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Genre : Shockumentary, death movie, horreur, trash, extrême (interdit aux - 18 ans/interdit aux - 21 ans à certains endroits)

Année : 1999

Durée : 1h20

 

Synopsis :

Meurtres, accidents, autopsies ou catastrophes naturelles. Corps putréfiés, décharnés ou disloqués. Tous sont le témoignage de l'instant fatidique d'une mort non naturelle. Une mort sans effets spéciaux ou quelconque trucage. La série des Arquivos Da Morte expose la mort véritable à un cinéphile qui ne retrouvera son souffle qu'arrivé au bout du tunnel

 

La critique :

Avant de débuter la chronique, j'ai un secret à vous avouer... Je suis devenu un grand malade ! Voilà comme ça c'est dit. Depuis le début de cette année, je me rends compte que je n'ai jamais été autant énervé, que je n'ai jamais autant chroniqué à tour de bras d'atrocités filmiques à même de mettre K.O 98% de la population à très large échelle. Vous aurez deviné contre toute attente que ce ne sont pas les pontes du trash, qui sont Alice In Oliver et Inthemoodforgore, qui se cachent derrière cette pochette profondément infâme mais bien moi, Taratata en chair et en os. Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans ma tête ? Pour tout vous dire, malgré le temps passant, je n'ai toujours pas trouvé ce qui n'allait pas/plus. Mais le fait est qu'il faut se rendre à l'évidence, ma présence timorée via mes films sages commence à se faire occulter par diverses choses devant lesquelles j'aurais brandi un crucifix il y a de ça quelques années. Si l'on peut logiquement établir des prémisses amorcées pour fêter ma 50ème chronique, la publication de billets axés autour de ce genre de films était suffisamment rare que pour attirer l'attention.
Or, depuis ce triste mot du 2 juillet 2018, quelque chose a changé. Je me rappelle qu'Inthemoodforgore plaçait beaucoup d'espoirs en moi pour lui succéder. Je crois que c'est, à moitié, chose faite même si je ne peux décemment soutenir la comparaison avec le boss du blog, de par le niveau ahurissant de pellicules trash et extrêmes abordées par ses soins. 

Néanmoins, j'ai été, façon de parler, ravi de vous lâcher en offrande une effroyable tétralogie qui m'aura donné de sérieuses sueurs froides pour arriver jusqu'au bout, du moins pour les deux derniers films qui atomisaient sans mal tout ce que j'avais vu jusqu'à présent. Seulement, il manquait encore deux points d'importance pour parachever mon travail global. Celui qui aurait dit que j'ai pu officier, au moins une fois, dans chaque catégorie. Vous connaissez mon appétence pour la diversité et vous aurez aisément compris que, jusqu'à présent, je n'avais encore jamais chroniqué de shockumentary/death movie sur le blog. Après cette tétralogie, c'est donc à un inattendu diptyque auquel je vais m'attaquer. Le but étant, outre le fait de vaincre mes répulsions de jadis, d'apporter, comme je l'ai dit avant, de la complexité à mon travail. L'innovation, c'est ce qui me fait jouir, encore une fois façon de parler. Si cette branche ultra-underground du cinéma déclenche inévitablement la fuite, crée un malaise inextinguible à juste raison, je vous apprendrai qu'il ne s'apparente ni plus ni moins qu'à une petite diarrhée d'enfant de choeur en comparaison de l'ultime défi que je présenterai prochainement.
La définition de "vaincre sa peur" n'aura probablement jamais été aussi intense et véridique mais je garderai la surprise. Dès lors, revenons à nos moutons avec le premier et avant-dernier segment de ce sympathique et malodorant diptyque avec une rareté de premier choix ou presque.

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ATTENTION SPOILERS : Meurtres, accidents, autopsies ou catastrophes naturelles. Corps putréfiés, décharnés ou disloqués. Tous sont le témoignage de l'instant fatidique d'une mort non naturelle. Une mort sans effets spéciaux ou quelconque trucage. La série des Arquivos Da Morte expose la mort véritable à un cinéphile qui ne retrouvera son souffle qu'arrivé au bout du tunnel

Très inspiré par ce que j'avais vécu, et face à la totale absence de synopsis, il m'a bien fallu en pondre un. De plus, pour ne rien arranger, l'absence totale de photos sur la Toile m'a aussi forcé à faire des captures d'écran pour styliser, si je puis dire, la chronique. Ce n'était pas la première fois que j'en étais arrivé à faire ça de toute manière. Autant dire que si je voulais m'attaquer enfin à ce genre, il fallait bien que cela serve à quelque chose. Voilà pourquoi mon choix s'est porté sur la série des Arquivos Da Morte, soit l'une des plus austères et obscures compilations de morts en tout genre. Douze, je dis bien douze opus sont sortis avec chacun leur petite particularité.
Dans Arquivos Da Morte Mulheres, ce sont les femmes qui sont à l'honneur. Dans Arquivos Da Morte Guerra Dublado, c'est donc la guerre. Je ne m'attarderai pas à tous les mentionner car ça n'en vaut pas la peine. Pour cette première, mon choix se porta sur Arquivos Da Morte Corpos, que je découvris, classé 59ème du top 250 d'Inthemood (donc un sérieux client). Première caractéristique de choix, le réalisateur ou plutôt le compilateur semble inconnu. Sur un site visiblement portugais, on avance le nom de Susumu Saegosa, soit le réalisateur de l'abject Squirmfest. Deuxième caractéristique encore plus importante, sa totale absence sur le Web français est une excellente opportunité pour que Cinéma Choc puisse briller une fois de plus, et soit le premier à traiter d'un nouveau film déviant. 

Vous devez sans doute vous dire qu'un tel métrage doit être une sacrée gageure à obtenir. Eh bien, contre toute attente, ce n'est absolument pas le cas. Il vous est même offert deux opportunités. Cependant, il y a deux versions disponibles. La première, en version intégrale, de 1h20 est disponible entièrement sur YouTube depuis un peu plus d'un mois donc pour les rares thuriféraires, prière de s'y jeter avant que le risque de censure, au vu de l'extrême violence, ne le frappe. La deuxième, réduite de près de la moitié, de 44 minutes peut être obtenue sur le site au nom éponyme en téléchargement direct. Qu'est-ce qui peut expliquer une telle différence ? Cela résulte simplement de l'amputation totale des scènes d'autopsie. Du coup, ça allège considérablement l'impact du visionnage.
Pour la petite information, ce n'est pas le seul de la série qui est disponible sur YouTube donc avis aux amateurs d'y aller pour une agréable séance dans les méandres de la pire chose qu'une personne épanouie dans sa vie puisse ressentir, à savoir la mort. Cette grande Faucheuse qui n'épargne personne en l'emmenant dans l'au-delà, soit de la meilleure des manières, c'est-à-dire, naturellement, soit de la pire manière donc précocement. Vous vous doutez bien que c'est la seconde option qui sera très très très majoritairement présentée ici. Des circonstances tragiques ont amené des hommes ou des femmes à tâter plus tôt que prévu la mort alors qu'ils avaient encore à profiter de la vie, à accomplir des choses comme s'amuser, rire ou avoir des rapports sexuels. Désolé pour la chute mais il fallait bien que je la place. 

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A ce train-là, le quidam (ou Susumu Saegosa) qui a réalisé ce "film" n'y a pas été avec le dos de la cuillère pour nous malmener sauvagement devant des choses, pourtant, de la vie de tous les jours. Evoluant dans un climat absolument glacial, les morts sont présentés face caméra dans leur plus totale intégralité, usant très fréquemment de gros plans. Oubliez toute censure sur ce que vous verrez. Pas de snuff qui ne tienne, d'accidents ou quoi que ce soit. Comme le titre l'indique, c'est le post-mortem qui est à l'honneur. Aucune information sur ce qu'il s'est passé et qui a conduit à ce drame.
Dès lors, je prierai les âmes sensibles d'arrêter la chronique là, si elles ne l'ont pas déjà arrêté à la première image car TOUT, et je dis bien tout, est vrai. Pas le moindre trucage ni CGI qui ne tiennent façon Faces Of Death. La réalité et rien que la réalité. Voilà qui explique l'ultime réprobation consistant en une interdiction aux moins de 18 ans. Toutefois, la pochette mentionne une étrange interdiction aux moins de 21 ans et qui plus est, les Arquivos Da Morte auraient visiblement créé une sacrée polémique, vu qu'ils auraient été bannis dans 40 pays. Encore une fois, si l'on s'en réfère à la pochette car bonne chance pour trouver de plus amples infos. Êtes-vous prêts maintenant à ce que l'on passe aux animosités ? Oui ? Allez, c'est parti.

