nouveaux barbares

Genre : science-fiction, action, post-apocalyptique 
Année : 1982
Durée : 1h34

Synopsis : En 2019, au lendemain de l'holocauste nucléaire provoqué par la Troisième Guerre Mondiale, l'humanité n'est plus qu'un immense champ de ruines. Sur le monde règnent désormais les Templars, une milice qui entreprend de purifier la race humaine en multipliant les massacres. Des tueurs sanguinaires. Contre eux se lèvent Scorpion et Nadir, deux guerriers de l'apocalypse ralliés à la cause d'une communauté pacifique condamnée à l'extermination par Owan, le chef des Nouveaux Barbares...  

 

La critique :

A la fin des années 1970, la sortie de Mad Max (George Miller, 1979) provoque un véritable séisme dans les salles obscures. Alors que ce petit film indépendant semble sourdre de nulle part, tout du moins des terres désertiques australiennes, le long-métrage marque une rupture fatidique et rédhibitoire dans le cinéma d'action et de science-fiction. Sous les traits furibonds de Max Rockatansky, l'acteur Mel Gibson devient la nouvelle égérie d'un sous genre du cinéma d'exploitation : le registre post-apocalyptique. En outre, le scénario laconique obéit peu ou prou à la même ritournelle.
L'action se déroule dans un monde atrophié, néantisé et ravagé par une guerre nucléaire succombant, de facto, à la folie inextinguible des hommes ; ainsi qu'à cette soif intarissable de conquête et de pouvoir.

La République et la Démocratie ont été évincées par le retour inopiné de la Phallocratie, un autoritarisme régenté et décrété par les pires bandits et criminels. La trame narrative de Mad Max premier du nom devient ainsi le principal leitmotiv d'une franchise lucrative qui se décline, de prime abord, en trilogie, puis en tétralogie bien des années plus tard. Via un Mad Max 2 - Le Défi (1982) aux accents débridés et frénétiques, George Miller corrobore derechef son érudition dans les cascades et les moteurs vrombissants. Le diptyque eschatologique influence et génère de nombreux épigones, en particulier le cinéma bis transalpin qui s'empare de ce nouvel épiphénomène.
Les thuriféraires de ce pan cinéphilique ne manqueront pas de notifier des oeuvres telles que 2019, après la chute de New York (Sergio Martino, 1983), Les Rats de Manhattan (Bruno Mattei, 1984), Le Chevalier du Monde Perdu (David Worth, 1983), Cyborg (Albert Pyun, 1989), ou encore Le Gladiateur du Futur (Joe d'Amato, 1983) parmi les productions notables et éventuellement notoires.

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Vient également s'agréger Les Nouveaux Barbares, réalisé par les soins d'Enzo G. Castellari en 1982. Pour l'anecdote et la faribole futile, le cinéaste rital réitérera dans le genre post-apocalyptique la même année avec Les Guerriers du Bronx, une bisserie qui tâtonne entre les exhalaisons funèbres de Mad Max et la violence sous-jacente de Les Guerriers de la Nuit (Walter Hill, 1979). Nonobstant certaines apparences matoises, Enzo G. Castellari n'est pas ce "nanar man" souvent raillé, décrié et nargué par certains contempteurs sarcastiques.
En outre, ce dernier apparaît comme un artisan probe du cinéma bis. Les laudateurs du réalisateur stipuleront à raison des films tels que Django porte sa croix (1968), Le témoin à abattre (1973), Keoma (1976), Une poignée de salopards (1977), ou encore Le retour de Sandokan (1996) parmi les longs-métrages les plus proverbiaux.

Néanmoins, les esprits les plus sardoniques n'omettront pas de noter La Mort au Large (1981) parmi les copies éhontées de Les Dents de la Mer (Steven Spielberg, 1975). Afin de mieux s'exporter à l'étranger, en particulier aux Etats-Unis, Les Nouveaux Barbares est également sorti sous les intitulés de The New Barbarians et Warriors of the Wasteland. En l'occurrence, Les Nouveaux Barbares doit composer avec un budget anémique et espère, à l'instar de Mad Max et de ses nombreux affidés, s'arroger la couronne suprême, celle détenue arrogamment par le film de George Miller.
Hélas, à défaut de faire ciller l'hégémonie de Mad Max, Les Nouveaux Barbares rencontrera les ferveurs et les bonnes grâces du site Nanarland via une chronique truculente (Source : http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-nouveauxbarbares-les-nouveaux-barbares.html). 

