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Genre : science-fiction (interdit aux - 12 ans)
Année : 2004
Durée : 1h37

Synopsis : Eric Wynn est un homme respectable qui travaille pour une compagnie dont il croit tout connaître. Son travail : surveiller des gens prisonniers d'une sorte de Cube, prison métallique étrange. Mais quand une innocente se fait capturer et est enfermée dans le Cube, Eric commence à comprendre qu'il y a quelque chose qui se passe derrière ce que raconte la compagnie pour laquelle il travaille. Décidant de ne pas se laisser faire, Eric décide d'entrer lui-même dans le Cube, pour sauver le maximum de gens. Mais l'horreur ne commence pas à l'intérieur du Cube, mais à l'extérieur. Ceux qui épient sont épiés, et la fin n'est que le commencement...   

La critique :

Certaines sagas horrifiques et/ou science-fictionnelles peuvent s'enorgueillir de reposer sur un concept à la fois roublard et mutin. C'est par exemple le cas de Cube premier du nom, réalisé par les soins de Vincenzo Natali en 1997, un long-métrage sorti à priori de nulle part et qui claustre ses héros détentionnaires dans une prison cubique et aux géométries variables. Pour une raison obscure, nos protagonistes d'infortune ont perdu la mémoire et toute réminiscence de leur passé.
Pourquoi sont-ils enfermés dans cette prison technologique ? Quelle est la nature exacte de ce cube aux étranges circonvolutions ? Est-ce une ixième expérience du gouvernement qui fomenterait fallacieusement de savants complots ? Qui ou quoi se trouve à l'extérieur de cette prison cubique ? Existe-t-il par ailleurs une issue ou une façon de se sortir de ses coursives tortueuses et piégeuses ?

Autant de questions et d'introspections qui convient le spectateur médusé à réflexionner sur la condition humaine. Telle est la principale rhétorique de Cube. Matois, Vincenzo Natali propose un curieux jeu de piste qui tergiverse entre la dystopie carcérale, le thriller à couteaux tirés, l'anticipation, la science-fiction, l'horreur et évidemment le film de prison. Succès surprise et pharaonique oblige, le premier chapitre devait, de prime abord, se transmuter en diptyque via un inévitable Cube 2 : Hypercube (Andrzej Sekula, 2002). Si ce deuxième volet a au moins le mérite de se démarquer de son auguste devancier, il n'en reste pas moins fort décevant.
Certes, Andrzej Sekula exploite avec plus ou moins de méticulosité le thème des univers parallèles, ainsi que les paradigmes concomitants de la théorie des cordes et de la science quantique. 

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Seul écueil et pas des moindres, Cube 2 s'enlise parfois... souvent dans d'interminables facondes, noyant le film dans une métaphysique absconse. Cependant, en dépit de certaines tares et impondérables et à condition de faire preuve de magnanimité, Cube 2 : Hypercube constituait une série B passable, en tout cas encore dans la lignée et le continuum de son illustre épigone. Si Cube 2 n'a pas bénéficié d'une sortie dans les salles obscures, le film caracole parmi les premières places lors de son exploitation en vidéo. Aux yeux des producteurs, ce genre de pellicule impécunieuse s'apparente comme la nouvelle poule aux yeux d'or. Il suffit simplement de coaliser un casting d'acteurs inconnus (et qui le resteront) dans un décor d'apparence frugale et de proposer quelques pièges à priori perspicaces.
Il était donc logique que le diptyque se transmue, un jour ou l'autre, en triptyque avec Cube Zero, réalisé par les soins d'Ernie Barbarash en 2004.

Comme l'intitulé l'indique, Cube Zero a pour aspérité de sonder et de décrypter la genèse de cette prison cubique. Après l'enfermement énigmatique et forcé dans le premier volet, puis la théorie quantique pour le second chapitre, quelle didactique pouvait être encore explorée par ce troisième et ultime opus ? Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Autant l'annoncer sans ambages. Cube Zero pâtit d'une réputation désastreuse auprès des thuriféraires de la franchise.
En vérité, ces derniers n'avaient déjà pas spécialement apprécié les directions nébuleuses et spinescentes de Cube 2 : Hypercube. En l'occurrence, Ernie Barbarash a pour vocation de visiter et de prodiguer de plus amples explications sur ce qui se situe à l'extérieur du cube, comme si l'Allégorie de la Caverne de Platon dévoilait sans fard ses ombres énigmatiques et malfaisantes. 

