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Genre : Horreur, trash, extrême, gore, pornographie (interdit aux - 18 ans)

Année : 2016

Durée : 2h16

 

Synopsis :

Shane Ryan présente la première anthologie de snuff movie, à savoir de courts films collectés de plus de 20 cinéastes à travers le monde qui ont tous réussi à repousser les limites de leur humanité à des frontières impensables, mettant en scène la souffrance et la dépravation. Plusieurs de ces cinéastes contribuant à cette anthologie ont refusé d'être mentionnés. Certains prétendent même que leur métrage est réel. A vous de juger.

 

La critique :

Il est des moments dans la vie où il faut savoir faire des choix. Pleinement impliqué dans l'aventure Cinéma Choc, une métamorphose s'est véritablement opérée en moi alors que l'année 2019 commençait. Voyant le blog prendre une tournure plus radicale que par le passé, je me suis dit de relever le défi en présentant plus de choses borderline et politiquement incorrectes que ce que je faisais avant. Au gré des semaines et de mes expériences insolites dont la force de frappe étaient, contre toute attente, facile à encaisser moralement, l'idée de voir jusqu'où je pouvais repousser mes limites a, tôt ou tard germé, dans mon esprit. Pouvais je m'attaquer aux plus hautes strates du titanesque top 250 d'Inthemoodforgore ? Un pari qui me turlupinait depuis quelques temps, au moins un bon mois avant la publication officielle de ce top en question. L'argent de la bourse étudiante (hé, hé !) apparut comme un signe providentiel du Malin à m'inciter de foncer tête baissée dans le programme dément que je m'étais concocté, à savoir une tétralogie infernale qui allait définitivement délibérer sur mes progrès en matière d'encaissement de visionnages trash et extrêmes. Un peu comme un examen en fin de compte !
Pour rappel, l'enchaînement de ces 4 pellicules suivaient une courbe presque exponentielle dans la violence, montant crescendo dans l'ignominie. Tales Of Naked Humiliation fut le premier à ouvrir le bal, à savoir un porno déviant ultra-underground et ultra-rare de surcroît, loin des sommets des pontes du genre mais s'illustrant, avant tout, par une atmosphère glaciale. Une bonne entrée en la matière à défaut de marquer au fer rouge. 

Les choses allaient, néanmoins, commencer avec The Lady In The Sea Of Blood, oeuvre également ultra-rare et absolument inconnue dans sa production. Délire expérimental de tout premier ordre, dénué de trash et d'extrême au sens propre, c'était tout le traitement d'ambiance d'un glauque rarement vu qui donnait juste envie de se purger l'esprit par la suite avec l'intégrale des Bisounours. Un OFNI purement sensoriel en son genre mais dérangeant, vraiment vraiment dérangeant. Mais dans tous les cas, on restait encore à un palier supportable. Ce que je ne vais pas réitérer pour mon 3ème et avant-dernier film de ma foutue tétralogie. De la 95ème place, soyons fous, propulsons-nous carrément 41 places plus haut en une fois, soit à la 54ème place avec Faces Of Snuff qui est, je spolie un peu, le seul film de mon projet à avoir déjà été au moins une fois abordé sur l'Internet français.
Peu importe, qu'il ait été abordé seulement en japonais, anglais, turc, slovaque ou malaisien, la confiance ne pouvait plus régner pour moi à ce stade où l'impression de ne pas pouvoir tenir psychologiquement le coup (ou du moins très difficilement) pointait dangereusement le bout de son nez. Impensable il y a quelques années de m'attaquer à ça, c'est avec une bien malheureuse fierté que j'ouvris le colis tant attendu commandé sur eBay (et toujours avec l'adresse de mon père pour la livraison pour éviter de reproduire l'incident Oltre la Follia) à un tarif d'une vingtaine d'euros. Une broutille pour certains, un tirage de gueule pour l'étudiant sans salaire que je suis. La raison de cet achat étant que ce Faces Of Snuff était tout bonnement impossible à trouver en téléchargement, torrent ou streaming. En arrière-plan, cette satanée voix qui me disait de m'y attaquer. Une fois de plus, j'obtempérais, mais à quel prix ?

téléchargement

ATTENTION SPOILERS : Shane Ryan présente la première anthologie de snuff movie, à savoir de courts films collectés de plus de 20 cinéastes à travers le monde qui ont tous réussi à repousser les limites de leur humanité à des frontières impensables, mettant en scène la souffrance et la dépravation. Plusieurs de ces cinéastes contribuant à cette anthologie ont refusé d'être mentionnés. Certains prétendent même que leur métrage est réel. A vous de juger.

