spawn 1997 film

Genre : fantastique, science-fiction (interdit aux - 12 ans)
Année : 1997
Durée : 1h36

Synopsis : Al Simmons, agent du service action, employé par une organisation gouvernementale secrète, est trahi par son supérieur, Jason Wynn, qui le fait périr dans l'explosion d'une usine d'armes biochimiques. Simmons se retrouve alors devant Malebolgia, seigneur des ténèbres. Il signe avec lui un pacte lui permettant de revoir sa femme. Il devra mener les armées du mal dans leur ultime combat. Simmons devient alors un guerrier infernal à la force et aux pouvoirs illimités : Spawn.             

La critique :

Il faut se rendre sur le site SensCritique, et en particulier sur le lien suivant : https://www.senscritique.com/liste/Les_plus_mauvais_films_de_super_heros/459987 pour découvrir le top 48 des pires films de super-héros, une liste foisonnante et exhaustive dans laquelle on trouve de nombreuses inepties cinématographiques, notamment Catwoman (Pitof, 2004), The Spirit (Frank Miller, 2008), Elektra (Rob Bowman, 2005), Superman 4 (Sidney J. Furie, 1987), Supergirl (Jeannot Szwac, 1984), Les 4 Fantastiques (Oley Sassone, 1994), L'Homme Araignée (E.W. Swackhammer, 1977), ou encore Captain America (Rob Holcomb, 1979).
Evidemment, l'auteur de cette liste (un certain "Meuk Meuk" en l'occurrence) n'a pas omis de mentionner Spawn, réalisé par les soins de Mark A.Z. Dippé en 1997.

A l'origine, le long-métrage est aussi l'adaptation d'une série de comics dessinés, écrits et scénarisés par Todd McFarlane et publiés par Image Comics. Durant les années 1990, les productions estampillées "super-héros" ont connu de sérieuses déconvenues commerciales. Batman Forever (Joel Schumacher, 1995) et Batman § Robin (Joel Schumacher, 1997) reflètent parfaitement cette période anomique et se sont chargées d'inhumer le justicier de Gotham pour longtemps.
Pour les thuriféraires, il faudra faire preuve de longanimité et patienter encore quelques années avant de revoir Batman renaître sous de meilleurs auspices via la trilogie amorcée par Christopher Nolan vers le milieu des années 2000. En outre, Spawn, le film, est un vrai cas d'école, une sorte d'aphorisme rédhibitoire adressé à l'industrie hollywoodienne.  

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Certes, Spawn est une pellicule ambitieuse nantie d'un budget plutôt confortable, mais incapable de transposer le matériel originel. Mais n'ayez crainte, nous allons largement nous appesantir sur ce "nanar" ubuesque qui, étrangement, n'a pas encore rencontré les ferveurs du site Nanarland... Un jour ou l'autre... Probablement ! Au moment de sa sortie, Spawn se solde évidemment par une rebuffade commerciale. Pis, les critiques et la presse spécialisées gourmandent et admonestent une production qu'elles jugent au mieux funambulesque. Reste à savoir si Spawn mérite de telles acrimonies.
Et au cas où vous n'auriez toujours pas compris, la réponse est évidemment positive. A contrario, l'adaptation de Mark A.Z. Dippé possède quelques rarissimes laudateurs. Certes, ces derniers admettent et reconnaissent le caractère ordurier de cette adaptation, mais décèlent dans cette oeuvre un certain potentiel, ainsi qu'un "capital sympathie".

Toutefois, l'auteur du comics, Todd McFarlane vitupérera à son tour le métrage de Mark A.Z. Dippé et s'excusera même auprès des fans de longue date. Afin de rattraper une telle débâcle artistique, le cacographe et dessinateur a promis une nouvelle adaptation beaucoup plus cérémonieuse et prévue (à fortiori) pour l'année 2019. Quant à Mark Dippé, on peut légitimement s'interroger sur le choix de ce cinéaste tâcheron sur les bords (pour être gentil). En outre, le metteur en scène est surtout spécialisé dans les longs-métrages d'animation.
Mais Mark Dippé reste avant tout un concepteur et un directeur des effets spéciaux. Sa profession de réalisateur reste vraiment subsidiaire, ce qui inaugure de bien mauvais présages pour une telle adaptation cinématographique. 

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La distribution de Spawn premier du nom se compose de Michael Jai White, Martin Sheen, John Leguizamo, Theresa Randle, Nicol Williamson, D.B. Sweeney, Melinda Clarke et Miko Hughes. A ce sujet, il est étonnant que cette série B dispendieuse ait pu coaliser un tel casting. Comment des acteurs tels que Martin Sheen et John Leguizamo ont-ils pu se laisser fourvoyer dans cette production pétomane ? Telle est la question en filigrane qui point lors du générique final. Mais ne nous égarons pas et revenons à l'exégèse du film. Attention, SPOILERS !
(1) Al Simmons, un agent des services secrets américain, est éliminé en mission dans une usine d'armes biochimiques sur l'ordre de son patron Jason Wynn. Arrivé en enfer, il conclut un pacte avec le démon Malebolgia dans le but de revoir sa femme Wanda.

En échange, il devra mener les armées du Mal dans leur ultime combat contre les forces du Bien. Simmons devient alors un guerrier aux pouvoirs surnaturels : Spawn. Mais entretemps, Wanda a refait sa vie avec Terry Fitzgerald, le meilleur ami de son défunt époux (1). Sur le fond, difficile de dire à quoi ressemble exactement Spawn, si ce n'est à une production protéiforme qui tergiverse entre le film fantastique, de science-fiction et d'action hétéroclite. En revanche, sur la forme, le métrage s'apparente à une publicité à peine dissimulée de la console Playstation première version.
En effet, cette pellicule hideuse et ordurière contient toute une pléthore de cinémathèques réalisées en images de synthèse joliment surannées. Ainsi, chaque incursion du super-héros dans les limbes de l'enfer se solde systématiquement par l'apparition d'une créature dolichocéphale et par une sorte de salmigondis horrible et indescriptible.   

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Rarement, une adaptation de comics aura affiché une telle laideur sur un écran de cinéma. Même le générique de Spawn dénote par sa trivialité via une musique techno ou metal, des flammes et une voix-off des plus roturières. Mais ce qui agace le plus dans cette production licencieuse, c'est son indéniable potentiel. A l'aune du synopsis, difficile de nier le charisme de ce super-héros surgi des ténèbres. Spawn se démarque des super-héros habituels par ses pouvoirs pharaoniques. Mais le justicier taiseux et taciturne considère ses pouvoirs comme une tare et même comme une malédiction.
Tout d'abord conçu comme un simple film de vengeance, Spawn dérive prestement vers le drame familial. Présenté comme le grand guerrier de l'Armageddon, Spawn se transmute subrepticement en défenseur de la veuve et de l'orphelin, et même en soigneur de cabot... On croit fabuler...

Dans cette chienlit cinématographique, Michael Jai White est franchement à la peine. Bilieux, le comédien passe la plupart de son temps à gémir et à pousser des cris d'orfraie.
Au grand dam de l'interprète, le reste du casting ne fait pas beaucoup mieux. Il faudra notamment supporter les facéties pétomanes d'un John Leguizamo en mode cabotinage. Certes, on relève çà et là quelques effets visuels et maquillages plutôt réussis. Par exemple, un certain soin a été prodigué à l'armure de Spawn et à certaines armes polymorphiques. Mais pour le reste, Spawn est au mieux une catastrophe ambulante qui ne parvient même pas à transcender un scénario prosaïque.
On comprend mieux pourquoi cette adaptation cinématographique a autant courroucé son principal démiurge.
Pourtant, par sa laideur, sa candeur et son aspect amphigourique, cette production écervelée dégage curieusement un charme indicible, celui d'un nanar décrépit devant lequel on préférera s'esclaffer.

 

Côte : Nanar

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Spawn_(film)

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