Black-Past-1989-movie-Olaf-Ittenbach-4

Genre : horreur, gore, trash, extrême, expérimental, underground (interdit aux - 18 ans)
Année : 1989
Durée : 1h25

Synopsis : Tommy, un jeune lycéen, vient d'emménager avec sa famille dans une nouvelle demeure. Lors d'une visite approfondie du grenier, le jeune homme aperçoit un vieux coffre mystérieusement fermé par une chaîne. Pris de curiosité, Tommy décide de l'ouvrir et découvre à l'intérieur un étrange miroir qu'il accroche aussitôt dans sa chambre. Un geste qui aura d'horribles conséquences car le miroir possède un pouvoir maléfique qui va entraîner la mort et le chaos au sein de la demeure familiale.

La critique :

Le nom d'Olaf Ittenbach rime invariablement avec le cinéma trash et extrême allemand. En outre, le metteur en scène germanique, à la fois scénariste, parfois acteur et spécialiste des effets spéciaux, est un véritable autodidacte qui s'est façonné une réputation dans le milieu underground dès son tout premier long-métrage, à savoir Black Past, sorti en 1989. C'est ce tout premier essai qui va donc faire l'objet d'une chronique dans nos colonnes aujourd'hui. Mais Olaf Ittenbach peut s'enorgueillir d'une filmographie foisonnante et exhaustive. Les thuriféraires du cinéaste allemand n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que The Burning Moon (1992), Premutos : Lord of the Living Dead (1997), Legion of The Dead (2001), Beyond the Limits (2003), Garden of Love (2003), ou encore Chain Reaction (2006) parmi ses films les plus notables et éventuellement notoires.

A ce jour, Dard Divorce, réalisé en 2007, reste l'ultime révérence d'Olaf Ittenbach. Depuis, peu ou prou de nouvelles de l'intéressé qui semble avoir disparu dans la pénombre et les affres des oubliettes, pour le plu grand désarroi de ses laudateurs originels. Vous l'avez donc compris. Le monogramme d'Olaf Ittenbach fait désormais partie des parangons éminents du cinéma trash germanique. Autant l'annoncer de suite, Black Past fait office à la fois d'oeuvre auteurisante et estudiantine qui n'a pas vraiment (du tout...) pour velléité de flagorner un large public.
En quelques mots : bienvenue dans le cinéma underground et extrême ! Au moment de sa sortie, Black Past ne bénéficiera évidemment pas d'une exploitation et/ou d'une distribution dans les salles obscures.
En sus, Olaf Ittenbach doit se débattre et se colleter avec la censure qui récuse et admoneste une oeuvre gore et horrifique qu'elle juge fourbe, obscène et sataniste.

Black-Past-1989-movie-Olaf-Ittenbach-6-450x344

Il n'en faut pas davantage pour édifier le long-métrage aux yeux énamourés des amateurs du cinéma underground. Black Past s'auréole alors d'une réputation d'objet filmique non identifié (OFNI) et devient cette pellicule rarissime qu'il faut à tout prix dénicher, quitte à dépenser l'intégralité de ses émoluments. De surcroît, Black Past se nimbe de l'ultime réprobation via une interdiction aux moins de 18 ans, et s'adresse donc aux amateurs de tripailles et d'exactions sanguinolentes. Reste à savoir si le film mérite de telles acrimonies et justifie (ou non) sa réputation sulfureuse.
Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Hormis la présence d'Olaf Ittenbach qui incarne le rôle principal (celui de Tommy), la distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose à moins que vous connaissiez les noms d'Andrea Arbter, André Stryi, Susanne Nebbe, Sonja Berg, Ivo Tischler et Alfons Siglechner ; mais j'en doute...

