shock x-treme vol 1 snuff

Genre : shockumentary, death movie, "Mondo", horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 1997
Durée : 1h30

Synopsis : Présenté et commenté par la voix d'un individu mystérieux et cagoulé d'un masque de cuir, un certain Z. 187, ce nouveau death movie examine la mort à travers des séquences d'une violence inouïe. 

 

La critique :

Suite du cycle consacré aux "Mondo", aux shockumentaries et aux death movies... Et juste pour information, le cycle n'est pas terminé... Loin de là ! Que les thuriféraires de Cinéma Choc (soit trois ou quatre personnes dans le monde, en comptant les auteurs du blog...) se rassérènent. Nous ne commettrons pas l'offense de procéder à l'exégèse de ces sous-genres du cinéma d'exploitation, même s'il convient de réitérer la genèse. En l'occurrence, le long-métrage prodrome se nomme Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962), un shockumentary dont l'objectif est de scruter, d'analyser et d'observer les us et les coutumes de peuplades séculaires à travers le monde entier.
Présenté au Festival de Cannes, Mondo Cane suscite les invectives et les quolibets de critiques unanimement hébétées en raison de sa violence jugée âpre et rédhibitoire.

Opportunistes, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi révèlent les arcanes énigmatiques et oecuméniques de leur "documenteur" iconoclaste. Les saynètes, qu'elles soient pittoresques, hargneuses, virulentes et/ou outrecuidantes, sont en réalité factices et interprétées par des acteurs amateurs et anonymes. Les deux comparses rééditeront les mêmes animosités via Africa Addio (1966), La femme à travers le monde (1963), Les Négriers (1971) et même un Mondo Cane 2 (1963). Le "Mondo" est né et va se transmuer à postériori en death movie.
En outre, Faces of Death, soit Face à la Mort (John Alan Schwartz, 1978) dans nos contrées hexagonales, s'inscrit dans la même rhétorique puisque le film scrute à son tour les rites mortuaires et oecuméniques à travers le monde entier.

Seule dissimilitude et pas des moindres, Faces of Death se polarise sur cette faucheuse qui assaille inopinément via des accidents sportifs, des exécutions sommaires, la torture gratuite d'animaux et même à travers la sentence capitale. Le death movie est né. Faces of Death se mue en une franchise avide et mercantiliste et engendre de nombreux épigones, notamment Traces of Death (Damon Fox, 1993), Faces of Gore (Todd Tjersland, 1999), Des Morts - Of The Dead (Thierry Zeno, 1979), War of Atrocities - The Horrors of War (Geof Bartz, 1983), German Concentration Camps Factual Suvey (Alfred Hitchcock et Sidney Bernstein, 2014) ou encore Orozco The Embalmer (Kiyotaka Tsurisaki, 2001). Vient également s'additionner Shock X-Treme Vol. 1 Snuff, réalisé par la diligence de Gordon Vein en 1997. Il faut se rendre sur le site IMDb et en particulier sur le lien suivant (Source : https://www.imdb.com/name/nm1356835/?ref_=tt_ov_wr) pour dénicher et déceler quelques informations élusives sur ce mystérieux cinéaste. 

En outre, le metteur en scène et producteur américain semble être l'instigateur de The Amazing Shocking Asia (1998), puis a persévéré dans le death movie via Snuff Video - Volume Red (1997). En quoi consiste le syllogisme de Shock X-Treme vol. 1 Snuff ? Inutile de préciser que ce nouveau death movie oblique vers le même continuum que Faces of Death en se centrant sur la mort à travers plusieurs saynètes véhémentes, barbares et mortifères. A juste titre, le shockumentary prodigué par Gordon Vein est auréolé par l'ultime réprobation, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans. Il s'agit également d'un death movie rarissime et confidentiel particulièrement difficile à dégoter sur la Toile. De facto, il est parfaitement inutile de rechercher le "film" sur YouTube et les réseaux sociaux... 
Pour la faribole superfétatoire, je tiens à remercier Inthemoodforgore (Inthemood pour les intimes) pour son insatiable munificence et pour le prêt de cet objet filmique non identifié (OFNI). 

Même si Shock X-Treme vol. 1 Snuff reste un objet inusité, les collectionneurs et les laudateurs du cinéma trash lui vouent une véritable allégeance puisque le film est souvent considéré comme l'un des death movies les plus brutaux, trash et extrêmes de sa catégorie. Reste à savoir si ce death movie mérite autant de vivats, d'acclamations et de satisfécits. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Attention, SPOILERS ! Présenté et commenté par la voix d'un individu mystérieux et cagoulé d'un masque de cuir, un certain Z. 187, ce nouveau death movie examine la mort à travers des séquences d'une violence inouïe. Vous l'avez donc compris. A travers cette exégèse évasive, le spectateur ébaubi aura aisément subodoré la pingrerie, voire l'absence totale de scenarii pragmatiques. 
Shock X-Treme Vol. 1 Snuff ne brille guère par sa trame narrative, finalement à l'instar des death movies habituels. 

Alors, quid de neuf dans le monde étriqué et corseté du death movie ? Si on se focalise sur le shockumentary diligenté par les soins de Gordon Vein, la réponse sera aussi lapidaire que péremptoire, à savoir : "peu ou prou". Sur la forme comme sur le fond, Shock X-Treme Vol. 1 Snuff ne diffère guère de Faces of Death et de ses succédanés adventices. Derechef, ce death movie nous afflige et nous inflige toute une litanie d'anecdotes et de séquences morbides qui visent à estourbir durablement les persistances rétiniennes. Dès lors, inutile de préciser que Shock X-Treme Vol. 1 Snuff s'adresse à un public particulièrement averti et enchaîne, sans sourciller, les séquences rudes, rustres, abruptes et d'un rare primitivisme. En l'occurrence, il serait parfaitement futile de procéder à l'exégèse des atrocités et des impudicités commises. Les meurtres, les exécutions sadiques et les supplices (en particulier, des mains sectionnées en guise de sentence) nous sont assénées via une bestialité rarement égalée. 

Dans cette litanie d'abjections et de diverses turpitudes, on retiendra notamment ce félin assailli, puis tortoré par une meute de rats à l'appétit pantagruélique. Pour ceux qui exècrent et abhorrent - à juste titre - les supplices pratiqués sur des animaux, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates. Cependant, nonobstant cette profusion de vilenies et de bassesses, Shock X-Treme Vol. 1 Snuff ne dénote guère des death movies habituels. C'est donc un léger désappointement qui suinte et transparaît lors du générique final, surtout à l'aune d'une réputation sulfureuse. En sus, on pourra légitimement se questionner sur l'apport, in fine stérile, de cette voix-off et presque dissonante, qui commente béatement les exactions proférées sur l'écran rougeoyant.
Paradoxalement, Shock X-Treme Vol. 1 Snuff frappe, cogne, rudoie et estomaque là où ça fait mal. Gordon Vein ne badine pas avec la barbaque via ce véritable florilège de tripailles qui se déchaînent et s'enchaînent devant les yeux du spectateur médusé. 
De facto, les laudateurs du cinéma trash et extrême n'y verront qu'un death movie accessoire mais, à contrario, suffisamment philanthrope pour faire avaler cette débauche d'infamies sur la durée. En revanche, les néophytes seront probablement ulcérés par ce déferlement de violences et d'extravagances à tous crins. 
Sans doute trop classique et de facture beaucoup trop conventionnelle, Shock X-Treme Vol. 1 Snuff se montre néanmoins suffisamment affable et a bien mérité sa place sérénissime dans le Top 250 des films extrêmes et scandaleux dispensé par Inthemoodforgore (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/03/18/37177484.html). Par pure mansuétude, nous accorderons à ce death movie subalterne une mention "assez bien". Pour ce genre de forfaiture, c'est déjà pas mal...

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver