un cri dans l'océan

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1998
Durée : 1h32

Synopsis : Finnegan, aventurier et mercenaire au long cours, sillonne la mer de Chine aux commandes du "Saipan", une vieille vedette qu'il loue frequemment a des contrebandiers et petits trafiquants sans trop s'interroger sur les intentions de ses clients. C'est ainsi qu'une nuit Finnegan, son second et le mécanicien tombent aux mains de leurs passagers métamorphosés en un commando armé jusqu'aux dents. Leur but : investir, dévaliser et torpiller l'"Argonautica", un luxueux paquebot croisant dans les environs.   

La critique :

Il faut se rendre sur le site Psychovision et en particulier sur le lien suivant : https://www.psychovision.net/films/critiques/liste/113-agressions-animales pour déceler la liste impressionnante et exhaustive du genre "agression animale" au cinéma. Ce registre cinématographique est souvent synonyme de série B impécunieuse. Par exemple, Roger Corman, le pape du cinéma bis, produira et réalisera L'Attaque des Crabes Géants en 1957. La faune aquatique est évidemment conviée dans ce genre à la fois truculent et véhément.
Les thuriféraires du genre citeront la saga Les Dents de la Mer, L'Attaque du Crocodile Géant (2007), la franchise Lake Placid, Piranhas (Joe Dante, 2008), Open Water : en eaux profondes (Chris Kentis, 2004), ou encore Killer Crocodile (Fabrizio de Angelis, 1989).

Récemment encore, Jason Statham, le héros infatigable de la trilogie Le Transporteur, se débattait et se colletait avec un mégalodon de plus de 25 mètres dans En Eaux Troubles (Jon Turteltaub, 2018), soit The Meg dans la langue de Shakespeare. Certes, les squales, les poissons voraces et autres créatures exotiques et sous-marines pullulent sur nos écrans et via le support vidéo. Pourtant, le public répond toujours doctement à l'appel. Dans le domaine de l'agression aquatique, Les Dents de la Mer premier du nom (Steven Spielberg, 1975) reste la référence indéboulonnable et primordiale, même plus de quarante ans après sa sortie.
On n'attendait donc pas forcément grand-chose d'Un Cri dans l'Océan, soit Deep Rising de son titre original, et réalisé par les soins de Stephen Sommers en 1998.

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Que soit. A l'instar de cette concurrence apoplectique, Un Cri dans l'Océan fait lui aussi office de série B, néanmoins affublé d'un budget plutôt confortable (45 millions de dollars tout de même). Sur le fond comme sur la forme, le long-métrage de Stephen Sommers s'apparente à un curieux malström entre l'horreur, l'action débridée et l'aventure, un peu comme si Indiana Jones s'accointait avec la saga Alien dans les tréfonds sous-marins. Stephen Sommers est un metteur en scène bien connu du carcan hollywoodien. Les thuriféraires du cinéaste ne manqueront pas de notifier des oeuvres telles que Le Livre de la Jungle (1994), La Momie (1999), Le Retour de la Momie (2001), Van Helsing (2004), ou encore G.I. Joe : le réveil du Cobra (2009).
Vous l'avez donc compris.

A l'aune de cette filmographie sélective, difficile de s'égayer, voire de s'enthousiasmer pour un cinéaste coutumier des productions subalternes et sous l'égide du mercantilisme et de la machine hollywoodienne. Le tournage d'Un Cri dans l'Océan reste un souvenir plutôt douloureux pour Stephen Sommers. Le film est censé caracoler au sommet du box-office américain. Malencontreusement, le métrage essuie une rebuffade commerciale et rentabilise péniblement son budget imparti. A contrario, Un Cri dans l'Océan rattrapera ses scores décevants via le support vidéo.
Certains amateurs du cinéma bis le considèrent même comme un film culte injustement répudié, rabroué et ostracisé au moment de sa sortie en salles. Evidemment, le verdict définitif sera prononcé au cours de cette chronique.

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La distribution de Deep Rising se compose de Treat Williams, Famke Janssen, Anthony Heald, Kevin J. O'Connor, Wes Studi, Derrick O'Connor, Jason Flemyng, Cliff Curtis, Clifton Powell, Trevor Goddard et Djimon Hounsou. Pour une série B, certes dispendieuse, Un Cri dans l'Océan peut s'enhardir de coaliser un casting de prestige. Pour l'anecdote, Harrison Ford sera même approché et envisagé pour tenir le rôle principal (celui de John Flannagan), mais le comédien se montre peu enthousiaste à l'idée de singer, derechef, un nouvel avatar d'Indiana Jones.
Il est donc suppléé par Treat Williams, un acteur notoire du cinéma bis. Mais ne nous égarons pas et revenons à l'exégèse du film. Attention, SPOILERS ! (1) Finnegan, aventurier et mercenaire au long cours, sillonne la mer de Chine aux commandes du "Saipan", une vieille vedette qu'il loue fréquemment à des contrebandiers et petits trafiquants, sans trop s'interroger sur les intentions de ses clients.

C'est ainsi qu'une nuit, Finnegan, son second et le mécanicien ne tardent pas à découvrir la raison de la présence de leurs nouveaux passagers, un commando armé jusqu'aux dents. Leur but : investir, dévaliser et torpiller l'"Argonautica", un luxueux paquebot croisant dans les environs. Mais quand ils abordent le navire, ils le trouvent étrangement désert... Quelque chose semble rôder... Et l'équipage va bientôt se retrouver confronté à un invité... Aux tentacules qui aspire le liquide du corps avant de recracher le squelette (1). Autant l'annoncer sans fard.
Si Un Cri dans l'Océan reste encore aujourd'hui confiné dans les affres des oubliettes, il n'en demeure pas moins le film le plus sympathique et le plus probant de Stephen Sommers. A l'époque, le cinéaste n'a pas encore réalisé La Momie, soit son plus gros succès commercial. 

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En l'état, Un Cri dans l'Océan est symptomatique de ce cinéma truculent et de divertissement, quitte à renâcler à tous les registres cinématographiques. C'est paradoxalement l'atout le plus sémillant de Deep Rising. Ainsi, le préambule du film s'apparente à un gros film d'action qui pétarade dans tous les sens. Seul bémol et pas des moindres, à bord du paquebot luxuriant, il n'y a pas la moindre âme qui vive. Dès lors, Un Cri dans l'Océan prend la forme d'un huis clos faussement anxiogène et oppressant, porté par les épaules robustes de Treat Williams.
Evidemment, le métrage n'échappe pas aux stéréotypes et aux poncifs habituels via plusieurs personnages subsidiaires et caricaturaux. On éludera prestement certains protagonistes archétypaux destinés à servir de menu fretin à d'abominables créatures tentaculaires.

La pauvre Famke Janssen, flanquée des oripeaux de vulgaire larcin, est condamnée à jouer les gourgandines de service dans un long-métrage profondément masculin, et plutôt enclin à déverser dans l'action et la profusion de testostérone. Sur ce dernier point, Un Cri dans l'Océan remplit parfaitement son office et ne s'essouffle jamais sur sa durée élusive (à peine une heure et demie de bobine). En résulte une série B avenante et plutôt magnanime qui cherche à sillonner dans le continuum d'Alien : le huitième passager (Ridley Scott, 1979), tout en flagornant les tribulations d'Indiana Jones. Toujours la même antienne... Hélas, Stephen Sommers n'est ni Ridley Scott et encore moins Steven Spielberg. Si la bonhommie du film est plutôt communicative, le scénario d'Un Cri dans l'Océan reste beaucoup trop prévisible et de facture conventionnelle. Le prologue final, en apothéose, annonce ostentatoirement une suite putative... Suite à l'échec du film, ce second chapitre ne verra jamais le jour...
Pour le reste, on fermera les esgourdes sur les conversations sibyllines, ainsi que les mirettes sur certains trucages obsolescents, production des années 1990 oblige. Vous l'avez donc compris. Un Cri dans l'Océan est un pur produit de divertissement et donc un vrai plaisir coupable, ni plus ni moins. Ma note finale fera donc preuve d'une étonnante mansuétude.

 

Note : 12.5/20

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(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_cri_dans_l%27océan