americanguineapig song solomon

Genre : horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2017
Durée : 1h26

Synopsis : Marie est témoin du suicide brutal de son père. Sa mort déchaîne des forces sauvages qui vont prendre possession du corps de la jeune femme. La fin des temps est proche, la famine, la sécheresse, le pillage et le chaos déchirent le monde... Et l'église catholique va tenter de sauver l'âme innocente des ravages de la possession satanique. 

 

La critique :

Célèbre au pays du Soleil Levant pour son âpreté rédhibitoire, la saga Guinea Pig n'aura pas tarder à susciter les invectives, les polémiques et les acrimonies... Et pour cause... Puisque le premier court-métrage, intitulé The Devil's Experiment (Satoru Ogura, 1985), lutine et s'acoquine avec le snuff movie en se polarisant sur le supplice d'une jeune femme japonaise anonyme, mutilée, rudoyée, atrophiée, apostrophée et subissant les furibonderies d'une bande de forcenés. Si le court-métrage est correctement réalisé, laissant songer parfois à un vrai "snuff movie", le jeu des acteurs laisse néanmoins à désirer. Evidemment, le snuff movie est factice mais suffisamment atroce, sadique et barbare pour générer de nouveaux émules. Preuve en est avec le second volet, Flowers of Flesh and Blood (Hideshi Hino, 1985), réalisé dans la foulée et encore plus rustre et sanguinolent que son auguste devancier.

Cette fois-ci, la duperie matoise fonctionne puisque le comédien américain, Charlie Sheen, se laisse flagorner par ce second court-métrage qu'il dénonce carrément au FBI. Une enquête est donc diligentée pour connaître l'identité mystérieuse de cette jeune japonaise dépecée, puis démembrée par un samouraï sanguinaire. Malicieux, Hideshi Hino rétorquera que c'est un individu anonyme qui lui a remis un colis en mains propres et contenant le susdit snuff movie. La vérité ? L'enquête aboutira à un camouflet et sera logiquement abandonnée après quelques semaines de recherches infructueuses.
Flowers of Flesh and Blood n'est qu'un leurre, habilement grimé en snuff movie. La saga Guinea Pig est en marche et commence à s'expatrier en dehors de ses frontières asiatiques. L'épiphénomène cinéphilique se transmute alors en hexalogie. 

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He Never Dies (Satoru Ogura, 1986), le troisième opus, corrobore l'aspect sulfureux et condescendant de la franchise érubescente. Toutefois, sur la forme, cet ixième chapitre ne s'apparente plus à un snuff movie, mais à un film gore et trash qui se focalise sur les multiples tentatives de suicide d'un jeune japonais. Si le court-métrage tient toutes ses promesses en termes d'indécence et d'impétuosité, il reste cependant inférieur à ses deux illustres homologues. Malencontreusement, la franchise déclinera à postériori et s'enlisera subrepticement dans les affres de la désuétude et de la modicité.
Impression avalisée par les sorties quasi concomitantes de Devil Doctor Woman (Hajime Tabe, 1986), Android of Notre Dame (Kazuhito Kuramoto, 1989) et Mermaid in a Manhole (Hideshi Hino, 1988). 
A fortiori, personne ne voyait la saga renaître de ses cendres.

Pourtant, Stephen Biro décide de relever une telle gageure. Seule dissimilitude et pas des moindres, sous l'égide de Stephen Biro, la franchise Guinea Pig se transmute en série gore et américaine. A juste titre, tout le monde craint et scrute à la loupe la métempsychose de la saga via American Guinea Pig - Bouquet of Guts and Gore (Stephen Biro, 2014). Heureusement, l'angoisse sera élusive puisque ce nouveau volet estourbit à plate couture la franchise nippone. Suivront alors American Guinea Pig - Bloodshock (Marcus Koch, 2016), American Guinea Pig - The Song Of Solomon (Stephen Biro, 2016) et récemment American Guinea Pig - Sacrifice (Poison Rouge, 2017), en attendant un cinquième opus putatif. Tous ces nouveaux épisodes affermiront la proéminence de cette saga désormais américaine. Aujourd'hui, c'est le cas d'American Guinea Pig - The Song Of Solomon qui fait l'objet d'une chronique dans nos colonnes.