Filmant de manière chirurgicale ce qui se passe, on pourra suivre la police découvrir des cadavres en sérieux état de décomposition avancé, parfois même éventrés. Certains ont été si atteints dans leur intégrité physique qu'ils sont parfaitement impossibles à identifier. On est encore un niveau au-dessus du mot "méconnaissable". Sera aussi filmé la découverte de deux corps dans le coffre d'une voiture d'un trafiquant ou encore des cercueils ouverts laissant apparaître des corps toujours putréfiés. Des images d'archive de l'Holocauste, un classique si j'ose dire, seront aussi de la partie. Une belle pointe d'originalité sera faite en filmant les conséquences d'un cyclone et ses victimes.
Mais le point culminant se fera avec trois séquences d'autopsie. Effectuant mes études dans le domaine médical, je me dois de vous dire que les deux premières ne m'ont pas le moins du monde perturbé mais je peux comprendre le choc de ceux extérieurs à cela. En revanche, la troisième voit les légistes s'évertuer à l'autopsie d'une très jeune enfant et là, c'est nettement plus trash à regarder. Et la mort d'enfants filmés ne sera que le commencement car dans Arquivos Da Morte Corpos, on aime visiblement bien cinématographier ça. Un bébé repêché dans un cours d'eau ou des cadavres de jeunes enfants en rang ordonné sur un sol dévasté par un cyclone. Autant de scènes qui risquent fort bien de vous faire passer un mauvais moment, même pour les plus endurcis.

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Me risquerais-je à aborder tout l'aspect visuel et technique de la chose ? Il le faudra bien et si ce n'est pas un secret que le monde du shockumentary/death movie recèle plus de purges que de bons films, autant dire qu'Arquivos Da Morte Corpos se situe dans le haut du panier. La raison est la qualité des vidéos prises sur les lieux. Jamais tremblotante, illisible, brouillée ou quoi que ce soit, la caméra remplit doctement son objectif. Vous aurez accès, pour votre plus grand bonheur, à une image léchée qui ne vous épargnera aucun détail. Une mise en scène réellement professionnelle, limite documentaire morbide. Au niveau son, il y a aussi du fond derrière mais ne vous attendez pas au nouvel album de PNL. Malaise garanti dans les tonalités. Et pour les acteurs, sans surprise, il n'y en a aucun. Juste des médecins légistes et des quidams qui attesteront à merveille de tout l'illogisme de l'être humain face à la mort.
La partie sur les cadavres extirpés du coffre exprimera parfaitement cela. Dégoûtés, se bouchant même le nez, ils contemplent telles des âmes égarées le triste spectacle se trouvant devant leurs yeux ravagés par un traumatisme sans nom. On ne cherche même pas à cacher les yeux des enfants. Pourquoi ne partent-ils pas s'ils sont autant terrifiés par ça ? Une superbe démonstration sans fioriture de la fascination de l'Homme pour la mort. 

Quoiqu'il en soit, autant être bref, si je ne cache pas mon scepticisme sur le semblant de qualité du shockumentary/death movie, la présence de ce Arquivos Da Morte Corpos dans le top m'a instauré une confiance. Contre toute attente, je me vois bien forcé de dire que l'expérience fut, on ne peut plus, concluante. Sous ce mystérieux projet ayant été visiblement filmé au Brésil, cette chrestomathie apparemment japonaise (encore eux !) se voit affublée d'un travail, d'un fond, d'une idéologie ne la reléguant pas dans la piètre catégorie des escroqueries filmiques. Fascinante dans son style, elle l'est aussi sur tout le mystère l'entourant et sa confidentialité record. Se pose la question suivante : Si son origine est japonaise, pourquoi attribuer un nom portugais à cette anthologie ? Se pourrait-il que les Arquivos Da Morte soient une collaboration nippo-brésilienne ?
On ne le saura jamais et c'est ça qui est plaisant. Cette sensation indéfinissable de toucher à l'inconnu tout en étant rattrapé, point négatif pour les âmes sensibles, par cette triste contemplation des morts nous foutant un violent coup de bourdon et le choc qui va avec. Bouleversant de A à Z, terrifiant dans sa finalité, subjuguant notre conscience frappée par la pire chose qui puisse exister et à laquelle on n'y échappera pas. Arquivos Da Morte Corpos est une expérience éprouvante, profondément dérangeante, malsaine à plus d'un titre mais qui ne fait qu'afficher une amère réalité de notre société magnétisée par ce qu'elle craint le plus. Cruelle ironie de se rendre compte que l'Homme, voyeuriste dans son essence, ne se gêne pas de contempler ce qu'il considère comme atroce alors qu'il cherche par tous les moyens à la fuir quand elle se dirigera vers lui sans qu'il ne puisse rien y faire. 

 

Note : 13/20

 

 

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