choc des titans 2010

Genre : fantastique, heroic fantasy
Année : 2010
Durée : 1h46

Synopsis : La dernière bataille pour le pouvoir met en scène des hommes contre des rois et des rois contre des dieux. Mais la guerre entre les dieux eux-mêmes peut détruire le monde. Né d'un dieu mais élevé comme un homme, Persée ne peut sauver sa famille des griffes de Hadès, dieu vengeur du monde des Enfers. N'ayant plus rien à perdre, Persée se porte volontaire pour conduire une mission dangereuse et porter un coup fatal à Hadès avant que celui-ci ne s'empare du pouvoir de Zeus et fasse régner l'enfer sur terre. A la tête d'une troupe de guerriers courageux, Persée entreprend un périlleux voyage dans les profondeurs des mondes interdits. Luttant contre des démons impies et des bêtes redoutables, il ne survivra que s'il accepte son pouvoir en tant que dieu, qu'il défie son destin et crée sa propre destinée.

La critique :

Le nom de Ray Harryhausen rime invariablement avec le cinéma fantastique, la science-fiction et l'heroic fantasy. A juste titre, il est considéré comme le parangon, voire le mentor de la stop motion, à savoir la technique de l'animation "image par image". Pourtant, Ray Harryhausen n'est pas le précurseur de l'animation en volume (soit l'autre nom de la stop motion). Alors qu'il est âgé de 13 ans, il découvre, effaré, le film King Kong (Ernest B. Schoedsack, 1933) lors d'une séance au cinéma. Les effets spéciaux du film bénéficient déjà de la technique de la stop motion, encore en balbutiement à l'époque et malgré la sortie de Le Monde Perdu (Harry O. Hoyt, 1925) quelques années plus tôt.
Ray Harryhausen n'a jamais caché son extatisme ni son effervescence pour le monde paléontologique. Le Monde Perdu et King Kong se parent justement de dinosaures et autres créatures issues de la mythologie préhistorique.

Pour Ray Harryhausen, c'est une révélation. Les trucages de King Kong et de Le Monde Perdu sont agencés et prodigués par Willis O'Brien, une autre figure proéminente de la stop motion. Ce dernier engage Ray Harryhausen en 1947. C'est ainsi qu'il s'arroge les oripeaux de premier technicien sur le tournage du film Monsieur Joe (Ernest B. Schoedsack, 1949) et sous les précieuses instigations et approbations de Willis O'Brien. Vétilleux, Ray Harryhausen se démarque par un travail opiniâtre et peut passer plusieurs heures pour réaliser une séquence en stop motion de quelques secondes.
Il enchaîne alors avec plusieurs oeuvres notables et notoires, entre autres Le Monstre des Temps Perdus (Eugène Lourié, 1953), Le Monstre vient de la Mer (Robert Gordon, 1955), Les Soucoupes Volantes Attaquent (Fred F. Sears, 1956), Le Septième Voyage de Sinbad (Nathan Juran, 1958), Jason et les Argonautes (Don Chaffey, 1963), Les Premiers Hommes dans la Lune (Nathan Juran, 1964), ou encore La Vallée de Gwangi (Jim O'Connolly, 1969).

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Vient également s'agréger Le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981) que Ray Harryhausen coproduit. Certes, ce péplum à consonance féérique et fantastique doit se colleter avec la sortie concomitante de Les Aventuriers de l'Arche Perdue (Steven Spielberg, 1981). Pourtant, le long-métrage se solde par un succès pharaonique lors de sa sortie en salles et s'octroie prestement le titre de film culte. Plus de trente années après la sortie du film, Hollywood n'est plus cette firme inventive et prédominante. Entre temps, le cinéma américain s'est fourvoyé dans la folie des remakes galvaudés et usités par le lucre et le marchandising. C'est dans ce contexte que les producteurs mercantilistes font appel à Louis Leterrier, un réalisateur français (Cocorico !), pour signer le remake éponyme de Le Choc des Titans en 2010. Le metteur en scène s'est notamment illustré avec Le Transporteur (2002), Danny The Dog (2005), Le Transporteur 2 (2005), ou encore L'incroyable Hulk (2008).