Sans surprise, vous serez ravi, ou non, de savoir que Faces Of Snuff s'illustre à présent comme le métrage le plus trash jamais chroniqué par mes soins. Bref, il est vendredi soir, la longue journée et soirée à la capitale du samedi avec des potes annulée au dernier moment et reportée (encore un pu***n de signe). Même si j'étais plus en sécurité chez mon père pour le visionnage de choses de ce genre, j'attendis très très patiemment qu'il aille se coucher pour lancer le tout. Première surprise : une programmation de 136 minutes. Tout simplement génial pour moi qui espérais en avoir vite fini mais qui, au moins, ne trompait pas sur son statut d'anthologie. Un mal pour un bien en quelque sorte. Pour le coup, Shane Ryan, que nous ne citerons pas comme réalisateur mais plutôt comme monteur, a eu cette idée ingénieuse de récolter ici et là des snuff movie factices à travers le monde et suivant des époques différentes pour les compiler en un seul DVD. Pour rappel, le snuff movie ne s'apparente ni plus ni moins qu'à des films montrant la mort réelle d'un individu filmé en direct non sans avoir subi des actes de barbarie en tout genre avant. Certains contempteurs se sont tout du moins questionnés sur la véracité de certains passages de films lancés à grande échelle. On pense à Snuff, Guinea Pig et à Cannibal Holocaust.
Aussi fascinante que révulsante, l'idée de se représenter un véritable meurtre avec tortures ne pouvait qu'être impensable. Mais c'était sans compter sur la formidable capacité de l'humanité à repousser toujours plus loin son inhumanité ! 

Car oui, autant vous graver dans la tête que le snuff movie n'est pas du tout une légende urbaine. Déjà à l'époque de Marc Dutroux, des enquêteurs disaient avoir saisi une dizaine de cassettes dont je passerai les détails. La déclaration est même parue officiellement dans la Nouvelle Gazette de Charleroi le 22 janvier 1997. Mon charmant pays n'est bien sûr pas le seul épargné. Des affaires du même genre ont été vues en France, en Angleterre, en Russie, aux Pays-Bas et sans doute ailleurs. Avec l'émergence et la démocratisation d'Internet, le virtuel est devenu un nouvel endroit de prédilection pour les personnes malfaisantes cherchant à gagner un temps une sombre popularité en échange d'une somme importante d'argent. Ce n'est toutefois pas sur Google que vous trouverez ça, mais dans les recoins du darknet. On ne le répètera jamais assez mais l'Internet visible ne représente qu'une toute petite fraction de l'ensemble global de ce réseau plus perverti qu'il n'en a l'air, désireux de fournir vices en tout genre et même de la propagande. Doit-on encore citer les exactions de Daesh ?
Mais là n'est pas le but de décrire avec minutie une réalité peu perçue d'un grand nombre mais plutôt de faire un constat en long et en large que le Web malfaisant ne se limite pas aux malware, brouteurs ivoiriens et phishing en tout genre. 

