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Genre : Pornographie, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)

Année : 1987

Durée : 1h30

 

Synopsis : 

Tales of Naked Humiliation, c'est un assemblage de deux "histoires" que rien ne relie entre elles, si ce n'est le culte de la dépravation, de la soumission de la gente féminine face aux bas instincts de l'homme. Enchaînées, ligotées, les voici reines de ce porno déviant, mais à quel prix ?

 

La critique :

Et oui... Malheureusement pour moi, malheureusement pour ma famille, malheureusement pour les plus impressionnables lecteurs du blog qui voyaient en mes chroniques une petite bouffée d'air frais très souvent aux antipodes du trash et de l'extrême que les deux plus emblématiques chroniqueurs de Cinéma Choc revendiquaient avec panache, il semblerait que les dernières bribes d'âme mémorielles viennent de s'évaporer définitivement. Pensez-y, je débarquais pour la première fois en 2015 en chroniquant Bienvenue à Gattaca et voilà que 4 ans plus tard, un excès de furie incompréhensible et inexpugnable s'empare de moi pour balancer à intervalles de plus en plus courts de vraies saloperies sur pellicule qu'il m'aurait été impossible jadis de visionner, voire même de songer à le faire.
Alors non, au risque de me répéter, mon endurance ne me permet pas de m'approcher encore des pires monstruosités du système solaire (quoique je tends parfois à remettre en doute cet état de fait..), mais l'évidence est, néanmoins, incontestable : le nom de Taratata peut orner le très sélectif "Hall of Fame" du site par sa contribution à la rédaction d'oeuvres extrêmes. Une observation, cependant, à pondérer car je n'en suis toujours qu'à mes premiers balbutiements, véritablement initiés par les médiocres Sadi-Scream qui en ont été des instigateurs de tout premier plan. Ca remonte quand même un peu loin pour ceux qui nous suivent depuis un moment.

Pourquoi ça ? Tout simplement car mon credo est de vouloir diversifier le plus possible mon travail en m'attaquant à un peu de tout et n'importe quoi. Que ça soit le drame, l'épouvante, le film de guerre, le dessin animé, l'expérimental, le porno et le trash, chaque style est un défi qu'il me tient de réaliser. Quoi de plus jouissif qu'une collection de chroniques éclectiques où il y en aurait pour tous les goûts ? Il est vrai que depuis le début de cette année, Cinéma Choc fait fort et s'est nettement plus radicalisé. Probablement influencé par le fait de vouloir faire sensation, rester sur le banc de touche avec mes billets timorés auréolés de leur petite interdiction aux moins de 12 ans n'aurait pas été de bon ton. Je laisse aux désireux le soin de farfouiller mon modeste travail depuis lors pour en conclure que Taratata est devenu bien plus hargneux et méchant, prêt à en découdre avec l'ultra underground dans toute son effroyable perversité. Voilà que c'est à un défi de taille, surtout d'un point de vue moral, que je m'attaque à mon triptyque chaotique, comme je l'ai surnommé. Une série de 4 films tous plus obscènes et violents les uns que les autres qui auront ce bien triste honneur de se hisser (pour l'instant ?) comme les objets les plus extrêmes jamais chroniqués par mes soins. Il va sans dire que la monstruosité grimpera en intensité plus on avancera dans la série si je m'en réfère au billet maudit des 250 films les plus trash pondu par le pape du trash, j'ai nommé Inthemoodforgore, dont nous saluons le courage d'avoir réalisé ce travail de titan.
Aux esprits taquins, non je ne démarrerai pas avec un film classé 249ème/250 pour finir sur un dernier classé 246ème. Loin de là même puisque les hostilités débutent ni plus ni moins qu'avec le 107ème du classement : Tales of Naked Humiliation.

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ATTENTION SPOILERS : Tales of Naked Humiliation, c'est un assemblage de deux "histoires" que rien ne relie entre elles, si ce n'est le culte de la dépravation, de la soumission de la gente féminine face aux bas instincts de l'homme. Enchaînées, ligotées, les voici reines de ce porno déviant, mais à quel prix ?

