nikos the impaler

Genre : horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2003
Durée : 1h40

Synopsis : Barbare sévissant en Roumanie il y a mille ans de cela, Nikos est finalement exécuté par les villageois non sans avoir promis de revenir se venger un de ses jours... De nos jours, à New York, une exposition retraçant les horreurs de la Roumanie a lieu. Une classe et leur prof d'histoire se rendent sur les lieux dans le cadre de leur cours. Le masque de Nikos, qui y est exposé, est malencontreusement aspergé de sang, ce qui a pour effet de ramener à la vie notre larron qui, après un siècle de sommeil, est en pleine forme pour désosser du quidam... 

 

La critique :

Le nom d'Andreas Schnaas rime invariablement avec le cinéma trash, gore et extrême germanique. Pourtant, le cinéaste allemand a connu les affres de la célébrité dès son tout premier long-métrage, à savoir Violent Shit (1989), une oeuvre putride et barbare qui permet d'apprécier les exactions sanguinolentes de Karl Berger, alias Karl the Butcher Shitter, autrement dit Karl le boucher qui chie. Si le film ne bénéficie évidemment pas d'une exploitation dans les salles obscures, il s'attire néanmoins les foudres et les acrimonies de la censure.
En dépit de son budget famélique, Violent Shit est carrément banni, voué à l'opprobre et aux gémonies dans de nombreux pays. Paradoxalement, cette même ostracisation permet au film de caracoler en tête lors de sa sortie élusive en vidéo. 

Auprès des amateurs du cinéma trash, Violent Shit constitue cet objet déifié et sacralisé qu'il faut, coûte que coûte, s'arroger via le support vidéo. En l'occurrence, Andreas Schnaas n'est pas spécialement réputé pour sa courtoisie ni sa bienséance. Impression corroborée par le reste de sa filmographie. Les thuriféraires du metteur en scène ne manqueront pas de stipuler des oeuvres telles que Zombie'90 : Extreme Pestilence (1991), Violent Shit (1992), Goblet of Gore (1996), Violent Shit 3 - Infantry of Doom (1999), Anthropophagous 2000 (1999), ou encore Karl the Butcher Vs Axe (2010). Vient également s'agréger Nikos The Impaler, sorti directement en vidéo en 2003.
Inutile de préciser que cette pellicule impécunieuse n'a pas bénéficié d'une exploitation dans les salles obscures en raison de son extrême violence et s'inscrit donc dans la même tangente que le fameux Violent Shit

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En outre, Nikos The Impaler fait partie de la sélection Uncut Movies, un éditeur français bien connu des amateurs du cinéma underground. Cette collection, à la fois foisonnante et exhaustive, peut s'enorgueillir de quelques titres sérénissimes et rarissimes, entre autres The Necro Files (Matt Jaisle, 1997), Premutos (Olaf Ittenbach, 1997), The Burning Moon (Olaf Itenbach, 1992), Black Past (Olaf Ittenbach, 1989), Scrapbook (Eric Stanze, 2000), Poultrygeist - Night of the Chicken Dead (Lloyd Kaufman, 2006) ou encore Fantom Killer (Roman Nowicki, 1998).
Pour des auteurs tels qu'Andreas Schnaas et Olaf Ittenbach, l'éditeur Uncut Movies constituera, durant les décennies 1980 et 1990, une manne providentielle. Les sorties quasi concomitantes de The Burning Moon et de Violent Shit érigent les styles outrecuidants des deux compères et imposent le cinéma allemand comme l'un des principaux parangons du cinéma trash et extrême.

De facto, on pourrait légitimement percevoir Nikos The Impaler comme un ixième succédané de Violent Shit. Sur la forme comme sur le fond, le fameux Nikos n'est qu'un avatar encore plus atrabilaire et acrimonieux que Karl le boucher. Par conséquent, Nikos The Impaler doit derechef s'imposer comme une grosse série B (série Z...) qui tâche et qui pique sévèrement les mirettes. On compte évidemment sur le talent et la munificence d'Andreas Schnaas pour proposer, comme de coutume, un spectacle âpre, égrillard et jubilatoire ; un exercice dans lequel le metteur en scène excelle. Reste à savoir si Nikos The Impaler remplit ou non cet office.
Réponse à venir dans les lignes de cette chronique...
Il suffit de se rendre sur le site Uncut Movies (source : http://www.uncutmovies.fr/accueil/14-nikos-the-impaler.html) pour déceler la divinisation, voire la déification que constitue un OFNI (objet filmique non identifié) tel que Nikos The Impaler

