Arrombada_I_Will_Piss_On_Your_Grave

Genre : Comédie, pornographie, trash (interdit aux - 18 ans)

Année : 2007

Durée : 39 min 

 

Synopsis :

Un trafiquant de drogue condamné est requis par un sénateur deux fois élu par vote populaire pour kidnapper une fille afin de satisfaire ses plus bas instincts en la compagnie de son médecin privé masturbateur et de son prêtre sexy préféré.

 

La critique : 

Maintenant que je vous ai fait part, dans le billet précédent, d'une orientation bien différente que j'allais prendre dans le choix de mes films à chroniquer, l'heure est à voir Taratata sous un nouveau visage, plus transgressif, plus borderline avec plus d'hémoglobine, de souffrance et d'ignominies visuelles promptes à bouleverser toute personne un peu saine d'esprit. Certes, je reste fidèle à mes fondamentaux, mais je pense qu'il est toujours enrichissant pour un chroniqueur de sortir des sentiers balisés ; et quoi de plus normal sur un blog comme Cinéma Choc d'être capable de ratisser à tous les étages afin de faire de son travail une oeuvre globale hétéroclite.
Le franchissement de ces sentiers, c'est avant tout m'attaquer à ce que je n'aurais jamais fait il y a plusieurs années. Peur ? Désintérêt ? Peut-être les deux mais la perversion a fait son temps petit à petit et me voici là à rédiger depuis un petit temps des chroniques trash et peu ragoûtantes comme elles sont légion sur le blog, sans avoir apporté une participation, j'en conviens exceptionnelle, pour l'extrême. Loin de moi la certitude de pouvoir m'attaquer aux pires saloperies du système solaire, il est temps de mettre aussi du sien pour confirmer davantage l'amour pour notre fameux liquide rouge. 

Aujourd'hui, direction le pays d'Amérique Latine qui fait parler de lui depuis l'élection d'un fameux chef d'état pour le moins... original dans sa façon de voir les choses. Là n'est pas le débat mais vous voyez très bien de qui je veux parler et de quelle contrée il s'agit. Oui, il s'agit bien du Brésil ! Un pays qui est loin de nous venir en tête quand on pense aux grands producteurs de films chocs et extrême, le Japon étant le pays indétrônable à mon humble connaissance. Pourtant, force est de constater que les brésiliens en ont sous le capot et savent faire preuve de véritable frénésie sanguinaire au cinéma. L'exemple du terrifiant Embodiment of Evil en est bien une preuve irréfutable mais pas que vu que le pays de la samba s'est fortement spécialisé dans le porno zoophile avec de doux titres tels que Emoçoes Sexuais De Um Cavallo. Le nom "cavallo" voulant dire "cheval", inutile de vous faire un dessin sur le surréalisme de la chose mais bon il faut de tout pour plaire.
Cependant, un autre film a eu les faveurs d'être chroniqué sur le blog il y a un petit temps. Son nom : Vadias Do Sexo Sangreto. Une pellicule supra déjantée réalisée par le curieux personnage, en la personne de Petter Baiestorf. Un inconnu aux yeux de tous mais qui a visiblement son petit public chez les thuriféraires de pornos originaux (et le mot est faible !). Vous voyez où je veux en venir vu que le film d'aujourd'hui portera sur sa foisonnante filmographie d'irrévérence. Deuxième métrage de l'individu chroniqué ici avec Arrombada - I Will Piss In Your Grave. Charmant...

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ATTENTION SPOILERS : Un trafiquant de drogue condamné est requis par un sénateur deux fois élu par vote populaire pour kidnapper une fille afin de satisfaire ses plus bas instincts en la compagnie de son médecin privé masturbateur et de son prêtre sexy préféré.