Voilà un nom proprement inconnu sur Internet et pour cause, quand on tape le nom dans la barre de recherche Google, Ecosia et Qwant (j'avais du temps à perdre...), le seul lien nous renseignant est le site ultraspécialisé Twistedanger avec qui j'ai eu l'honneur de traiter pour aboutir à la réception du St-Graal, approximativement, 3 semaines après avoir passé commande. Dans ma filouterie, je prévenais toute polémique en faisant venir le colis chez mon père plutôt que chez ma mère. Rapport aux déboires passés avec Oltre la Follia. Déception de taille : pas de belle pochette DVD, mais juste une fine pochette plastique avec son DVD blanc où, à la place de "Humiliation", il était indiquer "Humilation". Insertion du DVD dans le lecteur, apparition d'un vieux menu gris avec une seule et unique option sélectionnable, démarrage immédiat du film après avoir cliqué dessus.
Ceux qui s'attendaient à une belle édition DVD pourront aller royalement se faire voir chez les grecs (en toute amitié bien sûr !). Aucun nom de réalisateur ou d'acteurs crédités, aucun générique de début ou de fin. L'ultra-underground dans toute sa splendeur immaculée distillant d'entrée de jeu un malaise inconscient. Je ne me permettrai pas cette offense de vous parler d'une quelconque trace de scénario car il n'y en a tout simplement aucun. Ce pseudo recueil peut se diviser nettement en 2 parties indépendantes l'une de l'autre sans qu'aucune explication logique ne nous soit fourni. Forcément, vous pouvez vous carrer le doigt dans l'oeil concernant des sous-titres anglais relevant du fantasme le plus inaccessible. Ne parlons même pas du VOSTFR.

Dès lors, bienvenue dans le cinéma porno clandestin ! Là où le budget ne dépasse pas plus de 100 yens, les 100 yens ayant été sollicités pour une caméra vomitive propre à causer une cécité fatale à un lynx tant celle-ci fait mal aux yeux. Dans mon infinie mansuétude, je me suis permis de faire des screenshot du film (les images étant tout bonnement indisponibles sur la Toile) pour vous montrer ce que mes rétines ont dû endurer durant 90 minutes montre en main. La torture se fera surtout dans le premier segment se déroulant dans une seule et unique pièce hyper éclairée, à savoir un salon où se tiennent un homme et une femme portant un kimono et dégustant un plat inidentifiable vu la qualité 4K de la caméra. Mais ce repas amoureux ne durera pas et il ne faudra pas longtemps pour que Mister se laisse aller à ses pulsions les plus bestiales, réduisant cette sympathique et souriante nymphe à l'état d'une marionnette qu'il se plaira à abuser après l'avoir saucissonné au sol.
Je ne pourrai que mettre en garde les plus coquins d'entre vous à ce qu'ils ne s'attendent pas à éprouver quelconque satisfaction sexuelle personnelle car, à moins d'être très sérieusement en manque depuis une bonne décennie, difficile que d'éprouver la moindre once d'excitation notoire. La fille se caractérisant déjà par un vagin non épilé proprement repoussant, les choses sont dites. Cette impression d'être tel Nicolas Cage dans 8MM scrutant du porno underground vient directement en tête. Toutefois, ne vous attendez pas à des sommets d'infamie où les tortures et atrocités sanglantes façon Pain Gate ou GSKD s'accumulent. 

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Tales of Naked Humiliation se limite essentiellement à la case du porno déviant sans ne jamais, ou presque, batifoler avec le torture porn. Attouchements, insertion de gode et de billes expulsées par contraction musculaire, fellation, pénétrations en long et en large, séance de lavement. Bref, le cahier de charges basique est respecté qui, plus est, est parfaitement en règle de par la dégueulasserie de la mise en scène où pas le moindre pet de romantisme ou tendresse ne flottent. Tout n'est que bestial, insensé et ordurier. Le seul moment en lien avec le torture porn sera la fameuse séquence de la cire de bougie ruisselant sur le corps de la femme et sur ses parties intimes. L'apparition rapide de cloques tend à montrer que l'acte n'est pas simulé.
Puis, coupure de caméra, rendue brouillée, floue pour dévier vers une autre pièce avec toujours un homme et une femme. A défaut de retrouver nos petits jouets, l "action" ne se résumera qu'à une simili simulation de viol et toujours ces coïts abjects dans leur tonalité. La méchanceté prend le pas sur le romantisme. La rage sévit en toute impunité, la fille subissant les coups de boutoir du psychopathe avant qu'un autre homme ne vienne faire son apparition pour une séance finale de triolisme. 

