faces of death fact or fiction

Genre : shockumentary, "Mondo", documentaire, "documenteur", death movie, horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 1999
Durée : 42 minutes

Synopsis :  Interrogé par une journaliste, John Alan Schwartz, qui prend le pseudonyme de Conan Le Cilaire, revient sur les mystères de la série Faces of Death. Ainsi, de nombreuses questions se posent sur la véracité et l'authenticité de certaines séquences qui ont durablement marqué les persistances rétiniennes. Pour la journaliste, cette interview a pour vocation de discerner cette frontière ténue entre la fiction, le mythe, les boniments savamment déguisés et la réalité. Tel est le principal leitmotiv de Faces Of Death - Fact or Fiction ?   

 

La critique :

Pour souvenance, la saga Faces Of Death , soit Face à la Mort dans nos contrées hexagonales, a reçu les honneurs et les faveurs du blog Cinéma Choc en son temps via la chronique des quatre premiers chapitres, soit Faces of Death (John Alan Schwartz, 1978, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/04/21/31830383.html), Faces Of Death 2 (John Alan Schwartz, 1981, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/05/23/31855972.html), Faces Of Death 3 (John Alan Schwartz, 1985, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/11/11/32452775.html) et Faces Of Death 4 (John Alan Schwartz, 1990, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2017/12/27/35993482.html). Suite au succès commercial et pharaonique du premier chapitre, John Alan Schwartz, qui emprunte le pseudonyme de Conan Le Cilaire, décide de transmuter son death movie en une franchise cupide, lucrative et mercantiliste.

Pourtant, c'est bien le premier épisode, interdit, banni, proscrit, voué à l'opprobre et aux gémonies dans plus d'une centaine de pays - détenant par ailleurs le record de réprobations à travers le monde - qui reste dans les mémoires et les annales, et qui estourbit durablement les persistances rétiniennes. Opportuniste, John Alan Schwartz poursuivra les belligérances via Faces of Death 5 (1995) et Faces of Death 6 (1996). Pour la faribole superfétatoire, le sixième opus ne s'apparente qu'à une compilation des meilleurs (des pires...) extraits des précédents chapitres.
Faces of Death 6 peut donc se présenter comme une sorte de best-of (ou plutôt de "Worst of"...) de la franchise Faces of Death, corroborant ainsi toutes la perniciosité de l'entreprise. Certes, à raison, on peut légitimement gloser, pérorer et s'interroger sur les véritables intentions (fallacieuses) de son auguste démiurge.

Mais quoiqu'il advienne, John Alan Schwartz restera, bon gré mal gré, l'auteur et le créateur - presque thaumaturgique - du death movie. En vérité, le cinéaste s'inspire des exactions et des impudences commises et proférées dans Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962), le long-métrage prodrome en matière de "Mondo" et de shockumentary à tropisme mortuaire. L'objectif obéit peu ou prou à la même ritournelle et consiste à scruter et à discerner les us et les coutumes oecuméniques de peuplades séculaires à travers le monde entier.
Faces Of Death reprend la même dialectique, mais se polarise - comme son intitulé l'indique - sur la mort lorsqu'elle assaille subrepticement quelques individus lambdas. C'est d'ailleurs ce que scande son oriflamme rougeoyante : "Quand la mort n'est pas du cinéma...".

Indubitablement, le premier volet déchaînera les passions. Bien que censuré, honni et gourmandé par des critiques pour le moins dubitatives, Faces Of Death devient un vrai phénomène populaire, surtout aux Etats-Unis. Il s'arroge même la couronne sérénissime de ce fameux Saint Graal, à la fois prisé, adulé, voire même adoubé par les thuriféraires du cinéma trash et extrême. La raison ? A priori, les saynètes d'exécutions sadiques, de meurtres, de suicides et/ou d'accidents routiers et sportifs seraient bien réelles. Or, selon certaines galéjades, plus de 95% des séquences tournées seraient en réalité factices et parfois même interprétées par John Alan Schwartz et ses fidèles prosélytes.
C'est ce que propose de décrypter Faces Of Death - Fact Or Fiction ? (John Alan Schwartz, 1998), un septième et ultime épisode qui doit clore la saga en apothéose.

