the death of superman

Genre : science-fiction, fantastique, action
Année : 2018
Durée : 1h19

Synopsis : Lorsque Doomsday émerge des bas-fonds et commence à tout ravager sur son passage, la Justice League se met en travers de son chemin. Il apparaît cependant que seul Superman peut représenter une véritable obstruction à cette créature. Mais l'être de Krypton prend soudainement un coup qui semble fatal.    

La critique :

La genèse de Superman, alias Clark Kent sur la planète Terre, remonte à l'année 1933. Le super-héros aux pouvoirs faramineux est issu de l'imagination débridée du duo formé par Jerry Siegel et Joe Shuster. Selon le propre aveu des deux cacographes, l'homme de Krypton est une sorte de maelström fuligineux entre Doc Savage, Flash Gordon, Zorro et Tarzan. Au fil des années et des décennies qui vont suivre, le super-héros à la cape rouge va évoluer vers de nouvelles aspérités homériques.
Après avoir écumé plusieurs bandes dessinées, fanzines, magazines et revues diverses, l'homme de Krypton connaît sa première adaptation cinématographique éponyme avec le bien nommé Superman (Richard Donner, 1978). Nonobstant quelques digressions et dissonances élusives, le long-métrage se montre plutôt fidèle au matériau d'origine.

Ce tout premier chapitre cinématographique fait donc preuve de déférence sous la caméra avisée de Richard Donner. Le film permet surtout de mettre en exergue l'acteur Christopher Reeves qui trouve, dans ce premier épisode, le rôle prééminent de son illustre carrière. Le comédien à la taille et à la stature cyclopéennes (1.93m tout de même) rempilera pour trois nouveaux opus, à savoir Superman 2 (Richard Donner et Richard Lester, 1980), Superman 3 (Richard Lester, 1983) et Superman 4 (Sidney J. Furie, 1987). Mais les deux derniers volets de la tétralogie désarçonnent unanimement les critiques et les thuriféraires de la franchise proverbiale.
Pour les laudateurs du super-héros Kryptonien, il faudra faire preuve de longanimité et patienter jusqu'au milieu des années 2000 pour voir ressurgir le super-héros populaire. 

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Ce sera Superman Returns (Bryan Singer, 2006), un nouvel essai qui est pensé, conçu et ratiociné comme la suite inhérente à Superman 2. Mais, à l'instar de Superman 3 et Superman 4, Superman Returns essuie un bide commercial. Derechef, la version de Bryan Singer est victime des anathèmes et des acrimonies de critiques pour le moins dubitatives. Que soit. Malgré un manque de ferveur populaire dans le cadre du cinéma, Superman reste un super-héros prisé, adoubé, déifié, sacralisé et divinisé par la planète Hollywood. Zack Snyder (Man of Steel en 2013 et Batman V Superman : l'aube de la justice en 2016) ravivera les débats via de purs blockbusters marketing qui, à contrario, s'arrogeront les premières places du box-office américain.
Corrélativement, la firme Warner Bros continue d'alimenter les aventures et les pérégrinations de l'homme de Krypton via plusieurs films d'animation.

C'est dans ce contexte que sort en vidéo The Death of Superman, réalisé par les soins de Sam Liu et James Tucker en 2018. A l'origine, ce film d'animation est l'adaptation d'un comic book homonyme. A l'époque, la bande dessinée avait déjà fait sensation. Qui pouvait songer, en effet, à la mort et donc à la dernière absoute de l'homme de Krypton ? Surtout, quel "bad guy" pouvait se montrer suffisamment robuste et hégémonique pour faire vaciller Superman dans le néant ? Ce grand méchant aux pouvoirs pharaoniques se nomme justement Doomsday.
Pour l'anecdote, ce n'est pas la première fois que Warner Bros se polarise sur les dernières scansions de Superman puisque la firme omnipotente avait déjà produit Superman : le crépuscule d'un dieu (Lauren Montgomery, Bruce Timm et Brandon Vietti, 2007).

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De surcroît, les amateurs du célèbre Kryptonien sont déjà alertés par la sortie imminente de Reign of the Supermen, un nouveau film d'animation prévu pour 2019, et qui narrerait le retour de Superman mais sous une forme robotique... Donc, n'ayez crainte... Au risque de casser tout suspense, Superman n'est pas mort... En tout cas, pas vraiment... Mais le super-héros est ici sérieusement rudoyé, affecté et malmené par un adversaire coriace et tout aussi opiniâtre. L'air de rien, The Death of Superman peut s'enhardir de coaliser quelques doubleurs notables et notoires, entre autres Jerry O'Connell, Rebecca Romijn et Rosario Dawson. Viennent également s'agréger Rainn Wilson, Nathan Fillion, Christopher Gorham, Matt Lanter et Shemar Moore. Attention, SPOILERS ! 
Lorsque Doomsday émerge des bas-fonds et commence à tout ravager sur son passage, la Justice League se met en travers de son chemin, mais subit une défaite cinglante. 

Superman n'est prévenu de son existence qu'après ce premier affrontement, alors que la créature prend le chemin de la ville de Métropolis. Seul Superman peut représenter une véritable obstruction à cette créature sans nom et issue des ténèbres. Pour vaincre ce monstre primal et sans pitié, le Kryptonien devra puiser dans ses réserves pour éviter de plus grandes catastrophes dans Métropolis. Hélas, Doomsday rivalise avec Superman et l'envoie dare-dare dans les décombres de la ville. Pour le terrasser, l'homme de Krypton semble condamné à se sacrifier...
A l'aune de cette exégèse, difficile de ne pas s'enthousiasmer à l'idée de voir Superman ciller sous les coups de semonce de Doomsday.
A cet égard, The Death Of Superman se montre plutôt magnanime en termes de bastons homériques. 

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Sur presqu'une heure et vingt minutes de programme, le pugilat s'échelonne sur plus de la moitié du "film". Autant dire que l'on ne s'ennuie jamais et que le film d'animation tient les promesses annoncées en termes de belligérance et de saynètes d'action débridées. Autre point positif, The Death of Superman se centre et accentue les dilections amoureuses entre Clark Kent et Loïs Lane. Le journaliste timide et débonnaire finit par révéler sa véritable identité à la journaliste pugnace. La fin du super-héros est ici imminente et le long-métrage opacifie cette tragédie à la trajectoire funeste.
Dans l'ensemble, The Death of Superman apparaît donc comme un long-métrage d'animation plutôt éloquent qui devrait logiquement satisfaire les thuriféraires de la première heure, ainsi qu'un plus jeune public, peu habitué à voir l'homme de Krypton mordre la poussière.

A contrario, The Death of Superman n'est pas exempt de tout reproche. Sans être spécialement honteux, l'animation et les graphismes restent un peu trop sporadiques, surtout pour un long-métrage d'animation datant de 2018. Sur la forme, les dessins se rapprochent d'une série d'animation subsidiaire, dans la grande tradition de certaines séries d'animation, estampillées "DC Comics", des années 1990, voire années 80 ; notamment dans le design de certains faciès particulièrement rectilignes.
On peut donc regretter un certain manque de méticulosité dans certains graphismes, parfois un peu trop primaires. En outre, difficile de ne pas pouffer devant le physique parfois peu gracile de Superman. 
De surcroît, la Justice League, pourtant bien présente dans cet épisode subalterne, est prestement expédiée. Il est dommage que les concepteurs n'aient pas davantage étayé les relations amicales entre Superman et ses fidèles prosélytes. Mais ne soyons pas trop vachard. En tant que film d'animation qui ferait presque office d'OAV, The Death of Superman se montre plutôt probe et tout à fait recommandable. En tout cas, ce long-métrage d'animation se montre beaucoup moins lénifiant que Superman Returns (précédemment mentionné dans ces lignes), ce qui n'était pas trop difficile non plus !

Note : 13/20

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