2012

Genre : science-fiction, catastrophe
Année : 2009
Durée : 2h38

Synopsis : Les Mayas, l'une des plus fascinantes civilisations que la Terre ait portées, nous ont transmis une prophétie : leur calendrier prend fin en 2012, et notre monde aussi. Depuis, les astrologues l'ont confirmé, les numérologues l'ont prédit, les géophysiciens trouvent cela dangereusement plausible, et même les experts scientifiques gouvernementaux finissent par arriver à cette terrifiante conclusion. La prophétie maya a été examinée, discutée, minutieusement analysée. En 2012, nous saurons tous si elle est vraie, mais quelques-uns auront été prévenus depuis longtemps... Lorsque les plaques tectoniques se mettent à glisser, provoquant de multiples séismes et détruisant Los Angeles au passage, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se jettent à corps perdu, comme des millions d'individus, dans un voyage désespéré. Tous ne pourront pas être sauvés...   

 

La critique :

La fin des temps, l'Apocalypse ou encore l'Armageddon ont toujours inspiré le noble Septième Art, même dès ses premiers balbutiements. Les cinéphiles les plus chevronnés stipuleront probablement sans barguigner le bien nommé La Fin du Monde, connue aussi sous le cryptonyme de L'Epée Flamboyante (August Blom, 1916), un film muet et de science-fiction qui relate déjà, à l'époque, le passage d'une comète à promiscuité de notre planète, et provoquant chaos et de multiples désordres sociaux. Que ce soit sous l'égide de l'écologie, de la folie des hommes, d'une Troisième Guerre mondiale putative, ou encore sous les assauts répétés d'extraterrestres aux intentions bellicistes, la paix terrestre semble ponctuellement menacée par des forces inexpugnables et comminatoires.
En parallèle, c'est aussi une Humanité qui se délite et périclite, incapable de juguler et de réfréner ses ardeurs, ainsi que ses pulsions d'autodestruction.

En outre, il faut se rendre sur le site Cine Traffic pour déceler et dénicher le Top 25 des meilleurs films catastrophes qui ont attrait à l'eschatologie et à des temps funestes (Source : https://www.cinetrafic.fr/top-film-fin-du-monde). Dans ce classement aussi foisonnant que subjectif, les thuriféraires de ce registre cinématographique n'omettront pas de notifier des oeuvres telles qu'Interstellar (Christopher Nolan, 2015), Donnie Darko (Richard Kelly, 2001), Prédictions (Alex Proyas, 2009), La Route (John Hillcoat, 2009), Le jour où la Terre s'arrêta (Robert Wise, 1951), ou encore La Fin des Temps (Peter Hyams, 1999) parmi les longs-métrages notables et éventuellement notoires.
Dans ce classement, on ne relève, in fine et exception de rigueur, que des blockbusters assez surannés et faisandés par le chaos et les déflagrations ad nauseam.

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Vient également s'agréger un autre candidat transi par la confusion et des conséquences particulièrement délétères pour notre climat, j'ai nommé 2012, réalisé par la diligence de Roland Emmerich en 2009. Le cinéaste d'origine germanique, exilé depuis des temps immémoriaux aux Etats-Unis et spécialiste éminent du blockbuster grandiloquent, n'a jamais caché sa fascination, voire sa dilection pour la fin des temps. Pour souvenance, Roland Emmerich avait déjà enfilé les oripeaux d'un cinéaste affublé de médiumnité dans Le Jour d'Après (2004), à ne pas confondre avec le film homonyme de Nicholas Meyer qui, lui aussi, se polarisait sur la fin du monde, cette fois-ci sous l'égide du nucléaire et de la bombe atomique. En l'occurrence, le scénario de 2012, par ailleurs griffonné par les soins de Roland Emmerich lui-même et avec la complicité béate d'Harald Kloser, se base sur les croyances mayas.

Dixit cette même prophétie, la Terre serait la victime des effluves solaires, en particulier des neutrinos qui affecteraient durablement et considérablement le noyau de notre planète, provoquant entre autres vents et marais. C'est ainsi que naît le concept de 2012. A l'origine, Roland Emmerich aspirait même à détruire intégralement la Mecque, mais la scène sera retirée lors du montage final afin de ne pas provoquer un autre séisme, cette fois-ci religieux et sociétal. En corrélation, 2012 n'échappera pas au couperet acéré de la censure, en particulier en Corée du Nord.
Le gouvernement impérieux juge le long-métrage acrimonieux et propagandiste en raison de l'image désastreuse qu'il prône de la nation hégémonique. L'église catholique du Brésil corrobore ces diverses belligérances et supporte mal de voir la statue du Christ vaciller, puis emporter par toute une série de catastrophes naturelles.

