oasis des tempêtes

Genre : fantastique, aventure
Année : 1957
Durée : 1h18

Synopsis : Margaret « Maggie » Hathaway, grand reporter, accompagne les trois membres d'une expédition polaire en Antarctique. Ils survolent le pôle en hélicoptère quand l'appareil est pris dans une tempête et entraîné dans un cratère situé plus de mille mètres au-dessous du niveau de la mer. Là, une étrange chaleur les surprend. Ils découvrent un univers tropical qui ressemble étrangement à la Terre à l'ère secondaire. L'équipe affronte de gigantesques plantes carnivores et des animaux préhistoriques. Ils aperçoivent enfin des traces de pas laissés par des êtres humains. Soudain, Margaret se fait enlever, les autres se lancent à sa poursuite..

 

La critique :

Certes, si l'on évoque le grand retour de l'ère paléontologique et de ses dinosaures gargantuesques et protéiformes, les thuriféraires du cinéma fantastique argueront - presque immédiatement - Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993), et pour cause... Puisque ce blockbuster lucratif (pléonasme !) se soldera par un succès pharaonique dans les salles obscures et engendrera une saga mercantiliste et interminable. Pourtant, à la base, le film de Steven Spielberg s'inspire d'une référence proéminente. Son nom ? Le Monde Perdu, réalisé par la diligence d'Harry O. Hoyt en 1925.
Pour la première fois dans l'histoire du noble Septième Art, les dinosaures sont exhumés de leurs sépulcres et assaillent des scientifiques et des aventuriers un peu trop téméraires dans un monde étrange et évidemment hostile.

Dans cette galerie de monstres extravagants et dolichocéphales, c'est le tyrannosaure qui revêt la couronne sérénissime de cet immense prédateur, à la fois carnassier, gigantesque et d'une rare vélocité. Par ailleurs, l'animal, aux incroyables rotondités, finira par échouer, suite à d'improbables circonstances, dans nos contrées occidentales, décimant tout sur son passage. Ce schéma narratif, aussi simplissime que lapidaire, deviendra le nouvel apanage de productions peu ou prou analogiques. Le Monde Perdu influence et inspire toute une pléthore d'homologues.
A raison, les laudateurs de ce registre cinématographique stipuleront des oeuvres telles que King Dinosaur (Bert I. Gordon, 1955), Quand les dinosaures dominaient le monde (Val Guest, 1970), L'île inconnue (Jack Berhnard, 1948), La vallée de Gwanji (Jim O'Connolly, 1969), Godzilla (Ishirô Honda, 1955), Voyage au centre de la Terre (Henry Levin, 1959), Voyage dans la Préhistoire (Karel Zeman et Fred Ladd, 1955), ou encore Le Continent Fantastique (Juan Piquer Simon, 1977) parmi les films notables et éventuellement notoires.

téléchargement (2)

Vient également s'additionner L'Oasis des Tempêtes, soit The Land Unknown dans la langue de Shakespeare, et réalisé par la promptitude de Virgil W. Vogel en 1957. En l'occurrence, ce cinéaste, à la fois monteur et scénariste américain, a essentiellement officié dans des séries télévisées proverbiales, notamment Cannon (1971), Les rues de San Francisco (1972), L'Homme qui valait trois milliards (1974), L'homme de l'Atlantide (1977), K 2000 (1982), Jake Cutter (1982), Tonnerre Mécanique (1985), ou encore Code Quantum (1989).
Virgil W. Vogel compte donc peu de films à son actif, si ce n'est Le Peuple de l'Enfer (1956), qui signe sa toute première réalisation, et évidemment L'Oasis des Tempêtes. Réalisé sous le format cinémascope, le film doit composer avec un budget anomique et ne bénéficie donc pas d'une coloration de circonstance.

