Jackals

Genre : horreur, home invasion (interdit aux - 12 ans)
Année : 2017
Durée : 1h25

Synopsis : Jimmy Levine est spécialisé dans l'aide aux victimes de sectes, n’hésitant pas à recourir à la violence si nécessaire pour les en sortir. Il est engagé par une famille dont le fils est sous l’emprise d’un culte satanique. Levine parvient à le kidnapper pour le ramener aux siens. Les membres du culte ne vont pas en rester là : ils encerclent la maison familiale, décidés à récupérer leur bien. La nuit va être longue. 

 

La critique :

Certes, le home invasion s'est largement répandu et démocratisé depuis quelques années, que ce soit au cinéma ou en vidéo, surtout après le succès inopiné de You're Next (Adam Wigard, 2012), un film d'horreur indépendant qui a tracé et sillonné sa route à travers divers séjours festivaliers, puis dans les salles obscures. Auréolé d'une réputation sulfureuse et de critiques unanimement dithyrambiques, You're Next fait prestement figure de bréviaire, voire de mentor à consonance tutélaire dans le registre du home invasion. Pourtant, sur la forme comme sur le fond, le long-métrage d'Adam Wigard ne renouvelle et ne révolutionne aucunement un genre erratique et plutôt anomique dans l'ensemble. 
Pis, on stipule, çà et là, toute une pléthore de carences scénaristiques imputables et hélas préjudiciables au film d'Adam Wigard.

Contrairement à certains apparats matois, You're Next n'est donc pas cet uppercut horrifique ni cinéphilique décrié par son armada de thuriféraires. Que soit. Le long-métrage d'Adam Wigard s'inspire de glorieux aînés qui venaient eux aussi renâcler du côté du home invasion. On songe notamment à La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972), un métrage âpre et virulent par ailleurs réactivé par un remake éponyme et réalisé par la diligence de Dennis Illiadis en 2009. Depuis la sortie de ce remake, le cinéma horrifique peut s'enhardir d'une floraison d'home invasion, entre autres la saga American Nightmare, Don't Breathe - La Maison des Ténèbres (Fede Alvarez, 2016), Intruders (Adam Schindler, 2015), Torment (Jordan Baker, 2013), Hate Crime (James Cullen Bressack, 2012), Kidnappés (Miguel Angel Vivas, 2010), Straw Dogs (Rod Lurie, 2011), ou encore The Strangers (Brian Bertino, 2008).

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Vient également s'additionner Jackals, réalisé par la diligence de Kevin Greutert en 2017. Que ce soit sous les oripeaux soyeux de monteur et/ou de réalisateur, le cryptonyme de Kevin Greutert rimaille invariablement avec la saga Saw (Aïe, aïe, aïe...), en particulier avec Saw premier du nom (James Wan, 2004), Saw 2 (Darren Lynn Bousman, 2005), Saw 3 (Darren Lynn Bousman, 2006), Saw 4 (Darren Lynn Bousman, 2007), Saw 5 (David Hackle, 2008), Saw 6 (Kevin Greutert, 2009) et Saw 3D (Kevin Greutert, 2010), une franchise dont il est, in fine, l'un des principaux démiurges et instigateurs. Corrélativement, les laudateurs du cinéma horrifique stipuleront également Jessabelle (2014) et Visions (2015) parmi ses réalisations notables et éventuellement notoires.
Il n'est donc pas surprenant de retrouver Kevin Greutert derrière la caméra d'un nouvel home invasion, d'autant plus que ce dernier avait déjà officié sur le montage et le tournage de The Strangers (déjà susmentionné dans ses lignes).

Comment expliquer la ferveur du public à l'égard de ce genre souvent atone et rébarbatif ? Sans doute par cet aspect à la fois comminatoire et intrusif, gloseraient les critiques et certains contempteurs. Evidemment, Jackals ne déroge pas à cette règle rédhibitoire. Reste à savoir si le film se démarque ou dénote parmi une concurrence apoplectique en la matière. En l'occurrence, cette série B adventice n'a même pas bénéficié d'une sortie dans les salles dans nos contrées hexagonales et devra seulement se contenter d'un passage élusif via le support vidéo.
Toutefois, Jackals est aisément disponible sur la Toile et les sites de streaming... Donc, avis aux amateurs patentés du genre ! La distribution du film se compose de Stephen Dorff, Johnaton Schaech, Deborah Kara Unger, Ben Sullivan et Chelsea Rickets.