Attention, SPOILERS ! (1) Tommy, un jeune adolescent, tout ce qu'il y a de plus ordinaire : il ne s'entend pas avec ses parents (ni avec sa soeur d'ailleurs), il compulse des magazines érotiques, se fait tabasser à l'école, est amoureux d'une camarade de classe, et écoute du Hard-Rock. Bref, rien d'exceptionnel. Mais sa vie va basculer lorsqu'en fouinant dans le grenier, il découvre un journal intime et un miroir. D'après le journal, ce miroir est censé posséder des pouvoirs maléfiques. Tommy n'y croit pas et l'accroche dans sa chambre. Sa petite amie, Petra, lui rend visite le lendemain soir.
Tommy la laisse seule dans sa chambre. Quelques minutes plus tard, la jeune fille descend tel un zombie et sort de la maison. Fait étrange, elle est écrasée par une voiture. Tommy l'a suivie et a assisté à sa mort.
Il est désespéré, mais elle revient à la vie.

Petra va essayer de le tuer. Il parvient à s'en débarrasser en la découpant en petits morceaux. Mais le miroir ne laisse pas Tommy tranquille. Lors d'un rêve, il se retrouve dans la salle de bain. Sur l'évier, il trouve deux lames de rasoir qu'il utilise pour se lacérer le corps (1). A l'aune de cette exégèse, il serait bien réducteur de condenser Black Past à une oeuvre sataniste. A fortiori, Olaf Ittenbach n'a pas de telles aspérités. Cependant, le metteur en scène germanique ne badine pas avec les effets trash et les transgressions ad nauseam. Vous affectionnez tout particulièrement le gore et les parties de barbaque ? Alors, Black Past devrait logiquement flagorner vos instincts les plus primitifs.
En l'occurrence, ce tout premier film estudiantin doit composer avec un budget impécunieux. On vogue ici en pleine série Z (au mieux série B) nantie de moyens faméliques.

Black-Past-1989-movie-Olaf-Ittenbach-7

A priori, l'essentiel (l'intégralité...) du budget a été dépensé dans les maquillages et les effets spéciaux du film, certes très impressionnants pour l'époque... Je dis bien "pour l'époque"... Car si Black Past a écopé d'une interdiction aux moins de 18 ans en son temps (presque trente ans maintenant), le film d'Olaf Ittenbach souffre désormais d'une certaine obsolescence et paraît joliment désuet à l'aune d'oeuvres beaucoup plus modernes et nanties d'un budget bien plus conséquent. Pour le reste, Black Past se segmente en deux parties bien distinctes.
La première et la moins captivante par ailleurs se polarise sur la vie lycéenne et monotone de Tommy. Le jeune éphèbe est un adolescent sans histoire. Hélas, Tommy est régulièrement gourmandé, semoncé et rudoyé par ses camarades de classe.

Heureusement, ses oaristys amoureux avec Petra lui permettent de phagocyter ce quotidien atone et morose... Jusqu'au jour où la "belle" (c'est un bien grand mot...) décède brutalement. Corrélativement, Tommy découvre une sorte de grimoire dans son grenier (je renvoie au synopsis) qui fait basculer le jouvenceau dans les ténèbres. C'est la seconde partie de Black Past. Dès lors, bienvenue en enfer et dans une série d'agapes et de priapées qui renvoient immanquablement à l'Apocalypse ! Toutefois, Olaf Ittenbach a une vision très personnelle de la fin des temps et livre une oeuvre eschatologique particulièrement âpre et sanglante. Magnanime, le réalisateur s'appesantit lourdement sur des cadavres putrescents qui sourdent de leurs sépulcres, des actes gratuits d'anthropophagie, des créatures ensanglantées qui surgissent elles aussi de nulle part, ainsi qu'une multitude d'exactions chirurgicales avec des intestins, des boyaux et des viscères qui ressortent généreusement des corps mutilés des divers protagonistes. Bref, tout un programme de joyeusetés ensanglantées !
Mais Black Past, en dépit de son aspect amateuriste, permet déjà d'apprécier le style véhément, indécent et tonitruant d'Olaf Ittenbach. Impression corroborée par la sortie de Burning Moon quelques années plus tard. Nous voici devant un premier essai qui mérite au moins les encouragements.

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.sueursfroides.fr/critique/black-past-138 (chronique d'André Quintaine du 22 décembre 2009)