Attention, SPOILERS ! Interrogé par une journaliste, John Alan Schwartz, qui prend le pseudonyme de Conan Le Cilaire, revient sur les mystères de la série Faces of Death. Ainsi, de nombreuses questions restent en suspens. Il s'agit, entre autres, de s'interroger sur la véracité et l'authenticité de certaines séquences qui ont durablement imprimé les persistances rétiniennes. Pour la journaliste, cette interview a pour vocation de discerner cette frontière ténue entre la fiction, le mythe, les boniments savamment déguisés et la réalité. Tel est le principal leitmotiv de Faces Of Death - Fact or Fiction ? 
Autant l'annoncer sans ambages. Exempt le premier chapitre, la franchise Faces Of Death ne présente qu'un intérêt assez relatif. Certes, les épisodes suivants respecteront plutôt doctement le cahier des charges, à condition de faire fi du troisième et du sixième opus, réalisés pour engendrer encore un peu plus de prébendes et de bénéfices dans la foulée.

Indiscutablement, après Faces of Death premier du nom, Faces of Death - Fact Or Fiction ? est sans doute le death movie le plus intéressant et le plus éloquent de la saga puisqu'il a, notamment pour aspérités, de décrypter cette frontière poreuse entre le mythe, la légende, les boniments savamment fomentés et la réalité. Toujours la même antienne... D'une durée approximative de 45 minutes, Faces of Death - Fact or Fiction ? a donc pour velléité d'oblitérer la part d'ombre qui imprègne et imbibe cette franchise pour le moins énigmatique.
Vêtu d'un chapeau de cowboy et masqué par une large pénombre, John Alan Schwartz tient à garder son visage et son identité anonymes. Questionné par une journaliste, le réalisateur répond sans barguigner sur les secrets et les arcanes de la série Faces Of Death.

Quelles sont ces fameuses scènes non falsifiées ? A contrario, quelles sont ces fameuses séquences factices et largement dévoyées pour l'occasion ? Autant d'interrogations qui méritent enfin des éléments de réponse. Tel est, derechef, l'apanage de Faces of Death - Fact Or Fiction ? Peu ou prou de surprise au programme des tristes réjouissances. Si le supplice d'un chimpanzé, rudoyé puis tortoré par des touristes à l'appétit pantagruélique, est bien réel, les susdits touristes sont en vérité des acteurs. En revanche, la mise à mort de l'animal n'est pas truquée.
En outre, cette saynète rutilante réactive les rémanences et les réminiscences déjà douloureuses de Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980) via les exactions (elles aussi bien réelles) de divers animaux de la forêt tropicale...

Par contre, pour les canidés dépecés et entrevus dans Faces of Death 4, la séquence tient heureusement du leurre et de la supercherie avérée. Que les esprits les plus pudibonds se rassérènent, aucun chien n'a été massacré ni étrillé durant ces diverses impudicités gourmandes ! Puis, sans fard, John Alan Schwartz revient sur cette scène, hélas tristement notoire, de séquence capitale qui voit un jeune condamné à mort exhaler son dernier soupir sur la chaise électrique. Le spectateur hébété aura aisément subodoré le subterfuge matois. A l'époque, John Alan Schwartz met en scène la sentence fatidique. La saynète, d'une violence inouïe, est évidemment truquée, falsifiée mais néanmoins d'un réalisme ébourriffant. Même remarque pour cet homme dont la jambe gauche est en partie arrachée après un accident de la route. En revanche, la vue de cet individu anonyme, largué, noyé et laissé pour mort par les eaux revêches de l'océan, est à priori bien réelle. Voilà pour l'ensemble des explications retorses !
Le frère de John Alan Schwartz vient lui aussi s'agréger aux inimitiés. Le frangin affable a ostensiblement participé aux animosités ambiantes. Ce dernier ne cache pas sa fascination, voire sa dilection pour la mort, et en particulier pour sa propre mort. 
C'est aussi ce qu'il faudra retenir de Faces of Death - Fact or Fiction ?, à savoir notre propre appétence pour le consumérisme, ainsi que cette scopophilie maladive qui aiguise et aiguise (si j'ose dire...) ponctuellement notre quotidien. Il n'en fallait pas davantage pour redorer un peu le blason d'une saga exsangue, mais cependant mythique, et qui aura fait couler beaucoup d'encre. Allez, par mansuétude, nous accorderons une mention "assez bien" à ce shockumentary plutôt instructif dans l'ensemble.

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver