vendredi 13 chapitre 6 jason le mort vivant

 

Genre : horreur, slasher (interdit aux moins de 12 ans)
Année : 1986
Durée : 1h26

Synopsis : Tommy revient sur la tombe de Jason, pour s'assurer que ce dernier est bien mort. Mais le décédé va revenir accidentellement à la vie...    

La critique :

Non, nous ne vous ferons pas l'offense de rappeler, en long et en large, les origines du slasher. En l'occurrence, nous effectuerons tout simplement une petite piqûre de rappel. Certes, la genèse de ce registre horrifique remonte sans doute à l'orée des années 1960 avec Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) et Le Voyeur (Michael Powell, 1960). Mais le genre actera véritablement sa naissance vers le milieu des années 1970 avec Black Christmas (Bob Clarke, 1974), un slasher qui mélange habilement huis clos, effroi et épouvante via l'arrivée inopinée d'un croquemitaine décérébré.
Le long-métrage met en exergue une nouvelle forme de criminelle : le boogeyman, un sociopathe indicible, énigmatique et insaisissable qui mutile (à fortiori) sans raison apparente. Ce monstre humain est la digne réincarnation de Norman Bates, le psychopathe hébéphrénique de Psychose (précédemment mentionné).

Quelques années plus tard, la figure ineffable et comminatoire de Black Christmas va influencer un autre slasher, Halloween, la Nuit des Masques (John Carpenter, 1978).
Opportuniste, le maître de l'épouvante se contente de psalmodier la recette du film de Bob Clarke. Seule dissimilitude et pas des moindres, les animosités se déroulent le soir d'Halloween dans une ville sans histoire des Etats-Unis. Surtout, John Carpenter crée et invente un boogeyman nanti d'un opinel et d'un masque d'albâtre. Son nom ? Michael Myers, un dangereux maniaque victime de ses troubles neurasthéniques, de sa dissociation mentale et d'une déshumanisation totale.
Succès pharaonique oblige, Halloween, la nuit des masques se transmute en franchise avide et mercantile. 

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Parallèlement, le métrage engendre également de nombreux épigones durant la décennie 1980, une période faste pour le slasher. Sean S. Cunningham n'a jamais caché son extatisme ni son effervescence pour le slasher de John Carpenter. Opportuniste, le metteur en scène, qui a déjà officié en tant que producteur sur le tournage de La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972), aspire à son tour à élaborer une nouvelle figure de terreur. Ce sera Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980). Si cette série B est unanimement persiflée et chapitrée par les critiques de l'époque, le long-métrage obtient à contrario les ferveurs et les satisfécits du public.
Ce dernier se précipite dans les salles pour découvrir un boogeyman qui massacre et étrille à la hache. Pourtant, la figure de Jason Voorhees fera sa véritable apparition dans Vendredi 13, chapitre 2 : Le Tueur du Vendredi (Steve Miner, 1981).

La franchise Vendredi 13 est définitivement lancée et son succès n'est pas prête de s'estomper. Paradoxalement, la saga montre déjà de sérieux signes d'aboulie et de pusillanimité dès le troisième opus, Meurtres en 3 Dimensions (Steve Miner, 1983). Peu ou prou de surprises au programme. Les belligérances se déroulent toujours à la lisière de Crystal Lake avec un Jason Voorhees vindicatif et qui réalise la prouesse de ressusciter à chaque nouvelle (més)aventure. Vous l'avez donc compris. La saga Vendredi 13 brille avant tout son par ses intermittences.
Nonobstant certaines apparences parfois douteuses, notamment au niveau scénaristique, la franchise continue de flagorner et d'ameuter les foules dans les salles. Toutefois, les producteurs cupides ont bien compris la futilité de l'entreprise. 

