amerikan holokaust

Genre : horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2013
Durée : 1h20

Synopsis : Deux amis vétérans de la guerre du Vietnam avaient pour habitude de se livrer à des actes de cruauté inouïe, de viols, d’humiliations et de tortures. Mais une fois de retour à la vie civile, ceux-ci n’ont toujours pas changé leurs occupations. 

 

La critique :

Petite piqûre de rappel. Le 2 juillet 2018, l'auteur, Inthemoodforgore nous présentait le Top 200 des films trash, extrêmes et scandaleux (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2018/07/02/36514575.html). A travers cette liste foisonnante et exhaustive, ce sont des oeuvres déviantes, immorales, malséantes et ignominieuses qui caracolaient principalement en tête de classement. Un jour, probablement, Inthemoodforgore apportera, dans son omniscience teintée de panégyrisme, quelques rectifications supplémentaires. Les esprits les plus vétilleux stipuleront, sans doute à raison, quelques menues omissions, entre autres les absences concomitantes de Hate Crime (James Cullen Bressack, 2012), Kinatay (Brillante Mendoza, 2009), ou encore Sorgoï Prakov - My European Dream (Rafael Cherkaski, 2013) ; mais c'est juste histoire d'ergoter, de gloser, voire de ratiociner.

Vient également s'agréger un autre long-métrage pour le moins sulfureux, j'ai nommé Amerikan Holokaust, réalisé par les soins de Chris Woods en 2013. Alors qui se tapit derrière le nom de ce cinéaste américain ? En l'état, difficile de répondre avec minutie et parcimonie. Le nom du metteur en scène n'est même pas stipulé sur un site tel que Wikipédia. En outre, il faut se rendre sur le site IMDb (Source : https://www.imdb.com/name/nm1452701/?ref_=tt_ov_dr) pour déceler quelques informations élusives et relatives sur ce réalisateur orfèvre.
A fortiori, Chris Woods n'a jamais caché son extatisme ni son effervescence pour le cinéma, trash, extrême et déviant. Auparavant, le cinéaste a presque exclusivement signé des courts-métrages, notamment Mondo Socko (2011), Hennessy X Red (2012), Taste Me (2012), ou encore Vomit Soup (2012). 

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Selon nos sources, Amerikan Holokaust constituerait donc son tout premier long-métrage. Depuis, Chris Woods n'a pas vraiment chômé puisqu'il a enchaîné avec Chaos A.D. (2016), Cannibal Claus (2016), Death-scort service part II : The Naked Dead (2017), ou encore Taste Me : death-scort service part III (2018). La distribution d'Amerikan Holokaust risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Jules Sceiro, Bob Glazier, Cyndi Crotts, Kelly Helen Thompson, Audrey Hayes et Tara Tritsch ; mais j'en doute...
Attention, SPOILERS ! Michael Mashburn et Antwan Mercer, deux amis vétérans de la guerre du Vietnam avaient pour habitude de se livrer à des actes de cruauté inouïe, de viols, d’humiliations et de tortures. Mais une fois de retour à la vie civile, ceux-ci n’ont toujours pas changé leurs occupations.

Vous l'avez donc compris. A travers cette exégèse succincte, Amerikan Holokaust n'a pas vraiment pour velléité de déployer un scénario transi de sagacité. Les thuriféraires de snuff movies, tout du moins de longs-métrages ayant pour vocation de lutiner avec le snuff movie, ne manqueront pas de mentionner quelques références proéminentes, notamment Scrapbook (Eric Stanze, 2000) et bien sûr la trilogie August Underground amorcée par les soins de Fred Vogel en 2001. Pour mémoire, Scrapbook et surtout August Underground avaient durablement estourbi les persistances rétiniennes en côtoyant au plus près des serial killers peu amènes envers leurs victimes.
Mais là où Scrapbook relatait, peu ou prou, une nouvelle variante du syndrome de Stockholm entre une prisonnière et son bourreau ; August Underground se contentait de narrer les sordides pérégrinations de tueurs en série, quelque part dans leur cave...

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L'immersion venait donc s'imprégner de quelques exhalaisons de réalisme et de véracité, laissant une impression particulièrement malaisante lors du générique final. Indubitablement, à l'instar de Scrapbook deux ans plus tôt, August Underground cognait et tabassait là où ça fait mal. Via Amerikan Holokaust, Chris Woods a pour intention de rééditer les mêmes animosités. Là aussi, le décorum sera d'apparence frustre et frugal et ne variera jamais (ou alors très peu...) d'un iota puisque l'essentiel des exactions et des ignominies se déroule soit la chambre des tortionnaires, soit dans leur salle de bains fétide. Les amateurs de barbaque et de tripailles seront en terrain connu et quasiment conquis.
Au moins, sur ce dernier point, Chris Woods fait montre de philanthropie et de mansuétude. Vous aviez particulièrement affectionné les mêmes Scrapbook et August Underground pour leur sauvagerie et leur barbarie ad nauseam ?

Alors, vous devriez logiquement priser les infamies, les vilenies et les turpitudes pléthoriques d'Amerikan Holokaust. Au menu des tristes réjouissances, Chris Woods convoque tour à tour l'anthropophagie via ce criminel écervelé qui se délecte des intestins et des organes de sa victime atrocement tuméfiée, la nécrophilie, une énucléation et plusieurs saynètes concupiscentes qui tergiversent entre l'érotisme hard et la pornographie soft. Amerikan Holokaust ne badine pas avec le spectateur médusé et délivre amplement la marchandise en termes d'insanités, de déjections diverses et autres atrocités apoplectiques allègrement déversées sur l'écran rougeoyant.
Pourtant, en dépit de certaines apparences matoises, Amerikan Holokaust reste néanmoins inférieur à ses augustes devanciers.

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L'aspect "snuff", ainsi que cette sensation d'immersion et de véracité incessamment recherchée, sont en partie galvaudés par la réalisation, certes tout à fait correcte. Hélas, le jeu des acteurs, en particulier de Michael Mashburn et Antwan Mercer - très en forme pour l'occasion, phagocytent en grande partie ce souci de réalisme. En sus, Amerikan Holokaust souffre de ses propres carences narratives. Par exemple, pourquoi s'ingénier sur cette historiette futile d'anciens vétérans du Vietnam ? Pourquoi arborer des drapeaux américains pour, in fine, ne rien dénoncer ?
En vérité, Amerikan Holokaust s'apparente davantage à une sorte de splatter nanti d'un budget impécunieux. Pourtant, nonobstant des moyens faméliques, un gros effort a été déployé dans la conception des maquillages et des séquences gore, très impressionnantes de surcroît. Toutefois, le prologue final, en mode capillotracté, n'est pas exempt de tout reproche. Ainsi, la conclusion finale est plutôt déconcertante et n'échappe pas aux archétypes habituels en rééditant le bon vieil adage de la victime qui se regimbe véhémentement contre son autorité tyrannique ; le film dégénérant alors dans une sorte de salmigondis filmique. Cependant, il faudrait se montrer particulièrement rustre et vachard pour ne pas apprécier les qualités inhérentes de ce premier effort et pour ne pas prodiguer quelques bonnes grâces et congratulations circonstancielles.

 

Note : 13/20

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