halloween 4

Genre : horreur, slasher, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1988
Durée : 1h30

Synopsis : Comme la loi le prévoit, Michael Myers est transféré dans un hôpital normal après dix ans passés dans un hôpital psychiatrique pour fous criminels. Le docteur Loomis, persuadé que Michael va pouvoir enfin reprendre ses meurtres sanglants, part à sa recherche. Mais la ronde des meurtres a déjà commencé et Michael est en route pour la ville d'Haddonfield qui se prépare à fêter Halloween.

La critique :

Retour sur une saga proverbiale, celle consacrée à la fête d'Halloween et à son croquemitaine au masque d'albâtre, le terrible et sinistre Michael Myers. Petite piqûre de rappel. Le boogeyman pouvait légitimement remercier John Carpenter, son auguste démiurge. En 1978, le maître de l'épouvante réalise Halloween, la nuit des masques, un slasher qui confronte un forcené, évadé de l'hôpital psychiatrique, à des étudiants libidineux. Seule la timorée Laurie Strode fait figure d'exception et symbolise, à contrario, cette pruderie ostentatoire. La belle effarouchée devra se hâter, lutter et se démener pour échapper aux coups de semonce de Michael Myers.
Son psychiatre, le docteur Loomis, recherche activement le tueur échevelé, craignant un massacre ensanglanté. La suite corroborera ses impressions mortifères.

Bien que criblé de balles, le boogeyman disparaît subrepticement dans la nature. Succès commercial oblige, John Carpenter rempile pour une suite, Halloween 2, qu'il produit histoire de s'assurer de la déférence du nouveau réalisateur en place. Peu enclin à se fourvoyer dans une franchise mercantile, le metteur en scène cède ce second chapitre aux soins de Rick Rosenthal en 1981. Opportuniste, ce dernier se contente d'ânonner la formule de son illustre épigone. Peu ou prou de surprises au programme. Pis, Halloween 2 n'établit pas les scores espérés par les producteurs, mais rapporte suffisamment de pécune et de prébendes pour se transmuter en une franchise fastidieuse et moribonde. Dépité, John Carpenter aspire à obliquer vers de nouvelles directions spinescentes.
Ce sera Halloween 3 : la nuit du sorcier (Tommy Lee Wallace, 1982).
 

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La franchise décide d'évincer son célèbre croquemitaine au profit d'un film d'épouvante sur fond de sorcellerie, de dérives sectaires et de robots sociopathiques. Si la nouvelle formule paraît, de prime abord, incongrue voire amphigourique ; Halloween 3 a au moins le mérite de renâcler vers de nouvelles aspérités fantastiques. Ulcéré par ces directions iconoclastes, le public tance et abhorre un épisode qu'il juge au mieux digressif. L'audimat hagard réclame béatement le retour de Michael Myers. Sa requête sera évidemment ouïe par les producteurs fallacieux via un inévitable quatrième épisode, soit Halloween 4 : le retour de Michael Myers, et réalisé par les soins de Dwight H. Little en 1988. Halloween 4 a donc pour vocation de faire oublier le désastre financier de son devancier.
En outre, ce quatrième opus va remplir doctement son office puisqu'il se solde par un certain succès commercial lors de sa sortie en salles. 

Cependant, John Carpenter n'est plus de la partie, visiblement bien conscient des cachexies narratives de ce quatrième volet. Il est alors suppléé par Dwight H. Little, un cinéaste spécialisé dans les séries B et le cinéma d'action. Les thuriféraires du réalisateur (mais enfin, qui sont-ils ?) citeront aisément Le fantôme de l'opéra (1989), Désigné pour mourir (1990), Rapid Fire (1992), Sauvez Willy 2 : la nouvelle aventure (1995), Meurtre à la Maison-Blanche (1997), ou encore Anacondas : à la poursuite de l'orchidée de sang (2004) parmi ses oeuvres notoires et notables ; bref rien de vraiment transcendant ni d'enthousiasmant dans cette filmographie erratique.
Pour le tournage d'Halloween 4, Dwight H. Little et ses producteurs s'accointent avec Jamie Lee Curtis, la star des deux premiers films. 