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Quid de neuf au menu des tristes réjouissances ? Par le passé, Stephen Biro et ses prosélytes n'ont jamais caché leur effervescence ni leur engouement pour la saga japonaise. Ainsi, chaque épisode américain fait obédience et voeu d'allégeance à un chapitre particulier de la franchise nippone. Via American Guinea Pig - The Song of Solomon, Stephen Biro se transmue en hérétique puisque ce troisième essai s'éloigne sciemment de la firme originelle et s'accointe avec un autre bréviaire du cinéma d'épouvante. Son nom ? L'Exorciste (William Friedkin, 1973).
Inutile de procéder à l'exégèse de ce classique du cinéma horrifique. Plus de 45 ans après sa sortie, le long-métrage de William Friedkin continue de poursuivre son office en engendrant toute une floraison d'avatars. Dixit les propres aveux de Stephen Biro, The Song of Solomon a pour vocation de s'accointer avec le genre possession démoniaque, en particulier avec la dernière section de L'Exorciste qui voyait la jeune Regan McNeil, possédée par le démon Pazuzu, se débattre et éructer à la face de deux prêtres dépêchés par le Vatican.

A juste titre, les thuriféraires pouvaient craindre et maronner après ce troisième opus jugé digressif. A contrario, les critiques se montrent plutôt panégyriques et adoubent un nouveau chapitre en apothéose et fidèle au pédigrée de la saga rutilante. Reste à savoir si American Guinea Pig - The Song Of Solomon mérite autant de courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du long-métrage se compose de Jessica Cameron, Scott Gabey, Gene Palubicki et David E. McMahon. A noter aussi la présence de Jimmy ScreamerClauz derrière la bande originale du film.
Attention, SPOILERS ! Marie est témoin du suicide brutal de son père. Sa mort déchaîne des forces sauvages qui vont prendre possession du corps de la jeune femme. La fin des temps est proche, la famine, la sécheresse, le pillage et le chaos déchirent le monde... Et l'église catholique va tenter de sauver l'âme innocente des ravages de la possession satanique.

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Evidemment, c'est à la fois un sentiment de suspicion et de longanimité qui point à l'aune de cette troisième forfaiture, signée par les soins de Stephen Biro. Certes, il y avait de quoi se montrer dubitatif vis-à-vis de ces curieuses assonances avec L'Exorciste. A priori, la saga Guinea Pig ne partage aucune accointance avec les phénomènes paranormaux et préfère opter pour le gore et le trash ad nauseam. Stephen Biro se lance donc dans un exercice périlleux mais se départit aisément des carences inhérentes d'un genre revisité, scruté et creusé jusqu'à l'os.
Pour Stephen Biro, l'objectif était donc d'allier le trash au paranormal et le gore avec ce sentiment d'effroi et de menace prégnante. Si The Song of Solomon ne surprend véritablement jamais, notamment dans son scénario plutôt avaricieux, il se rattrape allègrement sur ses effets sanguinolents.

Sur ce dernier point, Stephen Biro se montre plutôt magnanime et nous gratifie de nombreuses exactions et supplices dont il est coutumier. Pis, les prêtres, sous la coupe machiavélique d'un nouveau démon, se laissent appâter par le péché et commettent des actes irréparables aux yeux de Dieu : suicide, coït bestial avec la possédée, parjures et blasphèmes font partie du menu fretin avec évidemment, à la clé, l'ultime animadversion ; soit une interdiction aux moins de 18 ans. Au moins, Stephen Biro élude l'écueil de la facilité. Ici, point de lit qui lévite ou de tête rotative à 360 degrés.
Certes, l'émétophilie est presque de mise via l'apparition de zones tentaculaires dégobillant une étrange substance graveleuse. Stephen Biro s'approprie et réactualise les substrats basiques de l'exorcisme via d'habiles apparats.

Mieux, le cinéaste parvient même à essaimer un sentiment de malaise à défaut de susciter quelques cris d'orfraie. Seule véritable surprise, les prêtes exorcistes ne s'empoignent pas seulement pour vaincre un démon d'un nouveau genre, mais pour sauver un monde en déliquescence et donc menacé de néantisation et par l'Armageddon. Il est dommage, par ailleurs, que Stephen Biro n'ait pas davantage étayé cette thématique, certes un peu (sérieusement...) alambiquée. En ce sens, American Guinea Pig - The Song of Solomon fait à la fois figure d'épisode insolite et apocryphe, qui souffre infailliblement de la comparaison avec le chef d'oeuvre de William Friedkin.
Nonobstant ce manque évident et flagrant de surprise, The Song of Solomon reste un épisode éminemment sympathique, qu'il conviendra toutefois de réserver à un public extrêmement averti.

Note : 13.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver