necro files 2

Genre : horreur, gore, trash, extrême, érotique, pornographie (interdit aux - 18 ans)
Année : 2003
Durée : 1h09

Synopsis : Des jeunes femmes sont retrouvées égorgées et en partie dévorées. Les deux inspecteurs chargés de l'enquête sont rapidement dépassés par cette affaire. Pour eux, l'horreur atteint son paroxysme lorsque le tueur ressuscite son frère, qui était également un psychopathe de son vivant. Doté d'un sexe surdimensionné et d'un appétit féroce, il reprend alors sa folie meurtrière. Les inspecteurs doivent désormais faire face à deux tueurs nécrophiles et cannibales...   

 

La critique :

Pour souvenance, Cinéma Choc avait publié, le 3 août 2017, la chronique de The Necro Files (Matt Jaissle, 1997), le blog décriant à la fois une oeuvre aussi insolite qu'impécunieuse. Si le dilettantisme est effectivement de mise dans cette série B (série Z...) bricolée avec les fonds de cave et de grenier, on ne pouvait renier une certaine ingéniosité de la part de Matt Jaissle, plutôt magnanime en termes d'ignominies scabreuses. Indubitablement, le cinéaste possède de solides arguties dans sa besace et faisait montre de finauderie pour agencer une oeuvre éparse, protéiforme et expérimentale. Dans le registre étriqué des zombies décrépits, The Necro Files s'apparente, in fine, à un long-métrage iconoclaste et amphigourique louvoyant, entre autres, vers l'anthropophagie et la nécrophilie.
En outre, Matt Jaissle fait partie de cette caste indépendante de cinéastes outrecuidants et transis par le gore, l'underground et l'extrême.

Les thuriféraires du cinéaste n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Back from Hell (1993), Legion of the night (1995), 300 Killers (2010), ou encore Revolution 666 (2015). Le nom de Matt Jaissle rime donc invariablement avec la série Z obsolescente et agencée avec les moyens du bord, soit la totalité d'un RSA polonais. Le metteur en scène impudent n'a jamais caché ses aspérités, ni cette volonté farouche d'apposer de nouveaux chapitres à The Necro Files premier du nom. Pour des raisons d'emploi du temps et surtout par manque de capitaux et de pécune, Matt Jaissle doit céder la réalisation de The Necro Files 2 - Lust Never Dies, sorti en 2003, aux mains inexpérimentées de Ron Carlo, un cinéaste inconnu par ailleurs au bataillon.
Même sur le site IMDb (Source : https://www.imdb.com/name/nm1428261/), on ne trouve aucune information sur ce cinéaste à priori factice.

Est-ce un cryptonyme matois et emprunté par Matt Jaissle lui-même ? L'intéressé semble récuser cette interrogation circonstancielle. Certes, ce dernier a réalisé quelques saynètes de The Necro Files 2 pour l'occasion, mais rien de plus... A fortiori, selon certaines sources, c'est un certain Todd Tjersland qui officierait (un verbe à guillemeter et à mettre au conditionnel) derrière la caméra de ce second méfait. Ce producteur est un nom proverbial du cinéma trash et extrême. Pour les inconditionnels du genre, le monogramme de Todd Tjersland rimaille avec la saga Faces of Gore, un ixième avatar de Faces of Death (John Alan Schwartz, 1978).
Il n'est donc pas surprenant de retrouver le nom de Todd Tjersland derrière la production - au moins - de The Necro Files 2.

Pour la faribole superfétatoire, le long-métrage désargenté est aussi sorti sous l'intitulé de The Necro Files 2 - Behind the ScreamsIl faut croire que les deux premiers chapitres ont rencontré un certain succès d'estime puisque le diptyque se déclinera en trilogie via l'entremise d'un inévitable The Necro Files 3000, toujours sous l'entremise de Matt Jaissle en 2017. A moins de vous précipiter sur la collection Uncut Movies, la série des Necro Files reste assez difficile à dénicher et à déceler sur la Toile. On parle donc de séries Z aussi fauchées que rarissimes et qui méritaient bien quelques lignes dans les colonnes de Cinéma Choc. La distribution de The Necro Files deuxième du nom ne risque pas de vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms d'Isaac Cooper, Steve Sheppard, Gary Browning, Greg Lewis, Rod Fontana, Taylor St. Clair, Lisa Sparxxx et Rose Algren ; mais j'en doute...

