heat

Genre : policier, polar 
Année : 1995
Durée : 2h50

Synopsis : La bande de Neil McCauley à laquelle est venu se greffer Waingro, une nouvelle recrue, attaque un fourgon blindé pour s'emparer d'une somme importante en obligations. Cependant, ce dernier tue froidement l'un des convoyeurs et Chris Shiherlis se retrouve obligé de "terminer le travail". Neil tente d'éliminer Waingro, mais celui-ci parvient à s'échapper. Parallèlement, le lieutenant Vincent Hanna mène l'enquête...  

La critique :

Il faut se rendre sur le site SensCritique pour trouver le top 25 des meilleurs films de braquage de banque (Source : https://www.senscritique.com/top/resultats/Les_meilleurs_films_de_braquage_de_banque/212485). Dans ce classement foisonnant et exhaustif, les thuriféraires de ce registre cinématographique ne manqueront pas de notifier des films tels qu'Un Après-Midi de Chien (Sidney Lumet, 1975), Inside Man, l'homme de l'intérieur (Spike Lee, 2006), Une Journée en Enfer (John McTiernan, 1995), Bonnie et Clyde (Arthur Penn, 1967), Butch Cassidy et le Kid (George Roy Hill, 1969), ...Et pour quelques dollars de plus (Sergio Leone, 1965), ou encore Ocean's Eleven (Steven Soderbergh, 2001), pour ne citer que ces références incontournables.
Vient également s'agréger Heat, réalisé par les soins de Michael Mann en 1995.

En outre, le film de Michael Mann pointe à la troisième place de ce classement, c'est dire son impact, ainsi que sa prééminence sur le cinéma en général et le cinéma policier en particulier. Quant à Michael Mann, le scénariste, réalisateur et producteur américain a débuté sa carrière cinématographique vers la fin des années 1970, période pendant laquelle il signe plusieurs téléfilms et/ou épisodes de séries télévisées notables et notoires, entre autres, Comme un homme libre (1979), Les Incorruptibles de Chicago (1987) et L.A. Takedown (1989).
Michael Mann officie pour le noble Septième Art dès l'orée des années 1980. Le Solitaire (1981) constitue donc son tout premier long-métrage. Michael Mann enchaîne alors avec La Forteresse Noire (1983), un film maudit qu'il renie et ostracise en raison de plusieurs coupures de montages imposées par des studios hollywoodiens mercantiles et uniquement appâtés par le lucre et la profusion de prébendes.

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De surcroît, le tournage de La Forteresse Noire est émaillé par la mort de son responsable des effets spéciaux (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Mann). Corrélativement, durant cette période de "sinistrose" (si j'ose dire...), Michael Mann collabore et s'affaire à la production de plusieurs épisodes de la série télévisée Deux Flics à Miami. Le cinéaste jure, qu'un jour où l'autre, il signera une adaptation cinématographique vétilleuse. Sa requête sera finalement ouïe par les producteurs bien des années plus tard. En l'occurrence, Michael Mann peut s'enorgueillir d'une filmographie plutôt prestigieuse. Les laudateurs du metteur en scène citeront aisément Le Sixième Sens (1986), Le Dernier des Mohicans (1992), Ali (2001), Collateral (2004), Miami Vice : deux flics à Miami (2006), Public Ennemies (2009) et dernièrement Hacker (2015).

Dans le cas de Heat, le film recueillera les satisfécits et les flagorneries d'une presse et de critiques unanimement dithyrambiques. Pour l'anecdote, le métrage est aussi le remake de L.A. Takedown, déjà réalisé par Michael Mann six ans plus tôt. Pour le tournage de Heat, le cinéaste émérite s'entoure d'un casting homérique via les participations concomitantes de Robert de Niro, Al Pacino, Val Kilmer, Tom Sizemore, Diane Venora, Amy Brenneman, Dennis Haysbert, Ashley Judd, Ted Levine, Tom Noonan, Kevin Gage, John Voight et Danny Trejo.
En résumé, ce n'est pas n'importe quelle production qui peut s'enhardir de coaliser une distribution aussi soyeuse ! Certes, Keanu Reeves sera approché pour incarner le personnage de Chris Shiherlis, mais le comédien se désiste. 

