independence day resurgence

Genre : science-fiction
Année : 2016
Durée : 2h01

Synopsis : Nous avons toujours su qu'ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l'ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l'extinction. 

 

La critique :

Est-il encore nécessaire de procéder à l'exégèse de la carrière cinématographique de Roland Emmerich ? La réponse serait plutôt positive, puisque le cinéaste germanique, intimement larvé au blockbuster hollywoodien, a démarré sa carrière cinéphilique vers le milieu des années 1970. En 1977, Roland Emmerich entreprend ses études à Munich avant de signer son tout premier court-métrage, Franzmann (1979). Il connaît ses premiers relents de notoriété via Le Principe de l'Arche de Noé (1984), un film étudiant qui est présenté en compétition au festival international du film de Berlin, et qui manque de peu de s'octroyer la récompense suprême, à savoir l'Ours d'Or.
Mutin, Roland Emmerich décide de s'exiler aux Etats-Unis. Le film de science-fiction, Moon 44 (1990), lui permet d'inscrire arrogamment son monogramme sur la planète Hollywood.

Mais c'est surtout la sortie d'Universal Soldier (1992) qui lui permet de s'arroger ses premières lettres de noblesse au firmament du box-office américain. Dès lors, le metteur en scène enchaîne les succès commerciaux, entre autres Stargate, la porte des étoiles (1994), Independence Day (1996), Godzilla (1998), Le Jour d'Après (2004), 2012 (2009) et Anonymous (2011). Si tous ces blockbusters sont synonymes de pécune, de capitaux et de prébendes, ils essuient paradoxalement les diatribes et les saillies de critiques presque unanimement sarcastiques.
En outre, ces acrimonies fustigent et vilipendent des productions à la fois ubuesques et dispendieuses qui s'apparentent davantage à des séries B lucratives, ingénues et parfois transies par un certain patriotisme. Pour souvenance, Independence Day envoyait dare-dare le Président des Etats-Unis étriller et massacrer de l'extraterrestre dans un avion de chasse !

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Erigé au statut de film culte pour certains, considéré comme un nanar incongru pour d'autres, Independence Day reste, bon gré mal gré, l'un des blockbusters les plus proéminents des années 1990. Il était donc évident que sous l'égide du lucre et du consumérisme à tous crins, Roland Emmerich relance, un jour ou l'autre, les inimitiés via une suite consécutive, intitulée Independence Day - Resurgence, et sortie en 2016. C'est d'ailleurs ce que scande l'oriflamme de ce second volet : "On a toujours su qu'ils reviendraient".
A l'origine, Will Smith, le héros du premier chapitre, devait effectuer son grand retour, mais le comédien est déjà sur le tournage d'un autre film, Suicide Squad (David Ayer, 2016). Plusieurs scénarii sont griffonnés pour palier (ou non) l'absence de l'acteur tant convoité.

In fine, pour des raisons d'emploi du temps, Will Smith déclinera l'invitation. Il est suppléé sur le fil par Liam Hemsworth. Viennent également s'additionner Jeff Goldblum, Jessie Usher, Bill Pullmann, Maika Monroe, Sela Ward, William Fichtner, Judd Hirsch, Brent Spiner, Grace Huang et Charlotte Gainsbourg. Certes, Independence Day - Resurgence ne réitérera aucunement les performances assourdissantes de son glorieux aîné. Néanmoins, les scores au box-office restent suffisamment probants pour satisfaire Roland Emmerich et ses producteurs.
Cette fois-ci, les critiques font preuve d'un peu plus de pondération. Certes, Independence Day - Resurgence ne renouvelle absolument pas le genre "extraterrestres bellicistes", mais fait montre de suffisamment de gratitude pour susciter une certaine clémence.

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A contrario, les contempteurs pointent et admonestent une série B souvent indigente. Reste à savoir dans quelle catégorie s'inscrit ce second chapitre. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Attention, SPOILERS ! (1) Depuis 20 ans, les nations du monde ont travaillé ensemble sur un important programme de défense colossal fondé sur la technologie extraterrestre récupérée lors de la première invasion sous la supervision de David Levinson qui est désormais le directeur de la défense spatiale. Les forces armées de la Terre comptent maintenant des chasseurs équipés de canons lasers, des satellites de défense et des bases de défenses sur la Lune et sur Rhéa équipées des mêmes super lasers utilisés par les extraterrestres pour détruire les villes. 
Les nations du monde s'apprêtent à fêter le vingtième anniversaire de la victoire sur les envahisseurs sous la houlette de Elisabeth Lanford, présidente des Etats-Unis et avec la présence de Thomas J. Whitmore et du général Grey, héros victorieux lors de l'invasion.