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A l'instar des autres productions publiées par Uncut Movies, le film est limité à 1000 exemplaires et constitue donc un objet adoubé et rarissime. Sur le même site, c'est l'interdiction aux moins de 16 ans qui est susmentionnée. Cependant, sur d'autres sites subalternes, Nikos The Impaler est soumis à l'ultime réprobation via une interdiction aux moins de 18 ans. La distribution du film se compose de Joe Zaso, Felissa Rose, Andreas Schnaas (donc à la fois devant et derrière la caméra), Antonio Tomahawk, Brenda Abbandandolo, Joseph Michael Lagana et Frank Franconeri. 
Attention, SPOILERS !
(1) Barbare sévissant en Roumanie il y a mille ans de cela, Nikos est finalement exécuté par les villageois non sans avoir promis de revenir se venger un de ses jours... De nos jours, à New York, une exposition retraçant les horreurs de la Roumanie a lieu.

Une classe et leur professeur d'histoire se rendent sur les lieux dans le cadre de leur cours. Le masque de Nikos, qui y est exposé, est malencontreusement aspergé de sang, ce qui a pour effet de ramener à la vie notre larron qui, après un siècle de sommeil, est en pleine forme pour désosser du quidam... (1) Andreas Schnaas n'a jamais caché son engouement ni son effervescence pour le cinéma de Lucio Fulci, en particulier pour L'Enfer des Zombies (1979), une oeuvre méphitique et eschatologique qu'il sanctifie et mythifie depuis sa période juvénile.
Tout au long de sa carrière, le cinéaste germanique n'aura de cesse de marcher dans le sillage et le continuum de Zombi 2.
En soi, Violent Shit ne fait que réitérer la même rhétorique outrageuse via les ignominies commises par Karl le boucher, le psychopathe masqué. 

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Nikos The Impaler constitue donc cette tantième forfaiture et mime les outrances ravageuses de Violent Shit. Il suffit de copermuter le nom de Karl the butcher par celui de Nikos et vous obtenez, peu ou prou, la même pellicule régressive. Les amateurs de gore, de tripailles et d'éviscérations dilacérées dans tous les sens seront en terrain connu et quasiment conquis. Reconnaissons qu'Andreas Schnaas fait partie de ces honnêtes artisans du cinéma trash allemand. Toujours aussi barbare et ostrogoth, le fameux Nikos étripe, pourfend, écrabouille, décapite et/ou arrache ses victimes rutilantes via une jubilation à peine dissimulée. Le spectateur avisé reconnaîtra sans fard des maquillages et des effets spéciaux artisanaux, hélas victimes de leur propre impécuniosité. Viennent également s'agréger de jolies gourgandines totalement dépoitraillées et qui arborent des protubérances particulièrement plantureuses.
Vous l'avez donc compris. A l'instar de Violent Shit et de ses nombreux homologues, Nikos The Impaler se montre suffisamment prodigue pour satisfaire les laudateurs d'hémoglobine et de grosse barbaque.

Néanmoins, cette nouvelle production estampillée "Andreas Schnaas" est sans doute un peu trop miséricordieuse, débordant allègrement vers le film de morts-vivants, la révérence aux productions Troma, au huis clos frénétique se déroulant dans un musée, puis carrément en long-métrage vampirique via ce clone d'Elvira (ou de Vampira...) qui vient s'apposer aux animosités rutilantes. La boucherie massive se parachèvera dans un magasin de vhs, un lieu idoine pour permettre à Nikos de déployer toute sa sauvagerie et sa férocité légendaire.
Bref, Nikos The Impaler s'adresse exclusivement aux thuriféraires d'Andreas Schnaas, ainsi qu'à ceux qui adulent ce cinéma impudent et condescendant. Les amateurs de finasseries et de productions un peu plus guillerettes et doucereuses admonesteront sans doute à raison ce spectacle aussi jouissif que régressif.

Note : 12/20

(1) Synopsis du film sur : https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/578-nikos-the-impaler

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