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Allègre, Val Kilmer sera finalement l'heureux élu de cette loterie involontaire. L'acteur obtiendra, par ailleurs, l'un des meilleurs rôles de sa carrière.  Même remarque concernant le personnage de Michael Cheritto qui devait être interprété par Michael Madsen. Au dernier moment, le comédien sera pourtant suppléé par Tom Sizemore. Non seulement, Heat se soldera par un succès pharaonique au box-office américain, mais le film s'érigera également sur le haut des oriflammes en France, en Allemagne, en Italie et même au Royaume-Uni. Reste à savoir si ce film de braquage mérite de telles courtisaneries.
Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Attention, SPOILERS ! (1) Une équipe de braqueurs prépare l'attaque d'un fourgon blindé à Los Angeles. Leur chef Neil McCauley (Robert de Niro) et ses complices Chris Shiherlis (Val Kilmer), Michael Cheritto (Tom Sizemore) et Trejo (Danny Trejo) peaufinent les derniers détails.

Pour réussir leur coup, ils engagent un nouvel associé, Waingro (Kevin Gage). Le braquage, pourtant planifié dans les moindres détails, tourne mal à cause d'une erreur de ce dernier et vire au bain de sang. Les braqueurs dérobent uniquement un lot de bons au porteur appartenant à un financier véreux, Roger Van Zant (William Fichtner). L'enquête sur le braquage est confiée à Vincent Hanna (Al Pacino), lieutenant aguerri de la police criminelle. Une lutte à distance va s'engager entre Hanna et McCauley... Avant la réalisation puis le succès de Heat, Michael Mann avait été touché par la disgrâce.
Ni Le Sixième Sens, ni La Forteresse Noire ne s'arrogeront l'indulgence du public. Certes, ces deux films obtiendront une certaine reconnaissance, mais bien des années plus tard. Pourtant, avec Le Dernier des Mohicans, Michael Mann déchaînera un peu plus les passions.

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Si le film remporte un succès d'estime, il n'ameute pas pour autant les foules dans les salles obscures. Avec Heat, Michael Mann se doit non seulement de confirmer, mais de glaner son premier coup commercial, surtout aux yeux des producteurs qui commencent sérieusement à fulminer... Le passé télévisuel de Michael Mann, désormais aguerri aux téléfilms et séries télévisées, se fait furieusement sentir. Le metteur en scène prend son temps pour planter ses personnages en déveine. Indubitablement, le cinéaste affectionne ses braqueurs empathiques.
Contre toute attente, Neil McCauley et son aréopage ne sont ni des terroristes, ni des sociopathes irréductibles. Seule la figure autocratique, voire psychopathique de Waingro fait figure d'exception. Ses coups de semonce (en l'occurrence de fusil...) sur des convoyeurs lui coûteront cher. 

Il perdra promptement la déférence d'un Neil McCauley vindicatif et décidé à jouer les redresseurs de tort. Mais le braqueur aspire désormais à une vie joviale et pérenne. Pour embrasser ce rêve lunaire, il doit réaliser une ultime forfaiture. Hélas, le renégat doit se colleter avec un champion de la police en la personne de Vincent Hannah. Derechef, Michael Mann n'épargne pas ce lieutenant taciturne et absent du domicile conjugal, au grand dam de son épouse (la troisième... déjà !). Dès lors, Michael Mann a la sagacité d'étayer un scénario généreusement alambiqué et marqué par le sceau de ses divers protagonistes. Les amateurs du réalisateur notifieront à raison les saynètes cultissimes, notamment la scène de l'attaque d'une banque, puis la rencontre d'infortune entre Al Pacino et Robert de Niro, un choc de légende comme l'assène judicieusement l'affiche du film.
Mais il serait bien réducteur de condenser presque trois heures de film (2 heures et cinquante minutes pour être précis) à un face à face prestigieux. Heat, c'est avant tout cet espace étriqué qui s'amenuise au fil des pérégrinations de Neil McCauley et de sa bande. La toile fixée et déployée par Vincent Hannah se referme... Inexorablement. En grand métronome, Michael Mann prendra soin de se polariser sur les amertumes de ses divers protagonistes. Hannah et McCauley se ressemblent. Seule dissimilitude et pas des moindres, l'un des deux hommes a épousé la justice pendant que l'autre s'est accointé avec le banditisme. Heat atteint son firmament dans ses nombreux moments de grâce que Michael Mann magnifie lors d'un prologue en apothéose. Tout simplement un très grand polar !

Note : 17/20

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