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Genre : Horreur, épouvante, fantastique (interdit aux - 12 ans)

Année : 2008

Durée : 2h01

 

Synopsis :

Un groupe de soldats de la Garde 506 est sauvagement assassiné. Un seul soldat survit mais tombe dans un profond coma. Un enquêteur vient alors mener l'enquête et découvre un virus étrange qui transforme les soldats en morts-vivants.

 

La critique :

On ne compte plus le nombre de contextes utilisés par le cinéma horrifique dans le but d'apporter un semblant d'audace, d'originalité ou de profondeur à toute une myriade de pellicules plus ou moins bonnes. Procéder à l'inventaire complet serait somme toute parfaitement inutile mais nous pouvons citer le "post-apo", genre absolument génial quand il est traité par un réalisateur compétent. La science-fiction et l'horreur ont souvent été amis pour le meilleur et parfois pour le pire. On a pu aussi s'acoquiner du contexte politique ou encore de la comédie. Bref, il est vrai que le cinéma d'horreur a de très grosses tares mais on ne peut pas lui enlever sa capacité à se mêler à de nombreux styles divers et variés. Il est d'ailleurs surprenant que son mix avec l'ambiance militaire ne rencontre guère l'enthousiasme du petit monde cinématographique, alors que ce n'est pas le potentiel qui est inexistant, très loin de là car l'horreur et le militaire ont d'évidents atomes crochus. Seulement, peut-on seulement citer une pellicule officiant dans ce registre et pouvant s'enorgueillir du statut de chef d'oeuvre ?
La réponse est malheureusement négative, en dépit de toutes les bonnes intentions des téméraires à s'être lancé dans ce projet. Neil Marshall et Michael Mann ont produit les plus célèbres du genre qui sont, respectivement, Dog Soldiers et La Forteresse Noire. Malheureusement, les critiques ne sont guère élogieuses. Avec la sortie récente d'Overlord qui a su se tailler une certaine réputation et un succès tout à fait éloquent, en dépit de récurrentes faiblesses, on en est à postuler que les producteurs pourraient trouver un nouveau filon.

Par le passé, le blog s'est bien sûr aventuré sur ce terrain avec le susmentionné Overlord et R-Point dont la réputation sur la Toile est plutôt flatteuse en dépit d'une bien malheureuse confidentialité. Cette oeuvre ambitieuse et mystique avait su s'imposer comme un produit de qualité certaine, sans toutefois batifoler avec le grand cinéma. Sa force résidait dans le fait de créer une horreur contemplative et anxiogène sans se jouer des screamers. Pari pour le moins réussi mais, visiblement, Kong Su-chang n'en a pas fini avec ce type d'atmosphère vu qu'il récidive 4 ans plus tard pour accoucher de The Guard Post, aussi appelé G.P 506. S'inscrivant dans la continuité de son grand frère, il était bien évidemment attendu au tournant. A sa sortie, il recevra un accueil globalement positif et un succès qui permit de couvrir toutes les dépenses du tournage (6 millions au box-office en ayant coûté 1 million).
De quoi mettre en confiance et allumer cette flamme de la confiance envers un cinéaste proprement inconnu de part chez nous. Reste à voir si The Guard Post peut prétendre se hisser au niveau de R-Point.

 

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ATTENTION SPOILERS : Un groupe de soldats de la Garde 506 est sauvagement assassiné. Un seul soldat survit mais tombe dans un profond coma. Un enquêteur vient alors mener l'enquête et découvre un virus étrange qui transforme les soldats en morts-vivants.

Comme dit auparavant, The Guard Post a la lourde tâche de succéder à son aîné qui, sans avoir atteint des sommets de qualité, avait su offrir un spectacle dépaysant et fascinant en versant dans une horreur beaucoup moins conventionnelle que celle que nous offre le cinéma occidental. Première différence ici, alors que R-Point se baladait dans le registre de l'épouvante, du surnaturel lié à des forces paranormales indescriptibles, The Guard Post vise le sinueux sujet des morts-vivants dont on ne compte plus les métrages l'ayant abordé.
Le lieu d'action est pour le moins original vu qu'il s'agira d'un poste de frontière situé à la frontière des deux Corée pas réputées pour entretenir des liens de courtoisie sincères. Dans ce lieu désolé mêlé aux tensions géopolitiques récurrentes, la nature est reine des lieux, encerclant un bataillon de soldats stationné là pour des raisons, encore une fois, sécuritaires. Ceux-ci n'ont donc pas d'ordre précis mais au sein de ces étendues vertes, un mal semble avoir émergé. Pas de forces démoniaques ou quoi que ce soit mais bien la présence d'un mal indicible possédant les soldats qui sera identifié par la suite comme un virus d'origine inconnue. Les symptômes semblent être similaires à la rage et se caractérisent par des montées de violence inexpliquées, du moins dans un premier temps. 

A l'instar de R-Point, on démarre ici sur les chapeaux de roue avec cette unité d'intervention envoyée pour statuer sur l'absence de réponses de la base. Alors qu'ils se retrouveront devant un véritable charnier de soldats massacrés, ils verront un survivant couvert de sang ayant sombré dans la folie et tenant une hache à la main. Hilare face aux soldats, il sera abattu. Le décor est planté pour se diriger vers un cheminement scénaristique sous forme de flash-backs. L'intrigue principale suit le sergent-major Noh enquêter sur cette fâcheuse affaire que le haut commandement désire étouffer au plus vite. Il a donc une nuit pour faire la lumière sur toute cette affaire avant que tout ne disparaisse.
En récupérant un soldat terrorisé par le chaos qu'il a vécu, il ne se doute pas avoir mis les pieds en plein enfer. Un plein enfer qui risque fort bien de l'engloutir lui et ses hommes de façon physique mais aussi mentale. Au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire dont on décèlera l'apparition d'une horloge nous informant, son enquête le conduira à des événements qui le dépasse suite au récit de cet homme pas aussi innocent qu'il n'y paraît. De fait, la deuxième intrigue ne sera ni plus ni moins que les événements passés d'une troupe un peu égrillarde qui verra son quotidien basculer lors du retour tardif de soldats partis enquêter dans les bois et revenus épuisés sans que nous n'ayons aucune explication sur ce qui s'est passé.