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Faces Of Snuff incarne une bien honteuse vérité de notre société ayant tendance à ne pas y croire (ou vouloir y croire). Ainsi, j'inviterai très sérieusement les personnes les plus sensibles à passer outre la chronique et à s'arrêter là car s'il est affirmatif que la très grande majorité des vidéos présentées sont factices (et heureusement !!!), d'autres sèment le trouble dans notre esprit, incapable de savoir si ce qui se profile sur notre écran est réel ou non tant le réalisme est extrême. Un petit passage introductif nous présente un homme menotté témoignant que ce que nous allons voir représente les plus bas instincts d'une humanité malade mentalement.
Il serait pour le moins inutile de décrire en détails chaque vidéo partagée, d'abord parce qu'il y en a trop et parce que ça ne mènerait à rien. Mais que cela soit fake ou non, la sauvagerie est bien présente parfois dans des proportions frôlant l'insoutenable. Car une question nous taraude tout au long de la séance : A quel moment vous vous imaginez, même pour déconner, mettre en scène une simulation de meurtre ? Cette question m'est apparu en tête dans un segment clairement faux d'une mère regardant un mystérieux DVD reçu. Sur ce DVD se trouve sa fille disparue, en fait enlevée, ligotée et qui fera le bonheur d'un homme masqué la faisant saigner en parcourant son corps avec son couteau tranchant pour l'égorger comme un porc et lui ouvrir le bide, extrayant de là ses intestins, face au regard désemparé de la mère.

Pourtant, si cette vidéo est propice à faire fuir de par sa tonalité, ce n'est que de la roupie de sansonnet face à d'autres. Et c'est bien là que se situera le problème primordial de Faces Of Snuff et comme de presque toute anthologie. C'est qu'il est incapable de fournir une constante dans l'enfer filmé. Alors que le réalisme de certaines vidéos amateurs nous paralysent, d'autres nous laissent dubitatif par un réalisme pour le moins médiocre. Le meilleur exemple est ce voyage en amoureux à Chicago où tout va dégénérer. Qui plus est, on demeure assez sceptique dans le choix de cet assemblage fragmenté voyant des portions de mêmes segments s'insérer sans transition tout au long de la durée du spicilège. L'exemple de taille est ce couple dépravé ayant invité une jeune fille chez eux pour que l'homme fornique avec face caméra. Et comme on s'en doutera, les mauvais traitements émergeront vite pour se transmuer ensuite en viol suivi d'un étranglement apparemment accidentel.
Une cassure très désagréable dans le rythme, alors que nous nous attendions à une succession logique et continue des vidéos sans interruption et parasitisme de séquences dont l'on se fout éperdument. Je pense à ce présentateur nous parlant de cassettes pornos, aussi à plusieurs reprises. Peut-être cela permettra aux plus impressionnables de souffler un moment mais l'intensité en pâtit à notre grand dam. 

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Ces critiques assez désobligeantes ne peuvent toutefois pas masquer l'extrême violence du contenu propre à bouleverser même le spectateur le plus endurci. A ce sujet, je dois avouer être bien étonné des critiques anglaises narrant une mauvaise compilation, reprochant son "manque d'originalité" et sa faiblesse relative. Peut-être espéraient-ils une litanie de tortures ininterrompues, voire même exprimaient secrètement une envie malsaine de vrais snuff movie. Bien sûr, n'étant aucunement un spécialiste de pointe, je ne peux que m'exprimer de manière circonspecte sur la chose. Cependant, entre nous, Faces Of Snuff joue pour beaucoup sur une ambiance tout bonnement oppressante, d'une froideur assez hallucinante où la radicalité se trouve dans l'exécution gratuite. Ces métrages tournés avec un budget tout sauf hollywoodien ne pouvaient se risquer à verser dans du gore vite risible à cause de son manque flagrant de budget. Les exemples ne manquent pas.
Compte tenu de cela, tout miser sur l'efficacité de l'exécution est un parti bien plus judicieux au vu des effets spéciaux généralement de très bonne facture, et parfois... bien plus que ça. J'en reviens, dès lors, à certaines séquences problématiques. En effet, comme le synopsis l'indique, certains réalisateurs n'ont pas voulu être mentionné pour une raison qui m'échappe mais qui, je pense, pourrait leur faire avoir de gros problèmes au niveau social vu à quel point l'information se propage vite sur le Net. Entre nous, qui aimerait entretenir des rapports courtois avec un type qui s'est amusé à reproduire un meurtre factice au plus proche du réalisme ?

