all hallow's eve

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans en France, intredit aux - 18 ans lors de sortie aux Etats-Unis)
Année : 2013
Durée : 1h23

Synopsis : Alors qu'elle garde deux enfants le soir d'Halloween, une baby-sitter trouve dans leur sac de friandises une veille VHS. La cassette comporte trois histoires d'horreur reliées entre elles par un mystérieux clown. Alors que la nuit passe, des choses étranges commencent à se produire dans la maison... 

La critique :

N'ayez crainte, nous ne vous ferons pas l'offense de procéder, derechef, à l'exégèse de tous ces films d'épouvante à caractère clownesque puisque nous avons déjà formulé cette liste foisonnante et exhaustive lors de la chronique de Terrifier (Damien Leone, 2016), publiée hier sur Cinéma Choc. Par le passé, le terrible boogeyman s'était déjà drapé de frusques oniriques et fantasmagoriques via les éviscérations de Freddy Krueger dans A Nightmare on Elm Street, d'un masque de hockey anonyme et d'une machette affûtée pour Vendredi 13, d'une tronçonneuse rutilante dans le bien nommé Massacre à la Tronçonneuse, ou encore d'un masque d'albâtre et d'un opinel dans Halloween. Certes, le croquemitaine est synonyme d'effroi et de terreur dans la légende populaire.
Mais il peut aussi faire preuve de félonie et d'obséquiosité pour mieux appâter et flagorner sa proie souvent pudibonde et ingénue.

Et c'est ce qu'avait parfaitement compris Stephen King lors de la publication de son célèbre opuscule, CaSuccès pharaonique oblige, son roman se transmutera à postériori en un téléfilm ("Il" est revenu, Tommy Lee Wallace, 1990), puis en un remake éponyme. Pour son clown machiavélique, Stephen King avoue s'être inspiré d'un serial killer tristement notoire. Son nom ? John Wayne Gacy. Lors de son arrestation durant les années 1970, John Wayne Gacy défraye la chronique judiciaire. Ebaubie, la police retrouve chez lui et à fond de cave pas moins de 26 cadavres inhumés dans le sous-sol.
Pourtant, le bonhomme ventripotent n'est pas ce sociopathe rabroué, anathématisé et stigmatisé par notre société moderne et contemporaine. 
L'individu est même décrit comme un bon père de famille et une sorte de "yes man" adoubé par son propre voisinage. 

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Autrement dit, les apparences sont trompeuses. Le monstre pernicieux se tapit en catimini... Hélas, le tueur en série collectionne les dépouilles putrescentes à l'abri des regards et s'adonne aux pires exactions et ignominies. Corrélativement, John Wayne Gacy se grime ponctuellement en clown pour badiner avec les enfants malades dans les hôpitaux. Cette figure sociopathique va évidemment estourbir la populace américaine et influencer de nombreux films horrifiques. C'est par exemple le cas de All Hallow's Eve, réalisé par les soins de Damien Leone en 2013.
Lors de sa chronique du film Circus of the Dead (Billy Pon, 2014, source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2017/11/27/35903021.html), l'auteur, Inthemoodforgore évoquait un long-métrage à la fois salace, véhément et viscéral, renvoyant prestement Ca (Andrés Muschietti, 2017) dans ses pénates.

Dans son omniscience teintée de panégyrisme, Inthemoodforgore a omis de mentionner un diptyque gore et horrifique. Ce dernier se segmente évidemment en deux chapitres. Le premier se nomme All Hallow's Eve et fait donc l'objet d'une chronique dans nos colonnes aujourd'hui. Le second s'intitule Terrifier (déjà précité) et a déjà été publié sur le blog hier. Quant à Damien Leone, le cinéaste émérite n'a jamais caché son extatisme ni son effervescence pour le cinéma horrifique. Ce dernier a débuté sa carrière cinématographique en tant que maquilleur et technicien des effets spéciaux.
On lui doit également des films tels que The 9th Circle (2008) et Frankenstein Vs. The Mummy (2015). 
Indubitablement, il va falloir suivre ce metteur en scène auteurisant de plus près tant celui-ci affectionne les vieilles séries B de jadis, celles qui voyaient notamment des monstres anthropomorphiques s'immiscer dans notre microcosme urbain (Basket Case, Frank Henenlotter, 1982) ; ou encore un forcené assaillir des femmes lors de ses virées nocturnes (Maniac, William Lustig, 1980).