A l'instar de la version des années 1980, Le Choc des Titans (2010) se soldera derechef par un succès mirobolant au box-office. Opportuniste, Louis Leterrier s'attèlera à la réalisation d'un second chapitre, La Colère des Titans, en 2012. Si Le Choc des Titans reçoit un accueil triomphal lors de sa sortie au cinéma, il est, à contrario, vitupéré et répudié par une presse beaucoup plus sarcastique. En outre, ses nombreux contempteurs lui reprochent ses effets spéciaux hideux et surannés malgré un budget pachydermique, 125 millions de dollars tout de même !
Reste à savoir si Le Choc des Titans version 2010 mérite (ou non) de telles acrimonies. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... En l'occurrence, ce remake peut s'enhardir d'une distribution de prestige via la participation de Sam Worthington, encore auréolé par le succès d'Avatar (James Cameron, 2009).

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Viennent aussi s'additionner Mads Mikkelsen, Liam Neeson, Ralph Fiennes, Gemma Arterton, Jason Flemyng, Alexa Davalos, Danny Huston, Pete Postlethwaite et Nicholas Hoult. Attention, SPOILERS ! La dernière bataille pour le pouvoir met en scène des hommes contre des rois et des rois contre des dieux. Mais la guerre entre les dieux eux-mêmes peut détruire le monde. Né d'un dieu mais élevé comme un homme, Persée ne peut sauver sa famille des griffes de Hadès, dieu vengeur du monde des Enfers. N'ayant plus rien à perdre, Persée se porte volontaire pour conduire une mission dangereuse et porter un coup fatal à Hadès avant que celui-ci ne s'empare du pouvoir de Zeus et fasse régner l'enfer sur terre.
A la tête d'une troupe de guerriers courageux, Persée entreprend un périlleux voyage dans les profondeurs des mondes interdits.

Luttant contre des démons impies et des bêtes redoutables, il ne survivra que s'il accepte son pouvoir en tant que dieu, qu'il défie son destin et crée sa propre destinée. Certes, le film originel des années 1980 souffrait d'une certaine obsolescence et méritait bien une nouvelle relecture. Paradoxalement, le métrage de Desmond Davis bénéficiait de la diligence de Ray Harryhausen. Le travail sourcilleux et cérémonieux de l'artiste de la stop motion conférait à ce péplum, mâtiné d'aventure et de fantastique, un charme ineffable. Modernisme et capitalisme obligent, Le Choc des Titans (2010) doit se départir avec les écrans verts et les effets visuels en CGI ou en 3D, autant de gadgets pour masquer toute la caducité et la vacuité de cette vaine entreprise.  Bien triste constat...
Vous pouvez donc omettre et phagocyter toute réflexion sur la prégnance de la mythologie gréco-romaine sur nos civilisations occidentales au profit d'un blockbuster exsangue, aseptisé et de facture conventionnelle.

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Voici un parfait condensé de Le Choc des Titans sous l'égide de Louis Leterrier et de la machine hollywoodienne. Le cinéaste "frenchy" n'est probablement pas le seul responsable de cette décadence ostensible. A raison, les détracteurs rappelleront l'échec artistique de Troie (Wolfgang Petersen, 2004) quelques années plus tôt. Le Choc des Titans (2010) s'inscrit peu ou prou dans le même continuum que cette production prétentiarde et grandiloquente. Ainsi, les saynètes d'action s'enchaînent sans temps mort, mais sans étayer non plus la moindre introspection sur cette mythologie pourtant luxuriante. Dans le remake agencé par un Louis Leterrier emphatique, Persée se résume à un héros d'infortune défiant la puissance hégémonique des dieux.
Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout.

A aucun moment, on ne retrouve ce lyrisme ni cette mélancolie inhérente de la version des années 1980, un long-métrage amer qui ergotait sur cette apostasie vis-à-vis des entités mystiques qui nous gouvernent et décident de notre destinée fatidique. De facto, l'épopée de Persée paraît bien obsolescente. Certes, par ses subterfuges matois, Le Choc des Titans (2010) illusionnera probablement le public peu exigeant en termes de qualités cinéphiliques. Les autres pestiféreront et maronneront à raison contre cette version pourtant encore récente, mais déjà en sévère décrépitude.
Certes, Sam Worthington porte le film sur ses épaules prestes et robustes, mais le comédien ne sauve pas ce remake de la débandade annoncée. Même Mads Mikkelsen, par ailleurs en mode cabotinage, semble avoir renâclé la production inepte et aventureuse.
Maigre consolation, Le Choc des Titans (2010) reste néanmoins supérieur à sa suite indigente, La Colère des Titans, un second chapitre qui s'enlisera dans les affres de la cancrerie et de la fastidiosité.

 

Note : 08.5/20

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