Et on en arrive au finish, désappointé par le spectacle proposé si ce n'est celui de s'être senti souillé par un réalisateur et tout un casting qui, visiblement, s'enorgueillit de patauger dans la vilenie et le sadisme purement pornographique. Forcément, mais je ne vous apprends rien, il était inutile de s'attendre à quelconque second niveau de lecture où l'on aurait pu disserter sur la philosophie freudienne. Certes, il est inutile de rechercher la violence très élevée dans les exactions physiques mais plutôt dans le recul que l'on prend face à cet outrageant spectacle où, une fois de plus, la femme est réduite à un vulgaire bout de chair pénétré en long et en large sans faire montre de respect ou de pudeur. Le patriarcat s'extasie de sa domination phallique sur ces deux corps frêles acceptant leurs desiderata, même quand il advient à ce que leur intégrité physique soit remise en cause.
Un sourire sur leur visage trahit un plaisir obséquieux jusqu'à ce que l'éjaculation, symbole d'acte libérateur, ne soit apposée comme le toucher de l'éden des sens pervertis.

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Intérêt de regarder Tales Of Naked Humiliation ? On sera forcément tenté de dire qu'il n'y en a aucun. Toutefois, si l'on prend le risque d'aborder la chose sous un angle historique, ce métrage prend alors une importance bien réelle. Sa date de sortie, 1987 quand même, pourrait bien le mentionner comme l'un des premiers pornos déviants japonais. Twistedanger lui-même indique qu'il est parmi les plus vieux genki-movies. Et puis, il y a aussi le style sans nul autre pareil, unique en son genre, incarnant par excellence la face cachée la plus sombre du Septième Art. L'air de rien, de l'ambiance exagérément glauque et malsaine, une cruelle fascination ressort du visionnage.
Fascination prenant vie dans le mysticisme entourant Tales Of Naked Humiliation, à commencer par le réalisateur inconnu, la mise en scène fauchée de A à Z. Oui, on ne peut s'empêcher en visionnant cette chose, pour ceux qui ont vu 8MM, d'être les témoins de l'existence bien fondée de la déviance pornographique tournée en vase clos, à l'abri des regards les plus indiscrets. A peu de choses près, elle pourrait être ce genre de pellicule à trôner fièrement sur les étalages des milieux sordides. 

Certes, les machines de guerre le trouveront en deçà de ce qui se fait de plus trash, et je serai entièrement d'accord avec eux. Il est vrai qu'avec un titre pareil, nous étions en droit de nous attendre à quelque chose de plus salace, de plus corsé mais reste que l'atmosphère d'une déshumanisation record pourra suffisamment impacter le cinéphile standard aventureux, qui n'aura jamais trouvé aussi réconfortant le visionnage d'un bon Marc Dorcel par après. Il est à noter qu'un Tales Of Naked Humiliation 2 existe et est également dispo sur Twistedanger.
Maintenant est-il dans la même tonalité, plus ou moins extrême que son frère aîné ? Mystère et boule de gomme car cet achat est loin d'être dans mes priorités sauf si un jour, je ne saurais pas quoi faire avec 4,99 pitoyables livres sterling. Une fois n'est plus coutume, Cinéma Choc se voit être le premier à publier la première chronique d'un film totalement méconnu. Voilà qui a de quoi ouvrir le bal en beauté avant de passer à la vitesse supérieure. To be continued...

 

Note : Expérience sympathique et enrichissante

 

 

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