Dans le même temps, David Levinson se rend en Afrique avec un détachement des Nations Unies, où subsiste le seul destroyer extraterrestre qui s'était posé sur Terre et qui vient de se réactiver. À l'intérieur, il découvre que le vaisseau avait émis un signal de détresse en 1996 après la destruction du vaisseau-mère. Au même moment, un immense vaisseau sphérique émerge d'une faille spatiale au-dessus de la Lune ; pensant qu'il s'agit du retour des envahisseurs, la présidente Lanford ordonne à la base lunaire d'attaquer la sphère au moyen du super laser.
La sphère est détruite et s'écrase sur la Lune. David Levinson demande alors à se rendre sur place pour étudier les débris, il émet toutefois des doutes sur l'identité des envahisseurs. Pendant que sur la Lune, David récupère dans les débris une sphère plus petite mais intacte, un gigantesque vaisseau extraterrestre fait alors son apparition.

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La navette de David est prise dans le champ de gravité du vaisseau alien, la base lunaire riposte à l'aide de son super laser mais les boucliers du vaisseau repoussent le tir, puis la base est pulvérisée par les armes du vaisseau. Celui-ci s'approchant de l'orbite terrestre, les nations du monde décident d'utiliser leurs satellites de défense, mais ils sont tous détruits avant d'avoir pu faire feu. Il faudra compter sur l'ingéniosité d'hommes et de femmes pour sauver la Terre (1). A l'instar de son devancier, Independence Day - Resurgence fait preuve derechef de candeur et d'ingénuité.
Certes, les thuriféraires de blockbuster n'y verront qu'une grosse production éparse et décérébrée. Les autres maronneront et brocarderont à raison contre certaines doxas politiques qui apparaissent, çà et là, en filigrane. Cette fois-ci, c'est une femme qui revêt les oripeaux de "Présidente" des Etats-Unis.

Pourtant, c'est bien Bill Pullman, assigné de ses anciennes fonctions de monarque souverain, qui rempile pour une nouvelle guerre. A son tour, Jeff Goldblum fait figure de scientifique érudit qui démasque, sans sourciller, les complots ourdis par nos extraterrestres belliqueux. En sus, le long-métrage ratiocine et disserte sur la théorie d'un gouvernement mondial et sur l'existence d'un Ordre International transi par le pacifisme à satiété. On croit fabuler... Pas de doute... Nous sommes bien dans une production prodiguée, régentée et diligentée par un Roland Emmerich patenté.
Finalement, nonobstant certaines finauderies matoises, rien n'a changé depuis Independence Day premier du nom. 
Rien ou presque si ce n'est que vingt années se sont égrainées... Inexorablement. Roland Emmerich réactive à sa manière son travail de tâcheron et apparaît toujours - presque inlassablement - comme un jeune éphèbe de 14/15 ans, qui s'ébaudit de ces Terriens en perdition devant les assauts sournois et à répétition d'aliens guerroyeurs.  

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On prend les mêmes (ou presque...) et on recommence à batifoler ! Seulement voilà, en l'espace de deux décennies, les extraterrestres amènes (ou non) ont allègrement pullulé dans les salles obscures et via le support vidéo. De facto, Independence Day - Resurgence s'apparente à un curieux salmigondis filmique qui louvoie entre un épisode (ou plutôt une séquelle...) de Star Wars et un ixième épisode de la franchise TransformersTout y est : les robots, la technologie, les vaisseaux, les effets spéciaux et même plusieurs races d'extraterrestres pour l'occasion (des gentils, des méchants, des pacifiques, des félons et j'en passe...). Indiscutablement, Roland Emmerich ne recule devant aucune excentricité pour nous faire avaler le subterfuge, ainsi que le diktat américain sur le monde entier.
En cas d'annihilation et de conflagration massive, ce sont les Etats-Unis qui dominent, haranguent, opèrent et dirigent les belligérances.

Paradoxalement, il est difficile de qualifier cette suite de nanar usité et faisandé. Roland Emmerich semble avoir conscience de l'inanité de son entreprise et nous gratifie d'une profusion de saynètes d'action ; une façon comme une autre de satisfaire son audimat peu exigeant en termes de qualités cinématographiques. Au final, ce blockbuster, aussi modique que sympathique - en dépit de son dilettantisme et de ses incohérences narratives, démontre toute la vacuité du blockbuster actuel. In fine, Independence Day - Resurgence n'en est que la quintessence et se sauve in extremis de la nigauderie généralisée grâce à ses effets spéciaux somptuaires.
Allez, par miséricorde, nous n'accablerons pas cette production onéreuse du statut de nanar échevelé. C'est sans doute très (trop ?) généreux...

 

Note : 07/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Independence_Day:_Resurgence