Il faudra donc se contenter de teintes vespérales et donc du format noir et blanc. La distribution de cette série B fantastique et adventice se compose de Jock Mahoney, Shawn Smith, William Reynolds, Henry Brandon, Douglas Kennedy, Phil Harvey, Ralph Brooks, Bing Russell et Bert Stevens. Attention, SPOILERS ! (1) Il n’y a pas que l’espace dans la vie des explorateurs de tous poils : il y a aussi l’Antarctique. Trop souvent oublié notre pôle sud, lui qui offre pourtant son lot de mystères… et de matières premières. Ce qui nous amène donc directement aux Etats-Unis, qui comme une poignée d’autres nations se décident dès les années 50 à explorer cet vaste contré que l’on pense de glace.
Voire ! Une expédition précédente a signalé une incroyable source d’eau chaude. La nouvelle expédition organisée en profite donc pour aller s’informer là-dessus. 

téléchargement (3)

Un hélicoptère contenant à son bord trois militaires et une journaliste est envoyé en éclaireur au-dessus de cette mer intérieure. Mais, pris dans une tempête, nos quatre héros iront se perdre dans une intense brume qui les mènera dans un immense creux, en dessous même du niveau de la mer, dans une zone demeurée à l’époque mésozoïque. Autant dire tout de suite qu’avec leur hélicoptère foutu et les radio-transmissions impossibles, les quatre aventuriers se trouvent dans la mouise. Survivront-ils dans ce monde hostile peuplé de dinosaures, de lézards géants et même du survivant de la précédente expédition, devenu quelque peu farouche ? (1) Vous l'avez donc compris. 
La trame narrative de L'Oasis des Tempêtes oscille et louvoie entre les scénarii confondus de plusieurs films, entre autres Le Monde Perdu et Voyage au centre de la Terre.

Seule dissimilitude et pas des moindres, ce n'est ni le centre de notre planète ni un continent oublié qui semble sourdre de nulle part, mais une sorte de brume opaque qui conduit des héros d'infortune vers un territoire inconnu de l'homme et situé à promiscuité du Pôle Sud. Peu ou prou de surprise au programme de cette série B désargentée. Faute de budget, le long-métrage de Virgil W. Vogel doit transiger avec les moyens faméliques du bord. Certes, le film se montre plutôt magnanime en termes de créatures farfelues et difformes, entre autres un monstre aux tentacules oblongues qui menace d'étrangler une aventurière. Mais dans L'Oasis des Tempêtes, ce sont surtout d'immenses lézards, filmés en gros plans pour donner cette impression d'immensité, qui constituent les stars omnipotentes du film.
L'Oasis des Tempêtes n'a donc pas la présomption de recourir à la stop-motion, une technique très en vogue à l'époque. 

téléchargement

Evidemment, le tyrannosaure belliqueux pointera le bout de son museau après quelques tribulations circonstanciées. C'est donc un acteur en déveine qui doit revêtir les frusques en carton de l'animal claudicant. Evidemment, ce monstre, à priori effrayant, suscitera au mieux quelques rictus imbéciles en raison de sa complexion ubuesque. Pourtant, nonobstant son impécuniosité et son aspect joliment désuet, L'Oasis des Tempêtes ne doit pas être qualifié de nanar ni de production funambulesque. Le film s'apparente derechef à une série B à la fois probe et modeste, qui ne dénote guère des productions habituelles et conventionnelles.
Dans cette production subsidiaire, ce sont les dinosaures affamés qui chipent la vedette au casting humain du film. Sur ce dernier point, l'interprétation ne restera pas dans les annales. 
De surcroît, certains verbiages amenuisent l'intérêt, assez relatif, de cette série B accessoire. Indubitablement, l'oaristys amoureux entre une sorte de flibustier virile et une belle gourgandine ne laissera pas une empreinte indélébile, loin de là ! Tergiversant entre l'aventure, le fantastique et les dinosaures décrépits, L'Oasis des Tempêtes reste une oeuvre aussi obsolescente que sympathique, qui flagornera probablement les laudateurs de bisseries caduques et impotentes.
Les autres maronneront et grommelleront à raison contre la désuétude d'une telle entreprise. 
Chronique élusive aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas dire de plus sur ce film... Ah si... Ma note finale fera donc preuve de mansuétude.

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://tortillapolis.com/critique-film-l-oasis-des-tempetes-virgil-vogel-1957/