exterminator 2

Genre : action (interdit aux - 16 ans)
Année : 1984
Durée : 1h28

Synopsis : "L'exterminateur", un ancien vétéran du Vietnam, met de l'ordre dans les rues de New York avec son lance-flammes et sa benne blindée.               

La critique :

Toujours la même ritournelle... Pour déceler les toutes premières prémisses du vigilante movie, il faut sans doute remonter à l'orée des années 1970 via la sortie de L'Inspecteur Harry (Don Siegel, 1971). Certes, le polar noir, âpre et métronome de Don Siegel n'est pas vraiment un vigilante movie dans la pure tradition du genre. Mais le film dénote par sa tonalité impudente et son lieutenant de police retors prêt à dégainer pour exterminer la racaille et semoncer une justice qu'il juge futile et surtout inopérante. Ce n'est pas un hasard si le film déclenche les foudres et les anathèmes de la censure au moment de sa sortie écopant, de prime abord, d'une interdiction aux moins de 18 ans.
Heureusement, une telle réprobation sera prestement minorée par la suite. Que soit. Trois ans plus tard, c'est au tour de Charles Bronson (alias Paul Kersey) de s'arroger l'étoile de vengeur effarouché dans Un Justicier dans la Ville, aka Death Wish (Michael Winner, 1974).

Après le meurtre sadique de sa femme et le viol de sa fille, Paul Kersey, un citoyen américain lambda, se transmute subrepticement en redresseur de tort, pourchassant inlassablement les voyous dans les rues sordides de New York. Hélas, Kersey ne retrouvera jamais ceux qui ont rudoyé et molesté sa famille. Plus qu'un film sur la Loi du Talion, Un Justicier dans la Ville relate avant tout une frustration inexpugnable, celle qui module nos pulsions archaïques et primaires.
A l'époque, le long-métrage de Michael Winner marque une rupture fatidique et rédhibitoire dans le cinéma policier et d'action. A son insu, Death Wish devient la nouvelle figure iconique d'une époque en pleine révolution sociale, culturelle et sexuelle et signe aussi la dernière absoute du patriarcat. En ce sens, la figure harassée de Paul Kersey symbolise cette époque révolue et à la fois nimbée par les traditions familiales, religieuses et sociétales.

images5

Succès pharaonique oblige, Death Wish premier du nom se transmue en une pentalogie mercantile. Le film de Michael Winner inspire également de nombreux épigones, notamment Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976), Death Sentence (James Wan, 2007), Légitime Violence (John Flynn, 1977), A Vif (Neil Jordan, 2007), L'Ange de la Vengeance (Abel Ferrara, 1981), Vigilante - Justice Sans Sommation (William Lustig, 1983), ou encore le trop méconnu The Horseman (Steven Kastrissios, 2008). Vient également s'agréger The Exterminator - Le Droit de Tuer, réalisé par les soins de James Glickenhaus en 1982. Certes, ce titre ne vous évoque peut-être pas grand-chose.
Pourtant, à l'époque, The Exterminator toise le haut des oriflammes via le support vidéo et se démarque par son affiche érubescente et aux relents post-apocalyptiques.

Mais The Exterminator n'est pas un nouvel avatar de Mad Max (George Miller, 1979), mais davantage un vigilante movie qui suit les pérégrinations de John Eastland, un ancien vétéran du Vietnam, qui cherche à venger la mort de son meilleur ami après que ce dernier ait subi le courroux d'une bande de renégats. Si la trame scénaristique ne diffère guère des vigilante movies habituels, le métrage de James Glickenhaus se singularise par un discours radical et une tonalité mortifère, ce qui est plutôt de bon augure, surtout pour une série B sortie de nulle part.
Bien que nanti d'un budget impécunieux, le film de James Glickenhaus n'a rien à envier à Death Wish et à ses nombreux succédanés. Succès vidéo oblige, il était donc logique que le premier chapitre se métamorphose en diptyque avec Exterminator 2, cette fois-ci réalisé par les soins de Mark Buntzman en 1985.

images3

Pour la petite anecdote, le cinéaste avait déjà produit le premier épisode. Exterminator 2 signe donc sa toute première réalisation. A l'instar de son auguste homologue, Exterminator 2 dénote par son affiche outrancière puisqu'un homme, arborant un casque de mécanicien et armé d'un lance-flammes, carbonise des malotrus dans une cité en feu. Que les amateurs de bisseries et de conflagrations ad nauseam se rassérènent ! Oui, vous verrez bien un type avec un casque de mécanicien et armé d'un lance-flamme massacrer des voyous dans une cité urbaine en déshérence.
Au moins, l'affiche du film n'est pas mensongère et ne cherche pas à usurper son public. Contrairement à son illustre devancier, Exterminator 2 ne connaîtra pas le même succès en vidéo même si le budget imparti sera largement remboursé pour l'occasion.

La distribution de ce second chapitre se compose de Robert Ginty, Mario Van Peebles, Deborah Geffner, Frankie Faison, Scott Randolf, Reggie Rock Bythewood, Bruce Smolanoff, David Buntzman et John Turturro. Attention, SPOILERS ! (1) Un vétéran du Vietnam, John Eastland, s’est jadis transformé en justicier pour nettoyer les rues des crapules. Affublé du sobriquet de « l’exterminateur », il s’est, à présent, rangé des voitures et travaille comme éboueur en compagnie de son ami Be Gee. Profitant d’une existence paisible avec sa nouvelle copine, la danseuse Caroline, Eastland ne peut cependant résister à la tentation de brûler vif une bande de raclures venant d’abattre un couple de personnes âgées.
Malheureusement, l’un de ces sous-hommes n’était autre que le frère de X, un illuminé sanguinaire rêvant d’unifier tous les criminels de New York sous sa sanglante bannière.

MV5BOGQ2NzU1NTEtMGMwZi00MmFhLTljNDMtNTdhMTQxYjcwNmViXkEyXkFqcGdeQXVyNzU1NzE3NTg@

Un jour, Caroline, est agressée par quelques racailles alors qu’elle se promène dans Central Park. Paralysée, la jeune femme voit ses rêves de carrière brisés et sombre dans la dépression, ce qui l’amène à rompre avec Eastland. Ce-dernier décide alors de reprendre les armes et se console en brûlant au lance-flamme tous les salopards infestant New York. Le grand nettoyage peut commencer (1). Il est amusant de constater qu'Exterminator 2 souffre des mêmes lacunes et désagréments qu'Un Justicier dans la Ville 2 (Michael Winner, 1982).
Second volet oblige, les producteurs se croient obligés de verser dans l'outrance et la surenchère. De facto, tout ce qui faisait le charme et l'apanage du premier The Exterminator est ici galvaudé et phagocyté par un scénario ultra conventionnel.

Oui, Exterminator 2 est largement inférieur à son modèle et pour cause... Puisque la trame narrative se résume à toute une série de rixes entre un Robert Ginty courroucé et un Mario Van Peebles affublé d'une tenue de guerroyeur.
Heureusement que le film est scellé par la mention "vigilante movie" car pour le reste, Exterminator 2 s'apparente parfois... souvent... énormément à une panoplie éhontée de Mad Max, la guerre nucléaire en moins. Cependant, nonobstant certaines apparences (entre autres vestimentaires), Exterminator 2 n'est pas totalement dénué d'intérêt, notamment dans sa volonté de répondre avec véhémence au film Les Guerriers de la Nuit (Walter Hill, 1979).
A l'instar du film de Walter Hill, Exterminator 2 met en exergue plusieurs bandes de voyous qui se coalisent pour détruire la cité et son oligarchie. Seule dissimilitude et pas des moindres, la vermine et la racaille n'ont qu'à bien se tenir et seront stoppées par un Robert Ginty toujours aussi taiseux, inexpressif et monolithique.
Niveau réalisation et mise en scène, c'est le minimum syndical pour Mark Buntzman qui a bien du mal à pallier l'absence de James Glickenhaus dans ce second chapitre. Bref, une suite souvent indigente qui, de surcroît, a bien souffert du poids des années. Que dire de plus ?

Note : 09/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://cinemafantastique.net/Exterminator-2.html