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Genre : Pornographie, trash (interdit aux - 18 ans)

Année : 1986

Durée : 1h13

 

Synopsis :

Un jeune homme au visage souriant, friand de tours de cartes, se plaît à séduire des jeunes femmes en leur montrant ses tours. C'est sans compter sur le fait que derrière cet angélisme se cache un dangereux psychopathe qui droguera et enchaînera les filles qui ont eu le malheur de croiser son chemin. Attachées au mur et affublées d'un masque de cuir, elles seront violées et tatouées d'un as de pique. 

 

La critique :

"Qu'est-ce que mes parents penseraient de moi ?", voilà l'une des phrases qui me taraude régulièrement quand je fais une offrande au blog d'un film bien scabreux où les limites que je me suis fixées autrefois semblent être devenues bien maigres au jour d'aujourd'hui. Depuis la malencontreuse altercation avec ma mère du cas d'Oltre la Follia, étant tombée dessus """par hasard""", je n'ose imaginer leur réaction devant mes approvisionnements actuels. Mais est-ce si terrible que ça ? Car, en fin de compte, je n'ai pas changé d'un iota. Mes exigences cinéphiles sont toujours aussi pointilleuses et je privilégierai toujours les vieux films conventionnels. Rappelez-vous de ma dernière chronique sur The Defiance of Good, un intéressant simili-roughie qui avait de quoi créer le débat, où je disais en dernière ligne que des sommets d'infamie s'offriraient à moi prochainement.
N'attendez pas plus longtemps vu qu'il s'agit de Captured For Sex, Za Ikenie de son vrai nom, un moyen-métrage totalement méconnu sur la Toile et pour cause, même les sites spécialisés n'arrivent pas à trouver plus d'information qu'un synopsis plus ou moins artisanal. Evidemment, l'Internet français reste totalement muet sur la question. C'est une énième fois que je suis fier d'effectuer une première chronique française sur une pellicule obscure. 

Mais Captured For Sex, c'est avant tout un film partant sur de bonnes bases. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est un film japonais et, comme le blog l'a démontré à de nombreuses reprises, nos chers amis nippons bien déjantés peuvent se targuer d'avoir la "flatteuse" réputation d'être les bonhommes créant les pellicules les plus outrageantes de notre système solaire. La liste serait bien trop longue mais autant vous dire que des Muzan-E, Tumbling Doll of Flesh et autres Women's Flesh My Red Guts ne risquent pas de se voir produire sous le soleil français, anglais ou américain. Comme vous pouvez vous en douter, c'est par un concours de circonstance que je tombais sur ça en ayant été glané quelques images pour ma chronique de The Defiance of Good sur l'incontournable site Wipfilm.net.
Le titre qui en disait déjà long, les origines nébuleuses, le peu d'infos, le tout assorti d'images provocantes me firent penser que j'allais chroniquer la dernière bombe. Une bombe réalisée par un duo inconnu : Ryuichi Hiroki et Hitoshi Ishikawa. Vous ne les connaissiez pas ? Moi non plus. En lançant le visionnage, je ne pouvais que penser à toutes les oeuvres récentes pas géniales que j'ai vu. En choisissant le pari de me diriger un peu plus dans le registre extrême, je savais que je ne serai pas souvent exposé à de la qualité. Captured For Sex allait-il combler mes attentes ?

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ATTENTION SPOILERS : Un jeune homme au visage souriant, friand de tours de cartes, se plaît à séduire des jeunes femmes en leur montrant ses tours. C'est sans compter sur le fait que derrière cet angélisme se cache un dangereux psychopathe qui droguera et enchaînera les filles qui ont eu le malheur de croiser son chemin. Attachées au mur et affublées d'un masque de cuir, elles seront violées et tatouées d'un as de pique. 

Un synopsis quelque peu remanié par mes soins mais vous voyez l'idée globale. Un film âpre et sanguinaire, tel est ce que les images retranscrivaient. Seulement, il est un syndrome bien connu du cinéma extrême qui est de se parer d'un titre et d'une pochette peu ragoûtantes pour offrir un médiocre spectacle derrière. L'exemple de Sadisticum que j'ai chroniqué il y a peu est l'exemple parfait pour illustrer mon propos. Mais voilà le constat s'impose à mon grand regret. Certes, s'il est moins mauvais que le métrage susmentionné, autant dire que la douche froide est de rigueur pour le chroniqueur s'étant préparé psychologiquement pour la séance. Le scénario digne de figurer sur un timbre-poste s'inscrit dans la grande lignée des porno SM clandestins où le but est la soumission totale de la gente féminine à un patriarcat oppresseur se jouant et abusant d'elles. Un triste constat encore observable à notre époque donc nous imaginons la chose en 1986. Une date assez surprenante pour un métrage de ce calibre.
Enfin, "calibre" est un bien grand mot mais nous y reviendrons. Pas de désaxé notoire, de toxico, de rebus de la société mais un employé d'hôtellerie tout ce qu'il y a de plus banal cultivant une passion effrénée pour les tours de cartes qui ne sont qu'un prétexte pour enlever et posséder les femmes qu'il dupe. 

Pas d'amour qui ne tienne car la seule chose qui importe est d'exercer une domination totale sur ses victimes. Peut-être une résultante due à son statut de simple employé ? Ce constat renvoie immanquablement au fameux Salo ou les 120 Jours de Sodome dont il est difficile de ne pas y voir les inspirations puisées. Le fil conducteur est la domination de victimes choisies au hasard qui seront réduites à de simples bouts de viande destinés à être consommés encore et encore. Autre parallèle avec Salo qui se symbolise par des victimes ligotées et privées de parole, affublées d'un masque de cuir. Transmué en prédateur implacable sous son sourire angélique, il malmène tant physiquement que psychologiquement ses nymphes, les menaçant d'un taser si elles n'obtempèrent pas à ses desiderata se résumant à une succession de viols sous fond de bondage se terminant par un as de pique en tatouage comme pour mentionner qu'elles sont devenues sa propriété.
Et c'est plus ou moins tout car les amateurs d'extrême déchanteront vite devant une relative sagesse d'une histoire déjà loin d'être intéressante. 

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Pas de tortures au programme, ni d'humiliations extrêmes diverses (coprophagie, urophilie et émétophilie, vous oubliez). Captured For Sex s'illustre avant tout par sa rébarbativité dans sa mise en scène d'une grande lourdeur. Les mêmes schémas, à savoir le viol traditionnel et le tatouage, sont effectués ad nauseam, nous donnant très vite l'impression d'avoir fait le tour alors que la durée n'est que de 73 minutes. Et pour ne rien arranger, la mollesse pointera vite le bout de son nez. Les scènes d'électrocution au taser, censées paralyser lorsqu'il y a contact, ne procureront qu'un simple cri de la jouvencelle. Au niveau esthétique, ça ne s'arrange pas non plus car si les cadrages sont remarquables, l'image n'est pas spécialement belle, lorgnant vers le malheureux flou.
Les décors sont tout ce qu'il y a de plus rudimentaires. La bande son est tout ce qu'il y a de plus absente même si les sonorités proposées sont étonnantes de qualité. Et pour l'interprétation des acteurs, tout ce que l'on peut observer est qu'ils ne semblent pas croire en ce projet tué d'emblée dans l'oeuf par les tares de mise en scène. 

Captured For Sex n'est qu'une pellicule déviante parmi tant d'autres m'ayant laissé un trop gros goût d'inachevé en bouche. La faute est à attribuer surtout à la retenue un peu trop prononcée de ce duo qui, en faisant ça, réitère encore et toujours la même tournure dans les pseudos scènes trash juste bonnes à bâiller devant. Et quand vous ajoutez à ça une mise en scène bien chiante la plupart du temps, le pari ne peut être gagné d'avance. Cependant, la manière de filmer et la petitesse de la bande son parviennent à sauver d'un chouïa le résultat final, l'empêchant de sombrer dans la catégorie peu enviable des navets de compétition. A vrai dire, la seule chose m'ayant motivé à pondre une chronique est qu'aucune autre chronique n'ait été faite auparavant. Ayant eu connaissance d'un second épisode, c'est avec un entrain de mollusque que je vais au combat, préparé à un éventuel mauvais spectacle que Captured For Sex premier du nom a amorcé. Est-ce que Captured For Sex 2 aura l'incommensurable privilège de surpasser son aîné ? To be continued...

 

Note : 06/20

 

 

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