Les archétypes du faux snuff perturbant ne manquent pas. L'une des premières vidéos voit un homme suivre une femme sur un chemin de campagne pour entrer dans sa villa. La suite sera le viol filmé de cette femme n'ayant rien demandé pour être battue à mort et visiblement découpée en quelques morceaux. Le réalisme surdimensionné est juste propice à immobiliser le cinéphile aventureux. L'image de gauche juste en-dessous parle d'elle-même. De la même manière, on pourra s'enorgueillir (un terme à mettre entre 36 guillemets de chaque côté) de l'humiliation d'un cocaïnomane dans une baignoire, égorgé à son tour ou d'une fugueuse (dernière image en haut) dont la tête sera fracassée contre le mur du pont. D'autres VHS encore plus malsaines, dont une remontant aux années 80, nous font encore nous interroger sur l'existence d'effets spéciaux ou non et surtout du jeu d'acteur traduisant presque une non simulation. Le cas du viol filmé et susmentionné laisse apparaître de sérieux doutes.
Mais la palme de l'atrocité à tétaniser le spectateur sera ce fameux Captain Pride Volume 33 présenté sous forme d'extraits condensés en un seul morceau décrivant une fille enfermée dans une minuscule cage, à l'autre coin de la pièce un cadavre suspendu. Le schéma suivant étant la fille ligotée sur une table à la merci d'un homme masqué la saignant, un deuxième homme masqué aura ce plaisir malsain de la violer tandis que le premier homme l'égorgera en même temps. Le regard de cette femme à l'instant fatidique traduit un effroi inimaginable. Aucun bruitage ambiant, aucun réalisateur et équipe technique mentionnés, caméra amateure à 100%. Pas le moindre pet de renseignement à son sujet ! Compte tenu du manque total d'informations à son sujet et du réalisme cauchemardesque, personne ne sait explicitement si le contenu de la chose est réel ou fictif. Le constat est tel que des débats ardents et articles ont été générés sur la Toile pour statuer sur la chose...en vain. En ce qui me concerne, je ne sais pas quoi en penser, le regard de la femme risquant de me hanter pour toujours. Ce n'est pas par hasard que, outre le fait d'avoir détourné le regard de rage d'un garçon donnant un coup de pied gratuit à la gueule de son chien, j'ai à plusieurs reprises regardé un court instant la table au lieu de l'écran dans ce passage. Vous verrez que l'image de droite transcrivant l'incarnation du sadisme à l'état pur. 

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J'en arrive à la conclusion qu'il est superfétatoire de ratiociner davantage sur cette terrifiante chrestomathie, de qualité très inégale certes, mais rattrapée par des métrages bons à couper le souffle. De quoi poser un débat éthique sur la représentation d'un certain seuil de violence dans le Septième Art. Etant pourtant très ouvert d'esprit, j'avoue que je me suis retrouvé face à mes pensées libertaires sur la chose. Même artificiel, une simulation de snuff est-elle chose à faire d'un point de vue philosophique ? Certains répondront non, d'autres oui. En ce qui me concerne, je suis très partagé à cette ignoble idée de reproduire un faux snuff même pour faire le buzz. Où se situe la normalité ?
Peut-on considérer ces personnes comme des gens réellement malades et névrosés ? Qu'on le veuille ou non, Faces Of Snuff pose une série de débats variés sur la violence cinématographique. Les satyriasis des bourreaux face à la reproduction d'un faux viol, parfois même avec nécrophilie, a de quoi tourmenter. Mais même si les plus voyeuristes pesteront sur des tortures extravagantes et putassières absentes, la violence psychologique a vite fait de rattraper le coup. Et puis, c'est sans compter sur ce Captain Pride Volume 33 bon à infliger un coup de massue en guise de finish. Pour le petit ressenti personnel, j'ai grandement apprécié cette idée de représenter la femme en bourreau sur la pochette, comme pour illustrer la vengeance féministe de ce sexe en permanence maltraité ici. Ressortant de la séance complètement secoué, voyant le légendaire Salo ou les 120 Jours de Sodome, autrefois en numéro 1 des films les plus trash que j'ai jamais visionnés, tout bonnement pulvérisé et, tout en rempilant le DVD dans sa boîte, une constatation existentielle se posa à moi : et dire que la conclusion finale de cette expérience insolite, devenue épouvantable, se situe bien plus haut dans le top 250... 

 

Note : Ignoble/20

 

 

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