arton17075

Genre : Horreur, épouvante, fantastique (interdit aux - 12 ans)

Année : 2011

Durée : 1h32

 

Synopsis :

Dans ce cinquième (et dernier, j'espère) épisode, la Mort est toujours aussi omniprésente et se déchaîne après qu’un homme soit victime d’une terrible prémonition, laquelle permet de sauver ses collègues de l’effondrement d’un pont suspendu. Ce groupe d’âmes innocentes n’était pas supposé survivre, et, dans une course terrifiante contre le temps, ces malheureux tentent frénétiquement de trouver le moyen d’échapper au sinistre agenda de la Mort.

 

La critique :

Suite et fin de mon très court cycle sur les Destination Finale n'ayant pas encore été chroniqués jusqu'à présent. Un fait qui aurait pu ne jamais exister si ma chère et tendre dulcinée ne m'avait pas sollicité ce week-end pour ce marathon tant attendu (mais pas pour moi, PS : i love you quand même !). Initiée en 2000 sous la houlette de James Wong, Destination Finale premier du nom apportait un concept novateur sur la table en mettant de miraculeux rescapés d'un grave accident mortel aux prises avec la belle et grande Faucheuse bien décidée à les récupérer pour les emmener avec elle dans l'au-delà. Ceci se fera par une série de morts décédés dans de troubles circonstances.
En parallèle, la licence arrivait alors en pleine période de l'âge d'or de la "teenage horror", à savoir des films d'horreur ciblant un public majoritairement adolescent tout en se basant sur des codes balisés et prédéfinis (screamers clichés, personnages stéréotypés, grand méchant de service). Scream, Urban Legend, Souviens-toi... l'été dernier ou Jeepers Creepers sont autant de sagas ayant rencontré l'intérêt d'un public facilement impressionnable, peu exigeant et regardant sur la qualité intrinsèque d'une formule souvent usée jusqu'à la moelle. 

Fort de son énorme succès, il était logique que les producteurs virent un intérêt à sortir plusieurs suites en raison de gains faciles à amasser. Trois ans après le premier film, le deuxième fit son apparition, rencontrant lui aussi le succès tout en récoltant les louanges du public. En dépit des tares inhérentes à ce style d'oeuvre, on pouvait compter sur un spectacle distrayant à condition de ne pas jouer au puriste. Mais comme toute série de ce type, l'intérêt est vite limité puisque la recette est toujours la même. Un détail pour les dirigeants mercantiles qui sortiront le troisième volet en 2006 toujours avec le succès derrière. Seulement, la sauce commence à ne plus prendre car, outre le fait d'avoir tout dit, la qualité globale était sérieusement en-dessous de la moyenne.
Impression corroborée avec le 4 qui peut se targuer de porter le titre peu flatteur de pire épisode de la franchise. L'ironie étant que le réalisateur derrière ce projet éhonté est le même qui a réalisé le 2. En raison des meilleures recettes récoltées jusqu'à présent pour la série, ce n'était pas encore envisagé d'en finir et c'est en 2011 que le cinquième et dernier film sortit, toujours en optant pour le choix de la 3D dans les salles. Plus de James Wong et de David R. Ellis qui ne tiennent car c'est à Steven Quale d'endosser le rôle de réalisateur. Avant Destination Finale 5, il a pu avoir l'honneur de tourner le documentaire Aliens Of The Deep avec James Cameron mais le résultat final ne se montra guère éloquent. On lui doit aussi Superfire, l'enfer des flammes, un thriller méconnu de 3h30. Les faiblards Black Storm et Braqueurs d'Elite suivront après 2011. Rien qui ne vaille d'être rassuré.

ill_1565267_f9a8_destinationfinale2

ATTENTION SPOILERS : Dans ce cinquième (et dernier, j'espère) épisode, la Mort est toujours aussi omniprésente et se déchaîne après qu’un homme soit victime d’une terrible prémonition, laquelle permet de sauver ses collègues de l’effondrement d’un pont suspendu. Ce groupe d’âmes innocentes n’était pas supposé survivre, et, dans une course terrifiante contre le temps, ces malheureux tentent frénétiquement de trouver le moyen d’échapper au sinistre agenda de la Mort.

Alors que nous étions en droit de nous attendre au pire vu que chaque épisode de ce genre de franchise parvient à faire encore pire que celui d'avant, Destination Finale 5 réussit ce titanesque exploit d'être l'opus ayant récolté les meilleures critiques de la série. De quoi susciter notre intérêt en sachant que les deux premiers étaient plutôt sympathiques pour se divertir devant le sort peu orthodoxe des cadavres en devenir. Autre point important à préciser : le film se veut être une préquelle aux deux premiers donc avant que la dramatique tragédie du vol 180, qui était le fil conducteur jusqu'à présent, ne se passe. Malicieux, Quale s'était lancé dans un marathon des 4 premiers films afin de cibler les qualités de chacun d'entre eux afin de les réexploiter. Au moins, il se sera sans doute rendu compte des pitoyables séquences d'ouverture du 3 et du 4 en promouvant le spectaculaire par l'effondrement d'un pont suspendu, inspiré de la tragédie du Tacoma Bridge. Au moins, Destination Finale 5 peut se targuer de flirter, sans pour autant rivaliser, avec le deuxième question séance d'intro impressionnante.
Oui car, en dehors de l'effondrement assez saisissant, il est vrai, Quale marche sur les traces de son prédécesseur dans la volonté de surenchère d'accidents sanglants. Alors que Destination Finale 2 conférait un vrai malaise à son accident de la route, tout sent ici le fun dans les mises à mort. Si on excepte le patron carbonisé au goudron, la quasi-totalité du reste frise le pitoyable entre cette femme embrochée sur le mât d'un voilier ou du jeune garçon transpercé de tuyaux acérés laissant apparaître des CGI à vomir comme on le rencontrera à quelques reprises. 