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Pourtant, toutes ces polémiques n'empêcheront pas le film de Roland Emmerich de cartonner au box-office américain, ainsi qu'à travers le monde. 2012 devient ainsi l'un des longs-métrages les plus rentables du metteur en scène germanique, accréditant ainsi son statut sérénissime de réalisateur de blockbusters aux effets spéciaux somptuaires. A contrario, les critiques, pour le moins dubitatives, brocardent, gourmandent et agonisent 2012 d'injures. Pour les contempteurs les plus atrabilaires, le film de Roland Emmerich se démarque surtout par sa stupidité.
Reste à savoir si 2012 mérite autant de sarcasmes et de persifflages circonstanciés. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution de ce long-métrage catastrophe se compose de John Cusack, Amanda Peet, Chiwetel Ejiofor, Woody Harrelson, Thandie Newton, Oliver Platt, Danny Glover, George Segal, Thomas McCarthy, Patrick Bauchau, Jimi Mistry et John Billingsley.

Attention, SPOILERS ! Les Mayas, l'une des plus fascinantes civilisations que la Terre ait portées, nous ont transmis une prophétie : leur calendrier prend fin en 2012, et notre monde aussi. Depuis, les astrologues l'ont confirmé, les numérologues l'ont prédit, les géophysiciens trouvent cela dangereusement plausible, et même les experts scientifiques gouvernementaux finissent par arriver à cette terrifiante conclusion. La prophétie maya a été examinée, discutée, minutieusement analysée. En 2012, nous saurons tous si elle est vraie, mais quelques-uns auront été prévenus depuis longtemps... 
Lorsque les plaques tectoniques se mettent à glisser, provoquant de multiples séismes et détruisant Los Angeles au passage, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se jettent à corps perdu, comme des millions d'individus, dans un voyage désespéré. Tous ne pourront pas être sauvés... 

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A travers les feux, les incendies multiples et sa litanie de conflagrations, 2012 transparaît comme le digne épigone d'Armageddon (Michael Bay, 1998), un autre film catastrophe aux intentions patriotiques et prétentiardes. Certes, si par certaines matoiseries peu ou prou finaudes, 2012 suinte le conservatisme à plein nez, Roland Emmerich élude toute tentation de verser dans l'allocution nationaliste. Le réalisateur préfère opter pour le grand spectacle à satiété. Dans ce sillage et ce continuum, le metteur en scène remplit doctement son office et nous afflige de tous les désastres imminents et possibles : pluies diluviennes, grandes vagues dévastatrices, tsunamis puissants, des coulées de lave gargantuesques, des volcans vrombissants et l'annihilation de toutes les civilisations humaines, le tout corseté sous le nez d'un Américain lambda (John Cusack) et de sa petite famille en déliquescence.

Indubitablement, Roland Emmerich ne recule derrière aucune excentricité, même quand le Président des Etats-Unis, un afro-Américain, nous affuble d'un discours solennel. Cette fois-ci, personne ne sera sauvé et ne réchappera à ce chambardement massif, si ce n'est quelques quidams de fortune. Même le Président des Etats-Unis (encore lui !) accepte son triste fatum et attend sans sourciller sa mort prochaine et imminente. On croit fabuler... Comme de coutume, les enfants, les cabots et les félins échapperont de peu à cette série de catastrophes ambulantes.
Dans ce fiasco artistique, les hommes n'omettront pas de sauver ce qu'il reste encore de la faune et de la flore, reconstituant ainsi la prophétie et cette Arche de Noé, qui transparaît en filigrane. Indiscutablement, la religiosité apparaît elle aussi de façon furtive, et Roland Emmerich ne pourra pas renier ni démentir quelques relents catholiques et conservatistes dont il est hélas coutumier.

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Dans ce monde où la peur et le chaos règnent de façon autocratique, c'est le catholicisme qui se sauve in extrémis, au dépit des autres religions ; une lapalissade... A l'instar d'Armageddon (déjà susmentionné dans ses lignes) en son temps, 2012 reste une oeuvre inique et propagandiste. Seule idée madrée et un tantinet perspicace, Roland Emmerich n'épargne pas ces vils nababs qui détiennent la pécune et le capital. Eux aussi semblent condamnés à se fondre et à mourir dans cette série ininterrompue de vagues et de flots dévastateurs. Hélas, ce syllogisme incoercible est prestement abandonné pour laisser place à un déferlement de rebondissements idiots.
Paradoxalement, tous les effets spéciaux, digitaux et numériques, pourtant réalisés avec beaucoup de promptitude, ne parviennent pas à masquer ni à oblitérer la doxa évidente de ce long-métrage nihiliste, curieusement sympathique, en dépit de ses allocutions sectatrices. De facto, difficile de qualifier ce 2012 de nanar ou de navet avarié, mais le film échappe de justesse à notre courroux, ainsi qu'à notre ultime réprobation.

Note : 07/20

sparklehorse2 Alice In Oliver