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Il n'est pas étonnant, par ailleurs, que le film coalise autant de visages bien connus du cinéma bis, entre autres Fred Williamson (l'une des stars édifiantes de la Blaxploitation) et George Eastman (un autre ténor proéminent du cinéma bis). Viennent aussi s'additionner Giancarlo Prete, Ennio Girolami, Anna Kanakis, Venantino Venantini et Massimo Vanni. Attention, SPOILERS ! (1) En l’an 2019, la civilisation n’est plus qu’un lointain souvenir. Une guerre nucléaire est passée par là, et les survivants se rassemblent généralement en communautés, dans l’espoir de croiser d’autres communautés et de reformer une nouvelle civilisation. Malheureusement, le groupe le plus puissant est celui des Templars, dirigé par cette crapule de One, dont le but est de balayer tous les résidus d’humanité à la surface de la terre.
Bénéficiant d’un armement impressionnant, rien ne peut s’opposer à eux. Sauf Scorpion, un ancien Templar au grand cœur devenu solitaire, rejoint bientôt par Nadir, un ami (1).

Alors quoi de neuf dans l'eschatologie et notre monde hélas atrophié de sa substance primordiale ? Réponse : pas grand-chose... ou alors peu ou prou... Opportuniste, Enzo G. Castellari reprend la trame scénaristique de Mad Max. Toujours la même antienne... Ainsi, le préambule consiste en une présentation succincte des faits. En 2019, la guerre nucléaire est terminée... annonce solennellement une voix monocorde. Curieusement, paysage est resté étrangement verdoyant et boisé faute de budget...
Malicieux, Enzo G. Castellari élude bien de s'appesantir sur cette faune et cette flore curieusement épargnées par les radiations atomiques... 
De facto, l'essentiel de l'action se déroule dans des contrées essentiellement chaotiques et désertiques. Au moins, le décorum rudimentaire n'a pas quémandé de fortes prébendes financières puisque ce dernier se résume à quelques dunes et à deux ou trois déchetteries transmutées en terrain de course pour l'occasion. 

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A l'instar d'une concurrence apoplectique en la matière, Les Nouveaux Barbares souffre des mêmes carences et impondérables. En outre, difficile de ne pas s'esclaffer devant le look dégingandé et les frusques blanchâtres des Templars tant leurs coupes capillaires sont ubuesques et brillent par leur obsolescence. Ces "nouveaux barbares" des temps modernes (c'est presque le titre du film...) s'ingénient à exterminer les quelques survivants d'une Humanité sévèrement décrépie. Pas Giancarlo Prete qui, dans son mutisme ostentatoire, tente de mimer malhabilement les expressions taiseuses et désappointées de Mel Gibson. Hélas, et vous vous en doutez, la comparaison avec Mad Max s'arrête bien là. Sur la forme comme sur le fond, Les Nouveaux Barbares se démarque surtout par son amateurisme et son dilettantisme ; que ce soit dans le jeu catastrophique des comédiens (Giancarlo Prete en tête de peloton), dans son scénario aux abonnés absents, dans sa profusion de déflagrations et de mannequins en mousse, ou encore dans ses courses de bolides visiblement réalisées par le pied gauche d'Enzo G. Castellari. A la rigueur, et dans le même genre faisandé, on lui préférera encore la goguenardise et les pitreries involontaires de 2019, après la chute de New York (déjà susmentionné dans ses lignes).
Néanmoins, en tant que nanar funambulesque, Les Nouveaux Barbares reste tout de même une sacrée figure tutélaire. Avis aux amateurs donc, soit trois voire quatre personnes dans le monde.

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://tortillapolis.com/critique-film-les-nouveaux-barbares-enzo-g-castellari-1982/