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Genre : necro porn, trash, hardcore (interdit aux -18 ans/ - 21 ans selon les pays)
Année : 2011
Durée : 28 minutes (deleted scenes version)


Synopsis : Dans la lignée de son abjecte franchise Deadly Interrogation, le producteur et réalisateur John Marshall récidive avec ce court-métrage qui outrepasse allègrement les limites de l'admissibilité. Au programme, du sexe explicite post mortem et une humiliation avilissante de cadavre. Attention, ça va piquer les rétines !

La critique :

Avouez que vous n'y croyiez plus. Et pourtant si. C'est bien votre "cher" Inthemood qui est aux commandes du billet d'aujourd'hui. Une pige que je m'empresse de préciser, très furtive, puisque ma vie privée récemment bouleversée ne me permet plus (hélas) de participer comme avant aux activités de ce blog que j'ai vu naître et pour lequel je conserve un très profond attachement. Il se pourrait (sûrement) que cette pige fasse l'objet d'une légère prolongation avec, en sus, deux ou trois autres chroniques toutes aussi infâmes. Voire plus. Cela reste à confirmer car, à l'instar des vieux sportifs, je ne tiens pas à faire la saison de trop ! De plus, ma présence me paraît loin d'être indispensable car en dépit du nombre assez faible de commentaires (il faut se réveiller les amis), sachez tout de même que Cinéma Choc bat des records au niveau de la fréquentation journalière des cinéphiles de la blogosphère française. Et ça, c'est vraiment une bonne nouvelle !
Pour les internautes à la sensibilité trop exacerbée qui ont eu le malheur de croiser, un jour mes chroniques soit par hasard, soit par goût d'un certain masochisme, la seule évocation de mon pseudonyme doit faire remonter chez eux des souvenirs pas forcément agréables, où embarras et reflux gastriques ont dû les accabler avec une régularité implacable.

Les autres, dotés d'un estomac plus solide, redouteront peut-être que ma "retraite" n'ait un peu atténué mes instincts bassement primitifs. Que ceux-là soient rassurés : je n'ai pas changé d'un iota. Mes goûts cinématographiques sont toujours aussi douteux, sinon plus encore qu'auparavant. Plus borderline que jamais, je reviens pour hanter votre imaginaire de cauchemars filmiques qui vous marqueront, une fois de plus, au fer rouge. Mais permettez-moi en premier lieu, de féliciter chaleureusement mes ex-acolytes, dont je suis resté très proche, Alice in Oliver et Taratata, pour leur formidable travail d'investigation au niveau de leurs recherches sur les films trash et extrêmes.
L'extrême, genre qui m'est cher et sans lequel ce blog ne serait pas ce qu'il est devenu, c'est-à-dire une référence absolue, en un peu plus de trois ans et demi d'existence. Mon départ de l'équipe des auteurs a peut-être allégé (si peu) le nombre d'oeuvres moralement condamnables, mais les films que les deux lascars vous ont proposés étaient de tout premier ordre et fort à propos pour conforter la réputation sulfureuse de Cinéma Choc dans le petit monde des blogs cinéma français. J'avais fondé quelques espoirs sur la sagacité de Cinemadreamer, mais celui-ci est bien souvent aux abonnés absents. Dommage...

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Cette petite pige donc pour vous présenter Bloody As Hell Morgue, un court-métrage furieusement hardcore produit par John Marshall, le créateur de la franchise "culte" Deadly Interrogation, dont j'avais proposé ici même le deuxième opus, il y a de cela quelques mois. "Necro porn" est le terme exact pour dénommer le genre dans lequel évolue cet ignoble objet visuel. Un genre dont les précurseurs se nomment Nekromantik (Jorg Buttgereit, 1987) ou Aftermath (Nacho Cerda, 1994). Ces classiques du cinéma underground européens ont, en leur temps, provoqué une onde de choc sur un public peu habitué au thème particulièrement sensible de la nécrophilie au cinéma et aux puissances graphiques que ces oeuvres proposaient. Force est de constater que depuis, le cinéma extrême a continué sa progression vertigineuse vers l'indicible, vers ce qu'il aurait été inconcevable de montrer à l'écran il n'y a ne serait-ce qu'une décennie. Désormais, le pas est franchi.
Et pas qu'un peu. Ainsi récemment, Tom Heideberg avec Paraphilia (2014) et El Gore avec The Snuff Tape Anthology (2016) ont proposé des courts métrages encore plus explicites et répugnants où les outrages post mortem franchissaient les limites du tolérable.

