir corrobore cette léthargie, cette fois-ci en phase terminale. Bruce Willis est un quinquagénaire confirmé et ne réalise plus les prouesses de jadis. Certes, John Moore nous afflige de quelques courses poursuites frénétiques, un peu à la manière d'un Terminator 3 : le Soulèvement des Machines (Jonathan Mostow, 2003), les deux cyborgs en moins. Certes, la franchise n'a jamais brillé pour sa perspicacité ni pour son réalisme.
Jadis, John McLane échappait déjà miraculeusement à toute une série de conflagrations, d'accidents de la route et de diverses déflagrations aériennes. Mais au moins, les films d'antan pouvaient s'enhardir d'une certaine jubilation et ne versaient pas dans la série B mal dégrossie et griffonnée par des scénaristes probablement avinés. Le coeur n'y est plus et le duo formé par Bruce Willis et Jai Courtney ne fonctionne jamais, accréditant tout le prosaïsme de cette entreprise chimérique. Bref, sous l'égide de John Moore, le saga Die Hard côtoie désormais les affres insondables du "naveton" avarié.

 

 

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synosis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Die_Hard_:_Belle_journée_pour_mourir