On s'en était douté mais la mort s'éloigne du caractère quelque peu malsain des deux premiers épisodes (voire même de certains morts du 3) pour revendiquer un aspect festif. Ici, tout est léger, le décès adoptant un caractère amusant et enjoué pour faire délirer une jeune assemblée. Bref, vous aurez compris que l'on reprend encore une fois la même recette en changeant ici et là quelques détails pour donner une vague impression de fraîcheur. En l'occurrence, Quale a l'idée d'intégrer un questionnement sociologique mis en face des miraculés, se confrontant à un choix moral.
Il leur est possible de déjouer la mort en ôtant la vie à quelqu'un afin de récupérer ses années d'existence et ainsi échapper à la Faucheuse. Ne vous y trompez pas, n'attendez aucun nihilisme, noirceur ou profondeur à ce sujet très captivant. Destination Finale 5 n'a pas pour objectif de vous faire réfléchir et de se parer d'une maturité qu'il n'atteindra jamais sauf uniquement du point de vue légal via une interdiction aux moins de 12 ans, juste histoire d'écarter les plus jeunes. 

3029263

D'ailleurs, parlons un peu des morts à venir justement car non content d'être tout sauf marquantes, elles se rapprochent aussi du superbe illogisme du 4. En d'autres termes, la conception du corps humain est proche du plastique et peut être déformé comme bon vous semble et brisé sans trop de difficulté. La mauvaise réception lors de la séance de gym voyant cette nymphe se fracturer l'ensemble du corps le tout dans une mare de sang, excusez-moi mais non ! Le reste suivra tout autant dans l'absurdité, les corps transformés en bouillie au moindre coup. Je ferai l'impasse sur les ficelles habituelles voyant toujours au moins une fois dans chacun des films une foutue prise défectueuse soumise à quelques gouttes d'eau bien vicieuses. Ainsi, à force d'exagérer la chose, Quale rejoint en fin de compte l'aspect fun et déluré déjà susmentionné. L'impact du décès en devient inexistant, ne dérangeant jamais sauf peut-être les humains les plus impressionnables de notre belle planète bleue.
Comme quoi rajouter du sang et de la chair pour un rien finit par provoquer l'effet inverse. Il est loin l'accident d'airbag du 2 ou la malencontreuse séance d'UV fatale du 3 qui savaient manier crade et spectaculaire. 

On en revient encore une fois à la même remarque attribuée aux précédents films. La mise en scène est tout ce qu'il y a de plus classique, formatée au possible mais parvenant un minimum à susciter une certaine appréciation de notre part dans son projet de préquelle. On se surprendra à lâcher un sourire en voyant une image d'archive du 1 et une dernière scène assez cool, sans oublier un générique faisant honneur à la saga. Rien de très folichon mais c'est toujours bon à prendre au vu de toutes les tares présentes. Tares parmi lesquels on verra des acteurs tout ce qu'il y a de plus insipides, juste là pour passer à la moulinette. On citera Nicholas D'Agosto, Emma Bell, Miles Fisher, Jacqueline MacInnes Wood, Ellen Wroe, Arlen Escarpeta ou David Koechner pour ne citer que ceux-là.
A noter que Tony Todd fera son grand retour toujours sous les oripeaux de croque-mort de pacotille nous récitant de manière quasi scientifique les règles de la mort. La bande son ne volera pas non plus très haut et, comme je l'ai dit avant, si les cadrages sont de bonne qualité, on pestera sur une image assez approximative lors de son passage à la 2D. 

maxresdefault (1)

Malheureusement pour la licence, c'est sur un faux pas qu'elle termine sa carrière auréolée de succès populaire qui a réussi à la hisser parmi les incontournables du cinéma d'horreur. Obliquant sur la pente déclinante amorcée par le troisième film, elle s'acoquine du traitement superficiel de la mort, de la surenchère de tripailles pour rien, ainsi que de cette horrible coolitude vue dans le cinéma d'horreur récent. A des années-lumière de l'ambiance poisseuse, oppressante et malsaine, on en vient à se dire que jamais la mort n'a été quelque chose d'aussi léger et fade. Un comble quand on sait qu'elle incarne la hantise de presque tout être vivant.
Au moins, la bonne nouvelle est que l'on peut souffler sachant que les projets de Destination Finale 6 et 7 ont été annulés faute de scénario et de réalisateurs. En revanche, la mauvaise nouvelle est que mi-janvier 2019, New Line a annoncé qu'elle réfléchissait actuellement à "réimaginer la franchise" par le biais d'un projet de reboot chapeauté par Patrick Melton et Marcus Dunstan, les scénaristes des premiers Saw. Un fait qui met bien en lumière la perte totale d'idées des studios hollywoodiens qui doivent en arriver à signer des reboot de films d'horreur des années 2000 pour combler une imagination proche du 0. Affaire à suivre donc !

 

Note : 07/20

 

 

orange-mecanique   Taratata