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A fortiori, le concept est plutôt séduisant. Mais Ernie Barbarash est-il le metteur en scène idoine pour décrypter les mystérieux arcanes de la prison cubique ? On peut sérieusement en douter à l'aune de sa filmographie erratique. En outre, Cube Zero constitue sa toute première réalisation. A postériori, le cinéaste enchaînera avec Hypnose 2 (200), Evil Game (2007), Harwired (2009), Assassination Games (2011), ou encore 6 Bullets (2012). La distribution de Cube Zero ne risque pas de vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Zachary Bennett, Stephanie Moore, Michael Riley, Martin Roach et David Huband ; mais j'en doute...
Attention, SPOILERS ! Eric Wynn est un homme respectable qui travaille pour une compagnie dont il croit tout connaître.

Son travail : surveiller des gens prisonniers d'une sorte de Cube, prison métallique étrange. Mais quand une innocente se fait capturer et est enfermée dans le Cube, Eric commence à comprendre qu'il y a quelque chose qui se passe derrière ce que raconte la compagnie pour laquelle il travaille. Décidant de ne pas se laisser faire, Eric décide d'entrer lui-même dans le Cube, pour sauver le maximum de gens. Mais l'horreur ne commence pas à l'intérieur du Cube, mais à l'extérieur. Ceux qui épient sont épiés, et la fin n'est que le commencement... A l'aune de cette exégèse, on peut légitimement ergoter et ratiociner sur le concept de ce troisième volet en forme de préquelle.
Sur le fond comme sur la forme, pourquoi s'échiner à explorer les origines tendancieuses de la prison cubique ?

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De surcroît, Cube 2 : Hypercube avait laissé un sérieux goût d'amertume. Cube Zero est-il apte à rééditer la sagacité et la philosophie dystopique du film de Nimrod Antal ? Hélas, et vous vous en doutez, la réponse est plutôt négative. Au moins, Ernie Barbarash a le mérite de délaisser les théories métaphysiques et quantiques au profit d'une relecture moderne de l'expérience de soumission à l'autorité diligentée par Stanley Milgram en son temps. De facto, Ernie Babarash s'ingénie à métamorphoser l'Allégorie de la Caverne en une dystopie bureaucratique, un peu à la manière d'un George Orwell avec son célèbre opuscule, 1984. Hélas, la comparaison s'arrête bien là.
Certes, des cobayes amnésiques sont condamnés à écumer les dédales et les circonvolutions sinueuses d'une prison de haute technologie et probablement ourdie en catimini par le gouvernement.

Mais à l'extérieur de cette forteresse, se tapissent des techniciens vétilleux qui contrôlent, sans barguigner, les moindres faits et gestes des détenus. A l'instar des prisonniers, eux aussi ignorent la nature pernicieuse de cette infrastructure rigoriste et régentée par une mystérieuse oligarchie. Aux yeux d'Ernie Barbarash, l'Allégorie de la Caverne se doit donc de rester dans la pénombre. Contre toute attente, Cube Zero se montre plutôt pingre en termes de révélations inopinées alors que ce troisième chapitre reposait, ni plus ni moins, sur cette promesse chimérique.
Les techniciens sont à leur tour épiés par leurs propres subordonnés. Pour survivre, ils doivent eux aussi suivre certaines injonctions meurtrières sans sourciller. Certes, à priori, Cube Zero repose sur un concept plutôt sagace. En vérité, le désappointement provient surtout du manque d'étayage dans un scénario souvent prolixe et fastidieux. En sus, ce troisième chapitre souffre d'une mise en scène anomique et rébarbative à laquelle s'agrègent de nombreuses fautes de raccord. 
Le film tergiverse continûment entre le film d'horreur à la mode du torture porn, la série B factice et cette métaphore sur le conditionnement humain, sans véritablement apporter de réponse. 
Le prologue final, plutôt malhabile par ailleurs, finira de parachever ce sentiment de désarroi vis-à-vis d'une trilogie qui aurait dû se conclure dès le premier chapitre.

Note : 08/20

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