 

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Mais l'actrice vaque à d'autres projets cinématographiques et réfute poliment l'exhortation. La distribution du film se compose alors de Donald Pleasence, George P. Wilbur, Danielle Harris, Ellie Cornell, Beau Starr, Sasha Jenson, Michael Pataki et Kathleen Kinmont. Attention, SPOILERS ! (1) Dix ans après avoir ravagé la petite ville de Haddonfield lors de la nuit d'Halloween, le psychopathe Michael Myers est dans le coma, toujours sous haute surveillance dans un hôpital psychiatrique fédéral. La nuit où il doit être transféré dans un hôpital d'État, Michael Myers parvient à s'échapper en tuant les infirmiers.
Décidé à le rattraper, le docteur Loomis suit une piste jonchée de cadavres qui le conduit tout droit à Haddonfield. Cette même ville où habite Jamie Lloyd, la fille de Laurie Strode et la nièce de Michael Myers, avec sa famille d'adoption, les Carruthers, qui s'apprêtent à fêter
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Peu ou prou de surprises au programme à l'aune de ce quatrième épisode. Les intentions de Dwight H. Little et de ses producteurs sont évidemment louables avec cette volonté d'exhumer Michael Myers de son sépulcre. Halloween 4 se doit de renouer avec le didactisme d'Halloween : la nuit des masques. On se souvient déjà qu'Halloween 2 s'acheminait lui aussi sur les mêmes rhétoriques. Pas question d'interférer sur une formule à priori gagnante, à défaut d'être probante. En l'occurrence, Halloween 4 fait figure au mieux de séquelle du slasher de John Carpenter.
Malicieux, Dwight H. Little psalmodie le même schéma narratif. Seule dissimilitude, les inimitiés se déroulent dix ans après le premier film.
Pour le reste, la formule reste quasiment analogique. Michael Myers est transféré dans un nouvel hôpital mais parvient à échapper à la vigilance de ses gardes.  

 

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Pour le criminel écervelé, c'est l'occasion ou jamais de perpétrer un nouveau massacre dans la ville d'Haddonfield. En catimini, le docteur Loomis fulmine et enjoint les autorités policières à sérieusement s'activer. Ces dernières sont justement sur le qui-vive. A travers cette courte exégèse, vous avez eu l'impression de lire le scénario d'Halloween, la nuit des masques ? Rassurez-vous, c'est normal ! Si Jamie Lee Curtis n'est plus de la partie, elle est hélas remplacée par une jeune éphèbe en la personne de Jamie Lloyd, interprétée par l'insupportable Danielle Harris.
Halloween 4 est donc principalement victime des jérémiades et des pleurnicheries de l'actrice. Quant à Donald Pleasence, l'interprète gesticule et se hâte dans tous les sens pour porter le film sur ses épaules frêles et graciles.

En dépit du nombre pléthorique des forfaitures (plus d'une dizaine commise par Michael Myers tout de même...), Halloween 4 suit un cheminement beaucoup trop classique et conventionnel pour susciter l'adhésion sur sa durée élusive (à peine une heure et demie de bobine). Curieux que ce slasher anomique ait pu illusionner le public en son temps, d'autant plus que ce quatrième volet se montre plutôt avaricieux en termes de nouveautés ou d'éventuel apport quant à l'historique de Michael Myers. In fine, Halloween 4 n'élude pas les archétypes habituels et nous gratifie de quelques saynètes de meurtre assez funambulesques.
Mais enfin, comment Michael Myers parvient-il à faire exploser une station-service juste en volant une camionnette ???
Pour le public désappointé, il faudra faire preuve de longanimité et patienter presque vingt longues années avant d'entrevoir un Michael Myers beaucoup plus soyeux et décortiqué par la caméra avisée de Rob Zombie, à travers un remake (Halloween en 2007) à la fois éponyme et réellement officiel.

Note : 08/20

 

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(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Halloween_4