Las ! Les victimes de leurs agissements ne consistaient qu'en mannequins de latex forcément insensibles aux sévices que leur faisaient subir les acteurs. John Marshall lui, veut du réel, des victimes faites de chair et de sang. Alors, à défaut de pouvoir se procurer de véritables cadavres, le producteur et son équipe s'adressent directement à des actrices venues de l'industrie pornographique pour tenir le rôle des macchabées offensés. En parallèle de la franchise Deadly Interrogation, Marshall tourne d'autres courts-métrages tout aussi ignominieux sous l'égide des Deep South Productions. Ainsi, le très sévèrement burné Destroying My Slave (2010) pérennise le style extrémiste du cinéaste américain en présentant une femme torturée à mort, avec tortures réelles, sexe explicite et effets spéciaux dantesques à la clé. Encore plus outrancier que ses oeuvres précédentes, ce film se rapproche (un peu) de la référence nippone du genre, à savoir la série de la trilogie infernale GSKD.
Bloody As Hell Morgue, lui, délaisse l'horreur pure et dure au profit d'une sexualité morbide et outrageante. Ici, pas de tortures physiques ; qu'elles soient réelles ou simulées. Donc, en ce sens, il se situe à un niveau largement inférieur de son "faux jumeau", Destroying My Slave. Le court-métrage n'en demeure pas moins scandaleusement dépravé. Ce que Nacho Cerda effleurait de la caméra avec Aftermath au coeur des années 90, Marshall ne se gêne pas pour le montrer plein cadre sans détour, sans aucune retenue. Alors, bienvenue. Bienvenue dans l'univers du Necro Porn new edge ; celui de tous les possibles. Et de toutes les infamies.

Attention spoilers : Une jeune femme nue, assassinée à l'arme blanche, gît dans une mare de sang. Après avoir relevé les indices, la police transfère le corps à la morgue la plus proche. Confié au légiste de service, un médecin barbu, dégarni et gras du bide, le corps est tout d'abord examiné "en tout bien tout honneur" par le professionnel. Tandis qu'il établit et enregistre son diagnostic au dictaphone, il pratique sur le (joli) cadavre des gestes de plus en plus équivoques. Dessous la blouse du praticien au-delà de tout soupçon, pointe l'envie suffocante de l'homme ventripotent. À force de glisser ses doigts dans le vagin de la victime, l'homme ne se contient plus. Il enlève alors ses gants médicaux et pratiques des attouchements de plus en plus poussés sur la jeune femme dont un fist fucking.
Le pervers sort alors son sexe déjà fortement érectile et le positionne dans la main de la morte afin de commencer les vas et viens propre à une masturbation. Le désir se faisant grandissant, il impose au cadavre une fellation avant de commettre l'irréparable en violant le corps tout en lui imposant des positions plus pratiques à la pénétration et donc, à son propre plaisir. Inutile de préciser que les actes sont présentés en gros plan, sans simulation. À priori, jugée trop scabreuse par le réalisateur, la scène finale (visible en deleted scenes) ira encore plus loin avec une éjaculation buccale suivi d'un étalement facial de sperme.

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À vrai dire, ce film ne durant qu'une toute petite demi-heure et ne présentant aucun intérêt au niveau cinématographique stricto sensu, cette chronique n'aurait même dû voir le jour. Aucun effort dans la mise en scène, aucune recherche dans les décors, aucune étincelle dans l'interprétation des protagonistes : Bloody As Hell Morgue confine au néant artistique. Seule l'actrice "Soliel" étonne par son stoïcisme lors de son viol où censée être décédée, elle ne bouge pas d'un cil quand son partenaire la culbute brutalement. Visiblement la hardeuse en a vu d'autres... Mais là n'est pas le principal. John Marshall nous avait déjà habitué à ce vide intersidéral inhérent à un manque évident à la fois de talent et de moyens. Au niveau formel, le réalisateur reste fidèle à un fonctionnement bien huilé qui a déjà fait ses preuves lors de l'anthologie Deadly Interrogation : un environnement tout ce qu'il y a de plus sommaire, un strict minimum de participants, un sempiternel coup de téléphone passé avant d'enchaîner les exactions, du sang en abondance et un quota plus ou moins important de sexe forcé.
Chez John Marshall, inutile de rechercher un quelconque intérêt à la trame scénaristique, à supposer qu'on puisse l'appeler comme telle.

D'une infinie pauvreté, le style du cinéaste américain se borne à fournir à un public hyper ciblé, de l'hémoglobine et de la sexualité transgressive. La plus outrancière possible. Voilà chers amis, un léger aperçu de la nouvelle pornographie qui sévit actuellement en vidéo et surtout, sur Internet. Et il ne faut pas croire que Bloody As Hell Morgue soit un cas isolé ou extrême. Que non ! Ce court-métrage avilissant n'est qu'un exemple parmi une multitude de vidéos du même genre. Dans un contre art à des années lumières de l'âge d'or du porno-chic des années 70, l'industrie cinématographique du sexe continue encore et toujours sa dégringolade dans les bas-fonds de la dégénérescence.
Du cinéma bestial, sans créativité et sans âme qui n'a même plus l'objectif masturbatoire pour justifier son existence puisque la violence des actes pratiqués ne suscite vraiment pas le désir, chez un public masculin, de s'auto-soulager d'un trop plein de libido. S'adressant au pervers le plus vil qui sommeille en chaque spectateur, les responsables de ces tristes créations se complaisent dans une surenchère de corps asservis, de chairs bousculées et d'orifices défoncés, à flatter nos fantasmes les plus inavouables.

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John Marshall a parfaitement compris la recette pour subsister dans cette industrie mortifère. Avec Bloody As Hell Morgue, il nous propose un spécimen de tout premier ordre. Alors pourquoi ai-je, une fois de plus, cassé ma tirelire pour acquérir cet objet visuel dénué de tout fondement (sans jeu de mot) ? La réponse est simple : il n'existe que 33 exemplaires du DVD de ce film dans le monde ; et l'un d'entre eux trône "fièrement" sur mes étagères. Pour éviter de jeter de l'huile sur le feu, je ne dévoilerai pas le montant de cette acquisition de peur de faire fulminer d'indignation tous les "Gilets Jaunes" de France et de Navarre... Tout ce qui rare est cher. Même lorsque ce qui est rare est laid, dégradant, repoussant au-delà de toutes limites. Donc, un collectionneur doit y mettre le prix pour l'acquérir.
Voici donc Bloody As Hell Morgue, la dernière agression visuelle de John Marshall. Loin toutefois d'atteindre les sommets insoutenables auxquels je vous avais jadis habitués, ce court-métrage n'en demeure pas moins proprement ignoble vis-à-vis de la gent féminine qui se voit réduire, une fois de plus, au l'état d'objet sexuel mutique totalement offert aux désirs lubriques d'un détraqué.

En ces temps de féminisme à tous crins, on peut se poser quelques questions sur la motivation des réalisateurs qui continuent sur la lancée d'un irréductible machisme ! Pour terminer, je précise que l'interdiction aux moins de 21 ans indiquée sur le DVD (interdiction qui a, en son temps, fait la renommée du très surfait Perseveration), n'est juste adressée qu'aux pays pour lesquels la majorité se situe à cet âge, les États-Unis notamment. En France, le film, somme toute très supportable, est accessible dès les 18 ans légaux. Étant un peu "rouillé" par plus de six mois d'inactivité en tant que chroniqueur, je tiens à m'excuser pour l'approximation et la décrépitude stylistique de ce billet.
J'essaierai de faire mieux la prochaine fois. Car prochaine fois, il y aura sûrement. Et les prochaines chroniques risquent fort de vous accabler de nausées ! En attendant, j'espère vous avoir fait revenir quelques envies glaireuses, histoire de bien vous nettoyer l'estomac avant d'attaquer les ripailles de ces fêtes de fin d'année aussi commerciales que pathétiques où il est de bon ton d'afficher une béatitude extatique. Alors, joyeuses fêtes !

Note : ?

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