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Indiscutablement, All Hallow's Eve appartient à cette catégorie de bisseries iconoclastes : beaucoup d'idées et d'ingéniosité... mais pour un budget anémique. Si All Hallow's Eve n'a évidemment pas bénéficié d'une exploitation dans les salles obscures, le long-métrage s'est taillé une solide réputation sur la Toile et les réseaux sociaux. Aux Etats-Unis, le film s'est attiré les foudres et les acrimonies de la censure via l'ultime réprobation (Comprenez une interdiction aux moins de 18 ans). En France, le métrage est "seulement" (si j'ose dire...) interdit aux moins de 16 ans.
Reste à savoir si All Hallow's Eve est bel et bien cette uppercut décrié par certains thuriféraires du cinéma gore et extrême. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film ne risque pas de vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de 
Katie Maguire, Mike Giannelli, Catherine A. Callahan, Kayla Lian et Cole Mathewson ; mais j'en doute...

Attention, SPOILERS ! Alors qu'elle garde deux enfants le soir d'Halloween, Sarah, une baby-sitter, trouve dans leur sac de friandises une veille VHS. La cassette comporte trois histoires d'horreur reliées entre elles par un mystérieux clown. Alors que la nuit passe, des choses étranges commencent à se produire dans la maison... A l'aune de cette exégèse, le spectateur avisé aura aisément subodoré le film d'horreur référentiel. Sur la forme comme sur le fond, All Hallow's Eve s'apparente à une sorte de salmigondis entre La Maison des 1000 Morts (Rob Zombie, 2003) et 100 Tears (Marcus Koch, 2007). En outre, All Hallow's Eve fait davantage songer à l'univers glauque et méphitique de Rob Zombie.
Le clown méphistophélique s'auréole des limbes de l'enfer pour revêtir le visage pernicieux du mal incarné. Ce dernier se fait appeler Art le Clown.

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Autant l'annoncer sans ambages. Cette créature ténébreuse et comminatoire ne fait pas de prisonnier. Personne n'est épargné. Hommes, femmes, vieillards et enfants sont donc condamnés à subir les forfaitures sociopathiques d'Art le Clown. Le mystère plane sur son identité emprunte de scabruosité. Est-ce un mort-vivant ? Une créature luciférienne ? Ou encore un simple démon qui apparaît seulement les soirs d'Halloween ? Difficile de répondre avec parcimonie. Toujours est-il que All Hallow's Eve cogne et tabasse là où ça fait mal. Damien Leone se montre plutôt magnanime en termes de turpitudes sanguinolentes. Ici, l'interdiction aux moins de 18 ans provient sans doute de cette saynète gore et extravagante durant laquelle une parturiente subit l'extraction de son propre foetus.
Puis, l'infortunée est violée et suppliciée par une bande de démons satyriasiques. Hélas, le film de Damien Leone n'est pas exempt de tout reproche. All Hallow's Eve se fractionne en trois segments bien distincts. Certes, on retiendra sans sourciller la première et la dernière histoire pour leur âpreté et leur irrévérence. En revanche, la seconde est un peu plus fastidieuse. Toutefois, rien de grave ni de rédhibitoire. On sent que Damien Leone tergiverse continûment entre la bisserie dénotative et la production trash qui cherche à estomaquer son audimat. Personnellement, je lui préfère tout de même sa suite (Terrifier...), mais les avis sont mitigés à ce sujet.

Note : 13/20

sparklehorse2 Alice In Oliver