Vous vous doutez, dès lors bien, qu'un tel cru ne se trouve pas en traversant la rue ou en cliquant sur le premier lien venu pour visionnage. Sa découverte se fit par pur hasard au détour du fameux site Wipfilms mais, manque de pote, la fatalité "file not found" s'affichait en gras, m'empêchant d'y avoir accès. Borné, c'est avec optimisme que je me lançais dans un périple pour aboutir à un obscur site de téléchargement spécialisé dans la mise en ligne de vidéos déviantes en format 3GP qui me l'offrait sur un plateau d'argent. Pas de quoi s'esclaffer car, pour ceux qui ne le sauraient pas, ce format est destiné aux téléphones mobiles de troisième génération, ainsi que les smartphones.
Taille du fichier ? 67,8 Mo. De quoi lancer le téléchargement tout en tirant la gueule, inquiet de la qualité vomitive de l'image qui se profilerait sous mes yeux. Mais au vu de son inexistence totale sur les sites français, mon envie d'être le premier à traiter de ce Arrombada fut plus forte. Heureusement, sous ses pixels gros comme des 4x4, l'action était remarquablement discernable. Car autant le dire d'emblée de jeu, cette pellicule pourrait fortement s'immiscer parmi les OFNI les plus surréalistes du porno clandestin, même si mes connaissances dans le domaine ne volent pas plus haut que le sol. Deux ou trois pellicules pour enrichir le blog mais rien de très folichon. 

Car décrire et tenter d'expliquer le spectacle indécent se profilant sous nos yeux abasourdis ne pourrait rien être d'autre qu'une épreuve. Le synopsis peut déjà mettre sur la piste par son incompréhension stupéfiante, et pourtant il est tout à fait authentique et relayé par tous les sites qui ont pu tâter de la chose. La pochette étant ce qu'elle est, on était en droit de s'attendre à quelque chose de torturé dans tous les sens du terme mais en découvrant le nom du réalisateur, la chose allait se passer de manière complètement différente. Même si les images amoureusement sélectionnées par mes soins pourraient vous faire penser à quelque chose de sérieux, il n'en est rien.
"Comédie", voilà le genre que nous ne pensions pas avoir dans cette débauche indécente au point qu'elle tient plus du coup de génie que du navet indigeste. Le fait est que Baiestorf ne se prend pas au sérieux et ça s'en ressent très vite quand un curé affublé d'une petite moustache hitlérienne est en compagnie d'un chirurgien dépravé et du sénateur en question, éclipsé complètement par notre Hitler campagnard et sa tête d'imbécile heureux. Pour le côté psychopathique vous repasserez car Arrombada n'est rien d'autre qu'une blague que nous imaginons avoir été réalisé sous alcool et cocaïne fraîchement livrée par un véritable trafiquant de drogue cette fois-ci. Aucune maturité de la chose pour Baiestorf dont le but est d'allier avec une subtilité de buffle la comédie pornographique saupoudrée de dégueulasseries en tout genre.

 

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Le scénario, absolument inutile, ne justifie que l'avalanche de conneries sanguines en devenir car, malgré la maigre durée, les hostilités ne démarreront pas tout de suite. Une "mise en bouche" (sans quelconque jeu de mots) s'évertuera à présenter le contexte. La constatation qu'il n'y ait aucun sous-titres anglais, combiné à une absence totale de connaissance de la langue portugaise, fait que notre compréhension des paroles n'ira pas plus haut que le 0,1% se référant aux "Mierda" fréquemment énoncés. Peu importe car ils ont un précieux mets avec eux, une fille aux cheveux bleus kidnappée et attachée dans leur domaine. Leur objectif ? Flagorner avec leurs instincts primitifs ancrés en chacun d'eux. Nullement désaxés, ils ont tous un métier prestigieux les ayant élevés dans les hautes strates sociétales.
Visiblement, que l'on soit un toxico à la rue ou un chirurgien de génie, notre violence interne est toujours palpable, incapable d'être extirpée de notre être. Des discussions de second niveau de lecture habituelles d'un bien grand nombre de pellicules dénonçant une époque de déshumanisation et de consumérisme à outrance. Il s'agit pour le patriarcat d'exercer une domination sans partage et de jouir de son emprise sur le sexe féminin destiné à être consommé et abattu après plaisir. 

