Homicide 1

Genre : Horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)

Année : 2004

Durée : 13 éprouvantes minutes

 

Synopsis :

Dans un bois, sous fond de plusieurs musiques de type techno hardcore, plusieurs personnages, masculins et féminins, affublés de masque, torturent et mutilent leurs comparses.

 

La critique :

Lors de ma découverte du blog à la retraite, Naveton Cinéma, j'ai pu m'enorgueillir d'enrichir ma culture cinématographique encore assez maigre de l'époque, par le biais de pellicules issues de la controversée scène underground et avec elles une batterie de réalisateurs tous plus dérangés les uns que les autres dont la réputation variait du culte à l'inexistant. Parmi ceux-ci, le très polémique Jimmy ScreamerClauz dont la réputation sulfureuse s'est transmise via le bouche-à-oreille sur Internet. Il faut dire que, à l'instar de ses petits camarades sains d'esprit, il n'avait pas envie de verser dans le conventionnel. Ce qu'il voulait, c'était représenter la folie originelle où aucune contrainte liée à la censure ne pourrait le bloquer. La réponse fut toute trouvée avec le dessin animé vu que aucun personnage réel n'est présent. C'est avec Where The Dead Go To Die qu'il acquerra une réputation assez inhabituelle auprès des laudateurs de l'extrême. Si certains tancent le métrage en le dénonçant comme faire du choc pour du choc, d'autres louent les qualités artistiques et philosophiques (bah oui, ça ne s'invente pas !) d'un film bien plus profond qu'il n'en a l'air. Et sans aucune contestation possible, je partage l'avis de ces derniers. 
Pourtant, force est de constater qu'il n'inventa rien car deux court-métrages, Affection et House of Flesh, avait déjà présenté les inimitiés. Le choix du format apparaissait justifié au vu de toutes les saloperies que subissaient les enfants et autres jouvenceaux. 

Nul doute qu'avec le succès (tout est relatif) de Where The Dead Go To Die, le réalisateur était attendu au tournant. En 2015, When Black Birds Fly confirma tous les espoirs pour faire de ScreamerClauz une nouvelle égérie au potentiel élevé. Seulement, il faut savoir que le bonhomme n'a pas tout de suite commencé sur cette prodigieuse pente ascendante et qu'il a d'abord touché au cinéma conventionnel. Je parle bien sûr de mettre en scène de vrais acteurs, toujours avec cet état d'esprit de matérialiser la déviance humaine. Chose que fera Homicide Is A Form of Art, sorti quand même en 2004. Ce court-métrage, tenant plus d'un clip que d'un réel film, est l'occasion pour lui de combiner ses facultés de cinéaste et de Dj spécialisé dans la techno hardcore.
Dans le dernier cas, il a su se remarquer chez l'emblématique label Canadian Speedcore Resistance où il a pu bénéficier du soutien des Dj et d'une présence dans une de leurs compilations avec justement la musique de ce court-métrage. Etant un passionné absolu de techno hardcore depuis l'âge de 15 ans, nul doute que combiner ScreamerClauz + ce genre de musique ne pouvait que me faire visionner cette chose disponible dans son entièreté sur YouTube. 

Homicide 4

 

ATTENTION SPOILERS : Dans un bois, sous fond de plusieurs musiques de type techno hardcore, plusieurs personnages, masculins et féminins, affublés de masque, torturent et mutilent leurs comparses.

Voilà pour le synopsis extrêmement simple que j'ai dû, bien malgré moi, concevoir car il n'y en avait tout simplement aucun. De même, aucune chronique à l'horizon qui aurait pu me permettre de voir un autre avis. Je me permets d'emblée de jeu de m'excuser car la chronique ne sera pas très longue, tout simplement parce qu'il n'y a rien à dire. Certes, il est plus fréquent que l'inverse que la première réalisation d'un cinéaste ne soit pas bien probante et, dans le cas de ScreamerClauz, cet état de fait ne déroge pas à la règle. Visiblement, Homicide Is A Form of Art serait bien le point où tout a débuté mais en mal, en très mal même. Bon, il est vrai qu'il faut faire fi de toute notion de réalisme scénaristique car il s'agit d'un clip musical mais même en se montrant indulgent, on se fait vraiment chier. Pour décrire un peu ce désolant spectacle, deux hommes se font des petits mamours avant que deux femmes ne les rejoignent. Tous sont cagoulés et portent un masque en carton.
Ce qui s'annonçait comme une rencontre plus ou moins polie va vite dévier dans l'absurde et le gore outrancier. C'est l'heure de faire place à la torture et aux mutilations. Dans une ambiance enjouée, les tortures se succéderont sans discontinuer. Pour les hostilités, on a d'abord, ce qui ressemblerait à un foetus (description à prendre avec des pincettes) être extrait du corps d'une des filles avec le flot de sang allant avec. Un pénis maltraité au tournevis et au stylo enfoncés profondément dans l'urètre. Des yeux arrachés pour que l'un des mecs se masturbe dans les orbites avant de finir sur une faciale. 

L'apparition brutale et inopinée d'un Leatherface d'opérette va voir un homme se faire sectionner les bras à la tronçonneuse, puis les deux jambes à la scie. On dévie ensuite sur une séance de coprophagie avant de clôturer le spectacle avec un morceau de tête d'une fille sectionnée à la scie. Clap de fin avant le générique de fin où s'offrent à nous quelques images du tournage. Aucun quelconque message caché derrière ce déballage ordurier. Visiblement Homicide Is A Form of Art n'a de préoccupation que de servir de gros foutoir répulsif où se succèdent un enchaînement de 4 tracks alternant terrorcore et speedcore (deux des branches les plus radicales du genre) qui, en plus, sont moches. Et Dieu sait que j'adore ces deux styles très insolites, j'en conviens, pour le commun des mortels.
Dans le fond, on peut se montrer magnanime et fermer les yeux sur un second niveau de lecture absent. Si cette caractéristique faisait en sorte qu'un film soit bon, ça serait vite saoulant car les films décomplexés et défouloirs peuvent être géniaux aussi. Dans le cas présent, c'est au gore d'assurer et là il y a un énorme hic. Les effets spéciaux sont à la ramasse en tout point. S'il est vrai que la scène du pénis charcuté ne plaira pas à tous les cinéphiles qui sont pourvus d'un phallus tout beau, tout propre, difficile d'être choqué par ce faux pénis un peu trop flagrant. Difficile aussi que de se montrer crédible quand on sectionne un bras sans qu'il n'y ait guère d'hémorragie. 

Homicide 3

Pire encore, faire passer de la pâtée pour chiens pour de la chair humaine a le mérite de décocher un rire moqueur involontaire, surtout quand on sait que ce même aspect a été utilisé pour le cerveau. De même, les acteurs, tous âgés de 18 à 19 ans au moment du tournage, ne délivreront pas de performance satisfaisante car, même sans parler, ils jouent comme des pieds. Et pour l'image, j'ai envie de dire que nous évoluons dans une forêt tout ce qu'il y a de plus basique avec une caméra pourrave sans doute achetée sur une brocante d'antiquités. Donc, faisons un rapide petit topo. Visuellement moche, auditivement moche, interprétation des acteurs risible, effets spéciaux minables, scènes extrême outrancières mais dont l'impact est moindre en raison du dernier point cité.
Scénaristiquement hum... hum... Difficile à croire que ScreamerClauz est derrière une telle chiure. Je pourrais postuler le fait qu'il ait eu honte avec du recul d'avoir fait ça mais il n'a pas l'air d'être dans ce cas, en témoigne son message satisfait d'il y a 5 ans. D'ailleurs, pour la petite anecdote amusante, ScreamerClauz, dans le générique final, arborera très fièrement "Written & Directed by ScreamerClauz". Written ? Qu'y a-t-il de written là-dedans ? En conclusion, une expérience éprouvante dans le mauvais sens du terme car visuellement moche, auditivement moche, plastiquement moche. Moche, moche, moche !!!

 

Note :  Moche

 

 

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