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Genre : horreur, gore, trash, slasher (interdit aux - 18 ans)
Année : 2013
Durée : 1h31

Synopsis : Un serial killer se grime en père noël pour effrayer et malmener une bande d'étudiants fêtards. La série d'humiliations se transmute rapidement en viols, en tortures, en exactions et diverses supplications. 

 

La critique :

Il faut se rendre sur le site SensCritique et en particulier sur le lien suivant : https://www.senscritique.com/liste/Noel_c_est_l_horreur/161678 pour déceler la liste foisonnante et exhaustive (37 films répertoriés tout de même !) des longs-métrages intrinsèquement reliés à la période des fêtes de Noël, voire au Père Noël lui-même. Les thuriféraires de ce sous-genre du cinéma d'exploitation n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Réveillon en famille (John Llewellyn Moxey, 1972), Black Christmas (Bob Clarke, 1974), Christmas Evil (Lewis Jackson, 1980), Douce Nuit, Sanglante Nuit (Charles E. Sellier Jr., 1984), Very Bad Santa (David Steinman, 2005), A Christmas Horror Story (Brett Sullivan and co., 2015), ou encore Père Noël : Origines (Jalmari Helander, 2010) parmi les longs-métrages notables et éventuellement notoires.

En résumé, les fêtes de Noël ne sont pas toujours synonymes de bienséance, d'offrandes, de courtoisie et de diverses prodigalités ; loin de là. Parfois même, ce moment intime et de coalescence familiale se transmute en cauchemar bien réel sous l'égide et les furibonderies d'un croquemitaine décérébré, la plupart du temps grimé en Père Noël. Telle est, par ailleurs, la dialectique comminatoire de Douce Nuit, Sanglante Nuit (déjà susmentionné dans ses lignes), un slasher âpre, brutal et véhément qui marche dans le sillage et le continuum de Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980).
Vient également s'agréger Christmas Cruelty!, soit O'Hellige Jul! de son titre original, et réalisé par les soins de Magne Steinsvoll en 2013. Christmas Cruelty! est donc un slasher qui nous provient des terres norvégiennes.

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Pour l'anecdote futile, ce n'est pas la première fois que la Norvège se focalise sur le cinéma gore et horrifique, en particulier sur le slasher. Par le passé, nous avions déjà pu apprécier les qualités et les arguties de The Troll Hunter (André Ovredal, 2010), Babycall (Pal Sletaune, 2011), ou encore le diptyque Dead Snow amorcé par Tommy Wirkola en 2009, et qui a connu une once de popularité en dehors de ses terres norvégiennes. Même remarque concernant la trilogie Cold Prey, initiée par Roar Uhtaug en 2006, et qui s'est subrepticement imbriquée via le support vidéo un peu partout en Europe et à travers le monde. En outre, Christmas Cruelty! n'aura pas l'heur de traverser le blizzard norvégien.
Engoncé dans son impécuniosité, le film de Magne Steinsvoll fait office de série B indépendante avec, néanmoins pour vocation, de contrarier l'hégémonie d'une concurrence apoplectique en la matière.

En l'occurrence, difficile de déceler la moindre information, même élusive, sur le réalisateur Magne Steinsvoll. A fortiori, selon nos sources, Christmas Cruelty! constituerait, pour le moment, la seule et unique réalisation du metteur en scène. Depuis, ce dernier semble avoir mystérieusement disparu des écrans-radars. Certes, Christmas Cruelty! fait partie de ces objets rarissimes et presque introuvables en dvd. A contrario, le long-métrage bénéficie d'une réputation plutôt flatteuse auprès des laudateurs les plus patentés du cinéma gore et extrême.
Christmas Cruelty! est souvent érigé, voire édifié ,comme un slasher virulent et sanguinolent qui, par ailleurs, a écopé de l'ultime réprobation, soit une interdiction aux moins de 18 ans. Reste à savoir si le long-métrage mérite (ou non) de telles courtisaneries.

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Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution de ce slasher risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms d'Eline Aasheim, Tormod Liena, Magne Steinsvoll (donc à la fois devant et derrière la caméra), Raymond Talberg, Per-Ingvar Tomren, Thomas Utgård et Solveig Sahr Bergheim ; mais j'en doute... Attention, SPOILERS ! Un serial killer se grime en père noël pour effrayer et malmener une bande d'étudiants gouailleurs et fêtards. La série d'humiliations se transmute rapidement en viols, en tortures, en exactions et diverses supplications.
Paradoxalement, ce tueur en série n'est pas forcément le forcené reclus et ostracisé par notre société hédoniste et consumériste. Mieux, ce dernier est même un bon père de famille, entiché de son épouse et qui mène une existence pérenne.

Voilà pour l'exégèse particulièrement élusive ! Vous l'avez donc compris. Christmas Cruelty! ne brille guère par ses aspérités narratives. Sur la forme, ce slasher s'apparente à un curieux maelström entre Maniac (William Lustig, 1980), Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) et Douce Nuit, Sanglante Nuit (déjà précité à moult reprises dans cette chronique) ; trois films proéminents auxquels Christmas Cruelty! fait à la fois voeu d'obédience et d'allégeance. Dès l'introduction, les animosités sont de mise puisque le serial killer assaille une famille lambda, viole la mère sous les yeux éberlués de son fils aîné, puis mutile et égorge le bébé qu'il juge un peu trop pleurnichard.
Evidemment, via un tel préambule, Christmas Cruelty! s'annonce particulièrement impudent. Paradoxalement, Magne Steinsvoll choisit d'euphémiser les inimitiés et décide de se centrer sur une bande d'étudiants goguenards ; une façon comme une autre d'ajouter quelques précieuses minutes supplémentaires à un slasher plutôt lapidaire (à peine une heure et quinze minutes de bobine).

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Pour le spectateur hébété, il faudra faire preuve de longanimité et patienter de nouveau 40 minutes avant que le film n'accélère derechef les belligérances. Que les choses soient claires. Ici, on se contrefout royalement des divers protagonistes et même du tueur en série. Christmas Cruelty! ne prévaut et ne justifie son visionnage que pour son étonnante mansuétude en termes d'exactions rutilantes. Au menu des tristes réjouissances, le long-métrage multiplie les saynètes de viol. Une jeune femme anonyme est alors bâillonnée et subit les roueries de son tortionnaire.
Le maniaque introduit son opinel acéré dans la cavité vaginale de sa victime sous le regard médusé du petit ami de cette dernière. Pour le reste, Christmas Cruelty! se révèle assez classique et conventionnel en accumulant les éviscérations et les décapitations à satiété. 
Indubitablement, Christmas Cruelty! flagornera les amateurs du cinéma trash et extrême pour ses outrecuidances et son impertinence jubilatoire. Via un budget dérisoire, ce slasher parvient à s'auréoler d'une certaine once de crédibilité. Malencontreusement, le métrage n'est pas exempt de tout reproche et souffre parfois de son budget, que l'on devine anémique. In fine, le scénario et les divers personnages auraient mérité un bien meilleur étayage ; ce qui explique quelques louvoiements et certaines logorrhées circonstanciées. 
A contrario, le métrage retrouve de sa tonitruance lorsqu'il reprend les martialités. De facto, pour une série B aussi désargentée et dénuée de toute emphase, Christmas Cruelty! mérite bien quelques bonnes grâces et des congratulations circonstanciées. Ma note finale fera donc preuve d'une certaine magnanimité.

 

Note : 13/20

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