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Un jour ou l'autre, Jason Voorhees se devait de revêtir les oripeaux d'une créature putrescente, d'autant plus que les zombies s'érigent eux aussi en haut de l'affiche durant la décennie 1980. Impression corroborée par Vendredi 13, chapitre 6 : Jason le Mort-Vivant, réalisé par les soins de Tom McLoughlin en 1986. Le metteur en scène a débuté sa carrière cinématographique à l'orée des années 1980 via Nuit Noire (1982). Par la suite, le cinéaste américain va essentiellement oeuvrer dans la réalisation de téléfilms (entre autres, Vengeance Diabolique en 1991) et de séries télévisées (notamment FBI : Portés Disparus en 2003). Pour les thuriféraires, Jason le Mort-Vivant est souvent considéré comme le meilleur chapitre de la franchise, souvent à égalité avec Jason va en Enfer (Adam Marcus, 1993).
C'est aussi l'épisode qui compte le plus de morts à l'écran, un record qu'il partage (toujours et encore...) avec le neuvième épisode (donc Jason va en Enfer... Toujours la même antienne...).

Reste à savoir si ce sixième méfait mérite de telles flagorneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Tom Matthews, Jennifer Cooke, David Kagen, Kerry Noonan, Renée Jones, Tom Fridlay et C.J. Graham. Attention, SPOILERS ! (1) Tommy Jarvis avait douze ans lorsqu'il vint à bout de Jason, le meurtrier sanglant de Crystal Lake. À peine sorti de l'asile avec son ami Oz, il n'a qu'une obsession : récupérer le corps au cimetière et l'incinérer. Sous un violent orage, ils déterrent le cadavre, mais Jason revient à la vie et tue Oz.
Tommy court à la police pour les prévenir que Crystal Lake va basculer à nouveau dans la terreur car Jason est en marche. Le tueur, mangé par les vers, entreprend à nouveau de causer des ravages à Crystal Lake... (1) A l'aune de cette exégèse, difficile, à priori, de s'extasier devant Jason le Mort-Vivant

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En outre, la trame narrative est toujours aussi lapidaire. Invariablement, Jason Voorhees est amené, un jour ou l'autre, à s'exhumer de son sépulcre pour commettre un nouveau carnage. Désormais, le public aguerri connaît l'habile ritournelle. A contrario, via ce sixième chapitre, la saga semble définitivement assumer son statut de série B égrillarde. Peu importe finalement que le scénario vacille dès les premiers instants et se transmute en une sorte de salmigondis gore et fantastique. Désormais, on se contrefout des protagonistes humains. Au mieux, ces derniers constituent du vulgaire menu fretin que Jason Voorhees s'emploie à mutiler avec une frénésie jubilatoire.
Bien conscient de l'inanité et de la vacuité de ce produit filmique, Tom McLoughlin tente chimériquement de conter une vague histoire de vengeance.

Tommy Jarvis est désormais l'ennemi juré du célèbre croquemitaine. Mais comment éliminer une créature qui revient inextricablement à la vie ? Le jeune homme impudent assistera béatement à la mise à mort sanguinolente de son meilleur ami. Que soit. Tommy Jarvis se réconfortera dans les bras énamourés de Megan Garris, une jeune femme peu farouche et qui admoneste vigoureusement les précieuses instigations de son patriarche. Dès lors, Jason le Mort-Vivant se contente d'accumuler les saynètes érubescentes avec une fulgurance jubilatoire et respectera son rythme de croisière durant une heure et demie de bobine... Sans jamais ciller ni montrer le moindre signe de frilosité.
Le public est allègre. A la fin du prologue final, il pourra docilement retourner dans ses pénates après cette série d'exécutions massives.
Certes, Jason le Mort-Vivant remplit doctement (benoîtement ?) son office et devrait logiquement satisfaire les irréductibles de la saga. Mais, personnellement, je lui préfère largement Jason va en Enfer qui, lui, a au moins le mérite de renouveler les aspérités réelles de la franchise.

Note : 12/20

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(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vendredi_13,_chapitre_VI_:_Jason_le_mort-vivant