Attention, SPOILERS ! (1) Une vague de meurtres plonge une paisible ville américaine dans la terreur. Les deux inspecteurs chargés de l'enquête se révèlent vite impuissants face aux agissements du tueur fou dont la particularité est de se livrer à des actes nécrophiles et cannibales sur le corps de ses victimes. L'horreur atteint son paroxysme lorsqu'un zombie, réveillé par l'odeur de sexe et de sang qui plane sur la ville, décide de revenir d'entre les morts pour participer à sa manière aux sanglantes activités. Doté d'un sexe surdimensionné, le zombie violeur s'associe au tueur fou pour s'adonner à des plaisirs particulièrement répugnants et pour faire couler le sang dans d'horribles conditions.
Qui pourra mettre un terme à cette orgie sexuelle et sanglante ? 
Vous le saurez en regardant ce film... si vos nerfs ne lâchent pas avant la fin ! (1)

Vous l'avez donc compris. A travers cette exégèse, la société Uncut Movies participe allègrement à la promotion de cette oeuvre fauchée comme les blés, mais à la réputation sulfureuse. A contrario, nous n'avions pas spécialement conservé du premier volet une souvenance indélébile, loin de là... Si ce n'est d'une oeuvre hétéroclite qui tâtonnait entre le trash ad nauseam, la comédie gore et grivoise, le film de zombies carnassiers et l'expérimental. A priori, Ron Carlo (mais enfin, qui es-tu ?) bénéficie d'un budget un peu plus dispendieux et nous gratifie d'une oeuvre beaucoup plus âpre pour l'occasion, et donc beaucoup moins tournée vers le funambulesque.
Certes, la truculence et la sarcastique sont toujours de mise et corroborent le potentiel gouailleur de ce second ouvrage.

Dès le préambule, le frère sociopathe du zombie concupiscent obéit à la même dialectique lascive. A l'instar de son frangin, le psychopathe rudoie, séquestre, viole et supplicie de belles jeunes femmes entièrement dévêtues. Magnanimes, Ron Carlo et ses ouailles nous gratifient de toute une pléthore de saynètes de tripailles dont le trash est régulièrement coutumier. Au menu des tristes réjouissances, The Necro Files 2 - Lust Never Dies peut s'enhardir de séquences de nécrophilie, d'urophilie et d'anthropophagie. Ici, les dilacérations d'intestins et les multiples équarrissages d'autres organes adventices font partie du menu fretin. Certes, les néophytes et les esprits pudibonds seront donc priés de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates.
A juste titre, cette suite a écopé de l'ultime réprobation, soit une interdiction aux moins de 18 ans.

Paradoxalement, les laudateurs du cinéma extrême ne seront aucunement ulcérés par ce spectacle d'agapes et de priapées sanguinaires qui s'apparente, in fine, à une copie presque éhontée de la saga Violent Shit, une franchise à laquelle Matt Jaissle et ses sbires semblent avoir fait voeu d'obédience. Certes, Ron Carlo tente d'essaimer une once de scénario, via l'apport de deux policiers subalternes. Via The Necro Files 2, Ron Carlo nous propose donc deux psychopathes pour le prix d'un ! Cependant, même les policiers se montrent tout aussi libidineux puisqu'ils torturent et violent des gourgandines. Le but ? Avancer dans une enquête de facture absconse...
Donc, rien de neuf sous le soleil (si j'ose dire...), si ce n'est que ce second chapitre se montre évidemment plus prodigue et surtout beaucoup moins nébuleux que son auguste devancier.

Cette deuxième forfaiture suinte incessamment entre l'érotisme hard et la pornographie soft. La plupart des séquences obscènes sont simulées et côtoient souvent l'hilarité. Impression corroborée par le générique final qui montre les badineries et les marivaudages du tournage. L'aspect pittoresque de cet ouvrage est renforcé par ce zombie lubrique et méphitique arborant, entre autres, un pénis gargantuesque et ithyphallique. Plus péjorativement, le zombie exhibe et affiche un très gros "zobi". Pour le spectateur hébété, il faudra se montrer particulièrement philanthrope pour ne pas percevoir et discerner tout l'amateurisme de cette entreprise, ainsi que les nombreuses omissions et fautes de raccord qui pullulent dans ce long-métrage, finalement aussi inoffensif que sympathique. 
Allez, par mansuétude, nous accorderons la moyenne mais clairement, cette suite mérite moins, beaucoup moins...

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.uncutmovies.fr/accueil/15-the-necro-files-2.html