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On décèlera au fur et à mesure de l'histoire de nombreuses accointances avec R-Point. Tout d'abord, les terrifiantes circonstances passées refont surface, voyant le nouveau bataillon perdre pied dans les conditions similaires au premier. Secundo, la descente mentale symbolisée par la peur face à l'irrationnel, à l'inconnu est un clin d'oeil évident. Une plongée tourmentée qui reproduira une séquence plus ou moins similaire voyant les hommes de Noh s'entretuer. Plus encore, les inspirations à The Thing sont bel et bien là. Le poste de garde a remplacé la base de l'Antarctique et la chose extraterrestre a laissé la place au virus. Enfin, si l'horreur est plus physique et viscérale, elle reprend les bases de son aîné en s'appuyant sur un rythme posé où elle déploie toute sa magnificence.
Pas de screamers au programme mais un huis clos anxiogène qui ne verra son mal-être ne surgir que de son ambiance. Malheureusement, si R-Point gérait ce paramètre en déployant une atmosphère inquiétante et malsaine, The Guard Post se révèle bien plus simple et conventionnel, travaillant moins son ambiance pour quelque chose de plus terre-à-terre, quand bien même les désordres psychopathologiques laisseront place à la transformation physique. 

Seulement, ce n'est pas tout car ce qui entachera vraiment la qualité du récit résidera dans la construction même du récit. Comme dit au-dessus, Su-chang nous balade entre passé et présent mais ses transitions sont maladroites, rendant la chose souvent confuse. Les nombreuses alternances risquent fort bien de lasser, donnant parfois cette impression de passer du coq à l'âne, car l'ordre ne donne pas toujours l'impression d'être logique. Nuisance à la compréhension de l'histoire et manque de clarté au programme auxquels vous pouvez rajouter le thème du virus traité un peu trop en surface. Su-chang privilégie la carte du doute subsistant dans l'esprit du spectateur qui n'aura jamais toutes les réponses à ses questions. Encore une fois, un trait que nous retrouvions déjà dans R-Point.
De plus, la durée excessive ne risque pas de plaider en sa faveur. Certes, le cinéaste s'arrange toujours pour apporter de nouveaux éléments sur la table afin de maintenir l'attention du cinéphile et un semblant de suspense. Pourtant, on en vient à tiquer que de toute cette complexité due à l'apparition constante de nouveaux mystères découle une trame, en fin de compte, enfantine dont la volonté de complexifier la chose se montre sans intérêt. A dire vrai, on ne pourra s'empêcher de déceler une certaine prétention dans le fait de vouloir faire du profond alors que rien ne le permet.

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Si nous passons à l'aspect visuel du film, le tout est bien au-dessus de la moyenne. Si l'on chicanera sur des scènes bien trop sombres par moment, l'image est lisse, les cadrages sont exemplaires et les décors sont d'un rendu plus que convaincant, étouffant les protagonistes pris au piège d'un engrenage malsain. De plus, les effets spéciaux sont tout à fait corrects. On pense bien sûr à la scène de ce soldat monstrueux se faisant rouler dessus par un camion. On peut saluer la qualité des maquillages à ce niveau. Niveau son, on va dire que c'est tout à fait classique, ni mauvais ni excellent.
Et pour l'interprétation des acteurs, on part sur du déjà meilleur comparé à la plus grosse tare de R-Point qui devait compter sur des acteurs presque tous médiocres. Leur jeu est un peu plus nuancé, essayant de ne jamais frôler le côté mauvaise série B. Ce n'est pas non plus transcendant mais ça se débrouille avec le strict minimum. Au casting, on aura pour les principaux : Kyoo-Hwan Choi, Ho-jin Chun, Byeong-Cheol Do, Cho Hyun-jae, Jin-woong Jo ou encore Sung-bum Kim.

En conclusion, force est de constater que The Guard Post ne pourra pas être le candidat qui aura réussi à allier dans un excellent rendu l'horreur militaire. Démarrant sur un contexte géopolitique crédible dont il balaie tout intellectualisme à ce niveau (par crainte ou désintérêt ?), l'histoire, si elle est loin d'être inintéressante, finit par montrer ses limites sur la durée. La sensation de s'éterniser pour pas grand-chose sur des détails, la confusion dans les transitions brutales sur certains points, des transitions déjà bien trop nombreuses. Là où R-Point se débrouillait bien, The Guard Post fait office de mauvais élève. Ce qui est dommage car on se voit bien forcé d'admettre que le reste tient la route. On sent bien qu'il y a eu cette volonté de bien faire mais il arrive que même l'envie la plus forte ne soit pas en mesure d'être suffisamment satisfaisante. Ne soyons toutefois pas trop hostiles car le film a des arguments qui tiennent la route et possède ce cachet de sympathie qui me rendra particulièrement magnanime sur ma note finale. Ainsi s'achève la première chronique établie sur mon nouveau lieu de stage malencontreusement belge. A défaut de voyager pour mon Erasmus, autant le faire par le cinéma.

 

Note : 11/20

 

 

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