Mais comme j'ai dit, l'objectif n'est pas de se montrer mature sur ce point de vue là car l'amusement est bel et bien le centre névralgique de Arrombada. Malgré la perversion revendiquée, le tout se déroule dans la joie et la bonne humeur, en témoigne les photos de tournage tenant plus d'une beuverie que d'un projet pensé. Un gros délire entre potes, terriblement mauvais mais terriblement sympathique. Pour notre nymphe totalement soumise à ses bourreaux, le sale quart d'heure va commencer avec au menu un viol ponctué d'une éjaculation faciale que le prêtre s'amusera à lécher par la suite (prévoir des antiémétiques). Masturbation, double pénétration, fellation prise en sandwich avec sodomie. Tous les ingrédients du porno politiquement incorrect répondent aux abonnés présents.
Seulement, c'est après que les choses vont devenir intéressantes. En pratiquant un acte de fétichisme sur les chaussures de la femme, celle-ci lui crèvera l'oeil gauche avec son talon avant de lui démouler un bel étron dans la bouche et avec ça de petites éclaboussures brunes liquides. Gracieux ! L'heure est à la revanche de la miss de se révolter contre ses tyrans. Le répit sera de courte durée même si elle en aura eu assez pour massacrer le chirurgien à la hache et perforer sévèrement l'anus du trafiquant avec un objet non identifié mais suffisamment gros pour avoir causé l'hémorragie rectale fatale.

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Ce sentiment de puissance éphémère la ramènera brièvement à la réalité pour mieux se faire éventrer par le curé et le sénateur. De là, en véritables professionnels, ils extirperont ses organes et, alors que le sénateur transportera le seau vers une autre pièce. Le prêtre, ivre de rage, violera jusqu'à l'orgasme le corps éviscéré. La dépouille, abandonnée dans un sac noir au beau milieu d'un chemin public, aura cette chance de se faire uriner dessus pour finir là jusqu'à ce qu'un hypothétique quidam passe par là. Pour le respect envers la femme, vous repasserez.
Mais contre toute attente, cette déferlante d'ignominies amorales, scandaleuses, répugnantes se montre bien loin de troubler le cinéphile médusé devant tant de débilité assumée, de mauvais goût, de mise en scène d'un saisissant amateurisme à la caméra obtenue pour 10€ au déstockage du coin. Des décors basiques réduits à leur plus simple expression, une bande son grotesque avec en finish "Singin in the rain".

Si l'on se place d'un point de vue cinéphile, Arrombada ne vaut rien mais ses bonnes intentions en font un objet touchant (sans vouloir être graveleux), d'une sympathie inattendue. Cela étant dû à des acteurs à l'interprétation bonne à se pisser dessus tant leur jeu est à prendre au 1867ème degré de nanardise. Je me permettrais de citer les seuls noms que j'ai trouvé du casting qui sont Ljana Carrion, Gurcius Gewdner et Cesar Coffin SouzaLe fait est que sous ses 40 minutes de vide scénaristique, on arrive au générique de fin sans encombre, pris à ce grotesque jeu de neurasthénie sanguinaire, à se demander si ce que l'on voit n'a pas eu lieu à l'asile le plus proche. Prière de laisser son cerveau au vestiaire pour s'embarquer sur la pente d'un moyen-métrage excentrique, absolument pas choquant dans sa tonalité, bien que les scènes dégoûtantes vaillent leur pesant de cacahuète.
De là à recommander Arrombada ? Si vous faites partie des 3 personnes potentiellement intéressées, en raison de sa durée, vous pouvez toujours tenter le coup pour vous amuser un bon coup. Car sous son résultat d'une affligeante médiocrité, le plaisir coupable est en notre compagnie. Une chronique enjouée pour un métrage con comme un pied de chaise à consommer, arrosé de Cashaça sans modération. 

 

 

Note : vlcsnap-2012-07-01-19h06m10s231 

orange-mecanique Taratata