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Attention, SPOILERS ! Dans les années 1980, Jimmy Levine est spécialisé dans l'aide aux victimes de sectes, n’hésitant pas à recourir à la violence si nécessaire pour les en sortir. Il est engagé par une famille dont le fils, Justin, est sous l’emprise d’un culte satanique. Levine parvient à le kidnapper pour le ramener aux siens. Mais Justin résiste et ne cède pas aux objurgations de sa famille. Les membres du culte ne vont pas en rester là : ils encerclent la maison familiale, décidés à récupérer leur bien. La nuit va être longue... Au moins, le préambule de Jackals a le mérite de présenter les animosités.
Ce nouvel home invasion se targue de s'inspirer de faits bien réels qui se seraient déroulés (un verbiage à guillemeter et à mettre au conditionnel) dans un trou perdu et claustré de l'Oncle Sam. Pour Kevin Greutert, pas question de s'appesantir sur la psyché et la psychologie de ses divers protagonistes.

Par ailleurs, ces derniers se comptent sur les doigts d'une main sévèrement atrophiée. Grâce au concours d'un expert avisé, un certain Justin Powell est extrait d'une secte satanique (je renvoie au synopsis du film...) dans laquelle il a été endoctrinée. De facto, Kevin Greutert s'emploie à rythmer l'action et les inimitiés dans une campagne éculée de l'Amérique, mais se montre plutôt pingre lorsqu'il s'agit de fournir de plus amples explications. Par exemple, comment Justin s'est-il laissé fourvoyer et avilir par cette secte ? Quelles sont les doctrines fallacieuses érigées et prônées par cette susdite secte, dont les membres, par ailleurs, sont encapuchonnés par des masques d'animaux ?
Autant de questions sans réponse. Nonobstant une tension permanente, le scénario de Jackals ne parvient jamais à surprendre ni à estourbir son audimat en raison, justement, de ce manque cruel voire abyssal d'informations.

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A l'instar de Torment et You're Next (déjà précités dans cette chronique), Jackals suinte avant tout le vide intersidéral et se révèle prestement fastidieux sur sa durée pourtant élusive (à peine une heure et 25 minutes de bobine, générique y compris). De facto, difficile de partager et de s'éprendre pour les tourmentes et les géhennes de cette famille américaine lambda et assaillie par les membres d'une secte satanique. En sus, le film souffre de certaines facilités narratives. Par exemple, on a bien du mal à saisir comment un expert chevronné peut être aussi facilement appréhendé et mis hors d'état de nuire par des tortionnaires sans aucun scrupule.
Heureusement, Jackals se sauve in extremis de l'ennui abyssal grâce à ses saynètes d'action plutôt généreuses.

A contrario, l'horreur et l'effroi cèdent rapidement à la fastidiosité en raison d'une furieuse impression de déjà vu, déjà fait, déjà produit, déjà réalisé, déjà rabâché et de déjà réitéré à moult reprises. Certes, la conclusion finale, en apothéose, dénote des conventions habituelles en obliquant vers la déroute, la mort, la déréliction et la fatalité. Point de happy end, mais l'ensemble reste beaucoup trop rudimentaire et conventionnel pour susciter l'appétence sur la durée. Vous l'avez donc compris. Ce n'est donc pas Jackals qui risque de faire vaciller la couronne sérénissime détenue par d'autres candidats bien plus émérites et érudits lorsqu'il s'agit d'estropier, de mutiler et d'apostropher de vulgaires quidams. Dès lors, il faudra se contenter d'une réalisation plutôt bien troussée et d'une photographie cérémonieuse en guise de rattrapage. Bref, en quelques mots : pas de quoi se relever la nuit et encore moins de pousser quelques cris d'orfraie...

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver