waterworld

 

Genre : action, science-fiction (interdit aux - 12 ans)
Année : 1995
Durée : 2h16

Synopsis : A la suite d'une catastrophe écologique, la Terre est recouverte par les océans. Les rares survivants vivent sur des atolls artificiels, rêvant d'une contrée mythique, Dryland, recouverte de vastes forêts et de profondes vallées.   

La critique :

Est-il encore nécessaire de procéder à l'exégèse des films post-apocalyptiques inspirés et engendrés par Mad Max (George Miller, 1979) premier du nom ? Pour mémoire, rappelons que ce premier chapitre se transmutera en diptyque avec un inévitable Mad Max 2 : le défi, toujours réalisé par les soins de George Miller en 1982. La folie Mad Max se déploie et s'érige même sur le petit monde hollywoodien. Contrairement à son auguste épigone, Mad Max 2 s'auréole d'un budget beaucoup plus dispendieux et estourbit toute la concurrence en termes de violence, de nihilisme, de cascade et d'action ad nauseam. Par la suite, c'est un George Miller amer qui reniera le troisième chapitre, Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre (1989), avant de rattraper cette bourde lacunaire bien des années plus tard, avec un Mad Max : Fury Road (2014) tonitruant.

Succès commercial oblige, les deux premiers épisodes génèrent de nombreux avatars et en particulier le cinéma d'exploitation transalpin. Les amateurs de bisseries et de nanars désargentés citeront aisément des productions telles que 2019, après la chute de New York (Sergio Martino, 1983), 2020 Texas Gladiators (Joe d'Amato et George Eastman, 1982), Apocalypse Warriors (Cirio H. Santiago, 1987), Cyborg (Albert Pyun, 1989), Le Gladiateur du Futur (Joe d'Amato, 1983), Les Nouveaux Barbares (Enzo G. Castellari, 1983), Terminus (Pierre-William Glenn, 1987), ou encore Clash of the Warlords (Willie Millan, 1985) parmi les inepties notables et éventuellement notoires.
Toutes ces pellicules ne sont que des avatars malhabiles de Mad Max et de son univers en déliquescence, atomisé par une troisième guerre nucléaire. 

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Toujours la même antienne... Inutile alors de préciser que Waterworld, réalisé par les soins de Kevin Reynolds en 1995, ne joue pas du tout dans la même cour, puisque le long-métrage s'enhardit d'une certaine opulence via un budget de 175 millions de dollars. Mais la somme investie sera à la hauteur de la chienlit commerciale, rentabilisant à peine les frais engagés et plongeant durablement son acteur principal, Kevin Costner, dans la pénombre et les affres des oubliettes. A vrai dire, le comédien ne s'en est jamais remis, lui qui a pourtant connu gloire et fortune avec Danse avec les loups (Kevin Costner, 1990), JFK (Oliver Stone, 1991), Robin des bois, prince des voleurs (Kevin Reynolds, 1991), Bodyguard (Mick Jackson, 1992) et Un Monde Parfait (Clint Eastwood, 1993).
Certes, Kevin Costner apparaît toujours ponctuellement à l'affiche et dans le carcan du cinéma hollywoodien, mais il n'est plus cette star adoubée, déifiée voire mythifiée par la presse et les médias durant la décennie 1990.

En outre, Waterworld s'extirpera péniblement de la banqueroute financière grâce essentiellement au marchandising et via une exploitation outrancière en vidéo ; une façon comme une autre de sauver les "meubles", tout du moins pour ce qu'il en reste... Pis, Waterworld engage Kevin Reynolds et Kevin Costner sur une pente descendante. Durant le tournage, les deux hommes atrabilaires s'invectivent, s'admonestent et s'agonisent d'injures, au grand dam de la production et d'un plateau composé de comédiens à la dérive. De surcroît, Kevin Reynolds souffre d'aquaphobie, une peur indélébile qui éloigne le metteur en scène à maintes reprises des plateaux.
Mais de facto, pourquoi vouloir s'échiner à tourner un "Mad Max" sur l'eau ? Tel est par ailleurs le principal leitmotiv de Waterworld

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Et à l'instar de ce tournage déjà catastrophique, le film coulera jusqu'à disparaître des écrans-radars. Même plus de vingt ans (23 ans...) après sa sortie, le métrage laisse des souvenirs et des fêlures intarissables. En sus, le métrage ne sera pas épargné par les critiques unanimement sarcastiques. Ces dernières s'ingénient à fustiger et à vilipender un blockbuster inerte, atone et exsangue de la moindre trame narrative. Reste à savoir si Waterworld mérite (ou non) de telles acrimonies. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Hormis Kevin Costner déjà mentionné dans ses lignes, la distribution du film se compose de Jeanne Tripplehorn, Dennis Hopper, Tina Majorino, Michael Jeter, Gerard Murphy, R.D. Call et Kim Coates. A noter aussi l'apparition élusive de Jack Black.
Attention, SPOILERS !

(1) Dans un avenir lointain, à la suite du réchauffement climatique ayant causé la fonte des glaces, la Terre est totalement recouverte d'eau par une immense et haute inondation. L'humanité vit désormais sur des atolls artificiels. Cependant, une légende circule : celle de Dryland, qui serait l'unique terre encore émergée. Un mutant mi humain et mi poisson, accompagné par une jeune femme et une petite fille, vont partir retrouver Dryland (1). Ils affrontent et se confrontent à des pirates sanguinaires, nommés les Smokers et dirigés par le diacre qui est un barbare sanguinaire.
Certes, à raison, les critiques sardoniques auront raison de vitupérer et de gourmander ce blockbuster plantureux pour ses accointances ostentatoires avec Mad Max 2. Prétentiard, Kevin Reynolds mise avec opiniâtreté sur la profusion de saynètes d'action qu'il maîtrise avec plus ou moins de méticulosité. 

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Toutes ces déflagrations, ces tirs à satiété et ces cascades à satiété sont censés servir un scénario anémique et vidé de toute substance narrative. Sur la forme comme sur le fond, Waterworld ne raconte rien si ce n'est la quête idyllique d'un empirée terrestre qui ne débouche finalement sur nulle part. Pis, Kevin Reynolds omet carrément les moralines écologiques, pourtant à l'origine du désastre terrestre et de cette anarchie aquatique. Peu importe. Le cinéaste tâcheron peut néanmoins compter sur l'investissement (dans tous les sens du terme) et l'érudition de Kevin Costner, totalement assujetti à cette production mirobolante. Le comédien grandiloquent croit ingénument que Waterworld va édifier, ad vitam aeternam, son statut de star hégémonique sur la planète Hollywood.
Une chimère.

En vérité, le film l'évincera carrément de sa plateforme hiératique pour le noyer encore davantage trois ans plus tard avec Postman (1998). Kevin Costner ne s'en remettra pas. Après le blockbuster égrillard, voilà l'acteur ankylosé dans une nouvelle production post-apocalyptique aux introspections philosophiques absconses et douteuses. Un oxymore. Au-delà de son absence de schéma narratif, Waterworld souffre continûment de son manque d'ambition. Au moins, dans les deux premiers Mad Max, George Miller faisait vrombir les moteurs et proposer des scènes d'une barbarie inouïe, prenant le risque d'ébaubir son audimat. En outre, Waterworld n'ulcérera personne.
En dépit de son héros anthropomorphique affublé de nageoires et de branchies, de méchants énucléés et retors, le métrage verse allègrement dans le divertissement tout public et accumule les séquences d'action redondantes, qui plus est, durant deux heures et quinze minutes de bobine.

Kevin Costner et Kevin Reynolds paieront cher cet excès de philanthropie. A cela, s'agrègent des rôles subalternes en demi-teinte (pour être gentil...). Entre une Jeanne Tripplehorn qui brille par sa vacuité et un Dennis Hopper en mode cabotinage, le métrage s'extirpe gauchement de cette déconfiture. Cependant, nonobstant toutes ses carences et ses impondérables, Waterworld n'est pas non plus cette catastrophe filmique décriée par de nombreux contempteurs. Victime de son budget pharaonique, le film aurait dû se parer du statut de série B pour mieux flatter un public déjà courroucé avant sa sortie. En vérité, Waterworld est l'exemple typique du blockbuster suranné que l'on adore honnir et effaroucher en raison de cette même arrogance.
Allez, par miséricorde, nous lui attribuerons la moyenne, ni plus ni moins... Je sais, c'est très (trop ?) généreux...

Note : 10/20

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(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Waterworld